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lundi 31 juillet 2017

Sectes et fusions - lieu des variations

Dans la dynamique des sociétés, les hégémonies et leurs sections - dissidence en sectes, subalternisation en débris -, mais aussi les formations qui ont fonction de fusion. Pemettre les unifications de se faire, cimenter souplement les compromis et les blocs. Geertz sur le soufisme, dans les diverses situations du Proche-Orient, de l'Indonésie, de l'Afrique de l'Ouest (I Observed, 48).
Des institutions, et des "styles" (Geertz) formateurs d'hégémonie ; facteurs d'hégémonisation.

Fonction du soufisme, dans sa diversité constitutive : d'être l'espace pour l'exercice de la variation des islamisations, dans les situations locales diverses et dans les clivages et feuilletages sociaux de ses situations. Permettre d'intégrer ce jeu tout large dans l'unité de l'islam. Comme lieu des différences, autorisées comme telles.

vendredi 28 juillet 2017

"Héros culturels", "personnage populaire"

Lévi-Strauss parle des "héros culturels" des mythes (Mythologiques, relues par Gildas Salmon, en résonance avec les "apories saussuriennes" sur la sémiologie des Légendes.)
(Alfred?) Bel cité par Geertz, des "hommes fétiches", "self-made warrior saints" à baraka du Maroc classique.

Et Weber des charismes : héréditaire, vs personnel. (Geertz rappel, 45). Le point de vue est revenu sur le personnage ici. Quand il est, pour le "personnage légendaire", "personnage populaire", sur le peuple qui fait circuler la légende, et fait sa "vie des peuples", "living by" ses héros identificateurs, acculturants. Pragma. Héros pragmatique, socialisant. On n'est plus loin du roi-dieu - historique sans doute, mais à décoller comme Naturel dans les concepts en usage.

Allégorie et allégoriquement pour tous, la question. 

Utopie et conversion

La question est alors celle de ce qui apparaît dans le rapport entre secte (dissidence, groupement par dissidence, effet socialisant de groupe / effet différenciant de désolidarisation), utopie, et conversion.

Reportant ces facettes aux mouvements sociaux, qui sont les peuples de l'Europe de l'âge politique : comment émerge un mouvement-groupement. Pas souvent pensé comme conversion. Formation oui, concept majeur, EP Thompson paradigmatique. (Et croyance oui, concept hyper-majeur, disicplinarisant : la sociologie même. Weber.)
Sans doute il faut aller repasser dans le fond généalogique de la sociologie, dans ses différents contextes d'émergence, pour mettre à l'épreuve l'hypothèse d'une transition-rupture depuis les études religieuses, la religion comparée, et toutes les mythologies comp et culturologie issues de la grammaire comparée. Weber. Durkheim. Dumont. Les anthropologies du rituel. 

jeudi 27 juillet 2017

Sectes, et utopies

Encore un pas dans la série des conversions (majoritaires comme minoritaires), fragments, dissent, sectes : utopies.
Geertz Islam Obs 31, sur la crise maraboutique au Maroc des 15e et 16e siècles,
Morocco splintered ... into a collection of larger and smaller polities centered around holy men of one sort or another... -- a proliferation of zealous, insular, intensely competitive hagiocracies, sometimes called maraboutic states, though most of them were more like utopian communities, agressive..., than proper states. 

mercredi 26 juillet 2017

Islam, islamisation, conversion

Bien sûr : prendre "la religion" ou ce qu'on appelle tranquillement (JD) "une religion" par l'histoire, "religious change", "development" (ce n'est qu'aujourd'hui que je twig, sous-titre de Islam Observed : Religious Development in M and I), c'est immédiatement prendre par des séquences de formation, la conversion étant un trope idéal-type.

Garder en tête les dynamiques de conversion auxquelles s'est intéressé Ambedkar, et la figure de Kabir comme espace ouvert du processus, non fini et gardé ouvert, de la conversion.

