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jeudi 27 juillet 2017

Comparatisme : simple

Je suis toujours un peu sous surveillance, vaguement et le sentiment vague conforte le malaise, au sujet du comparatisme. Il est mon vecteur principal et partout efficace, mais j'ai bien en tête, quoique vaguement donc, les débats (en anthropologie ? Où exactement ? Dans les bons tons de la critique contemporaine, critique qui veut se marquer contemporaine par le geste même de reléguer le comparatisme à un âge passé, archaïque dans le progrès linéaire de la critique, de la pensée des sciences sociales) - en tête les débats qui investissent le terme de comparatisme d'une valence fixée, epistemologiquement et idéologiquement. Un stade dans l'émancipation en, par, l'anthropologie.

Simple : le comparatisme comme provincialisation, réciproque. Plus précisément peut-être même que relativisation : car on n'est pas dans l'espace ideal de l'organon, mais bien simplement et de plain-pied dans l'histoire connectée ou géopolitique. Historicisation sera bien sûr son tranchant pour la critique. Mais le concept ne peut s'introduire qu'après un temps phatique.
Comparatisme : montre les objets comme des formations, càd des rapports. Et fait passer aux transformations.
Tiens, Gildas Salmon sur Lévi-Strauss relecteur de Saussure, pour former la méthode structurale des transformations : comme précisément autre chose que le formalisme. Il fait un texte sur les Légendes, en lecture now.

lundi 24 juillet 2017

Islam comparé - situation en Décolonisation

Islam Observed de Geertz. J'y allais pour la proposition de : l'islam comparé.
Je le trouve immédiatement placé dans un nid de situation sur-riche, auquel je n'avais pas pensé mais qui est évident, éclatant. Non seulement Geertz est pilier d'une génération de l'anthropologie américaine qui vient faire le pivot vers les radicalismes sémiotiques et postcoloniaux - génération dont La tâche aura été de calculer les conséquences des classiques de l'anthropologie de l'entre deux guerres pour les changements sociaux et géopolitiques et scientifiques du siècle avançant. Mais il est aussi l'un des acteurs de ce tournant qui doit épouser le changement historique de la Décolonisation.

1968 date de publication. Et il s'agit, dès les premières pages posées, du nouveau composé géoculturel et géopolitique de l'Afro-asiatique (not his explicit terms), et du changement politique révolutionnaire qui affecte les sociétés corpus de l'anthropologie - l'étude commence avec :
Of all the dimensions of the uncertain revolution now underway in the new states of Asia and Africa, surely the most difficult to grasp is the religious. (1)
Il faut que le religieux soit immédiatement mis en drame, pour les besoins rhétoriques, certainement. Mais la co-occurence est aussi significative historiquement, et "critiquement" : ce couplage nécessaire, rendu nécessaire par la configuration de l'histoire coloniale (configuration coloniale de l'histoire moderne), entre épistémologie comparative, (Dé)colonisation, et religion. Le religieux, ou plutôt la religion, produit conceptuel et donc idéologique de l'Europe colonisatrice. Terme, discursivités,

Ce qui mesure tranquillement la qualité du piège naturalisant logé dans les effets d'équivoque (Geertz 1, signs of the "uncertain now underway in the new states of A&A", "rarer and a great deal more equivocal in the religious sphere", "elusiveness") de "la religion" : il s'agit non pas des religions mais de "analysis of religious change" (2), et "a religion's career" (3).

Le nexus est : "religieux", changement historique (conjonctures et blocs, dynamiques des formations sociales - y compris dynamiques sémantiques bien évidemment, faut-il vraiment le découvrir ?), et cadre colonial.
Le cas d'étude islam à alors un statut particulier, et éloquent. Car si Geertz évoque (trope comparatiste qu'on trouvera chez Weber structurellement, et méthodologiquement chez Rodinson) christianisme, islam, hindouisme, confucianisme, religion navaho (3), c'est bien l'islam qui fournit le carrefour critique de l'histoire ici. (Noter, que l'hindouisme à la même fonction dans l'orientalisme, ou une fonction parallèle. Mais elle perd en importance peut-être quand le rapport de colonisation se transforme en migrations métropolitaines postcoloniales, selon ses effets de majorité ?)

The issue, position of the issue : "the religious situation in the new states", 3. 

mercredi 5 juillet 2017

Critiques étrangères - comparatismes, ou mondialités

Ce sont des altérologues, disons, qui ont l'appui de repousse dans leur étude de sociétés étrangères pour proposer des critiques des idéologies européennes de la liberté :
Louis Dumont sur l'égalité - avec toute la delicatesse de la voie close to the bone qu'il trace à travers son comparatisme à partir du cas des castes en Inde
Rodinson sur le militantisme démocratique, également idéologique aux militantismes religieux ("La prise de position militante est devenue une seconde nature chez beaucoup de sociétés démocratiques, chez les intellectuels notamment, 265), entre autres
Talal Asad avec ses affects critiques singuliers.

Deux points en chantier ici, et en balbutiement :
. critique islamique, et
. close to the bone. Comment je vais appeler ça ? J'attends encore que ça se donne forme, contours, poignées.


mardi 20 juin 2017

Contribution de Rodinson - égalisation, par pragmatique anthropologique

La nature du travail de Rodinson, la spécificité précieuse de sa contribution : réside dans le plan conceptuel qu'il invente, dessine, parcourt, où l'islam et l'Islam se placent à anthropologie égale de la religion avec les contextes religieux qui cadrent la pensée occidentale du politico-socio-religieux. A histoire égale
Effort, de perspective, considérable. Voir comment il se construit - par la ressource dans la sociologie (Weber confirmé, 112 dans Islam, politique et croyance, à propos du désenchantement) ; par l'histoire des variations politiques, socio-communautaires, rituelles, et syncrétiques des territoires et séquences musulmans ; par une philologie - dont je ne vois pas encore l'activité dans ce volume. 
Quelle conceptualité englobante, anthropologie, - "l'efficience suprême de la normalité sociale humaine", en est-il amené à dire en péroraison d'un texte d'intervention critique, au nom des "nuances et des corrections", 109, dans Le Monde, 1991). 

