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lundi 26 août 2013

Capitalisme cognitif dès la 'consommation'

Les transformations économiques, et donc de fractions de classe, enregistrées par Bourdieu en 1979, évoquent déjà des tropes économiques/culturels qui sont ceux qui continuent à se creuser, à se développer, dans l'économie de la connaissance et de l'immatériel etc., et sa qualité peut-être   idéologique principalement :
Nouvel équilibre de l'économique et du culturel, dans la 'société de consommation' déjà.
Distinction, 361 :
Ce n'est pas seulement la structure interne des fractions dominantes mais aussi la structure des rapports entre les fractions dominantes et les fractions dominées qui tend à se transformer profondément lorsqu'une part de plus en plus importante de la fraction dirigeante tient, sinon son pouvoir, du moins la légitimité de son pouvoir non plus directement du capital économique mais du capital scolaire acquis dans une compétition scolaire formellement pure et parfaite. 

lundi 9 avril 2012

Mondialisation : assemblage des discours

Pour discuter la Mondialisation, entrer dans le fray, façonner des prises critiques : c'est primordialement avec l'économie politique et ses discursivités, universitaires (épistémologiques, plus largement) et civiles (et institutionnelles), qu'il faut programmer le rapport.
NYRB of April 5th, Benjamin M. Friedman on Michael Spence's The Next Convergence: the Future of Economic Growth in a Multispeed World (Farrar, S & Giroux, 2012).

mercredi 1 février 2012

Conceptualités des sciences économiques - imparfaire

ça commence à prendre consistance, la nature de l'excitement conceptuel de l'économie - de la science économique comme science sociale, that is. [ note : disposition épistémologique de la -logie avec son objet, intéressante ici aussi. Comme on ne pratique pas (plus que la littérature) l'économie quand on fait de la science économique. L'économie n'est pas une science ; même si elle se pratique sur des savoirs hyper-composés et institutionnalisés. Qu'elle a ses rapports savoir/pratique/pouvoir. Economie politique.]

Les inventions conceptuelles de la science économique, qui sont des théories de la valeur, et explorent des profondeurs du sens humain effectivement. Inventent des plans conceptuels, font des révolutions de plans ; rentrent dans le profond des vies sociales et de leur histoire (avec ses échelles particulières : le contemporain y a une urgence spécifique).
Ce qu'on compte. Ce qui s'échange, ce que se passe, ce qui se "comporte". Ce qu'on met en relation ; ce qu'on identifie d'interdépendance systématique ; de relativité.

Inventions majeures de Keynes par exemple (ceci dit dans l'ignorance des relatifs, par beginner's tentativeness) : le macro-économique, contre la perspective néo-classique qui tend à projeter (c'est un trope de la rationalisation) sur le macro les effets théorisés au micro : comportement des individus, choix, idéalités du marché, etc. Effort intellectuel majeur d'expansion - conséquences innombrables de toute épistémologie du système - de l'horizon économique. Dans l'épaisseur - car l'expansion en périmètre va toute seule, la "Richesse" est, dès l'origine néo-classique, "des nations", et mondialisante. (Salaire à relater à la demande, travail à emploi : les marchés ne sont pas parfaits.)
Entre macroéconomie et microéconomie, il y a bien une ligne de tension de points de vue, qui fait auss partage idéologique. Et les 3èmes voies diverses pensées depuis le tournant post-keynésien. 

Inventions - ce sont des efforts d'abstraction, souvent arrachés, par critique sans doute souvent, à voir - du coût d'opportunité, du coût de la fidélité, de la loyauté, de l'information, etc. Conception du salaire comme largement irréductible au prix du travail s'établissant sur le marché du travail : salaire assurance contractée auprès des entreprises ("contrats implicites", Edmund Phelps) ; salaire rente de situation ("insiders/outsiders"). Distinction des logiques - systématicités - du salaire et de l'emploi.
Explorations des imperfections du marché : imparfaire l'économie classique. (Et les langues en cela que plusieurs. Ce rapport continue à appeler examen, hors métaphore. Mais certainement dans l'imperfection il y a, profondément et actif, historiquement, l'anthropologique.)

Après il en va de l'agent et du sujet. Agent et travailleur, entrepreneur, etc. Et de l'histoire : le marché comme histoire. Mais alors dans sa complexité profonde.

