dimanche 24 février 2013

Historicité : sciences sociales et temps du système

Titillée par la suggestion d'un partage disciplinaire des temporalités, qui me paraît produire une confusion porteuse d'enjeux intéressants :
spécificités des sciences sociales, dérivées de l'infléchissement anthropologique de la philosophie, et de la culture historiciste, de la grande invention de l'histoire au 19ème : un contemporain de système ; une pensée du système même, avec sa temporalité propre. Rupture certainement dans des cultures antérieures de temps, et rupture pas encore entièrement absorbée, digérée. Toujours en jeu, donc. En critique.
Le "fait social total", comme bloc contemporain. (Et ses plaques superposées aux vitesses déphasées et hétérogène, il n'empêche.)

mercredi 20 février 2013

Indologie

Louis Renou - et linguistes de l'indo-européen (Meillet? Benveniste, Saussure, Whitney, et on remonte)
Max Muller & toute tradition allemande.

mercredi 13 février 2013

Comparatisme & dissensus

Il faudra sans doute en passer par une étude suivie de l'histoire du comparatisme comme idéologie(s) de l'altérité - politiques de l'altérité, dont coloniale. Etc. En repasser par Foucault etc.

Mais aussi : la passion du comparatisme - puisqu'il n'y en a pas (nb : voir SK pour les repères historiques de cette critique en sciences du langage, au delà de Saussure) - comme l'opération toujours éclairante, ré-éclairante, du dissensus : comment les plans de discours se coupent et divergent, en éclatant les objets dans l'historique de leur fonctionnement. Ces traits de passion.

Sur la littérature indienne : paradoxe historique même de la notion artificielle, synthétique, de 'littérature indienne', revoir avec MB sur les orientalistes anglais, avec P- sur la genèse de l'indologie allemande. 

lundi 28 janvier 2013

Différence culturelle et critique

Thèse de B. Edwards, porteuse, d'une politique spécifique, alternative, de la diaspora (noire), comme pratique de la différence ; politique de la différence. Contre essentialismes, nativismes, structures racistes, etc. Les mondialites noires, critiques des mondialisations, et activées par brassage -- tropes de la créolisation, de la traduction (B. Edwards), du transatlantique, des solidarités politiques Tricontinentale, etc.

Mais aussi, en variante prolongée : le multiculturel, le mode multiculturel d'une société entière, comme dynamique critique : 'Un mode qui n'offre pas la synthèse de deux systèmes antinomiques [modèle importé et inscrit en force par la colonisation] mais d':en sert pour penser dans le défaut des systèmes, utilisant un système pour faire éclater les limites de l'autre, et réciproquement.' C'est à voir dans les détails, Mais proposition d'A. Montaut, et certainement, des choses sttructurelles, des tropes anthropologiques majeurs, critiques majeures, à comprendre à partir de l'histoire indienne comme grand terrain historique de 'l'hétérogénéité fonctionnelle'.
'Composite culture', terme inscrit dans la Constitution, Nehru.

dimanche 13 janvier 2013

Lecture, poétique

Il s'agit de transformer un texte en histoire - en son histoire.

dimanche 6 janvier 2013

Martinique - et "noir"

"[On me dit que] j'ai le type sénégalais", me dit un monsieur mon voisin sur un banc attendant comme moi le métro, qui se présente aussi comme "Martiniquais lorrain".

Considérer ceci : les Africains ne sont pas noirs. Au sens vers lequel je suis amenée à réfléchir à, à essayer, "noir", comme noirisation et processus inscrit dans son histoire, large et à effets hégémoniques massifs, profonds et durables, mais pourtant bien spécifique, possible à circonscrire. Et à décompléter donc.
Voir, ça. C'est appuyé sur la prémisse que "noir" s'installe avec la première colonisation, agricole, et esclavagiste. Faut voir, pour commencer, ce qu'il en est de l'Afrique elle-même dans ce bloc historique. Les discours sur, les considérations de -- comme une des pointes participant au Triangle de la traite. Un pan aveugle, pour moi pour l'instant. Mais nécessairement un des pôles, un des socles. Comment pensé, discouru, géopolitisé ; mis en action ?

Masses / multitudes - peuple

Graeber rappelle (372) :
'if one wishes to understand the difference between the old-fashioned leftist concept of 'the masses', and the newer notion of 'multitude', one might best consider the difference between the unorganized crowd -- a mass of undifferentiated individuals, subject to all the rumors, panics, and passions so endlessly documented by crowd psychologists (Le Bon 1921; Canetti 1962; etc.) -- and the self-organized crowd conducting a mass action. The latter is at once made up of endless cell-like affinity groups, but crosscut by networks of comms units, medics, performers, legal observers, support groups, and media liaisons, ranged by the degree of risk they are willing to endure and level of training or preparation.'

C'est plus complexe que cette seule ligne de différentiation, mais utile, génératrice.
'Les masses' des mouvements ouvriers n'ont pas été des 'foules' - pas même, certainement, dans la logique du spontanéisme.
N'empêche.
Reste à distinguer le rapport entre les anarchistes explores par Graeber et la logique des multitudes - pas sur qu'il le prenne, ou ne le prenne que, de Négritude & Hardt. À voir.