Les muscles conceptuels de cette mise en perspective, toujours appuyée sur un comparatisme soigneux pour le savoir besoins de la conviction (monde chrétien, monde socialiste, pôles constants, mais entre autres) : concepts de pragmatique de l'idéologie, dont l'idéalisme, et défense de l'idéalisme méthodologique en historiographie. 
Recette (de réalisation mondaine des utopies, cités idéales justes harmonieuses), 
sectes-partis
qu'on prend pour guide, dont on se réclame - usages de, appels à
patriotisme (nationalisme) de communauté
implique nécessairement donc la variation des mondanités musulmanes et des universalismes musulmans
où la grande articulation historique du colonialisme partagé constitue une séquence déterminante, confirmant de manière lourde en époque moderne la solidarité de destin d'un monde musulman tiers-mondisé

mercredi 7 juin 2017

Situation de Geertz - anthropologie US 1970s

Étonnement de sentir ces effets de situation.
Geertz vient bousculer un paysage, état de l'art.
Il tourne la page de l'anthropologie d'après guerre, j'ai l'impression. Et il se positionne pour bloquer les dominations acquises ou flambantes de champs et thèmes de disciplines qui menacent le territoire de l'anthropologie : philosophie de mind, béhaviorisme, psychologie expérimentale et positive, cognitivismes, positivismes des sciences sociales ; sciences sociales sur les sciences humaines. Époque de T Parsons / Lazarfeld (qu'il n'évoque pas).
Mais aussi ante : on n'est pas encore dans le retour de culturalisme qui va s'imposer avec les poussées des Minorités et gauches nouvelles des 60s.
Il défend donc creuse élargit construit une sphère épistemique pour la culture en la dégageant des accusations de mentalisme en particulier.
Il y a donc des coordonnées politiques nettes dans ces options et ces temps, presque générations. Et donc encore : des acteurs collectifs. L'après-guerre se met en relief vraiment dans une agressivité positiviste qui semble fait tout un avec l'hégémonisation des EtatsUnis, et la géopolitique hawk, Nixon, CIA etc. Industrial militaro epistemic complex.
Le retour de la culture, largement au-delà de l'élargissement soigneux de Geertz, avec les pressions noires et étudiantes, mouvements des Minorités, protestation contre la guerre du Vietnam, contreculture, critique des sciences et idéologies de la cold culture. Ah voilà, the nail

Ce n'est que sur ce terrain changé que peuvent se développer les Cultural studies, avec tous les conflits et les ambigüités qui les accompagnent.

Ce à travers quoi je tâtonne en considérant Geertz, avant d'en arriver à l'islam comparé : exploration de la sensation hexis de cette époque et famille scientifique, américaine, en fin d'après-guerre, au moment où les choses vont finir de tourner out of the Sixties, pivot de 68 alors. Ce qui me fait grincer les dents de ces affects intellectuels, du bouché, de l'obtus, de dépolitisé positivé qui est une idéologie dure. Entrer dans, cerner, pour ne pas me fier à cette révulsion et historiciser, pour pouvoir tracer les enjeux et les différenciations.

lundi 5 juin 2017

Culture - carving a space for, 70s

Duh, things becoming clear, and the decades that are required for this at last settling effect!, Clifford Geertz, wriggling to make room for culture in the evolutionary story of postwar behaviorism, 82:
In order to make up our minds we must know how we feel about things; and to know how we feel about things we need the public images of sentiment that only ritual, myth, and art can provide. (emphasis added)
He call rituals, myth and art the processes of the public, or of the cultural (including evolutionary, phylogenetic) nature of man, which conduct affective process, in tandem with intellective ones shaped institutionnally by discursive languages, maths, and experimental routines - which I suppose cover sciences.

samedi 25 mars 2017

Peuples en devenir now

La nécessité de trouver des appuis pour tester ma lecture de Saussure sur les peuples, et tout ce que je veux construire en lecture de poèmes de peuple : chercher dans l'ici et maintenant les peuples en ethnogenèse (prenant par Wohl et toute la discussion sur les nouvelles reconstructions de l'histoire de la formation européenne) ou alors ensuite le bouchon plus droitement poussé : en sociogénèse. Ou alors, etc. : c'est ici que la question se présente. Ou : par exemple subjectivité politique. Ou : ...

Les choses prennent alors un aspect en effet assez frappant, démonstration immédiate de la complexité historique toute tissée de conflictualité et de catastrophes collectives variées. Qui défolklorise sans effort le point de vue serein, olympien, de la perpective paléoanthropologie ou de l'histoire longue. (Still trying to pin down what it is that generates, and consists in, this epistemic pacifier.) Peuples en formation désintégration reformations dislocation, en prenant "simplement" depuis 1975, par exemple.

Migrations, par diverses poussées et motivations dans les diverses horreurs de la fin du 20e s, ruptures de régimes politiques, postcolonisation des métropoles comme des nouveaux États indépendants, transformation du travail et du mode de production. Les grands classiques de l'analyse. Prendre par ici.
Alexievitch sur la Fin de l'homme rouge. Non seulement le nouvel homme soviétique décomposé, mais les progroms azerbaïdjanais arméniens russes etc., de voisins (la commensalité en occasion de fêtes beaucoup évoquée comme test, point' de ce qui se rompt) à ethnismes. Flambée des nationalités, retour de gifle historique.
Et en lien comparatif, d'épreuve, avec les poèmes de peuple identifiés depuis l'histoire des discours, dans l'autre sens : Du Bois Price-Mars Césaire Ambedkar etc. U Butalia sur les recompositions sur le fil de la Partition, et ses surprises.

