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mardi 17 mars 2015

Arendt, culture et politique, et agenda G du M

Agenda : reprendre par Arendt : comment la reprise, post-1945, de toute la philosophie par le politique. Comment repenser, réarticuler le politique, après la guerre et l'extermination et les apatridies, qui ont arraché les nœuds de l'état/nation.
Il s'agit du rapport entre culture et politique, pour ma question, et d'une réarticulation de même qualité à rechercher. L'état/nation en est également le cœur.

Sans doute il faudra bien que je fasse la composition avec Klemperer aussi, contrepoint sur le 'world-literarism' (Spivak) déroulé à partir d'Auerbach-Said.
Du coup vérifier ce qu'il peut en être du lien entre La Condition de l'homme moderne et Lyotard en Condition postmoderne - l'homme s'étant, peut-être précisément, disparu. How can that possibly be significant.

Agenda G du M :
. Collège d'études mondiales : montage discursif et stratégies (discipline et établissement)
. Lyotard Condition postmoderne, pour situer une énonciation concernant le savoir à l'orée du mondial comme Neo World Order (Comaroffs), 1979
. Arendt - et Klemperer. 

dimanche 23 janvier 2011

Arendt, le politique, le dépolitique

Là où Arendt bute, je prends. Origins of Totalitarianism.
Là où elle met : la dissolution des classes, leur chute en mob (état impérialiste) d'abord, puis en masse (état totalitaire).
Et toute la logique du faux, qui est la butée (la ligne de butée étant spécifiée : "the Western tradition", dont spécification par sa Chrétienté politico-culturelle) de Burke et, autrement, de Kant (mais pas exactement celle de Hobbes, Might is Right, ou de Schmitt, autres appuis théoriques). Platon, et Aristote comme inflexion déterminante de Platon.

Là où elle bute, elle aussi bien entendu prend, fort. Là qu'elle regarde, qu'elle s'enfonce, qu'elle fait ses objets, aussi paniquants qu'ils soient mais aussi exorbitants : nécessaires à composer en pensée, à politiser, historiciser. Unflinchingly. Articule ses lignes d'argument et de conséquence ; déplace les lignes de débat et retrace les rapports entre disciplines - philosophie, philosophie politique, et science politique.
Mais cette butée du "politique" : comme test critique en effet de l'histoire, mais valant aussi "performativement" comme point de limite.
Il y a une stratégie de la limite, qu'Arendt ne cesse de préciser comme non morale mais historique/politique. Mais, limite active et stratégique : pour. Pour une pensée et une société, "handling of public affairs".

samedi 15 janvier 2011

Internationalismes, culturalismes

Non seulement la série des Congrès panafricains, puis Conférences, Festivals, et toutes les déclinaisons, recomposées pour partie dans la chronologie de Gradhiva, Sarah Frioux- Salgas, commissaire scientifique de l'expo sur Présence africaine à Branly.
Mais aussi prendre, avec Hannah Arendt dans sa généalogie de l'antisémitisme dans Origins of Totalitarianism, par les congrès du sionisme. First Zionist Congress, 1897.

Et les "world concept[s]", Arendt : des pan-movements continentaux contemporains et concurrents des impérialismes 1884-1914.
Et la forme culturelle du "Congress".

lundi 10 janvier 2011

Studies in powerlessness

Les points passionnants : sur le désert (social, politique) et la production du désert, et les impuissances politiques et sociales. Sur l'impuissance des dominés, et des dominants des dominés (reprendre par Bourdieu ici). Sur les majorités hétéroclites, informes, de l'agency impossible, non formée, et - celle qui m'intéresse le plus, qui m'approche le plus des noeuds de la vie des peuples - imaginaire. Fantasmes d'agency.

Arendt, dans Origins of Totalitarianism, rend opératoire - outil critique, outil du déplacement de la pensée du politique en champ alternatif à la philosophie politique - la question de l'ignorance politique. Prend les Juifs d'Europe comme ces peuples sans expérience politique (quand politique, chez Arendt, est déterminé par l'activité de l'Etat). Peuple sans peuple, ethnos (à préciser, puisque ce n'est pas exactement ça. C'est dans la précision de ça que le politique se joue) sans demos, où la question du décollement l'un de l'autre peut s'observer, dans ses réalisations historiques successives.

Comprendre les impuissances politiques, et avec eux les ressorts du politique. Toujours situés dans leur histoire : "conditions politiques" d'époque (Arendt), et configuration des rapports de classe, et de fonctionnements des intérêts de classe qui déterminent les décisions et les outcomes.
Et commencer par les zones que je parcours : celle des inanités du culturel, et du littéraire, et du scientifique. Où il y a à ne pas se tromper (donc : à se tromper, par des pentes culturelles et sociales elles-mêmes à situer), savoir de quoi on parle.
Awe devant les réalisations de la décolonisation, et devant la contribution de l'activisme culturel de Présence africaine, et aussi mobilisation de la question de la part effective du pouvoir dans cette évolution. Où, comment, par quels agencements, quelles alliances, quelles bascules. A prendre par le bout, mesure d'actualité, des effets de postcolonial en Afrique : les intrications performées du politique, les faillites et les confrontations. Très rapidement.
Je pense au Sud Soudan cette semaine : images télévisées des entraînements de l'armée en préparation. Les fusils en bois. Les instants de rencontre filmés : agents de l'organisation du référendum, arrivant dans les villages sans téléphone (alphabétisation?).

samedi 20 décembre 2008

Postcolonial libéral

Le fin de la question, une des questions, qui monte/nt des travaux POCO, est politiquement entre une radicalité et un liberalism qui peut se recomposer dès qu'on prend les peuples, et la notion de culture.
La proposition critique centrale, "l'intervention postcoloniale", comme pratique de la "perspective" (les termes sont de Bhabha), étant celles de la politique de la culture, et de la politique du savoir / des savoirs (Said après Foucault).
Précisément il faut suivre au serré les déplacements que Said fait faire aux perspectives de Foucault, vers le liberalism du public intellectual.
Mais certainement, voulant forcer un passage au débat sur la culture, et les peuples, et les historicités culturelles, on engage les implications idéologiques qui sont inscrites dans "peuple", "culture", "identité". La tension est à tenir, avec une féoricité critique absolument exigeante.

Sentir les vitesses - tropismes d'évidence, où on mesure des idéologismes - avec lesquelles le libéralisme revient en jeu dans Arendt (Bhabha le note, trop rapidement, dans "The Postcolonial and the Postmodern") ; dans Naipaul prenant la vie des peuples comme celle "des peuples", leur refaisant un récit comme personnages collectifs et souffrants - récits déclinistes.

Et prendre bien la culture par le langage, et le langage par le temps du radical ; temps, saussurien, du politique.

lundi 1 septembre 2008

Entre Arendt et Heidegger : langage et histoire

Entre la philologie d'Arendt, qui lie chez elle la philosophie grecque à la question aristotélicienne du politique, et l'étymologisme de Heidegger, qui regarde du côté de l'ontologique et de Platon, un coin théorique majeur se fiche ; et il s'agit de bien tenir cette faille ouverte, et y laisser passer tout l'air épistémologique et politique qui s'y engouffre nécessairement.
En jeu ici une généalogie de l'heideggerianisme français, qui a porté sur l'histoire du saussurisme, et sur le développement de ce qu'on entend par "philosophie", "linguistique", et "théorie littéraire" (au moins ces 3).
En jeu aussi, pris à brassées dans cette polarité Arendt / Heidegger, l'histoire épistémologique allemande. Qui a son histoire de nationalisme - ou non. Pourquoi la "question juive" y est critique.