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samedi 1 juillet 2017

Etranger et sociologie

Lisant J Joseph sur Saussure, the Leipzig years - les expériences difficiles de la petite ville, industrielle, et de l'Allemagne ("A heavy beer is slowly but surely Germanizing us...!", 191), de la sociologie universitaire (aristocrates faisant service public pour honoraires modestes / fils de la bourgeoisie travaillant pour gagner leur vie), remarque :
. les sociologies de la linguistique - s'agissant d'elle ici
et plus structurellement :
. la nature de l'étranger : plus sociologique que culturelle, nationale. Défamiliarisation : de l'ordre social, des rapports de socialité différents (et difficiles à lire pour longtemps, leur apprentissage naturellement confrontés à l'insu qui les fait justement fonctionner - inconscient sociologique, + avantages du masqué et des récits officiels, + le su par le vécu). Ici le choc, et aussi le plaisir quand il est arrivé : liberté ! Celle d'un autre monde possible, cumulée à celle d'être en suspens entre deux ordres pour le temps d'un séjour et pour ses longues conséquences poursuivies au retour - after which you are, possibly forever, a travelled person. Joker social.
Ou alors, évidemment, exclusion et hostilité pour cause de suspens mais aussi de non-suspens : identités culturelles, au prisme d'une autre situation culturelle, fonctionnant en sociologisme. Les sociologies des différences des statuts d'étranger, géopolitique ordinaire.

dimanche 19 février 2017

Vers où

J'en m'inquiétais presque un peu, il n'y a pas si longtemps, de la trajectoire qui allait pouvoir se tracer après la séquence comparatisme, postcolonialisme, mondial. Les choses se sont heureusement déployées, sans aucune indécision - les circonstances historiques, sans bonheur, aidant : branche sur les Mondialités islamiques, branche sur le peuple et les populismes, soit recalcul du rapport entre culture et politique.
De même pour les voyages de décentrement : US academia, Inde, Haïti, et je pensais Afrique du Sud, mais je vois que ça va devoir être plutôt Pakistan, et Algérie.
J'adore ces aventures, qui entraînent on se sait où en partant, et qui se décident au pied au ras de la significance.

 C'est aussi avec une tranquillité elle aussi travaillée, avancée, quant aux territoires disciplinaires et institutionnels qui me passent sous les pieds : ayant intégré dans le processus de réflexion la question même de la location of énonciation de savoir, et l'élucidation quotidienne, l'oreille sur le rail, des situations de l'université et du travail intellectuel, tranquille dans les présences incongrues ici et là, dans la francophonie en particulier. Je regarde les surprises inconforts indignations et mépris (l'un des plus éhontés, jusqu'à simple malpolitesse, celui des indianistes - noteworthy, et lumineux pour une compréhension de la mesure de embattledness dans les degrés de la capacité interdisciplinaire) se dessiner sur le visage des interlocuteurs, je laisse se faire les rencontres qui sont la scène du dissensus (j'ai appris ça en photo, petit chantier libre où regarder s'organiser autour de moi, autour de mes quelques pas, la culture photographique, ses professeurs, ses critiques, ses publics) et j'en suis infiniment curieuse. Même s'il faut aussi laisser passer le venin dans le corps, et cuver. Il y faut de l'humour, et si possible pas trop de solitude.
La ressource toujours est la puissance des lectures : de tels muscles et telles puissances d'imagination théorique et critique, les uns après les autres. De Benjamin Stora ces jours-ci à Geoffrey Pleyers, avec encore Ortiz sur le feu et FIRE!! dans la rétine. John Berger, roman, je commence.

vendredi 30 décembre 2016

Migrants contd. - les médiations

Les médiations. Au Grain à moudre hier, entretien avec 4 demandeurs d'asile et une franco-marocaine arrivée enfant à Paris. Question posée - qui fait mesurer la très large et consuelle acceptation de l'absence de la voix des concernés dans le brouhaha public : à quoi faut-il renoncer pour s'intégrer ? Question qui décale (les sujets sont à la place en effet interrogée) et qui montre tout ce qu'il y a encore à décaler : assumes le scénario officiel de l'intégration, envisage l'intégration comme renoncement - quelles autres figures de la transformation si celle-ci sonne si bizarrement ? Au moins l'avantage est de considérer une forme possible de la perte en subjectivité et en citoyenneté.