Est-ce qu'une difficulté réside dans les formes d'apparition sociales : par les pressions contre ces nouvelles socialités - 'populisme' actuel, nouvelles flambées nationalistes et racistes, nouvelles distributions racistes, refoulements et exercice de la frontière, soit génération réactionnaire des peuples. Type structurel du racisme. Faire des peuples, renvoyer les mouvements sociaux à une genèse en ethnos. Quelle part de cet évident membre de la question, dans la question d'ensemble ?

Intégrer dans la réflexion les nouveaux rôles, ou présences dans la sphère publique des Nords et participation dans le présent-Mondialisation tardive, des mouvements indigènes. Sioux au Dakota, impressionnant ces derniers mois.

Je suis toujours attentive, et reconnaissante, au surmoi que me fournit la caution de R Young sur l'ethnisme dans le CLG. Retrouvé, dans le débat qu'engage Derrida avec le CLG sur l'exclusion de l'écriture, dernièrement dans White Mythologies (où j'ai dû refaire un test de Said). J'ai fini par acheter English Ethnicity (2008).

samedi 11 février 2017

Pratiques, actions

Les pratiques, et les actions. Quels forces subjectives, quels processus, de l'histoire ?
Des disciplines, et des modes théoriques, se positionnent différemment sur cette question. Voir.

jeudi 26 janvier 2017

T. Asad suite - culture moderne, culture libérale

Il y a bien une anthropologie de la modernité libérale à faire. Une prise anthropologique, d'un objet (et contexte, ce qui est une difficulté constitutive, ainsi évidemment que tout l'interêt) qui se prête plus à la rationalité discursivité qui l'a façonné, soit la philosophie politique.
Sans compte la part de comique toujours sympathique de porter l'anthropologie à son auteur historique, à contresens du regard intenté. Encore faut-il pour cette satisfaction et ses récompenses critiques que l'anthrographie faite soit saisissable, limpide.

C'est prendre la modernité libérale comme une culture, geste à la fois profondément juste et toujours déroutant. ça demande de décoller en particulier un réflexe allo-anthropo : concevoir une culture sans ethnisme ; une culture qui se dit post-ethnique (distribution axiologique même de la modernité : les autres sont des cultures, propres à être prises sous la catégorie de l'ethnie, Môa-Europe la modernité même et le politique, citoyenneté civility - Bhabha ici, que je peux mettre en regard d'Asad, tiens, effet de clarté.)

Talal Asad - lecture, anthropologie

La lecture de Talal Asad va être dure. Gros effort pour dégager l'espace de lecture.
D'abord parce qu'il cible au cœur, profond, du système libéral moderne dont il est difficile de cerner, depuis dedans, les reliefs et les arc-boutants, surtout à tel degré de sélection, abstraction, particularité de prise située avec légèreté, implicite large laissé suspendu (faut-il simplement l'avoir beaucoup lu, pour le lire ?), et relative anhistoricité.
Parce que l'espace alternatif qu'il propose, tradition, dont illustration typique en contexte d'islam, est lui-même difficile à stabiliser en champ de discours appréhendable, étant si chargé dans sa discussion europhone, précisément pour les raisons qu'il dit.
Cette critique importe, et vient se placer auprès de nombreux autres projets : sa spécificité et sa force sont à mesurer dans ces comparaisons. Sa criticité singulière est à cerner. Pas facile, slippery. Alors que les questions qu'il soulève sont effectivement délicates, et constituent des scènes (son concept le plus saisissable, pour moi jusqu'ici, pour identifier les terrains de l'énonciation) hautement et urgemment pragmatiques en effet.

Trope défensif aussi, régulier, qui s'avère pas si facile à faire fonctionner, comme il semble se donner, comme un appui pour comprendre où viennent se placer ses distinctions et dessins de contours, dessins de lignes d'argument au fin des questions critiques. Je ne dis pas que, je ne voudrais qu'on croit que je défends ceci, dis cela.
Enfin la question de l'historicité, qui a à voir avec sa position dans l'anthropologie, et dans une référence méthodologique à Wittgenstein (et tout le plan agency, qui est justement une de mes difficultés de longue date), elle aussi toujours difficile à saisir quand on la fait porter sur du politique et de l'historique. J'ai cette difficulté, jamais clarifiée par les essais de S Laugier par exemple, et qui me détournent toujours par a priori de V Descombes, J Bouveresse, et d'autres en France (il y a un même genre d'affect, américain ?, dans Latour, qui me détourne, également a priori et également, sans doute, à tort).
Il me manque l'épaisseur de conviction d'une "généalogie" (-s of Religion), d'une poursuite de "formation" (of the Secular), ou finalement de "tradition", prise par une philologie détaillée et inscrite dans une lecture identifiée de séquences historiques nourries. Maybe le fait-il ailleurs, avant. De même une anthropologie, étudiée.
Sans doute le lest qu'il me manque aussi est la discussion avec d'autres projets critiques de la modernité libérale, pour co-situation : voix repères sur les religions dans différentes disciplines ou discursivités, rapport aux grands courants critique, marxiste, débats de l'anthropo, postco, etc. Les interlocuteurs qu'il se donne au fil des arguments me déroute toujours, sans cet étonnement heureux des découvertes soudain lumineuses qui font la lecture et ses temps de déracinement.

vendredi 23 décembre 2016

Amselle - départs critiques

. "rétrovolutions" (R. Essais sur les primitivismes contemporains, Stock, 2010) : "à l'abandon du vieux schéma marxiste et 'classiste' qui prévalait dans les années 1960 et 1097 et à son remplacement par une philosophie 'new age' qui recourt au répertoire autochtone.", L'Anthropologue et le politique 33. Culturalisme - lui dit primitivisme, et catégorie de l'ethnie pour l'Afrique en particulier - et culturalisation du politique.
La question est logiquement et historique capable de retournement : politisation (classisation) du culturel, soit des sociétés (éventuellement identifiées et éventuellement distinguées par la guerre, ou le rapport, marchand, exogame, colonial, etc.). Pas exactement ça - revoir, les séquences historiques où la politisation est à l'oeuvre, sur les identifications de groupes sociaux.