D'où enfin le sens, à examiner aussi sans précipitation, de la ligne entre sciences humaines et sciences sociales, qui se sont formées en s'en dissociant. Histoire d'une critique.

mardi 31 janvier 2012

Economie, pour la Mondialisation - agenda

Initiation à l'économie, pour rentrer dans le plan de discours.
Pour étude, on peut commencer par voir ce que fait "nation" dans The Wealth of Nations, A. Smith?

mercredi 25 janvier 2012

Economie, système

Economie, A. Beitone, E. Buisson, C. Dollo  Dalloz Sidey 2009 (4ème édition).

L'économie, les sciences économiques plus précisément : théories et "raisonnements" articulées, nourries, débattues, du système. Déjà cet apprentissage copieux dans Marx, qui se réoriente de la philo à la science économique, articulatoire.

Difficile de résister aux tentations imaginaires toutes ouvertes des concepts de l'économie pour métaphore des systématicités de l'anthropologique : jeu du désir, négociation de l'inter-subjectivité, effets cumulatifs de peuple, etc. Dynamiques du macro et du micro (pomme de discorde, ligne de partage théorique et idéologique). 

Les intégrationnismes (ou individualismes).

Oikos : la maison. Mais plus largement, par épatement sémantico-métaphorique (? - histoire allemande de cette dérivation, frayage conceptuel délibéré) : milieu, "environnement"
(Nomie : loi, of course).

mardi 20 décembre 2011

Ce que sait le marché

Toujours ce fil, Hayek sur la dimension information du marché, et Stiglitz sur l'économie de l'information, dont "information asymetries" et transparence etc.
Autres paramètres : propriété intellectuelle, et les différentiels mondialisés (cas type : produits pharmaceutiques pour le SIDA en Afrique du Sud) ; bio-piracy (246, problèmes de droit : ces propriétés culturelles sont possibles à légitimer en justice, mais alors c'est la question de l'accès aux ressources juridiques qui se pose : argent et expertise pour mener ces batailles en cour).

Cycle de Doha, qui est moment de tournant dans la tonalité de la Mondialisation - (novembre 2001, ce qui fait coïncider avec d'autres tournants décisifs) - centré sur le développement, et avec la question de la propriété intellectuelle comme l'une des clés.

Economie de la propriété intellectuelle : il faut à la fois "incentive to innovate - though much of the most crucial research, such as basic science and mathematics, is not patentable", et "need to balance out the rights [& interests] of producers with those of users" - not only users in developing countries but researchers in developed countries. [...] the rate of progress might actually be impeded [if users not given rights over producers]; after all, knowledge is the most important input into research, and stronger intellectual prop rights can increase the price of this input."
Prix du savoir, comme coût pour la production du savoir. Economicité du processus, ok.

Sur la question de la transparence, Stiglitz: la tradition de secrecy des industries financières. "Central banks, though public institutions, have traditionnelly been secretive. Within the financial community, secrecy is viewed as natural [processus du privé, privation, exclusion] -- in contrast to academia, where openness is the accepted norm." 228.

est générée la question de la connaissance, comme matière maximale de l'horizon capitaliste de la mondialisation - nécessaire à dégager, généalogie profondément nécessaire, pour éviter les faiblesses d'une moralisation (indignation, qui prend aux résultantes - même si moteur des pressions pour réouverture des débats, brèche des évidences ; modalité du rebranchement, changing the conversation, changer de pied, forcer ces) et d'une culturisation (?? analyses d'éthos faussées - ?? - voir). Avant Lisbonne, avant ... : les travaux de la Banque Mondiale, sur le développement :
Annual reports of development. 1997 report on role of the state ; 1998 on "knowledge (including the importance of technology) and information (including the imperfections of markets associated with imperfect information)", the 1999 and 2001 reports  emphasized the role of institutions, not just policies; and the 2000 report took a much broader perspective on poverty." (note, 266).
Voir ce contexte donc - développement, en mondialisation ; voix de la BM, comme située par rapport à celles du FMI et de l'OMC et al. -, et la série : questions de l'extension du marché sur les zones qui lui étaient encore des externalités : états, institutions, pauvreté et développement. Le rapport mondialisation/développement (comme nouveau tandem de capitalisation/paupérisation).
NB : depuis quel moment "développement"?