Les légendes de conversions, séquences discursives précieuses pour l'analyse. Geertz en compare deux ici, pour poser son contraste comparatiste. 

mardi 25 juillet 2017

Islam(isation) et colonisation

Il se dessine progressivement, faiblement pour l'instant mais avec insistance, un rapport historique entre Islam et colonisation, qui s'avérera évidemment dans les séquences de la modernité des impérialismes (Français au Maroc, Hollandais en Indonésie : toutes les formations de situation coloniale, comme processus de transformation réactive multiples, hétérogènes éventuellement) mais qu'il faudra aussi examiner dans les dimensions plus larges de la formation des croyances, à profondeur historique plus grande. Empire arabe et histoire des empires musulmans, interface avec les colonialismes européens (qui posent déjà des situations en miroir, inversées, ce qui ne veut pas dire que les processus de confessionnalisation soient inverses), mais encore ...

Ceci rendant d'ailleurs à "colonisation" son propre caractère de processus, coloni-sation plus exactement que situation coloniale.

De même nécessairement : islam (ou religion) et décolonisation. Il s'agit du même processus, de  social change et ses effets de dissensus.
Geertz 18 : "As time goes on, the number of people who desire to believe, or anyway feel they somehow ought to, decreases much less rapidly than the number who are, in a properly religious sense, able to. And in this rather demographic-looking fact lies the interest of religion for those of us who would like to uncover the dynamics and determine the directions of social change in the new states of Asia and Africa."
Les crises de la foi sont donc posées explicitement dans un "now" dont les coordonnées sont la Décolonisation.

Islam, par islamisation

Premièrement, passer du point de vue de l'islam à celui de l'islamisation.
Geertz, religion comparée, et alors crises contemporaines comparées (15 - voir ce fil, pas encore déroulé ici. Mais il viendra toucher les questions posées par un "contemporain" avancé d'une ou deux générations géopolitiques depuis. En jeu : l'histoire de la Décolonisation et des répercussions postcoloniales). Le comparatisme sert à mettre en relief les singularités des formations ; il souligne les dynamiques. Par exemple le "dilemme central" (15) qui met en tension généralisation et particularisation ; force de l'universalisation, et force de l'adaptation ou flexibilité locale.
Geertz pose donc comme objet, plutôt que la ou les religions : religious change (2), religious development  (14). Son levier méthodologique dans ce livre : faire jouer l'effet historicisant de la comparaison entre ces "antipodes du monde musulman" (4). 

lundi 24 juillet 2017

Geertz sur "religious change" - inventions de peuple

Geertz, pour pratiquer la comparaison de l'islam, doit prendre ses repères dans la situation de Décolonisation (et il s'assoit confortablement à cette occasion dans le sarcasme à l'adresse de la "rhétorique coloniale" française), mais alors aussi dans "l'observation" de, "analysis of religious change". Moins la religion, et moins le religieux, que les processus de confessionnalisation :
How do men of religious sensibility react when the machinery of faith begins to wear out? What do they do when traditions falter? (3)
 They do, of course, all sorts of things. ... these movements towards skepticism, political enthusiasm, conversion, revivalism, sujectivism, secular piety, reformism, double-mindedness, or whatever ... What new forms of architecture are housing these accumulating changes of heart? (3-4) 
Les changements religieux - les mouvements du social en discursivité religieuse - comme formations sociales. Métabolisme culturel et social de l'histoire. Culture et politique, synergie et compétition historiques.

Religion et colonialité

Faut-il aller jusqu'à examiner la proposition : la religion (à ce sens philologique serré - alors on peut, sans problème majeur hors les limites des connaissances, retisser l'histoire de l'émergence du terme, dans sa variation par rapport, par ex. parlant de l'Europe, aux théologies vernaculaires-pratiques comme savantes) est un effet de colonialité ?
À cet examen s'éclairera aussi une part importante des phénomènes des "retours du religieux" depuis les 1980s. Pendant les décennies de la Décolonisation aussi, ses métamorphoses. Et dans la situation actuelle, la ligne de front géopolitique WOT.
Ces jours-ci mêmes, violences sur le front du front, Al-Aqsa, portiques, Temple, Israël. 