Les réponses sont étranges, dans le cours très situé du dispositif de parole. Contexte et entrée des journalistes : maison de quartier d'un arrondissement (me souviens pas lequel, il m'avait étonnée, lecture incertaine). Politesse, récits disponibles à bricoler, poliment. Flux inattendu pour l'animateur et interrogateur qui conduit la conversation, il doit rediriger un moment qui vient toucher à la "loi" en France qui interdit le mariage avec 4 femmes, la femme présente objecte que loi religieuse et non civile, et hop. On glisse gentiment. La conversation met du temps à en arriver, après échauffement phatique qui parcourt des zones de politesse, d'attendu, d'officiel (et la dynamique de l'échange également remarquable, chaque interrogé d'accord avec le dernier parlant, on y entend le rituel social et la situation d'intimidation, même si l'un d'eux est journaliste) à des choses plus individuées et plus tendues, difficultés. Le premier accroc évoqué, qui vient très vite : la politesse de la société quittée exprimée dans des codes de regard différents, déférence par baisse des yeux, ici il faut apprendre activement à "fixer" son interlocuteur, entretien concernant l'emploi donné comme situation type.

Ce que je veux noter : qu'apparaissent dans cette parole échangée toutes les interfaces pratiques où les demandeurs d'asile rencontrent "la France" et la condition de migrant, espace et formes discursives-institutionnelles de la frontière. Les papiers, le logement, le travail ; l'attente des papiers, les cours "de français" incluant les maigres "modules" (2 fois 6h) de présentation de la société "à intégrer" (si je suis les termes de la situation de la parole mise en place) et de présentation du paysage du travail - de la recherche et des conditions de l'emploi. Pendant l'attente, temps (1 an, période évoquée par les interlocuteurs ici) de la migrance propre, soit de la limitation maximale des droits, suspens de statut.

Alors toutes les médiations ici, révélées soulignées par ces prises (sollicitations) de parole : des organismes auxquels adresser les démarches, des institutions étatiques et municipales (quelle configuration et quelles articulations ?) et puis tous ces corps intermédiaires associatifs, civils, divers, hétéroclites, mais plus fournis et connectés qu'il n'apparaît dans l'information commune. Maisons de quartier, Secours populaire, foyers, vraisemblablement encadrements social, médical, etc. (Compter aussi avec les médiations du reflux et de l'exclusion, dont la police et les municipalités et au premier chef l'État et l'UE.)
Toute cette foison de groupes actifs, organisés et organisateurs. La nature des articulations, et donc des tensions et contradictions qui les parcourent, entre le civil, le caritatif, le politique (quid des partis, d'ailleurs ?), l'étatique à toutes ses échelles. Comment vient s'y articuler le médiatique, avec ses fractures entre voix officielle et dominante (l'étroitesse violente de l'information ici), investigation critique (l'effort de l'enquête est considérable, devant batailler à contre-courant, ainsi que dans des rapports internationalistes spécialement contrariés, la circulation de l'information et de l'analyse rendue difficile et bouchée par les investissements nationalistes chargés entre les États, en particulier au sein de l'UE qui doit négocier ses parts), et les réseaux sociaux et tout ce qui y passe de "populisme", disons pour aller vite, bruit massif bouchant.
Articulations se font aussi avec les groupements d'action historiques, Saint-Bernard et les sans-papiers etc., ces expériences et leurs produits organisationnels. Tout ce plan du social, mis en action par ces nouvelles poussées migratoires et politique (accueil et réception des nouvelles formes de migration), inventif et débordé, en plein milieu du social dans le présent - le social qui invente et qui doit inventer. Qui prend la pression.

lundi 12 décembre 2016

Barbares

Glorious 70s ! Brassens, rappelé par JN Jeanneney dans la Concordance des temps du week-end consacrée aux Barbares : "les imbéciles heureux qui sont nés quelque part", et qui viennent de X, de Paris, "de Sète ou de mon cul". 

mardi 29 novembre 2016

Sexualité mondiale

Gay Pride à Delhi : expérience sociologique, et mondialisée, cosmopolite plutôt qu'indienne. Images frappantes. Effet, avec goût de malaise, de clique. Comprendre ça. Connaught Place choisi comme lieu d'inscription.
L'étranger toujours comme aiguillage sociologique, compliqué du national.

mardi 2 août 2016

Border as method

Avec cette proposition un peu embarrassée (la formule est encore, just a few pages into Mezzadra & Neilson, plus entraînante que ses realia), le projet de bouger le point de vue avec la frontière plutôt qu'avec les 'sujets en transit', 'sujets en mouvement' - bien.

