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jeudi 23 septembre 2010

Sociologie de la connaissance / société de la connaissance

How did I not mark this earlier? Or did I and then forgot?
Il s'agit de sociologie de la connaissance ; il s'agit de l'existence reconnue, balisée par des travaux des formulations des dispositions du champ [Bourdieu fondamentalement, & Passeron, C. Charle, puis toutes les lignes qui s'y mettent en faisceau ou prolongement ou rétrospective : Bourdieu peut y intégrer Foucault, par histoire]. Un concept et un mode d'analyse existants, réalisés (- comme programme ouvert, avec déjà ses produits nombreux in its stride).
Bourdieu, dans "Conditions sociales de la circulation internationale des idées" (Actes). Où il resitue calmement - toujours ce calme particulier, sentiment critique caractéristique de la sociologie ; Marie-France Pouly le note - une reconnexion de Foucault avec un Nietzche non comme irrationaliste (non allemand, dans ce sens) mais utile contre les anhistoricismes méthodologiques des pratiques françaises de l'épistémologie. Pour une généalogie.
Sociologie de la connaissance ; histoire des idées ; que Bourdieu just nudges towards "histoire sociale des idées" ("Conditions", à propos de Foucault).

Donc maintenant : une sociologie de la connaissance est disponible ; et peut être dirigée à confronter, à take on, la machine de guerre, idéologème, "société de la connaissance" (en confusion avec économie de la connaissance, la société étant rendue idéologiquement coextensive au marché, d'accord).
Pour ouvrir encore l'arsenal à disposition, encore une ouverture de comparaison, par l'antérieur dans la chaîne des transformations : le moment de l'épistémologie dans la pensée (philosophie?) en France : Bachelard, Canguilhem. Les formes de l'histoire des idées et de l'histoire des sciences. Comment ça vient, par quelles dynamiques ; dans quelles situations nationales des institutions de savoir.

A situer aussi, Habermas sur les rapports Connaissance et intérêt (1968).
Dans une histoire plus large, plus floutée, où influe grandement le schème marxiste du rapport théorie/praxis, et théorie/lutte collective.

mardi 11 août 2009

Critique, anticritique : débats sur la théorie, 80s

Aussi, noter : Habermas, dans ses échauffourées avec la "théorie" et "poststructuralism", parle des "young convervatives" (version anglaise des débats) ; Foucault, Derrida, Lyotard (les "postmodernism debates" des années 80, selon Norton), et leur attaque de la modernité. Postmodernisme comme antimodernisme. Héritiers, en cela, de la scission moderniste de la sphère esthétique ; esthétisation. "A surprising antimodernity 'alliance of postmodernism and pre-modernism' ".
Ici la "théorie" est sur son versant "postmod". Infléchissement des lieux de logomachie, aux 80s.

dimanche 7 juin 2009

Population, peuple, politique : Foucault

Sécurité, Territoire, Population, cours de 1977-78.
Se mettre dans les embrayages d'historicité (avec les déformations d'histoire que ça entraîne ; en les laissant loose) des passages entre 3 modes : loi-souveraineté-sujet, discipline-dressage-corps, sécurité-population-calcul. Y voir apparaître des mises en perspective, des rapports, toujours d'un pouvoir d'élucidation étonnant - ça dégage les réflexes de la philosophie politique, qui compriment la pensée du social - : suivre les mutations du sujet politique, et voir "émerger", "apparaître" (par ex. dans de nouvelles acceptions de mots déjà en place), du sujet du roi le peuple, avec l'économie politique (mercantilisme anglais, caméralisme, colbertisme) la population, la démographie, Malthus plus loin et Marx contre lui, le peuple, le politique, et l'horizon de la démocratie donc? Il n'en est pas encore là, p. 80. Peut-être un soin à l'éviter pour garder la ligne d'une généalogie des technologies de pouvoir (souveraineté à discipline à gouvernement), contre une histoire philosophie-politique.
L'émergence de la notion elle-même de gouvernement. Et d'un sujet qui peut être pris dans, pensé comme, cadré dans, un peuple-population. Oui individu, mais pris dans des régularités à laisser libres, pour auto-annulation des anormalités. Libéralisme. Valeur politique de "liberté" : ici infléchie.

jeudi 1 janvier 2009

A partir de Orientalism

La généalogie, archéologie, histoire des disciplines, histoire des savoirs, carte historique de rapports de savoir-pouvoir dans les impérialismes français et britannique, que fait Said dans Orientalism (1978 donc), donne beaucoup à souligner, de perspectives fines.

. les valeurs et la politique qui sont en jeu dans le passage, historique mais aussi du point de vue idéologique, de la grammaire comparée à la linguistique générale. Dans une histoire de la politique des langues et du langage. Reprendre par la critique, "radicale", de Saussure ; et dans le fil de sa contribution explicite au débat explicite d'époque-et-d'héritage, sur les sciences historiques (Renan, 142 ici, et "la science historique de l'esprit humain", 139). Sur la scientificité, et la fonction et le statut sociaux de la science et es sciences. Histoire nouée à celle de l'anatomie comparée (voir Les Mots et les choses) - et au biologisme idéologique du XIXème, modèle Cuvier et tératologie des deux Geoffroy Saint-Hilaire. Nouée dans le paradigme culturel de la science (+ Progrès + historicisme), à base de classification et comparaison. Faudrait voir aussi sur quels modes ça se noue à l'histoire de l'anthropologie/ethnologie.