. "chaînes de sociétés", et alors "signifiants flottants", processus de catégorisation, et enjeu de la "nomination des peuples". 31-32. Développé, note-t-il, dans Logiques métisses (1990). Ici Saussure exactement. Quelle possibilité en conclure quant à la position idéologique de l'un et de l'autre, par l'anthropologie et sa sémiologie ? Comment éclaire le politique chez Saussure ? Ici une mince accroche possible.

. critique de "l'essentialisme stratégique", avancé par Spivak, dans L'Occident décroché. S Hall en fait autre chose, avec soin, dans "Cultural Id and Diaspora", dans les 90s.

. "Du marxisme au chamanisme" (JP Sarrazin 2011), du marxisme à l'indigénisme. Amérique latine.

jeudi 22 décembre 2016

Subalterne, peuple, populisme - pose Amselle

Amselle, dans L'Anthropologue et le politique (2012) cette fois : pose nette : "La question de la 'voix des sans voix', de la parole du peuple et donc du populisme" (25). Il poursuit, par sa prise : "est au cœur des études postcoloniales, en particulier des études sur les subalternes (subaltern studies)."

(D'où la possibilité d'une analyse par la déconstruction des primitivismes, et du rôle de l'anthrologie dans. Alors Michéa d'une part, et Dumont (holisme), Le Goff ("totalitarisme villageois"!), E Terray, Messailloux, Clastres etc.)

Puis, après dénonciation de Substuds (Guha direct) pour maoïsme, note de méthode : " - ce qui impliquait donc à son tour que ce peuple existât." Trope Amselle ici, juste, même si injuste quant au performatif critique de la proposition de "subalterne". Opérateur.

mercredi 21 décembre 2016

L'anthropologie contre les peuples - Amselle

Comme Taguieff prend pour cible les antiracismes dans un travail de fond sur le racisme, polémicisant la problématique, Amselle zoome sur le populisme "postcolonial" et anthropologique (discipline alma mater) comme excès et retournement réactionnaire sur la ligne de la critique des "notions qui divisent l'humanité" (102), racisme, évolutionnisme racialisant, primitivisme, sacralisation des cultures comme identiques à elles-mêmes.

Traverse l'objet pour s'en prendre à ses expressions 1. contemporaines, exigeant reconsidération (qui sont structurellement, historiquement, post-coloniales en donc déterminées par les problématiques des minorités et asymétries - le culturalisme, de tout bord qu'il soit, est bien postcolonial au 21e s. pour une part à extension maximale du monde), 2. dites réactionnaires. En excès, en retour ("back" - cf argument des réparations), en solidifications sacralisées, qui menacent le jeu du politique cosmopolitique et le regard scientifique universaliste, ici dirigé vers une gauche qui soit de gauche et sans effets de "transfuges" (ou par elle, car en dehors des références prises dans L'Huma, et l'évocation des internationalismes passés, les options politiques pour le présent ne sont pas dessinées explicitement - quel politique envisager, projeter, générer par l'utopie de la critique ?).

Argument : valeur miroir (= "back") des antiracismes, "postcoloniaux", etc. 112 : "Si la perversion [trope polémiste, qui plante une identité répère droite et morale et saine - et index de l'argument par miroir] du 'dieudonnisme' [trope polémiste le plus classique, celui-ci : isme-isation] tient à la transformation du social en ethnico-religieux, le rejet du racisme anti-Blancs assimilé à l'antisémitisme en constitute malheureusement l'exacte figure symétrique et inverse." Soit également un populisme-culturalisme, paradoxal [trope, etc.]. Où se marque alors la "négation de la différence gauche-droite". Et alors ?

mardi 20 décembre 2016

Luftmensch pour l'anthropologie - savoir des dominés

Anthropologie et position de parole juive-interrrogative - Amselle, qui peut appuyer sa polémique sur les évidences d'un antisémitisme toujours en mutation, plus ça change, en France. Situation critique nécessairement en Europe, vécue dans les marges historiques et leur élasticité dans le temps qui fait l'incertitude longue de statut.
De même, la valeur critique du romanisme allemand, porté par les mais aussi refuge des chercheurs juifs pendant le déploiement de la germanistique.
Un savoir de la marge, de la position d'exclusion. Savoir des dominés. Abdelmalek Sayad élucide le cas des émigrés algériens superbement, j'y reviens.

dimanche 18 décembre 2016

Amselle critique du peuple

JL Amselle rattrapé, depuis ses outings contre "les milieux, idées, postcoloniaux", par l'affect polémique : j'y reconnaît, avec la clarté d'une confirmation toujours éclatante, le répertoire rhétorique de W Lewis, de Taguieff.
Concernant les questions du peuple, de l'identité, du rapport entre l' "anthropologue et le politique", ces affects et ces interventions ont une adéquation énonciative remarquable : performatif du peuple à l'œuvre, voracement, et en sa jouissance verbale et fielleuse qui vient la verser à une tradition discursive reconnaissable, historisable. Déclinaison du trope des cliques, "accointances", "milieux", soit, selon sa propre catégorie (ironie énonciative qui signe le genre polémique), de "l'imputation de groupe", avec horizon de conspirationnisme, à figurer comme cible, à pratiquer en miroir. Passant par la déclinaison du trope du faux, pseudo, soi-disant, faux débat, etc. (39). Restent alors le "cosmopolitisme", l' "universalisme", mais aussi l' "internationalisme prolétarien" protégé au moins historiquement contre ses détracteurs de la "gauche" contemporaine.