Un point de départ, avec l'histoire des pratiques de la frontière Mexique-US dans les années 1980 :

a slogan of Latinos in The United States ("we did not cross the border, the border crossed us") 

samedi 2 juillet 2016

Étranger, enchanté

Le rapport d'étranger, pratiqué dans le cosmopolitisme touriste ou universitaire, est un rapport enchanté. Suffisant pour créer un confort où peut se travailler, à dose possible et progressive on l'espère, une exploration précautionneuse dans les situations plus au raz de l'interface avec l'ici.
Difficile aussi de s'extraire de sa propre situation, où l'enchantement peut s'observer. Il fait aussi partie du désir de 'hors de moi faire quelque saillie', comme bénéfice narcissique même au rapport des atrocités de l'étranger : savoir, crû. Casser les ignorances, qui sont largement plus structurellement enchantées. C'est un travail.
Très frappée par l'entrée, première lecture ces jours-ci, dans le champ de référence dès Migration studies, S Mezzadra, Border as Method etc. J'en étais à Balibar, déjà tranchant. 

vendredi 1 juillet 2016

Sociologie du racisme

Sociologie du racisme. Des racismes.
Développements du Brexit, multiplication des expressions xénophobes, lâchée des tabous.
Et détail du vote par classes (en calcul de socioprofessionnel), et par région, soit expression de classe également (Nord-Est, Wales de l'intérieur).
Les indignations antiracistes sonnent ici, dans cette configuration toute mêlée, tres classistes. Écho des antiracismes bobo en France. Qui ne prennent en lire qu'un faisceau 'facile', ancien et tassé, récit presque nostalgisé comme un filme, fetichisé.

Florence Auberas sur la France.

mercredi 22 juin 2016

Mobilités étudiantes - usages du marché - Europe

Livre de 2012, Valérie Erlich.
Note : différenciation des stratégies des établissements, jouant sur, ou contre donc, la logique de réciprocité des échanges. Deux logiques sont identifiées par l'auteur : l'une 'humaniste' liée à et conçu dans le cadre idéologique-politique de l'aide au développement, l'autre 'marchande', de captation des élites des pays d'origine. 
Deux usages de l'étranger en effet. Où ne se réalise pas le projet 'culturel' de l'Europe pacificatrice, à reverser avec précision donc dans son temps et dans sa sphère circonscrite. C'est à faire.

Notions éclairantes, pour ce qui est des inégalités dans l'accès à la mobilité, de capital migratoire, et d'habitus mobilitaire.

Reste l'inégalité criante des systèmes de financement et donc les stratégies de contournement etc.
Et l'adoption de cours en anglais totalement intégrés dans les cursus, comme stratégie d'attractivité des établissements.

Enfin, note intéressante sur l'invisibilité de l'effet de construction d'une 'culture européenne' ou idéal de Bildung européenne, idéologème pur donc, alors que se donnent à mesurer plutôt des effets de binationalité, et par ailleurs la production d'une 'culture Erasmus' en tant que telle, 'en cocon refermé' note Léonore Moncond'hui dans sa recension pour La Vie des idées, 2013.
Il faut compter avec ces réalités et réalisations, qui ne sont pas une déception, un échec. Mais la réalisation, dans un contexte, à circonscrire. 

Des sociétés - et la langue comme usu loquendi

Que des sociétés - en finir avec l'ethnie et tous ses dérivés et cognates, seulement des sociétés et seulement historiques. Les culturalités par accrétion et socialisation, et aux interfaces avec la différence des sociétés - Balibar sur la contradiction de la frontière et de la démocratie.

Toujours à fouiller dans l'ethnisme-épisme de Saussure, et ce devra être en travaillant l'inconscient de la langue : la langue comme socialité de l'usu loquendi, pour reprendre Tullio di Mauro (Notes aux CLG, p. 366).
Que la langue est l'inconscient social d'une société. Une socialité telle que Durkheim la posée comme objet à chercher, à ouvrir une discipline entière à poursuivre, cerner, identifier, faire apparaître à ses propres acteurs.

Sociétés, groupes, association, groupement.
Alors les sociolectes, et les particularisations sociales, avec une part de conscience (distinction comme stratégie).