Islam comparé - situation en Décolonisation

Islam Observed de Geertz. J'y allais pour la proposition de : l'islam comparé.
Je le trouve immédiatement placé dans un nid de situation sur-riche, auquel je n'avais pas pensé mais qui est évident, éclatant. Non seulement Geertz est pilier d'une génération de l'anthropologie américaine qui vient faire le pivot vers les radicalismes sémiotiques et postcoloniaux - génération dont La tâche aura été de calculer les conséquences des classiques de l'anthropologie de l'entre deux guerres pour les changements sociaux et géopolitiques et scientifiques du siècle avançant. Mais il est aussi l'un des acteurs de ce tournant qui doit épouser le changement historique de la Décolonisation.

1968 date de publication. Et il s'agit, dès les premières pages posées, du nouveau composé géoculturel et géopolitique de l'Afro-asiatique (not his explicit terms), et du changement politique révolutionnaire qui affecte les sociétés corpus de l'anthropologie - l'étude commence avec :
Of all the dimensions of the uncertain revolution now underway in the new states of Asia and Africa, surely the most difficult to grasp is the religious. (1)
Il faut que le religieux soit immédiatement mis en drame, pour les besoins rhétoriques, certainement. Mais la co-occurence est aussi significative historiquement, et "critiquement" : ce couplage nécessaire, rendu nécessaire par la configuration de l'histoire coloniale (configuration coloniale de l'histoire moderne), entre épistémologie comparative, (Dé)colonisation, et religion. Le religieux, ou plutôt la religion, produit conceptuel et donc idéologique de l'Europe colonisatrice. Terme, discursivités,

Ce qui mesure tranquillement la qualité du piège naturalisant logé dans les effets d'équivoque (Geertz 1, signs of the "uncertain now underway in the new states of A&A", "rarer and a great deal more equivocal in the religious sphere", "elusiveness") de "la religion" : il s'agit non pas des religions mais de "analysis of religious change" (2), et "a religion's career" (3).

Le nexus est : "religieux", changement historique (conjonctures et blocs, dynamiques des formations sociales - y compris dynamiques sémantiques bien évidemment, faut-il vraiment le découvrir ?), et cadre colonial.
Le cas d'étude islam à alors un statut particulier, et éloquent. Car si Geertz évoque (trope comparatiste qu'on trouvera chez Weber structurellement, et méthodologiquement chez Rodinson) christianisme, islam, hindouisme, confucianisme, religion navaho (3), c'est bien l'islam qui fournit le carrefour critique de l'histoire ici. (Noter, que l'hindouisme à la même fonction dans l'orientalisme, ou une fonction parallèle. Mais elle perd en importance peut-être quand le rapport de colonisation se transforme en migrations métropolitaines postcoloniales, selon ses effets de majorité ?)

The issue, position of the issue : "the religious situation in the new states", 3. 

dimanche 23 juillet 2017

Rasta comme secte - peuples bricolés, via religion

Hebdige 34, survol de l'usage des métaphores bibliques, à la sémiotique ambiguë (thèse de sémiologie de la résistance, ici), pour le Rastafarianisme - describes it as "passionate heterodoxy" : intéressant. Oui l'usage des fragments hégémoniques, et des histoires décrochées, délégitimées et alors démaillées dans leur chaînes discursives comme sociales, pour une hétérodoxie. Peuple bricolé.

La note ici porte sur l'usage de la forme secte - proche du fragment chez Chatterjee, chez Gramsci et Ambedkar. Dont l'histoire religieuse s'est formée. Dynamique sociale des croyances comme "systèmes culturels" si je veux me mettre dans les pas de Geertz.
Peuples en bifurcations.
On peut les penser comme "résistance" (mode poco) et "subversion" (affect plus éruptif des 60s-70s insurrectionnelles). L'Inde médiévale les a plutôt pensés par le piétisme, comme peut-être le méthodisme - quiétisme ici, inflection - étudié et un peu déploré par Christopher Hill or is it EP Thompson or both. NB : Ambedkar reformule par la révolution, en remaillant l'histoire du bouddhisme indien. 