Knowledge est une dérivation, déclinaison, de la financiarisation? dématérialisation. D'où le courant de la pression, et où il envahit - très largement dans les zones pré-Mondialisations du savoir. Voir comment, ces osmoses.

vendredi 16 décembre 2011

Economie politique du savoir - Stiglitz

Marché et information : le travail de Stiglitz, la perspective qu'il trace : sur les imperfections du marché, par le paramètre de l'information. Les différentiels d'information. Incluant la question instrumentale, entre autres, de la transparence (et ses débats et ses utilisations pour accumulation de pouvoir - argument FMI for shifting the blame on the East Asian 1997 crisis, etc. cf p. 211-12).
Oui : less information, higher returns, since more risk. Logical system.

C'est autre chose, une autre dimension, de / que la question de rapport entre savoir et économie, ou économie politique du savoir - soit termes contemporains de l'économie de la connaissance.

Stiglitz se situe dans les 3 décennies de théorie économique travaillant sur les market failures
Question de l'information :
- que le marché soit un système d'information (formation des prix) : doctrine de Hayek.
- que le marché dysfonctionne en tant que système d'information : par l'imperfection, du marché-information.
- que les économistes sachent - mieux que les marchés ou avec eux - la valeur de l'information. L'information produite par les marchés, et celle qui est mal produite par eux.
- que le FMI et autres instances du Consensus de Washington pendant les grandes années 1990s, aient eu l'hubris de croire qu'ils savaient mieux - que les pays, que les économistes aux vues alternatives (simplement hors doctrine du "market fundamentalism", dit Stilglitz), et finalement mieux que les marchés? Prétention arrogance : pointe de la critique de Stiglitz, en tant qu'elles sont des fermetures autoritaires du débat.
Faillites, at the end of the day, de leurs outils de risk management.

=> information et débat. C'est à dire travail de valorisation, d'interprétation, de l'information. Son sens, non sa vérité. (Mais aussi un libéralisme un peu toothless, appui mou contre)

- note, 219 : les marchés et les gouvernements souffrent d'imperfection de l'information. Tous les acteurs. D'où la logique de demander du débat entre économistes et the various stakeholders. Dont question de corporate governance.

mardi 6 décembre 2011

Gunnar Myrdal

Tiens - http://en.wikipedia.org/wiki/Gunnar_Myrdal
Né en 1898, mort en 1987. Prix Nobel économie 1974 - avec F. Hayek!, for "their pioneering work in the theory of money and economic fluctuations and for their penetrating analysis of the interdependence of economic, social and institutional phenomena."
Cette figure dans l'histoire de la pensée économique du Développement, par un économiste qui intègre, jusqu'à l'activisme, la dimension politique.
(Pas d'écho, ici à cette surface, de la notion de Tiers-Monde.)
Copié de wiki, bb : 
  • The Political Element in the Development of Economic Theory. (1930)
  • The Cost of Living in Sweden, 1830-1930 (1933)
  • Crisis in the Population Question (1934)
  • Fiscal Policy in the Business Cycle. The American Economic Review, vol 21, no 1, Mar 1939.
  • Population, a Problem for Democracy. Harvard University Press, 1940.
  • Contact With America (1941)[14]
  • An American Dilemma: The Negro Problem and Modern Democracy. Harper & Bros, 1944.
  • Social Trends in America and Strategic Approaches to the Negro Problem. Phylon, Vol. 9, No. 3, 3rd Quarter, 1948.
  • Conference of the British Sociological Association, 1953. II Opening Address: The Relation between Social Theory and Social Policy The British Journal of Sociology, Vol. 4, No. 3, Sept. 1953.
  • An International Economy, Problems and Prospects. Harper & Brothers Publishers, 1956.
  • Rich Lands and Poor. 1957.
  • Economic Theory and Underdeveloped Regions, Gerald Duckworth, 1957.
  • Value in Social Theory: A Selection of Essays on Methodology. Ed. Paul Streeten, published by Harper, 1958.
  • Beyond the Welfare State. Yale University Press, 1960.
  • Challenge to Affluence. Random House, 1963.
  • America and Vietnam – Transition, No. 3, Oct, 1967.
  • Twenty Years of the United Nations Economic Commission for Europe. International Organization, Vol 22, No. 3, Summer, 1968.
  • Asian Drama: An Inquiry into the Poverty of Nations.
  • Objectivity in Social Research, 1969.
  • The Challenge of World Poverty: A World Anti-Poverty Program in Outline. 1970.
  • Against the Stream.
  • Gunnar Myrdal on Population Policy in the Underdeveloped World – Population and Development Review, Vol 13, No. 3, Sept. 1987.
  • The Equality Issue in World Development - The American Economic Review, vol 79, no 6, Dec 1989.