Voilà, j'ai commandé Schuchardt sur pidgin et créole. Pas regardé les traductions françaises même. À voir.

dimanche 1 mai 2016

Saussure, testé par Léopold - politiques de l'étranger

Les embarras des saussuriens quant aux positions idéologiques de Saussure, l'ethnisme et la lettre antisémite, sont assez désamorcés par l'épreuve simple d'une lecture stéréo-discursive de son frère sur la Psychologie de la colonisation française (où il se pronomme en 'nous' avec les Français). Place sociologique et culturelle identique, déterministes égaux, et horizons pour une pensée des peuples possibles à calculer dans ses nombreuses divergences.
CMQ qui défend la lettre comme allographe ; F Gandon qui complexifie avec l'appel à la prudence sur l'illusion de totalisation (mimétisme du théorique et de l'idéologique). Ici terrain de différenciation   nette.
En ressortent des reliefs bien sûr tres intéressants : crux sur la conception du rapport d'étranger. Politique étrangère coloniale, sur base d'évolutionnisme 'racial' et 'psychologique', et Le Bon de 1894, lois psychol de l'évolution des peuples. 

dimanche 14 février 2016

Migrants

Comment 'les gens' - à Paris, et dans les lieux de réception dont on entend des échos depuis Paris ou NY, Allemagne Angleterre US îles grecques Italie divers haussements de frontières de pays européens -  s'emparent de la situation des nouvelles migrations Syrie Lybie Afrique Afghanistan, et quelles figures de 'les gens' deviennent visibles ou deviennent constituée par ces appréhensions.

Collectif La Chappelle, instructions de la Croix Rouge, séminaires universitaires, accueils domestiques et toutes philanthropies municipales, privées, associatives. Humanitaires.
Police, 'riverains excédés' et attaques d'extrême-droite, répercussions dans les discours et positionnements de l'Etat.
Informations croisées et comparatistes entre pays européens, aussi comme premier cercle concerné d'un 'entre' qui est le Nord.

Où s'articule le travail démocratique du rapport d'étranger, et comment se forme l'interface politique, nationale, du travail des États comme polices. Les deux configurant un état de la démocratie.

Nota : étant en situation de voyage soit de bienheureuse déprise-reprise, il semble que je me sens légitime à m'exempter de ces actions, engagements. Même dans le tâtonnement, conduit mollement au bout des efforts personnels (d'écriture en ce moment, Ambedkar, "appalling effort" d'articuler mes histoires de peuple), dans les interstices laissés par la gestion des soucis individuels. Toujours la question de la participation, et du travail. Toujours les retraites excusées par l'argument, sociologique ou psychologiques, des ressources nécessaires à l'engagement. La photo mon bord maximal, hésitant et pas sans honte.

Alors que 'les migrants' sont ici bien sûr. On peut y aller ici, à la frontière (ceci en matinée de lecture de Balibar) qui doit trouver comment s'articuler à ce pas dans l'histoire. Où est-ce que ça s'inscrit ici? A Cornell la radicale ? Au ASRC ? Trump et Sanders, Amy Goodman etc. Left Forum à venir. 

lundi 18 juin 2012

Haïti et l'anglophonie

- d'abord, la dynamique de The Occupied Novel. The Representation of Foreigners in Haitian Novels Written During the US Occupation. 1915-1934 (Nadève Ménard, UPenn, 2002)

Abstract
The US Occupation of Haiti from 1915 to 1934 altered the way Haitians perceived and related to foreigners, Americans as well as others. The literature of the period reveals many of the issues Haitians struggled with as they adjusted to their new social and political environment. Some authors portray despair and helplessness. Others focus on resistance and hope. Six Haitian novelists explicitly chose the occupation as both subject and setting for their works. In order of publication, the texts that form the corpus of my thesis are Fernand Hibbert's Les Simulacres (1923), Léon Laleau's Le Choc (1932), Stéphen Alexis' Le Nègre Masqué (1933), Cléanthe Valcin's La Blanche Négresse (1934), Annie Desroy's Le Joug (1934), and Maurice Casséus' Viejo (1935). I define the occupied novel as one in which foreigners are not only major characters, but also control or influence the native characters. Examining the portrayal of foreigners in Haiti's six occupied novels enables me to establish some of the ways in which the collective Haitian identity changed as a result of the occupation. I focus on certain key themes in this endeavor. Romantic and sexual relationships between Haitians and foreigners reveal the animosities and alliances occasioned by the occupation. Class dynamics are also crucial as they point to the tensions in Haitian society which were exacerbated by the political situation. I also explore the ways in which Haitians negotiated the various components of their collective identity, namely their French and African roots. Haitian occupied novels suggest that France becomes less dominant as a foreign reference in the Haitian imagination during the occupation period and tends to be replaced by the United States. In these narratives, Haitians continually assert themselves in opposition to the American invaders. The US occupation changed the Haitian identity from something automatically acquired at birth to something to be earned through patriotic acts of resistance.