mercredi 19 juillet 2017

Religion, croyance, sectes - Rodinson Ambedkar

Belle bataille de Rodinson, visé lui-même par Foucault dans ses années 1978-1979 de l'épisode Révolution iranienne. Échange polémique dans Le Nouvel Obs, et Jacques Juilliard aussi.
Rodinson doit sortir toutes ses armes théoriques forgées dans son histoire des idéologies. Il en ressort  une armature originale, dont la pragmatique m'intéresse fort. Même avec ses cadres rationaliste, posivitiste (il doit l'avancer en provocation explicite au Naturel idéologique-scientifique de son temps), universaliste, et par là atemporaliste ("lois de l'histoire", "lois éternelles" de la lutte pour le pouvoir, machiavélisme pratique). Atemporalisme produit d'une méthodologie historique serrée (les "situations changeantes") et large du comparatisme systématique, islam et communisme, puis aussi christianisme et judaïsme au moins.
La théorie de l'usage de l'idéologie pour le pouvoir (ses formulations sont variées, je les note, puisqu'il ne le fait pas - n'en donne pas une incarnation, une émergence, conceptuelle, mais le laisse en profil, dans les "situations changeantes" de son argument), et de l'effet mobilisateur de l'idée ou de l'idéalisme ;
et puis la théorisation des contestations, partie intégrante et synergique. Ici particulièrement fin : les contestations, dont celles qui viennent se cliver dans la majorité révolutionnaire aux "lendemains de révolutions", comme investissant les hérésies disponibles (restées "vivantes" après hégémonie précédente par ex., dont les idéologies vaincues), ou s'investissant en des hérésies et autres voies divergentes - chiisme en Iran, "'hérésies' musulmanes plus ou moins pénétrées de relents zoroastriens ou de ceux d'idéologie autrefois persécutées par l'Etat zoroastrien abattu, le manichéisme ou le communisme mazdakite" ; hérésies contestataires berbères pendant et après la résistance acharnée à l'Ipslam arabe.

Sectes. Pragmatique sociale et politique des sectes, telles qu'historicisés par Ambedkar. Avec le Kabir Panth et al.
L'histoire des religions, donc, mais augmentée, latéralisée, par l'histoire des dynamiques de sectes, qui montrent les formations sociales. Les pragma sociaux des idéologies. Dynamiques de la croyance.
Rodinson cherche, pose le cadre pour : "les mouvements idéologiques" (ici 324). Exactement les sectes, religieuses dans l'Europe monarchique, dans l'Inde dominatrice.

Weber, la magie, l'enchantement et le désenchantement, le charisme (projection de "dons surnaturels"). Fonds de la sociologie, fonds de la formation sociale.
Il y a une culturologie à l'œuvre ici ; ou en rapport critique possible à engager.
Rodinson se pose contre l'idéalisme, dont le modèle sera la "conception banale, vulgaire du spirituel" (Islam. Politique et croyance, 317, en pleine polémique avec Foucault). Il cherche à dégager l'histoire du politique qui s'embraye dans la pragmatique mobilisatrice.
Je cherche l'embrayage, nécessaire. 

mardi 18 juillet 2017

Débats religion : idéalisme, et "loi historique"

"et tous ceux qui abordent le problème [de l'influence politique en Iran des ´ulamâ] dans une optique idéaliste, comme il est coutume lorsqu'on touche aux questions de religion (ou même d'idéologie, voir les 'nouveaux philosophes' "... Rodinson, Islam. Politique et croyance, 285.
"qu'il soit encore nécessaire de rappeler une loi historique des mieux attestées. Les bonnes intentions morales, cautionnées ou non par la divinité dont d'un faible poids pour orienter la politique pratique des États. Le meilleur exemple est sans doute la faible influence de l'anarchisme non violent du Christ ...", 291.
Loi historique : les raisons d'Etat, les "situations changeantes" des rapports entre État et instances et pratiques religieuses, les mouvements du pouvoir et leurs usage pragmatique du religieux. "Le mot d'ordre de gouvernement islamique" (290 et supra). 

