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jeudi 11 novembre 2010

Le culturel ici maintenant

L'inanité des coussins sur lesquels se reposent les débats culturels, les histoires d'idées, quand elles ne tiennent plus le fil de leur base, le mouvement - motivation - de leur "formation" (EP Thompson). Impatience de ça, et impatience du sentiment de solitude : pourquoi ça ne se sait pas, se sait mal, est bloqué de toute part par différents moyens de freinage. Fantasmatiques de culture. Le culturel comme la texture même des médiations, des articulations, agencements. Systématiques. Ce qui s'interconnecte et se refait d'interconnexions, d'interdéterminations mobiles. Précaires, Mrs Brown-quick.

lundi 12 avril 2010

L'Anglais : point d'émergence

Toujours l'immersion - longue et donc le séjour approfondissant, formant en profondeur, trickling right down to unsuspected roots - dans MP Pouly, et L'Inscription scolaire de l'Anglais en France.
Avec l'Anglais, on a évidemment, c'est connu-couru, toute la mondialisation, les (et une nuée de discours qu'il m'ennuie d'avance d'imaginer devoir traverser) ; mais aussi, bien : l'histoire, par exemple française, des classes en techtonique mouvante entre la Cour et le négoce, le libéralisme et le socialisme, la diplomatie culturelle bourgeoise et la professionnalisation petite-bourgeoise, etc. Les drames 19ème du libéralisme et du républicanisme ; les drames 20ème de l'après autonomisation des champs intellectuel et scolaire, leur fonction dans les gauches, etc.
Histoire de valeurs de l'Anglais. Et de l'étude de l'anglais. Right.

Le plan qui m'intéresse : le rapport entre les champs du social/politique et de l'intellectuel/culture : on pourra, on a pu dire, aussi entre base et superstructure ; entre économisme (marxisme) et culturalisme (marxisme contre libéralismes). Le pouvoir dans le culturel et non seulement dans les modes de productions. Culturalité du pouvoir. Alors prenant en écharpe : Foucault et Bourdieu, mais toute l'histoire même des sciences sociales et des critiques marxistes du marxisme - Ecole de Frankfort, Weber, Cult studs, Jameson, Gramsci, postcol, etc. Mao même.
En face des libéraux du culturalisme, leur philosophisme [contre le pénétrant de l'historique, que ce soit par l'histoire ou par les langues] : Herder [libéralisme sans doute pas le bon descripteur ici], Arendt, Derrida même, Humboldt, KK. L'anthropologie, l'ethnologie? Dans le prolongement inconfortable avec les sciences coloniales?

Histoire des valeurs de l'Anglais (+ spécifier la perspective ici : l'Anglais comme étranger - il y ira autrement, épaisseur encore, avec l'English, et ses histoires de Eng Lit et de englishes). Pour désabsolutiser, mobiliser. Situer les drames actuels.
Mais aussi : l'Anglais, la littérature étrangère, les Langues, comme (possibles) sciences de la culture. Sciences historiques et critiques (FdS : lire en contexte). Plan critique où travailler les points de bascule des orthodoxies actuelles : où travailler la "vivisection" (Joyce) d'une nappe culturelle/.idéologique. Quand le culturel devient instrumentalisé comme nouvelle machine de guerre politique du capitalisme. Ses nouvelles fonctions, qu'il faut continuer à explorer - pas fini ni avec "industries culturelles" d'Adorno-Horkh, ni avec ... etc.

lundi 10 août 2009

Culturologie critique

Il s'agit de ne pas perdre la criticité, historicité, conflictualité, logomachie, démocratie-consensus-dissensus, quand on prend le culturel pour levier des pensées du politique. Pour réaccélérer, remobiliser, les modes politiques pris en orthodoxies ; en modes majoritaires.

Se placer dans le mouvant de ces logomachies de manière à faire résister le culturel aux gravités vers la droite ; à ses dépolitisations et conservatismes. Le culturel comme radical du politique ; contre le culturalisme (où Taguieff, par exemple, a en effet beau jeu).
Ceci impliquant une critique des penchants droitiers des entreprises de culturologie (les libéralismes - Tocqueville par ex.) ; en même temps qu'une histoire de ses résistances (les critiques marxiennes du marxisme, en partculier. Déjà Adorno/Horkheimer).

Essais de culturologie du politique

Repères de ces tentatives, pour aller les travailler. Par la question de la criticité, c'est-à-dire celle de la pensée de l'histoire opératoire.
Comment une culturologie - dont, au plus aigu, une poétique - peut rester bien sur le fil du critique en regardant le politique. Et sans reculer pour prendre appui sur --- : ici on peut commencer à recueillir les formes de ses régressions, ses retards, ses réflexes qui sont des idéologies, des statuts (acquis) et non des situations ("en avant") : les Lettres, l'essayisme (ce sont des modes culturels ; français), "Theory" et les orthodoxies du "poststructuralism" et "postcolonial". D'autres à déplier, à diagnostiquer.