- et The Comedians (1966 !) par quoi je prends le fil de l'ensemble de l'oeuvre de Graham Greene, y compris ses filiations dans Naipaul. (+ adaptation cinéma en 1967, Peter Glenville, Burton-Taylor-Guiness-Ustinov etc.)

- et vers : la littérature haïtienne - ou "haïtienne", décalée - en langue anglaise. A commencer par E. Danticat. Il y a une histoire littéraire "entre" à composer ici.
Voir alors : Haiti Noir, édité par E. Danticat (Akashic Books, 2010).

jeudi 26 janvier 2012

Forster, to India

Enfin une motivation pour lire A Passage [nb : explicitement une citation de Whitman - question de peuple donc, en porte à faux - faudra comprendre comment ça s'emmanche ; Forster et "from human to political" [Penguin 2005, p. 54], Bloomsbury notions of personal relations, conversation, art & culture).

D'abord pour la question du rapport de sexes, complexe chez Forster et multiplié par l'Inde.
Puis pour la nouvelle prise d'intérêt dans la question de l'écriture du rapport d'étranger, et ses traditions littéraires. Ecrire le marchand de cacahuètes (Chaque, 18 janvier 2012).

Beaucoup. Et pas mal de fieffé, fétichisable comme citation repère.
A commencer par : " 'India does wonders for the judgement, especially during the Hot Weather [...]' " [dans la bouche de Mr Turton, 25].
Préoccupation de Forster sur l'indistinction, l'in-différenciation. Tout un paradigme décliné de ça. Ombilic d'anxiété.
Et anatomie du discours, ses performatifs, ses seconde-main, ses paranoïas etc. La conversation, Bloomsbury critique de la public school, critique des libéralismes, mais mis à l'épreuve de l'Inde.
Question de l'art.
Question de la religion. Well.

samedi 24 décembre 2011

Inde - notes de l'étranger

- Les hermétismes du social en Inde. Expérience locale, fragmentaire, mais versée à cette ligne d'interprétation. Couches. Que la façon qui est appelée - il y a une interpellation, for sure - de se conduire, de se positionner pour pouvoir fonctionner ici, me trouve à apprendre à ignorer les regards, à ignorer les rapports, des pans entiers de rapports. Combien je suis arrivée à créer ces bulles ; combien il est étrange de penser que ce n'est pas ce que je savais faire à mon arrivée - qu'est-ce que je faisais? Comment l'apprentissage? (Je sens une démarche différente même, une pratique du corps, sans parler même du regard, qui est clé. Mais diffusion du champ de rapport et non-rapport, dans tout le corps aussi).
Diversité, mais aussi indifférence - au mieux (relativement au communalisme, et au sexisme agressif), pour le fonctionnement. D'autres faisceaux de cette question sont à rassembler. Je note la complexité.

- Les exercices de souplesse qu'on se trouve capable ou non de pratiquer, pour entretenir des rapports avec Inde, Chine. Le point d'intérêt étant moins dans la quantité - aussi marquante soit-elle, aussi dépensière en narcissisme ou capitalisante en anthropie, aussi passionnante ou pompante - que : ce qu'il faut soulever, déposer, pour. Ce que ça change du familier. Ce que c'est du je-société qui est interrogé, qu'on croyait acquis posé fondement et plancher.

lundi 10 octobre 2011

Angliciste en Inde

L'imbécile montre le doigt.
J'aurais envie d'ouvrir un nouveau volume du journal sous ce titre, pour le séjour en Inde et suite américaine.

Ou  : Notes dindes.

Je pense qu'il y aura beaucoup de ça dans les trois mois à Delhi qui viennent, et I have half a plan to cultivate it, at least not squeeze it through too much censorship. Curious of it.
A first step is with the exquisite (and articulate) courtesy of graduate students writing to me. 

mercredi 29 juin 2011

En Inde

"Aller en Inde". Une part du plaisir, de l'excitement de ça, qu'on peut appeler "l'étranger", "à l"étranger", étant faite de la romance qui s'attache à la masse. Telle qu'on n'oserait pas même solliciter en considérant this country - whichever it might be. Sauf à prendre les risques des nationalismes. On a tous les avertissements à disposition dans ce cas.