. le comparatisme, comme base méthodologique de "l'orientalisme" et dynamique du projet impérialiste. A suivre vers ses résultantes, pour continuer à entrer dans les logiques politiques de la Comparative Literature et de la Littérature comparée, historiquement et actuellement. Pour distinguer aussi par là les projets alternatifs pour penser l'étranger.
Commencer, là, par regarder comment la question de la littérature rentre dans le jeu. (Où viennent se prendre ensemble les pans que Said chercher à rassembler alors que ses termes mêmes les tiennent à distance et en hétérogénéité : l'individuel des peuples souffrants, en face des abstractions totalisantes - race, nation, histoire, culture).
Le comparatisme est un historicisme.

. "l'orientalisme" (jusqu'à plus amplement informée) se lit comme bien la marque de Said, et le geste d'idéologisation. Qui est à la fois une poussée théorique-politique capitale, et génératrice d'une force critique amplement démontrée, et la note d'un moyen terme libéral, humaniste, de la critique.
"Orientalisme" n'étant pas peut-être la désignation du champ ("orientaliste", comme angliciste, l'est bien), mais une traduction en -isme d'une orientation inscrite dans une discipline.
Le passage au -isme est le geste de Said, il me semble. Là à la fois sa force et son frein. Le moyen d'un entre le théorique et le politique (qui fait tout à fait autre chose que Foucault, et prend les dynamiques du concept méthodologique de savoir-pouvoir - explicitement c'est entendu - vers autre chose que ce que Foucault propose sur ce nouage violent), et celui qui lui rend la position du public intellectual naturelle ; peut-être unproblematic. A voir.
Comme encore : la variété des valeurs politiques que prennent les modes de la critique, comme modes de pensée du rapport entre pensée et pouvoir.

vendredi 5 décembre 2008

Politics of knowledge : intervention postcoloniale sur le savoir-pouvoir

La lecture de Bhabha est extrêmement lente, faisant écrire énormément ; faisant passer par des plans nombreux et chaque fois d'une densité extrême. D'autant plus dense qu'elle est peu fléchée : des fourrés, des taillis, d'hypercultivation - comme Derrida parle d'hypercorrection de son français d'Algérie. Situation coloniale/postcoloniale d'énonciation théorique.

En particulier, à déployer à travers elle : l'importance, l'intervention (si c'est une des choses que R. Young continue à partir de Bhabha : Bhabha proposant l'intervention du postcolonial dans le poststructural ; Young proposant l'intervention comme titre du travail de sa revue, application continue, périodique, de la question du postco) - l'intervention, donc (ou encore : agency, political and critical) du postcolonial comme question, joue au maximum sur la question du savoir-pouvoir, et son compact actuel. Le postcolonial donc, à faire travailler, pour une prise sur la "société de la connaissance" comme modèle culturel en processus d'empire : comme idéologie, et comme géopolitique. Le postcolonial comme, bien planté dans sa généalogie en Said et Foucault, stratégie de visibilité du colonial comme politique culturelle et cognitive, politique scientifique. Le colonial comme politique du savoir. Et le postcolonial comme déclinaison contemporaine du capitalisme/libéralisme (l'état dans lequel la Guerre froide laisse derrière elle le rapport de force international)
La référence psychanalytique, et la thématique identitaire, sont des effets, pratiquement secondaires. C'est la question du savoir qui fait crux, et prise critique. Comment, par exemple, the gaze est moins (malgré les développements qui le prennent pour thème, et objet) une question du visuel comme scène de l'identité/subjectivation, qu'une question de la surveillance, et de la discipline, au sens fort de Foucault. La visibilité comme mode social du rapport de force. Toujours, éviter de faire retomber la lecture de Bhabha du côté de l'identité (pourquoi y faut-il un effort? Effet de réception, ou effet interne? à voir), c'est-à-dire du côté de la culture. Car la prise est celle du culturel sur le politique. Le travail de lecture doit être ce suivi du politique dans.
Voir aussi, comme ingrédient de ça : comme dans le concept de "sujet colonial" est constitutif une sorte d'indécision sur son incarnation historique, ou théorique : qui est le sujet du "stéréotype", du "mimétisme", de la dénégation, de l'ambivalence etc.? Justement là, cette mobilité là : que le sujet colonial est un rapport. De domination, et de discipline. (Ni le colonisateur, ni le colonisé.) D'où aussi l'intérêt pour ces figures des "class of interpreters" (Macaulay) et "corps of translators" (87), ces sujets "partiels" et intermédiaires, qui habitent la farce coloniale (force et farce : c'est ancré dans Marx. C'est la nature politique du terrain où se travaillent ces questions).

Le problème de la "Postcolonial theory" comme formation discursive, et sa critique arasée par la pratique institutionnalisée : une possible dépolitisation, par la thématique de la culture. Différence des cultures, logiques de l'identité.
Or son point de travail est à garder dégagé : il regarde à l'articulation (la nature du rapport étant à penser, "articulation" étant comme un X pour marquer l'inconnue) du culturel et du politique. Politique de la culture, politique du savoir, politique scientifique. Le politico-culturel (voir sur Taguieff, aussi. Et sur l'importation en France, Compagnon passeur minorateur, des Culture wars américaines sous la question de la Culture générale, ou humaniste : cf sa recension de Nous autres, modernes, de Finkielkraut, dans le Monde du 6 oct. 2005, sous le titre "La Bataille des modernes.)

"The Politics of Knowledge" étant bien sûr Said, en anthologie dans The Fall into Theory.