vendredi 26 août 2011

Nerdistan - et Creative Class

I like "nerdistan" - rencontré dans Richard Florida, The Rise of the Creative Class (2002, Basic Books).

Aussi : la séquence Marx - Hayek - Florida (y compris dans les pressions théoriques très inégales), intéressante et pleine de rapports. Florida me faisant résonner Boltanski & Chiapello à nouveau frais. L'intelligence critique de ça, et le rapport de dates : 1999 / 2002.
Question de l'histoire de la critique. Soit du rapport culture / économie politique. 

Très important d'avoir dans l'oreille de lecture les coordonnées du libéralisme précisées dans tout le déroulelement de Road to Serfdom.

jeudi 11 août 2011

Hayek, information

Beaucoup à repiquer dans Hayek, lu en résonance avec Marx, sur la question, inattendue, de l'information, comme variété de "knowledge".

Voir aussi le cercle de référence plus large : science économique autrichienne, que Hayek découpe en différenciation vigoureuse de l'historicisme allemand. "Les Autrichiens, le temps et l'information", plantent Beitone et al. (Economie, 2009 4ème édition) : "une conception du marché comme processus de découverte". Böhm-Bawerk sur l'arbitrage intertemporel (biens d'équipements, fonctionnant spécifiquement par rapport aux biens de consommation) ; L von Mises, sur les comportements "praxélologiques" et le calcul économique ; Hayek sur l'imperfection, mais la moins mauvaise, de l'information du marché.

Reprendre le fil proposé sur la division du travail comme division de savoir.

vendredi 5 août 2011

Marx - Hayek, émancipation - liberté

Un des points de divergence : émancipation vs liberté.
Les deux pans théoriques proposant là des théories de l'histoire - historicité et systématicité, théorie du changement. Du progrès également, et du rapport entre science et progrès ; et entre connaissance et société.
Fondamentalement encore : de l'économique et du politique. Le libéralisme même étant cette articulation entre "economic liberalism" et liberal politics & government.

Entre émancipation et liberté : joue une question entre préserver un héritage politique précieux, résister à une doxologie socialiste qui en a dérivé sur des branches erronées [considérant dans ce cas que la liberté peut, a pu, être acquise, présente? - qu'elle est maintenue par l'exercice continu de la rule of law] / et continuer à pousser les gains de la libération sur les démocraties toujours incomplètes, mais à compléter.
Et autres.

mercredi 3 août 2011

Hayek : marché et information

Parmi les zones, ou "institutions", que Hayek signale comme centrales aux bons soins du libéralisme économique : "money, markets, and channels of information" (Road to Serfdom, 87).
Le mécanisme du marché :  pour la fixation du prix - et le danger de fausser la compétition : "because price changes then cease to register all the relevant changes in circumstances and no longer provide a reliable guide for the individual's actions." (86)
Le marché, comme performance d'une globalité sociale-soit-économique (socialité = partenaires de production et de marché), pour un situationnisme libéral.Les temporalités proposées par le libéralisme, les contre-essentialismes.

jeudi 28 juillet 2011

Hayek-Marx sur la connaissance sociale

Soit : le capitalisme est cognitif.

Envie, après immersion au long cours dans Marx, et mesure pour moi-même de la puissance théorique de ce qu'il a déplacé, et donné à penser : de la souplesse maximale à exercer en entrant dans le détail discursif de Hayek. The Road fo Serfdom, 1944. Avec un intérêt traductologique de leur situation de phonie comparable : germanophonie, et référence "continentale", comparatiste, pour la réflexion sur les zones avant-garde du capitalisme ("England" dit Hayek comme Marx plutôt que UK, et US). Plus des positionnements nécessaires dans les langues étrangères, donc, et les expériences de réception par l'étranger ("written by a foreigner", note avec acidité quelque critique travailliste anglais à RtoS ; témoins de leurs traductions, écriture en langue étrangère).
Hayek prend Bismarck pour point test de la comparaison. Bismarck aussi un repère historique pour Marx, entre autres. Une même critique du mélange des genres entre impérialisme et politique sociale ; de la même hypocrisie ou contradiction pratique/stratégique.