La grossièreté de l'idée d'aller chercher "en Inde", "l'Inde". (An Area of Darkness, in all sorts of ways from that explored by Naipaul to the Million.) Mais aussi l'ouverture. Tout le possible, toutes les déterminations à venir, et à laisser bouger.

Usages du culturalisme. Ses enchantements.
Qu'on peut plier à un usage stratégique. Ce qui ne veut pas dire nécessairement s'y disculper d'une manière ou d'une autre, et croire s'en extraire. Mais entrer dans le jeu, et multiplier. Observer.

Multiplier : nature d'une des part de la "recherche", en sciences de la culture.

lundi 7 mars 2011

Notes - noeuds / histoire des discours sur le rapport d'étranger

"hybrid" : Baldwin déjà, début des 1950s, Notes of a Native Son. Parlant du American Negro in Paris, Brown meets Black. "Encounters on the Seine".

"Other", the eyes of the Other : Lamming, depuis le "castle in my skin", au Congrès des écrivains et artistes noirs, 1956 Paris. Termes qui engagent déjà les orientations d'analyse reconnaissables en contemporain dans la phénoménologie de l'altérité, dans la psychanalyse lacanienne (au moins ce qui en elle prête aux conjonctions avec la phéno - les nouages, éventuellement lâches ou contradictoires, avec les théories analytiques de la relation d'objet), dans la philologie de l'orientalisme qui/que prépare Said.

"Ethnicity" : une sociologue américaine interviewée dans le documentaire constituant le premier anniversaire de la diffusion de Roots. 1978.

"Pan-Anglican Congress" (apporté par Marcus James, 1954 Minneapolis) : la forme congrès, forme politico-culturelle d'une époque. Qui fait sonner par différence les actuels forum, sommet, réseau?, non-gouvernemental, ... suivre ça.
Et la forme pan-. Très historiquement marquée, distinguée. Lier avec Arendt, panafricanisme, panarabisme,... Ces formes, historiques, du rapport transnational, éventuellement nationaliste (comme mode du transnational : mise en cause de la forme nation).

"Hommes de culture" : un culturalisme très distingué de l'après-guerre francophone. Epoque Malraux, Ministère de la culture, Culture, Maisons de la culture. Notion de la Cold Culture. Outil géopolitique, sursaut humaniste post-Auschwitz (pas de poésie après A. // souci de la culture après A.), et acception alternative quand la notion est prise en main par les énonciateurs anticolonialistes et par exemple panafricains. Note de reconnaissance en fin du volume Présence africaine rassemblant les actes du 1er Congrès, à propos de la SEC, congrès sur Politique et culture, 1956.
Ce que ça fait résonner quand Ségolène Royal posait ce terme dans l'arène de la présidentielle 2007.

vendredi 15 octobre 2010

Rapports des disciplines : l'anthropologie menacée

Partha Chatterjee se soumet de bon gré à l'ethnologie, proposée sous concept d'ego-histoire, par Assayag et V. Bénéï, dans Les Intellectuels en diaspora, L'Homme 156, 2000. L'entreprise est une exploration des termes actuels de cette question réflexive de l'anthropologie - celle en particulier qui est américaine et ici lectrice-de l'américaine (Assayag, qui reprend dans Miroirs transtlantiques, L'Homme 187-188, 2008), ici la maille à partir - qu'est le rapport de l'observateur avec son observé, le savant des cultures avec son informateur.
P. Chatterjee parle de point sensible touché, pour rendre compte de la réception hostile des Subatlern Studies par les intellectuels de la gauche nationaliste indienne. Quelque chose faisant mouche. Voir, à propos des "très fâchés" de la controverse actuelle sur les poco chez les politistes français (Bayart-Mbembe etc.).
Mais autre point à relier : la discussion sur l'hypothèse d'une menace sur l'anthropologie, annoncée et examinée dans ses histoires et ses implications par les anthropologues américains (et anglais? voir), et rejetée par les français : JL Amselle, ici. Et Assayag-Bénéï. Deux pressions dans cette "menace", telles que caractérisée par Amselle pour y répondre : l'en-voie-de-disparition des sociétés "sans histoire", objets traditionnels et fondateurs de la discipline ; et la mondialisation des disciplines qui diluent l'anthropologie dans un ensemble extensif de disciplines se mettant à prendre en charge la question de la culture et du rapport des cultures. Mmh.