Comme souvent aussi, cette jubilation polémique dégage des zones critiques très provocatrices en suggestion, en perspective. Amselle y contribue des réflexes anthropologiques sûrs et mûrs, importants à absorber. Sa "décontraction de l'identité" ("piège identitaire", 45) et comment elle parcourt les questions, et les situations. Identité passagère (46 dans Les Rouges-bruns), luftmensch, "groupe 'sérialisé' d'individus (Sartre)" ; contre les porte-parole au nom de la "communauté" juive ou telle 45 ; imputation de groupe et alors glisse métaphorique vers "bandes" et "tribus" et alors primitivisme 43, "culture", traitement médiatique holiste, "pente ethnologique" 13 et Ethnicisation de la France (2011) - contre la supposition "préalable d'un sujet historique - (i.e.) le peuple juif - que l'on aurait à 'aimer'" (judéophilie tout autant que antisémitisme). 

mardi 13 décembre 2016

Anthropologie du sécularisme : Talal Asad

"What might an A of S look like?" (Formations of the Secular, 2003, 42) : une généalogie (son propre terme) des concepts du religieux - la mutation de "inspiration", "révélation" ; la délégitimation des autorités écclesiales, la Réforme productrice du High Biblical Criticism et la critique textuelle ; la textualisation et poétisation de l'Ancien Testament (Herder, Renan, WRobertson Smith, études de religions comparées), contemporaine sur son autre face de la sacralisation mythification de l'histoire (en progrès) qui peut ensuite donner le "sacre du citoyen" (Rosanvallon).

Relais du religieux au textuel, aux disciplines textuelles de l'historiographie moderne, à la littérature mais pliée entre rhétorique des polite letters et esthétique romantique, au langage et ses agonies de questionnement, etc. 
Lié à l'État moderne et ses intellectuels, anti-particularistes.
Une proposition clé concerne la double face de la sécularisation, qui est aussi le split entre le projet d'une histoire séculière et le discours/savoir moderne sur le mythe, le discours sacré (régime Durkheim, modèle universel universaliste, anthropologique, du sacré comme espace à l'écart, et du "sentiment religieux" comme lieu de l'écart, lieu de l'inconscient social), et le symbolisme (43).

T Asad y va avec une légèreté suggestive de traitement qui suggère puissamment mais passe trop en surface dans les formations discursives. Difficile d'entrer, au delà des repères déjà connus de cette grande transition et au delà des quelques points d'articulation où il fait soudain un éclairage, dans les engrenages des transformations.

Starobinski impliqué dans cette élucidation, pour ses apports en effet sur l'histoire de l'herméneutique, dont il est crucial pour une poétique de connaître profondément les formations en effet. Qui élucident la constitution du champ littéraire et du champ de la critique littéraire, et leur fonction, leur condition d'opportunité, dans le grand long processus de la sécularisation.

mardi 25 octobre 2016

Modernité : universel / particulier, et philosophisme

Encore une évidence réveillée, remotivée : tout le carrefour qu'a constitué le moment (le travail) des Lumières, pour une réarticulation de universalisme et particularisme. Le grand débat la Grande Scène. Dont le Geste constitue la solution à, l'assemblage moderne même, un état du pouvoir en Europe. Contre l'ordre politique féodal, avancé en France au moins jusqu'à la modernité de la monarchie absolue qui est autre chose que l'ordre aristocratique. Il se joue des questions géopolitiques, en particulier, qui surimposent au politique (sphère inventée par la Modernité libérale) des intérêts d'une autre nature. Économie et système-monde, bien sûr, et les repères donnés par Wallerstein, et par Marx en fait, sont à disposition. Mais sans doute autres en confluence aussi.

La disposition opposée de universel et particulier, universalisme et particularisme, a bien une apparence philosophique, facilement référée à Aristote, organon philosophique, soit donc geste, speech act, de néoclassicisme. Philosophisme.

Universalisme des Droits de l'homme et du citoyen : observer la tension entre ces deux sujets, d'abord. Puis observer comment celle-ci est articulée à un traitement soigné, une opération demandant grosse dépense intellectuelle et idéologique, des particuliers.
Ici les lignes Mœurs Voltaire, Montesquieu (et sans doute les dissensions révolutionnaires entre libéraux et Jacobins etc.), Herder, Humboldt, Fichte etc.

On peut reprendre en regardant exactement la bifurcation que propose, qu'opère, Kant, dans son partage entre philosophie et anthropologie.

vendredi 6 mars 2015

Fronts renversés - peuples mobiles, et confusionnisme

Excellente excellente conclusion analytique d'Olivir Roy à son Islam mondialisé, sur les questions spécifiques (et majeures) prises et recalculées par le livre.
Mais aussi, ces dynamiques de mobilité des cadres et des termes, qui font les effets de brouillage, de paradoxe (il doit s'appuyer constamment sur ce trope pour souligner les résultantes inédites des transformations qu'il décrit, dans les processus de la déterritorialisation), et de front renversé. (233)
Ce sont ces effets qui rendent les cartes idéologiques ou des valeurs difficiles à lire, et les positions apparemment ambiguës, les choix complexes puisque la grammaire idéologique se transforme, les cartes se superposent.
Voir ces effets de nouvelle illisibilité, qui est le temps de transition des termes et la superposition des lisibilités, rencontrées concernant toute la phase de la New Left - les scissions nécessaires entre SDS et SNCC pour commencer. Puis tous les culturalismes nécessaires par l'évolution de l'histoire de l'immigration en UK ou en France, débouchant tardivement en France sur les mouvements des Indigènes (ayant été bloqué, sans doute, par la phase SOS Racisme, au moment de la récupération de la Marche des Beurs).
Où le travail de grands analystes comme Stuart Hall et al. apparaît toujours plus pénétrant alors que l'histoire en consolide la force par légitimation, conviction, rétrospectives.
Ou du travail comme celui de F. Jameson.
Avoir su faire varier les 'levels', et observer les découplements inédits entre politique, idéologique, culturel, social, religieux etc. Ce qui implique l'effort sans doute crucial : de décompléter, historiciser, le politique. Ni dans le fonctionnement étatique, et ses corps intermédiaires civils, ni dans le registre idéologique.