Avec Hayek, examiner mes libéralismes. Ceux qui sont imprimés dans la doxa dans laquelle je suis portée et où j'évolue. Mes orthodoxies ambiantes, celles que j'ai sous les pieds, histoire de les dégager, les identifier. Les dessertir comme doxa : assumed d'un bloc, alors qu'elles sont à articuler.
Par exemple en prenant par les allergies au programmatique, au volontarisme, (au "résultat", d'ailleurs, qui fait une connexion imprévue avec un "libéralisme" immédiat doctrinaire - contra, les résultantes). Par impératif de la découverte, de l'inconnu (dont ses douleurs), du frayage. De l'historicité du sens, et des pragmatiques labiles. Jeux de la différence, devenir ; le sens toujours au bout de l'énonciation.
Deleuze et Guattari vers les libéralismes ; les sixties libertaires. Les spinozismes comme post-marxisme, par exemple : à voir. En contemporain avec le maoïsme, ce raté massif, et les sociologies les culturologies ces expériences de politicisation socialisation, dé-doctrinaires, des propositions marxistes. Cultural studies, Jameson, Rancière, Balibar, etc. Althusser cherche à en sortir par une poussée par la science, en sort brisé. Subalternists, par Gramsci et les CS, le CCCS : qu'il y a la société, la culture ; les cultures. Qui embrayent le rapport de pouvoir social autrement, aussi, que par la classe.

Oui Hayek pour précisément cette expérience (continuant ici l'examen, l'approche pour écoute, pour le comment, du polémique : W. Lewis, TE Hulme, Taguieff, etc.) : "Reading RtoS will be a pleasurable experience for some, and induce apoplexy in others: it continues to be a lightning rod, as well as a Rorschach test, revealing as much about the reader's prior commitments as it does about Hayek's ideas" (B. Caldwell intro, 31). Envie de profiter de cet espace de test. Frotter à. La curiosité d'entrer dans la logique discursive de, et d'y apprendre à repérer des idéologèmes, leurs genèses et leurs valeur, entre philosophique et stratégique. La "rule of law", et al.

Curieux : voir rapidement émerge le point de connexion et de divergence qui relie Marx et Hayek, ligne de front, sur la connaissance sociale. Sur le rapport de l'économie à la science, aux sciences, de la société ; et sur le rapport plus radical encore entre économie et processus du savoir.
Hayek propose : le marché comme système de savoir, pour la fixation des prix. Le prix comme indice résultante de toute l'information dispersée qu'aucune centralisation ne peut prétendre connaître. Le prix comme crête du savoir, point de rencontre continu ; un collectif qui ne se centralise pas. Un diffus du pourtant "social" (définition réductrice du social par là incluse, faite). Contre la planification.
Pomme de polémique pour Hayek : The Abuse of Reason (l'argument contre-révolutionnaire classique), The Counter-Revolution of Science, "Scientism and the Study of Society", "Economy and Knowledge", "The Use of Knowledge in Society" ; jusqu'à "socialist calculation".
Plus technique, plus pénétrant, produit d'un économiste : economics of information, dans la théorie du prix (including the trope of incentive).
Et plus histoire des idées et histoire de la pensée économique : campagne pour le pouvoir des idées, insistance pour imposer la vue sur les origines des, les formations des, idées, économiques. Pouvoir des idées, face au pouvoir des intérêts. (D'accord avec Keynes là-dessus).
Et : la considération de l'économie comme science sociale, et la fonction de l'économiste - ironiquement, plus "utile" socialement en socialisme qu'en libéralisme (cf Foreword à l'édition américaine de 1956).
=> que le rapport entre économie et politique ait pour axe, entre autres sans doute (voir sa place, alors, parmi le jeu d'enjeux), la question de la connaissance sociale.