Que dérouler de ça, éventuellement, pour faire sens du phénomène polémique dans la réception française des poco? Constitution d'un sentiment d'attaque disciplinaire? De rivalité, soit de territoire? Où la mésentente, ce talus qui sépare les interlocuteurs du non-dialogue - plateaux discursifs hétérogènes (dissensus Lyotard, c'est quelque chose comme ça ?) -, qui se cristallise, se forme en abcès, autour d'une confusion entre l'objet définitoire d'une discipline, producteur de territoire (partage des savoirs), et la disciplinarité : mode de l'analyse, et histoire discursive de la "conversation" de ses inventeurs réinventeurs et acteurs.
La surdité particulière aux disciplinarités : sur l'indissociabilité du littéraire avec les poco studies, sur la texture contextuelle particulière des cultural studies et de la Theory, du "postmodernism" et "postsctructuralism" même. La surdité est la connue : aux discursivités. D'où par exemple, tranquillement, l'absence de rivalité, la co-présence fertile, d'une sociologie de la connaissance avec une poétique des savoirs sur la culture. Avec une anthropologie américaine, et française.
D'où le pénétrant très particulier, encore une fois vérifié comme still small voice, de la perspective d'une poétique de l'étranger : que les discours sont tissés par des histoires, mobiles et infiniment réticulaires. [ceci parce que j'ai Amselle dans l'oreille, et ses propositions sur le branchement, le network à opposer au fieldwork, l'historicité de l'anthropologie à dégager par l'attention aux réseaux].

lundi 12 avril 2010

L'Anglais : point d'émergence

Toujours l'immersion - longue et donc le séjour approfondissant, formant en profondeur, trickling right down to unsuspected roots - dans MP Pouly, et L'Inscription scolaire de l'Anglais en France.
Avec l'Anglais, on a évidemment, c'est connu-couru, toute la mondialisation, les (et une nuée de discours qu'il m'ennuie d'avance d'imaginer devoir traverser) ; mais aussi, bien : l'histoire, par exemple française, des classes en techtonique mouvante entre la Cour et le négoce, le libéralisme et le socialisme, la diplomatie culturelle bourgeoise et la professionnalisation petite-bourgeoise, etc. Les drames 19ème du libéralisme et du républicanisme ; les drames 20ème de l'après autonomisation des champs intellectuel et scolaire, leur fonction dans les gauches, etc.
Histoire de valeurs de l'Anglais. Et de l'étude de l'anglais. Right.

Le plan qui m'intéresse : le rapport entre les champs du social/politique et de l'intellectuel/culture : on pourra, on a pu dire, aussi entre base et superstructure ; entre économisme (marxisme) et culturalisme (marxisme contre libéralismes). Le pouvoir dans le culturel et non seulement dans les modes de productions. Culturalité du pouvoir. Alors prenant en écharpe : Foucault et Bourdieu, mais toute l'histoire même des sciences sociales et des critiques marxistes du marxisme - Ecole de Frankfort, Weber, Cult studs, Jameson, Gramsci, postcol, etc. Mao même.
En face des libéraux du culturalisme, leur philosophisme [contre le pénétrant de l'historique, que ce soit par l'histoire ou par les langues] : Herder [libéralisme sans doute pas le bon descripteur ici], Arendt, Derrida même, Humboldt, KK. L'anthropologie, l'ethnologie? Dans le prolongement inconfortable avec les sciences coloniales?

Histoire des valeurs de l'Anglais (+ spécifier la perspective ici : l'Anglais comme étranger - il y ira autrement, épaisseur encore, avec l'English, et ses histoires de Eng Lit et de englishes). Pour désabsolutiser, mobiliser. Situer les drames actuels.
Mais aussi : l'Anglais, la littérature étrangère, les Langues, comme (possibles) sciences de la culture. Sciences historiques et critiques (FdS : lire en contexte). Plan critique où travailler les points de bascule des orthodoxies actuelles : où travailler la "vivisection" (Joyce) d'une nappe culturelle/.idéologique. Quand le culturel devient instrumentalisé comme nouvelle machine de guerre politique du capitalisme. Ses nouvelles fonctions, qu'il faut continuer à explorer - pas fini ni avec "industries culturelles" d'Adorno-Horkh, ni avec ... etc.