Accord des deux parties sur le Clash de Civilisations : prenant l'islam en fantasmatique et identitaire, de part de d'autre. 232.
Débouche (234) sur : 'Ce qui explique la confusion, voire le confusionnisme c'est le changement du paysage mondial, et non pas un cheminement intellectuel (ex généalogies intellectuelles, laïcité jacobine 233, antisémitisle de gauche, etc). Le brouillage des catégories. 

samedi 1 février 2014

Poétique, anthropologie

Tiens, note : j'en suis ces temps-ci, avec la philologie qui reste ambiante et récemment revivifiée par passage dans Olender et RP. Droit par exemple, à : l'anthropologie, finalement.

C'est venu en considérant Ambedkar : quel était le processus par lequel j'en étais amenée à Amabedkar pour parler de mise en problème (récupération des problèmes et leur récolte pour l'étranger) de l'histoire littéraire indienne fuyante. Mis une phrase sur cette séquence proposée : ce que l'Inde fait la la littérature, c'est l'inviter, l'obliger, à une révision de la distance de savoir. Une distance un point de vue anthropologiques, qui casse et passe le cercle complaisant du jeu de langage littéraire. Et prenne les pratiques culturelles de langage, de travail du langage, traditions de pratiques modelées du langage.
Ça pourrait être, aussi, 'culture'. Et simplement retrouver le mouvement du cultural turn des années 1990, voir Bernheimer, et y intégrer le CCCS, etc. Mais c'est prendre 'culture' plus large encore peut-être, et dans un nouveau travers des jeux de langage disciplinaire & historique.
D'abord avec Benveniste, culturologie toujours en promesse après lui. Et dans l'espace imaginaire des anthropologies des cultures, sciences sociales, qui déportent dur (malgré le caprice puissant des fantasmes, qui les culturalise les littérarise tranquillement, profondément : récits, fabulations, exotismes).

There's more to understand here >>

Avec Ambedkar donc, la question d'une poétique de l'engagement politique du débat, et de la lutte discursive. De la réinvention de la tradition, par la lutte dans les Lettres et par le parlement. 

lundi 11 août 2008

Anthropologie, critique du politique communicationnel

Je reviens sur mon impression au bout de la lecture d'Abélès ; la conclusion d'Un Ethnologue à l'Assemblée (2000, Odile Jacob) ayant largement répondu à mes questions sur la spécificité de l'apport par l'ethnologie, et la valeur heuristique de la proposition, doucement bousculante, d'étude ethnologique dans un milieu interne / extime tel que le parlement français.

La conclusion reprend plus large, des repères d'une histoire de théorie politique du parlementarisme, par Carl Schmitt, Rosanvallon et Baudrillard, et Habermas. C'est le geste du calcul de l'incidence, qu'il y a à attendre en effet d'une étude ethnologique : du nez-dans-le-milieu à la vue haute, qui recartographie et mesure les déplacements.
Abélès y dissout successivement deux modèles (critique d'Habermas qui critique la philosophie politique) pour arriver à la proposition finale : ce que fait une anthropologie du politique, comme décentrement d'une théorie politique (comment mettre mieux le doigt sur cet ensemble?) du politique. 301 : "l'anthropologie politique offre une perspective originale dans un débat qui a surtout mobilisé les philosophes, les politistes et les sociologues, et dont l'enjeu n'est rien d'autre que le futur des sociétés démocratiques."
L'attention ethnologique est sur les pratiques parlementaires : et ce point de vue révèle la question, l'ambivalence irréductible et conflictuelle, des conditions d'énonciation de la loi, càd aussi du parlement comme "lieu du politique" (titre de 1983) qui embraye le local au national, la représentation à la délibération, "négociation et discussion" (328), le combat au débat. Abélès : "la question des pratiques mêmes de la représentation" (321).

Part du problème à penser : "la prise de conscience collective d'une déstabilisation profonde du politique" (299), "ce recul du politique" (300), pris dans les courants croisés de la mondialisation des coordonnées du politique (post-national), de l'économisation des questions (géo)politiques et de la médiatisation de l'espace public (concentrée autour de la télévision, et la "société de la communication"). Contexte (333) : "la forme de l'Etat-nation est en train d'imploser sous nos yeux".
Et chercher le sens de l'institution parlementaire - pressée de "modernisation" et la "culture de l'évaluation" (306 - mais "l'illusion tenace selon laquelle la professionnalisation de la vie politique, une régularisation des statuts, [...] permettrait de résoudre la crise"... "On se situe là dans une problématique entièrement commandée par des impératifs de communicabilité, et c'est là que le bât blesse."), suspecte de faiblesse irréversible dans l'usure de la Vème république, et accusée de fabriquer la fracture "entre les élites politiques et les citoyens" - dans cet espace reconfiguré.
Problème à penser : "la fonction de représentation".
Perspective ouverte : "sortir d'une vision qui enferme de plus en plus le politique dans la sphère communicationnelle" - qui "finit par occulter l'enjeu même de l'activité délibérative, au profit d'une conception, en apparence plus démocratique, mais pour le moins contestable. En effet, l'obsession de la communication, qui cherche désespérément à réconcilier la politique et la 'société civile', voir dans le Parlement une médiation superflue" (322).
L'enjeu est politique, simplement : c'est la prévalence de la démocratie libérale, sur la démocratie républicaine. L'Etat de droit (et le droit-de-l'hommisme, et la légalisation du politique), et ses racines emmêlées avec le capitalisme et la politique privative.
Pour : au-delà d'un "retour à la politique délibérative" proposé par Habermas (323), un point de repos tensif sur "les ambivalences de la représentation" (329). 333 : "Non, décidément, l'Assemblée n'est pas le lieu d'un rituel vide et d'un formalisme creux / désarroi, malaise, etc. 333. Thèse : "l'exercice de la représentation politique est une affaire complexe. Echanges d'opinions, délibération publique, fabrication de la loi sont inséparables de l'expression des intérêts et de la figuration pour le public d'un rapport de forces." ; "L'Assemblée est le triomphe de l'actuel et du présent dans un monde où l'image... tout prend ici densité et consistance".
=> le parlementarisme, et le parlement français, n'ont pas à être épurés de la critique. Condition.