mercredi 5 juillet 2017

Situation de l'idéologie - comparatisme de Rodinson

Il y a donc une situation de Rodinson dans l'époque politique et intellectuelle de l'idéologie. Epoque du marxisme "occidental" (P Anderson), en contemporanéité avec Althusser entre autres en France. Période de la guerre froide, et de la phase - une des phases ? mais ici elle se dénomme telle - "idéologique" de l'histoire.
Le geste critique de Rodinson, structurant : "ne pas isoler l'Islam" (231 - à relire avec précision dans le fil des comparatismes de l'orientalisme ; quelle spécificité de sa manière ; quelles praxis conceptuelle), permis par le nivellement entre religion et idéologie. Pour une pragmatique sociale - groupes, groupements, des sociétés d'idée aux sociétés globales, idéologies faiseuses de communautés dans les évolutions politiques.
Son parcours implique aussi une évaluation critique du tiers-mondisme, en particulier dans sa fonction de ressource pour la dénonciation de l'Impérialisme (introduit de Parvus (1911, Turquie, voir) à Lénine) comme Satan intégriste-musulman.

Un point à tirer au clair sera celui du comparatisme, marxiste, de Rodinson, qui le situe dans l'histoire des orientalismes donc. Orientalisme de la guerre froide.
À relire alors avec la phase des Area Studies, l'assomption de la catégorie Middle-East, l'hégémonisation des US en "leader of the free world", la politique étrangère par CIA etc.

Ce serait aussi à Emmanuel Terray qu'il serait bon de le rapporter. Inflexions marxistes de disciplines établies, anthropologie, orientalisme.

mardi 27 juin 2017

Pragmatique de Rodinson

Un contour de question se dessine : pragmatique de Rodinson, comme pragmatique d'Asad.
Islam, 187 : "Mais l'emploi des mots [classis latin, classes] n'est nulle part restreint par leur étymologie ou leurs associations sémantiques."
Le chapitre s'annonce comme exploration philogogique des catégories sociologiques, ou de la "conscience", des classes dans l'Islam prémoderne.

Il s'agit, le long de cette ligne, des démêlés et passages conceptuels pour rendre compte du rapport langage-peuple qui fait culture et religion ; qui produit ces formes anthropologiques si naturalisées qu'elles bloquent la vue en montagnes, on est tenté de les prendre de face. Foi. Retourner en une soigneuse histoire discursive. Rodinson part ici avec histoire sociale, et histoire économique.

Cette pragmatique, s'agissant de l'Islam sur son flanc conceptualisé par les commentateurs euro-américains, est sujette au débat sur la cultural translation. Petit faisceau aigu, dans un champ largement ouvert sur des bourrasques de problèmes et d'histoire. (En jeu ici, clarifier ce que je sens aux propositions de HQ).

lundi 26 juin 2017

Rodinson : "croyance" par "idée"

Note : pour penser "politique et croyance", en dans un horizon marxiste et matérialiste, Rodinson passe non pas par culture mais par idée, qu'il construit en concept d'idéologie. Où il vient se placer en parallèle avec les théorisations marxistes, de Engels à Althusser, ces résonances laissées ouvertes, confiance dans leur reconnaissance.
Puis donc la construction : idée en idéologie ; doctrine et effet de croyance + effet de groupement humain, par Gurvitch, société d'idée / société globale (ou communauté quasi-nation). Tout mouvement idéologique : message, et organisation. Et alors mots d'ordre (175), patriotisme de communauté, plus ou moins limité par l'Etat et ses effets d'unité ou politiques de soumission (millets).

Tiens, j'étais dans la bonne zone, voilà p. 162, "appareil idéologique d'Etat". Quand la "Vérité dispose de la force" ; quand "communauté idéologique activiste" arrive au pouvoir. 

vendredi 23 juin 2017

Islam et politique : termes

Question s'agissant des pays terres d'Islam : le pouvoir, et l'Etat.
Devant les "quasi-nations", dit Rodinson ("sociétés globales", dotées d'autonomie fiscale, de police, de droit des familles), la question, arrivé le modèle de la "modernité", de l'homogénéisation pour le processus national. Communautés ("Qu'est-ce qu'une communauté religieuse libanaise ?", texte de 1986).
Contexte : des États créés par les conquêtes musulmanes (157). Et l'articulation difficile aux cadres de la modernité, européens et libéraux. "Idéologie de la liberté".
Alors concept opératoire nécessaire : "patriotisme de communauté", "et celui-ci n'est pas exclusivement religieux (voir les Palestiniens)", 157.