Comment le marxisme, le socialisme (pour me caler dans les termes de Hayek), a évolué de Marx à la planification, comme "panacea", s'inquiète Hayek. D'après la sélection de lecture que j'ai prise dans McLellan, ce qui s'en approche le plus est sans doute le simple principe de la propriété collective des moyens de production : soit la disparition d'un marché des moyens de production - seul marché restant marché, celui de la consommation. Mais il y a un "libéralisme" (appeler ça comme ça??) chez Marx, place justement - faire place - pour l'individu et un individualisme. Radical. Et une critique de l'Etat - voir les réflexions sur la Commune, tardives, soit : avancées. (Mais l'Etat alors comme caste carved out sur le bien public ; quand l'Etat de Hayek est une totalitarisation de la société. Est-ce un contraire?)

Hayek reconnecte avec Tocqueville (mais la démocratie n'y joue pas le même rôle historique, note). Avec Lord Acton, Mill. Contre Schmitt, d'ailleurs. Avec Orwell, d'ailleurs (1984 date de 1948, et Orwell l'un des critiques de RtoS en 1944).

Biblio - connaissance et société

- L'utilisation de la connaissance dans la société (1946) : cf http://fr.liberpedia.org/L%27utilisation_de_l%27information_dans_la_soci%C3%A9t%C3%A9_par_Friedrich_Hayek-
- « Economic and Knowlege », Economica 1937 (lire en ligne)
- « The Use of Knowledge in Society », American Economic Review n°4, september 1945 ; en français, « L'utilisation de l'information dans la société », article réédité dans Individualisme and economic order (1948).
- The Counter-revolution in social science 1952 (Lire en ligne) Traduit partiellement par Raymond Barre sous le titre Scientisme et science sociale. Discussion de Comte, de Saint-Simon.
- The Fatal Conceit (1988)
- The Abuse of Reason

mercredi 29 juin 2011

Marx : ouverture de l'économie /politique/

Avec Marx, et passé le continent du Capital : la découverte de ce que peut être un concept en économie (politique/critique).
Comment Marx reprend, un à un, avec un soin conceptuel minutieux, les concepts qui fondent l'économie politique, et dans le défilé de son histoire (courte, à partir des physiocrates).

mercredi 15 juin 2011

Grundrisse on social knowledge - communisme de la science

Le radical - Grundrisse - de Marx, à comparer - au regard de la méthodologie - au radical arbitraire de Saussure. Les entrées particulières, d'une puissance impressionnante, de cette pensée du système (d'une critique de l'origine pour penser le capital, par exemple - l'origine du capital est dans son fonctionnement? [Correctif : l'origine de la production est dans son fonctionnement?] Voir les différences, qui devraient se situer sur le plan de la question de l'accumulation. Nature de ce processus-là. Constitue-t-il une différence de nature par rapport à la systématicité/historicité pensée par l'étude du langage?).

Les développements sur la machine, comme fixed capital as distinct from circulating capital : critique des économismes qui y lisent, "superficiellement" (Lauderdale), "psychologiquement" (Smith), un accroissement de liberté, un moins de travail, pour le travailleur individuel. La libération du temps de travail étant profondément, radicalement-systématiquement, fonction de la massification des travailleurs par la concentration capitaliste. "Les masses".
Qui amène à penser inévitable (encore la structure de progressisme) le quantum leap passage, par prévalence progressive, du social knowledge, general social knowledge, general intellect (415), accumulé et objectifié dans les machines. et en tant que tel, ouvrant la nécessité d'un passage à un régime socialiste - communiste - de production. Community labour (411).
Alors que l'invention se génère dans le capitalisme par analyse et subdivision du travail, sa mécanisation en machines, la contradiction du capitalisme continue à s'amasser vers la production de temps libre, "that will shatter this foundation", "its own cramped base" (415). 411 : "In this way capital works for its own dissolution as the dominant form of production."