Présent de l'énonciation publique (énoncé et énonciation ; rapports de sens et rapports de force. Avec la métaphore du théâtre pour penser la représentation - discursivité, culturalité du politique : non pas, à la Baudrillard, le spectacle et la simultion ; mais le présent public).
La question est en effet : quelle théorie du langage (discours et société) pour fond de l'idéologie présente. L'enjeu d'une anthropologie critique du politique est la distinction fine, à ouvrir, entre populisme (l'immédiateté libérale, la société civile exigeant sa part sur l'espace républicain), république (avec les maladresses, les grossièretés sociales, des républicanismes), et populaire/peuple, comme moyen de l'ethnologie (différentiel culturel).


La proposition est que le milieu parlementaire, dans les jeux de son "ambivalence", "ambiguïté" (312 - mais ce ne sont pas exactement les termes exacts, puisqu'il n'y a pas de logique à espérer tirer au clair, dans les affaires des hommes - "affaire du peuple" dit Kafka : plutôt, sa fonction de shifter du présent public. Simplement, le double saussurien, qui est l'opération de l'historique : je-culture. Abélès propose aussi, régulièrement, "combine" ex. 312), reste opératoire, même si méconnu - voir alors les forces sociales à qui servent cette méconnaissance active. Le faire connaître, donc ; par une ethnologie : un regard "naïf" (huron et persan de l'intérieur - l'étranger de l'intérieur), déculturé, désidéologisé.
Le regard est porté sur les tensions, difficiles à vivre, et qui produisent en effet de la conflictualité, dans "la dialectique du local et du national" (302 - en France la "très forte territorialisation qui caractérise le système électif".

Prendre aussi appui sur une échelle de repères théoriques-historiques :
1 . une perspective dessinée par C. Schmitt (avec l'expérience du parlementarisme désastreux de Weimar - Parlementarisme et démocratie, 1920s), d'un passage d'une démocratie d'opinion à une démocratie d'intérêts. Dans la réflexion sur action et décision du côté de l'exécutif, et discursivité du législatif (lieu des arguments et contrearguments ; interlocution, confrontation et évaluation de différents énoncés : travail l'élaboration du nomos, norme applicable à l'ensemble des citoyens. Généralisation des particuliers, et en ce sens veritas (le juste), contre la pure autoritas (l'ordre). Depuis les assemblées grecques, "l'échange des opinions en vue d'obtenir une vérité relative", en accédant à un niveau de généralité (310-11) Contrepoint permanent à l'action, et référence permanente à la réalité des forces en présence, des intérêts divers.
=> "L'acte même par lequel on met une question à l'ordre du jour" : "non seulement la toute-puissance de la discussion, mais aussi [...] la publicité qu'elle requiert" (311). Ce n'est pas la communication, par la délibération seules qui sont en jeu, mais la discursivité complexe de l'interindividuel (les particuliers) et du collectif. Audible par tous, adressé vers tous. La publicisation : "mise en représentation des intérêts et des opinions".
=> Abélès conclut à l'ambivalence comme coeur : "On mesure ici l'ambivalence fondamentale de toute représentation, puiqu'elle combine simultanément deux opérations discursives : l'échange et l'adresse. Enoncé et énonciation du dire-la-loi. D'où le doigt sur le problème, un peu à côté ("the accent falls differently from of old") : "Le problème n'est pas tant que les députés se fassent les mandataires des groupes particuliers dans leurs discours, mais plutôt que les conditions d'énonciation de ces derniers privilégient l'ambivalence. Le lieu du politique se caractérise par une donnée irréductible : on y discute entre soi tout en s'adressant à des tiers." 313.
Schmitt oppose la lutte des opinions (et les partis) à la lutte des intérêts (et les groupes de pression et d'intérêts) : privilégier les rapports de force au détriment de la recherche du vrai relatif. Pratiques de la négociation et du compromis (cet irénisme libéral - qui déplace les conflits dans des marges dépolitisées : à la charge de la responsabilité privée. Et le pouvoir à l'état nu, rediffusé dans l'espace social), primat du calcul dans une compétition pour le pouvoir. Le diagnostic de Schmitt est celui d'une bascule par la démocratie de masse, qui a vidé la discussion publique. (313) Les partis sont devenus des camps, les vrais débats ont lieu ailleurs, et on prépare les totalitarismes. Abélès sur maintenant : gouvernance, affadissement effacement du débat d'idée, démocratie de la négociation (cf expérience du parlement européen : experts, chargés d'exprimer certains intérêts). "Les opinions s'effacent sous la puissance des enjeux" 315 ; il s'agit de fabriquer des compromis acceptables. L'expertise, cruciale ; les dossiers. Les majorités pragmatiques et coalitions. Alors que le monde en Guerre froide s'affrontait en camp du communisme et camp de la "liberté", "la politique 'mobilisait', la notion d' 'engagement' jouait un rôle essentiel, face-à-face télévisées etc. (Now : "libéralisme social" fait un continu sans repères).