jeudi 22 juin 2017

Culture - poétique de

Je bafouille et tâtonne vaguement, au milieu de cette canicule qui me fond le cerveau, vers un premier topo sur les Mondialités islamiques pour présentation vendredi, séance inaugurale du programme avec CG et HQ. Mais au fil, étonnée de voir monter tout de même quelques produits :

. la culture, puisqu'il faut continuer à tourner autour d'une définition, se glisser dans le courant historique des débats autour du concept, entrer dans le jeu, passant par Geertz et ses démêlés, dont le rapport (autre paire de manches) entre culture et religion (Geertz : religion as cultural system) : la culture donc : simplement, la différence des langues. Le fait toujours actif toujours historique de la spécificité énonciative des sociétés, comme produits institutionnels continûment reformés du discours  (la vie du langage) comme socialisation et subjectivation. Performance continue.
Qu'il y ait de la culture, et de la culturalité du pouvoir : par la vie anthropologique qui est dans le discours càd la différence des langues = la poétique du social.

. l'autre point de théorie m'échappe. Revoir. 

mardi 20 juin 2017

Rodinson - Asad

Said discute Rodinson et J Berque dans Orientalism, voir, en 1973. Comparatisme des orientalismes critique ; orientalismes comparés, programme ouvert. 

Mais déjà l'effet de stéréo entre Asad et Rodinson est éclairant : manières critiques compar-ables, on y verra les différences dans l'implication des discours de la critique (pans disciplinaires, références et réarticulations théoriques, pans idéologiques), et les différences des procédés et actions. J'avoue facilement une préférence, mais reste attentive à ses conséquences, pour les freiner et revenir dessus, les interroger. Les situer, finalement, si j'en suis capable. Affect du ressentiment dans Asad, qui laisse le champ décortiqué et sanglant. Aigre. Sensation du partisan, peut-être ?
Il y a des philologies différentes à l'œuvre aussi, voir.

Contribution de Rodinson - égalisation, par pragmatique anthropologique

La nature du travail de Rodinson, la spécificité précieuse de sa contribution : réside dans le plan conceptuel qu'il invente, dessine, parcourt, où l'islam et l'Islam se placent à anthropologie égale de la religion avec les contextes religieux qui cadrent la pensée occidentale du politico-socio-religieux. A histoire égale
Effort, de perspective, considérable. Voir comment il se construit - par la ressource dans la sociologie (Weber confirmé, 112 dans Islam, politique et croyance, à propos du désenchantement) ; par l'histoire des variations politiques, socio-communautaires, rituelles, et syncrétiques des territoires et séquences musulmans ; par une philologie - dont je ne vois pas encore l'activité dans ce volume. 
Quelle conceptualité englobante, anthropologie, - "l'efficience suprême de la normalité sociale humaine", en est-il amené à dire en péroraison d'un texte d'intervention critique, au nom des "nuances et des corrections", 109, dans Le Monde, 1991). 

Les muscles conceptuels de cette mise en perspective, toujours appuyée sur un comparatisme soigneux pour le savoir besoins de la conviction (monde chrétien, monde socialiste, pôles constants, mais entre autres) : concepts de pragmatique de l'idéologie, dont l'idéalisme, et défense de l'idéalisme méthodologique en historiographie. 
Recette (de réalisation mondaine des utopies, cités idéales justes harmonieuses), 
sectes-partis
qu'on prend pour guide, dont on se réclame - usages de, appels à
patriotisme (nationalisme) de communauté
implique nécessairement donc la variation des mondanités musulmanes et des universalismes musulmans
où la grande articulation historique du colonialisme partagé constitue une séquence déterminante, confirmant de manière lourde en époque moderne la solidarité de destin d'un monde musulman tiers-mondisé