dimanche 30 octobre 2016

Philo et langage : après 1945

C'est bien sûr que la philo a la tâche assez herculéenne de s'extirper du noeud idéologique où le nazisme a amené l'histoire de la pensée européenne. Tisser autrement, tirer les fils, relire, redire, réarticuler. Poésie après Auschwitz, philosophie dans le prolongement de Heidegger, en particulier.

La question du langage offre sans doute une sortie, un plan neuf de réarticulation, où Lévi-Strauss et Lacan iront poser les planchers pour une pensée post-culturelle, post-identitaire, post-origine (- quoi d'autre encore, ou quoi de plus précis exactement, quant à ces zones d'appui, ou d'intervention ?). La critique des humanismes a une source ici. Même si la branche des communismes, et des engagements, type Sartre mais bien plus largement type anti-colonialistes et anti-impérialistes, donne un autre plan, également structurant, et se lançant dans des poussées stratégiques très différentes.
Usages de Saussure, en référence comme en repoussoir.
Développement des lignes Wittgenstein et logique. Critique de la vérité. Parmi les projets de critique de la vérité, et de l'éthique & métaphysique.
Technicités. En question.
Toutes coordonnées qui situent l'œuvre de Ricoeur sur le récit et la métaphore, etc. parmi les multiples projets. Rancière, Bouveresse, Badiou. Faye, donc.

D'où la question très particulière, discriminatoire ou critique, de ce que la philo trame avec le langage dans ces décennies.
Et celle de ses rapports avec les disciplines du langage - la philologie très particulièrement, "science allemande". Oui on peut prendre, comme on fait depuis quelques années, par l'opération Auerbach à Istamboul - qu'il faut décidément mettre au regard exigeant de Klemperer -, puis tout le fil jusqu'à Said : tissage des émigrations intellectuelles allemandes aux US, décisives dans la constitution disciplinaire de la Comparative Literature (ses motivations européennes profondément ; il s'agit de régler avec cette histoire, longue, et impliquant un retour généalogique forcé sur les situations des
intellectuels juifs dans les partages des philologies, germanique et romane), avec l'apport de la perspective depuis l'Egypte anglaise, le "Middle-East" (invention américaine pour sûr - mais généalogie britannique ? à voir), et la question de la Palestine.
Tout ce fil, actuellement au travail.

Puis aussi les fils par les pensées du langage - je n'ose pas dire la linguistique, qui pose des problèmes sans doute plus crus encore que la philo dans l'actualité de ses pratiques, en France en Grande-Bretagne (cf Crystal même) et aux EtatsUnis.
Les philologies étrangères, les conséquences saussurienne, etc.


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