2 . Rosanvallon sur la "panne de la représentation" actuelle (dans Le Peuple introuvable. Histoire de la représentation démocratique en France, Gallimard, 1998) : "désociologisation de la politique" (découplage croissant entre les choix politiques et les appartenances sociologiques). Avec Baudrillard : diagnostic commun - "la fin du social" (A l'ombre des majorités silencieuses, 1978), comme résultat de la démocratie de masse. Lui le lit par le passage de la représentation à la simulation. Communication de masse, "démocratie du public" (Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif, 1995) : un autre circuit, "déplacement de lieu du politique" (321) - "les gouvernants consultent directement les groupes d'intérêts et associations, et la discussion est portée devant le public par le biais de la télévision" (320-1).

. la démocratie communicationnelle : entendre les discours sur la fracture sociale et les élites politiques découplées du peuple, dans leur valence comme idéologie de la communication. Contact direct avec les citoyens, immédiateté, "participatif", recherche de formes d'expression plus "authentiques", "où l'on puisse enfin se parler sans détour" 323. Et cohérence des deux côtés de la fracture, trans- et donc idéologique : "d'un côté l'interpellation médiatique, le face-à-face direct entre gouvernants et gouvernés ; de l'autre la prolifération des cercles associatifs propres à alimenter civilité et citoyenneté" (cf "inflation des métaphores de la 'proximité' et du 'lien social').
Courtcircuiter les médiations (cf Ecole de Frankfort) c'est simplement dépolitiser ; basculer le politique dans l'espace social ; espace de "la société civile" (située comme telle par Foucault dans l'analyse du libéralisme, Naissance de la biopolitique).

3 . Habermas, alors : apporte une dissolution de problème à saisir : diagnostic (325) d'un "glissement progressif d'une conception républicaine (la politique y est considérée comme un élément constitutif du processus de socialisation ; charnière entre la société et l'Etat - communication publique orientée vers l'entente), de la politique à une conception libérale" (qui met en présence deux instances de régulation, l'administration publique et les échanges privés" : compétition pour les positions de pouvoir. L'Etat de droit assure la préservation des droits fondamentaux, et prend en charge la gestion administrative. L'opposition est entre : "tractations entre intérêts privés" et "production d'une opinion majoritaire dans la discussion". Gestion et Etat de droit, aurait maintenant gagné.

=> thèse Abélès : "le processus d'Assemblée combine aujourd'hui démocratie d'opinion et démocratie de négociation, et de là vient la complexité et la faible lisibilité de ces pratiques" (327).
[Problème technique ici : superposer la nature de la pratique parlementaire avec son état actuel. Comment penser son histoire alors?]
"Imbrication entre négociation et discussion" (328). Habermas "a tenté de dépasser l'opposition" entre les 2 modèles par : " 'faire du concept procédural de politique délibérative le coeur normatif de la théorie de la démocratie' " (L'Intégration républicaine. Essais de théorie pol, trad. fr 1998). Contre le macrosujet ("Etat" libéral ou "volonté collective" républicaine) : l'intersubjectivité et l'entente, dans les espaces publics politiques : "Cette procédure démocratique établit un lien interne entre les négociations, les discussions sur l'identité collective et les discussions sur la justice". Amener donc le regard analytique sur ce milieu de médiation, et la perspective du procédural comme perspective critique entre le libéral et le républicain [?]. Théorie de la discussion, comme nécessité d'un accord intersubjectif sur des normes communes. "[O]ffre l'intérêt de focaliser le processus d'engendrement de la volonté politique."

Mais les "questions que suscite l'anthropologie politique du Parlement", pour le "recentrage sur l'essentiel : les pratiques délibératives", Habermas insuffisant - 3 pistes :
1) la difficulté du va-et-vient entre électeurs/circonscription et Assemblée. Discussion et réprésentation sont imbriquées, inconfortablement. Députés discutent entre eux, mais au nom du et à l'intention du public ; "la force de l'énonciation publique dans l'institution parlementaire, c'est qu'elle combine le parler avec, le parler au nom de et le parler pour. " 330 cette ambivalence (=> Tensions sur la question des cumuls des mandats : ce symptôme ; on touche un nerf. La représentation implique un lien avec la société réelle, et sa nécessaire concrétisation dans un rapport direct avec des territoires et des groupes.)
2) l'approche procédurale ignore le jeu entre parole délibérative et la fonction de l'écrit au parlement. Le règlement, les sténographes, fonction de rédacteur, règles de l'examen des textes "cette connivence profonde entre la production de normes et l'écriture" [331 - mais je ne vois pas bien l'enjeu qu'il veut souligner ici - quoi, l'écrit? En quoi fait-il bouger le modèle prodécural?]
3) débat parlementaire "combine à ce travail de mise en texte la mise en spectacle d'un antagonisme entre deux camps." 332 Bataille, conflictualité, spontanéité et violence : débat et combat [mais analyse politique, anthropologique, de la violence?], et le "miracle" de la loi qui en est produite. Théâtralisation des conflits : spectacle de rapports de force bien réels. [cf : rapports de sens / rapports de force : Beaud & Weber].

La fin est délicate : entre l'analyse et la militance ; la nature et le projet ; l'objet de l'étude et prendre parti pour lui (sauter dedans). "Jamais, peut-être ... la démocratie des opinions n'a été aussi nécessaire" 333, le défi : "inventer de nouveaux forums qui reflètent une plus grande diversité des modes d'expression pol, mais en même temps préserver la puissance de l'institution parlementaire" 334.