. La science, comme general intellect recueilli dans la machine. Approprié par le fixed capital.
. "The more this contradiction develops, the clearer it becomes that the growth of productive forces can no longer be limited by the appropriation of the surplus labour of others; the masses of the workers must appropriate their own surplus labour." (416)

Accumulation du capital / accumulation du savoir commun, comme société. Science, comme rapport de maîtrise de la nature.

mardi 14 juin 2011

Fan of the Grundrisse

Impressive read, the Grundrisse (1857-8 composition). The experience of Marx on economic concepts, in the "rich aggregate of many determinations and relations" (McLellan, 386) which they can obscure - "bourgois economists" and "middle class philosophers" - or show up. La pénétration théorique de cette critique de l'économie politique étonnante. Me donnant enfin une illustration, un comment, de la pensée de l'économie qui soit forte autrement que par la pression d'une compréhension rendue nécessaire par la pression circonstancielle (et l'ignorance, l'impuissance).
Sur "le concept de capital" ; révision radicale de la notion d'aliénation utilisée en concept pour le "travail aliéné" et la valeur, sur la "free competition", sur la machine, etc.
Note : qu'il ait fallu 400 pages du McLellan pour arriver à ce palier. Tout le drame du is/ought-to-be, d'abord. Et l'expérience historique de la séquence des 1840s-1850s. Par exemple, pour dégager une (auto-)critique de l'aliénation.

En traversant dans la chronologie de composition, on passe aussi des étapes de créativité critique et théorique, impressionnantes, et des tournants historiques dont l'absorption analytique permet des moments théoriques, moments de différentiations, articulations conceptuelles, autour de la "défaite" des révolutions prolétariennes et indépendantistes en 1848, et du "fiasco" après le coup d'état de 1852. Des tournants dans le rapport de la pratique philosophique-journalistique près des militances et des militants socialistes, et avec les communistes.

Je comprends aussi les mouvements qui font découler de Marx les structuralismes (Althusser) et les maillages avec la psychanalyse (jusqu'à Zizek), comme pensée cousine dans la conceptualisation de la systématicité, du négatif et de la critique du "négatif pur", du supplément (voir les Spectres de Derrida), etc. Comment ça se structuralise facilement. Comment ça participe, très tôt, et même pendant que tient encore la notion de développement très chargée de "progrès", des réinventions de la modernité pour la pensée de l'histoire : dans l'épaisseur (le relationnel, "rich aggregate") plutôt que la chronologie (l'origine, et le drama ontologique-phénoménologique, hégélien, du réalisme/idéalisme).
Marx indique, au cours des 1850s, ce qu'il considère être son apport principal : "that the existence of classes is bound up with the particularly historical phases in the development of production" (371). La notion du relationnel, comme rapport mouvant de nécessité.
Le XIXème historien. Amène à, par ex., Saussure.

lundi 10 janvier 2011

Mains invisibles - société

Hier entendu L'Economie en question sur l'enquête 2011 sur la mesure de l'optimisme dans tous (?) les pays du monde. Et les analyses sur l'homo economicus et ses débords : tout autre chose que la rationalité économique (Smith Ricardo), et on en sait beaucoup maintenant. Champ ouvert. Sur les mimétismes, sur les prédictions autoréalisatrice, sur le pouvoir d'achat comme sensation sociale, etc.
Mais aussi : les mains invisibles de la société sont du même ordre, et posent des problèmes similaires. La "société", invention du libéralisme (ah voilà, c'est là que se situe peut-être l'apport de Polanyi sur Toynbee?), et parallèle avec, co-constitutive, des sciences sociales (largement avant leur institutionnalisation dans des formes scientifiques) et du social engineering.
Que la société tienne - puisque qu'on appelle société (ou il faut savoir suivre la société jusqu'à ces minorités, ces "mobs", pour Arendt, ces ignorances et ces indigences) jusqu'à ces agencements minimaux, précaires - : c'est l'invisibilité de ses processus qui -. Qu'il y ait des processus, qu'il y ait toujours la possibilité de tracer des histoires.
Et que ce modèle (l'objet société) puisse donner à l'objet économie des complexifications utiles.
La notion de main invisible liée aux paradigmes de la rationalité. Et à l'assurance de l'ordre qu'ils véhiculent.
Il y a à vivre la société, mais aussi et en temps contemporains à la guider par policy. Cultures actuelles de l'Etat et des instances concurrentes, internationales et transnationales. Shaping, deciding, determining. The illusions of this and yet the performative - qui se fraye toujours par où on ne l'attend pas. Il peut y avoir de l'événement (voir les lectures lacaniennes actives sur la pensée du politique now? Par Zizek?), il y a le frayage du minoritaire. Commencer par là.
Tunisie en action contre Ben Ali, Algérie, ces jours-ci. Violemment.