Des auteurs à regarder, pour le meaty de ces questions :
. étape Weber, critique culturelle des sociologies matérialistes. (Qui exactement?)
. étape Théorie critique : Adorno+Horkheimer (et Benjamin, mais toujours son plan très à lui)
. l'étape Althusser, et l'étape, par exemple, Rancière
. E.P. Thompson et Christopher Hill et les historiens britanniques marxistes qui ne sont pas, par exemple, sur les plans d'orthodoxie d'un E. Hobsbaum,
. les généalogies des Cultural studies britanniques ; et Jameson, Eagleton,
. relectures de Gramsci par les Cultural studies, et les Subalternists
. Arendt / Klemperer / Auerbach et la Comp. Lit. américaine (avec Adorno+Horkheimer dans leur période américaine, sur les cultural industries)
. les Subalternists : dans leurs décentrement par Spivak-Theory, et dans leur développement par ... [quoi exactement ici? Les majorations de Chakraborty, les idéologèmes de Globalization theory,... à voir]
. les effets anti-marxistes de Deleuze-Guattari ; Foucault : le désir, contre la lutte.

A situer :
. dans les redistributions territoriales et intellectuelles de l'après-guerre : émigrations aux Etats-Unis, constitution de l'empire intellectuel-idéologique américain (y compris dans le processus de la Cold Culture),
. les histoires des décolonisations, où agency des intellectuels
. l'émergence de la structure institutionnelle/idéologique du global intellectual, dans l'epistémè de la mondialisation
. l'histoire des disciplines des Lettres, et de la place de la culture dans le social, et de la figure de l'intellectuel, et de l'université en France [toute l'histoire des structures de la production intellectuelle : dont l'édition, l'essayisme, le politisme] ; histoire de l'université américaine [ses scientismes, ses séparatismes, subis autant qu'arrachés]. ...

vendredi 13 mars 2009

Le postcolonial : pour culturologie du politique

Je continue à cogiter l'apport de la question du colonial (c'est-à-dire : la problématique postcoloniale) pour une culturologie du politique. La poursuite du projet, engagé de longue date et donc déjà riche d'une histoire aux coordonnées multiples (décolonisation des années 50-60 ; postcolonial des 80s ; néocolonialismes des guerres des 90s, des terrorismes et ethnocratismes des 2000s), d'une réinterrogation des bases de la philosophie politique européenne par les exigences d'une anthropologie critique.

Avec Fanon, Les Damnés de la terre (1961), c'est le rapport de classe et race qui est noué, et arraché aux coordonnées des "intellectuels" et "élites" complicites avec la "bourgeoisie colonialiste" : qu'en situation coloniale (40), le blanc est riche, le riche est blanc (43). La "classe dirigeante", "espèce dirigeante" (43). Et les cadres théoriques du marxisme sont critiqués par l'évidence matérialiste d'un rapport économie politique / culture sociale décalé :
"L'originalité du contexte colonial, c'est que les réalités économiques, les inégalités, l'énorme différence des modes de vie ne parviennent jamais à masquer les réalités humaines. [...] Aux colonies, l'infrastructure économique est également une superstructure. [...] C'est pourquoi les analyses marxistes doivent être toujours légèrement distendues chaque fois qu'on aborde le problème colonial." (43).

Avec Ashis Nandy aussi, un autre nouage des plans d'analyse est forcé : psychiatrie et sociologie ; sujet socio-culturel et régimes du pouvoir ; subjectivité sociale-culturelle et police politique.

Avec Rancière, La Mésentente (1995) : le rapport de la philosophie au politique, par sa mise en ordre dans les formes de la "police", et l'ordonnancement d'une culture conceptuelle qui le philosophisent. La philosophie politique : ce discours de la mise en police du politique. Ses termes modernes (après les étapes de Platon, Aristote, Marx), postcommuniste : le triomphe totalisant, mondialisant, consensualisant, de la "démocratie" qui est une démocratie de "police". Politique du consensus et de l'humanitaire, de la communication et de la communauté. Qui continue à faire ses partages, et à produire ses "sans". Ses demos : par les éruptions d'ethnos qui sont les demos contemporains.

Pourquoi une anthropologie critique doit toucher à la labilité du rapport (partage, avec Rancière) entre privé et public, et au processus de socialisation qui se fait dans le nouage langagier - ici le poétique - , qui est le nouage des sociétés.
Question du peuple. Comme société-et-nation.

vendredi 6 février 2009

Lettres

Après avoir vécu maintenant longtemps avec "culture", réaccepté comme terme et objet, pour la poétique, je me trouve avec ce nouvel archaïsme qui se met à résonner autrement, sautant par-dessus les décennies de dénégation - de relégation aux générations à faire passer -, et allant fouiller dans les implications historiques plus longues, d'une histoire philologique européenne : Lettres.
Petit coup d'étranger. La ligne ayant passé aussi par le déport - indien-anglophone à l'occasion de la mission à Delhi et Hyderabad de janvier - des Humanities, encore en circulation vive, institutionnelle et disciplinaire-scientifique.
Ce que ça déloge est une réduction de l'horizon de la littérature, au circonscrit et culturellement marqué de la redéfinition romantique. Il y a aussi à penser, et maintenant spécifiquement, le rapport culturel de l'art littéraire aux lettres - et à toutes leurs formes émergentes, déclinantes, en transformation. Cultural studies, et culturologie de la poétique.