Toynbee

Toynbee, plutôt (et plus tôt) que Polanyi, point de référence pour la suggestion de la Révolution industrielle, et comme inventrice du "double mouvement" (Polanyi pour le coup) de l'économie politique et du socialisme (au sens anglais).
Cette maille historique du savoir pouvoir.
Que Foucault a pris comme terrain, précisément. Modèle. Corpus modèle, historème conceptuel.

samedi 27 novembre 2010

Information, suite

L'information : sa qualité est dans le temps réel. Etat du marché, à l'instant si possible. Surveillance des points d'équilibre à tout moment.

Son rapport est à la concurrence : la qualité de l'information est corrélative à la perfection de la concurrence. Perfection de son jeu, sur les marchés où la loi de l'offre et de la demande, soit celle de l'équilibrage continu du marché.

Son calcul : il s'agit de la cotation du prix. Fixation du prix : le calcul en temps réel des niveaux des équilibre.

How you square this with the massive infrastructural determination it implies for societies. Its determinations of culture.

How a polity can be viewed from distinct, but also rival, points of view : society, nation and State, economy. Private and public and transnational.

jeudi 25 novembre 2010

Société de l'information - économie politique

J. Généreux, Introduction à l’économie (1992, et un peu hors du temps peut-être, cette sensation très légère), me met en place un point d’entrée pour comprendre et engage with la question économique de l’information : il s’agit de la rapidité de l’information concernant la fixation des prix et l’état des marchés. Comme une économie planifiée doit attendre l’info sur les pénuries et les surplus, en regardant les bilans de l’année et de l’année suivante. Comme une économie de marché fait son ajustement d’équilibre, son équilibrage du prix, en continu ; en réaction immédiate. Pratique de l’équilibre, de la variation.
Comment l’économie de marché a besoin de toujours plus de rapidité, responsiveness, d’où peut-être le schème de l’« adaptation », de la « modernisation » ? Parmi les 5 conditions idéales de la concurrence libre, et de son activité d’équilibrage invisible : l’information parfaite (p. 118).
C’est autre chose que les humanisations qu’on entend, journalistiquement, dans la notion de société de l’information. Oui, tiens, information, ça paraît bien, il nous faut ça. S’informer.
La « société de l’information » recouvre désigne en fait un marché par l’information, un régime de marché : soit une économie de l’information (parfaite). Qu’elle ait des conséquences et des solidarités nécessaires, co-dépendances, en socialité (esprit de ce capitalisme), est nécessaire. Qu’elle détermine un mode social. Mais c’est la nature du processus de co-détermination qui est à penser. Nature de la médiation. Théorie de la culture.
119 : L’information est parfaite = « transparence » du marché. Colore du coup la notion de « transparence » quand on la translate en politique. Que le rapport politique se fasse par équilibrage en temps réel des offres et demandes, fixation des prix et des quantités ? Quel rapport ici ?
Tous les concepts du débat public qui sont des concepts économistes. Plus large que je ne savais. Apprendre. Penser la société comme un marché.
Qualité d’une information : que tous les agents connaissent instantanément et sans coût toutes les infos utiles concernant les échanges. Pour : fixation libre des prix. Pour concurrence idéale. Indicateurs. Le prix comme signal.
L’information de valeur : l’état des prix. Les variations de prix.
L’agent destinataire de cette information : l’agent économique.

Pourquoi le cadre national ? On compte par la comptabilité nationale (PIB), les pouvoirs publics sont agrégés au marché dans le même cadre de la nation. Alors même que mondialisation toujours plus interconnectée.
A quelle disposition de marché a correspondu son histoire commune avec l’Etat-nation ? Et le colonialisme, avec des 3 âges ? Capital et nation (ou disons, pour l’instant, marché et nation). Libre circulation mais douanes (Révolution américaine), prélèvements écrémages aux frontières. Usages, utilité, de la frontière dans ces systèmes-mondes successifs ?
La théorie économique, et la "rationalité économique", courent aussi après les vitesses du marché, et les mutations continues du rapport de production et du rapport de marché. En retard elles aussi, en freinage, de leur propres modernité. Freinant, friction, de la vitesse des "grandes transformations" continues. Schèmes en mutation, accélérant (par loi? Par quelle dynamique?)