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samedi 17 mars 2012

Liberté et licence - contd.

La liberté, par rapport à quelle domination, quel abus de pouvoir, quel esclavagisme ou répression.

vendredi 16 mars 2012

Liberté et licence ; libéralismes - A. Mattelart

Armand Mattelart, Diversité culturelle et mondialisation, 2005, 2007, Repères, La Découverte. 

Du mal à clarifier ce que je comprends des enjeux en suspend dans les arguments de l'hégémonie américaine sur la liberté d'expression, pour fer de lance de l'impérialisme culturel en matière de communication (ou "culture" sous des formes des industries culturelles et des formes de la propagande/marketing issues de la Cold Culture).
Que Reagan, avec Thatcher le suivant un an plus tard, quitte l'UNESCO et ses débats des 1970s sur la politique culturelle croisée avec la politique de la communication (après reconnaissance officielle de l'échange inégal dans l'ordre médiatique mondial, tournant postcolonial), pour raison de "politisation des débats". Sure.
Les thèmes américains du bi-partisan, la culture du consensus, (Manufacturing Consent, W Lippman 1920s, repris par Chomsky & Herman en 1988, avec le sous-titre The Political Economy of the Mass Media). Le tressage de libre-échange, argument de la liberté d'expression, et inflexion de la culture en communication (propagande & marketing).
On en connaît les dénonciations. Plus difficile d'en articuler les logiques, fonctionnelles.
Une historicisation bien entendu est la façon de faire : A.Mattelart par une histoire de "culture" (depuis Goethe et les usages de la littérature pour la nation et l'universel), parallèle avec une histoire de "communication" (dès la "crise de l'esprit" en Europe, Valéry en 1919, et ses malentendus par traduction, et le relais de Voice of America, et les formes de la propagande et de la publicité qui cadrent la Cold Culture - après Spykman pour l'intégration de l'information dans la stratégie géopolitique de l'US puissance).
Mattelart dit aussi : déjà Lippman, sociologie des médias, (Dewey aussi sur les publics?), et invention des PR.Et "management" : fordisme taylorisme - qui sont des pratiques du temps et des idéologies offensives de la modernité -, consommation de masse, marketing et publicité. Lien avec les "cadres" de Boltanski - forme managériale de la culture commerciale.

La masse après la classe (structure historiquement européenne, diluée dans l'expérience de la constitution de peuple des immigrants aux Etats-Unis ; les groupes arrivés issus d'un pot commun des sous-privilégiés, éventuellement subalternes au sens de Gramsci, des prolétaires, des hors jeu des classes). Démocratie de la consommation et du management ; publicité comme mode du public (et "culture du masse" comme mode de la "culture populaire".
Et les sociétés de contrôle. Organization Man et al. Ingénierie sociale. Cf concept d'américanisme, Gramsci. Où peuple = consommateur. Gouvernement par le management. "Gouvernance".

Ce noeud - tout écheveau - entre un mode de la démocratie, le libéralisme économique, le containment du communisme par la politique culturelle-càd-informationnelle-et-industries-culturelles.

Liberté et licence : cette ligne de distinction.
Liberté de qui, pour qui. Individualisme contre solidarité. Absolutisation.
Liberté et n'importe-quoi, aussi : pour ce qui est de la différenciation enter culture (comme prise, engagement, formation) et information. cf ici : Kostas Alexos (Le Jeu du monde, 1969).

Simplement le concept, impénétrablement complexe, du libéralisme

vendredi 26 août 2011

Nerdistan - et Creative Class

I like "nerdistan" - rencontré dans Richard Florida, The Rise of the Creative Class (2002, Basic Books).

Aussi : la séquence Marx - Hayek - Florida (y compris dans les pressions théoriques très inégales), intéressante et pleine de rapports. Florida me faisant résonner Boltanski & Chiapello à nouveau frais. L'intelligence critique de ça, et le rapport de dates : 1999 / 2002.
Question de l'histoire de la critique. Soit du rapport culture / économie politique. 

Très important d'avoir dans l'oreille de lecture les coordonnées du libéralisme précisées dans tout le déroulelement de Road to Serfdom.

mercredi 24 août 2011

Libéralisme / mutliculturalisme - groupe / association - et l'université

Hayek, et la présentation qu'en fait Milton Friedman en 1971, puis 1994 (50th anniversary edition) :
parmi les points, quelques crêtes :

1. groupe et association - versions de l'égalité
 
L'introduction version 1971 parle d'une orthodoxie qui est celle des années 60. Il s'agit donc de la situation historique de compromis keynésien/fordiste, syndicaliste. Temps où "liberal" en effet change de sens aux Etats-Unis ("its opposite"). Un temps d'équilibre, tendu par la Guerre froide. On a passé l'événement de 68, l'université et les étudiants ont pris un rôle inédit parmi les forces politiques (Berkeley, Columbia etc., pour ne parler que de la situation sur place) ; en effet un nouveau discours individualiste layered over cet équilibre modérément keynésien ; on est aussi dans le temps du Vietnam, qui déporte nécessairement le rapport matérialiste d'adéquation entre ordre économique et ordre culturel-politique. Des forces ambiantes transnationales de diverses gauches nouvelles pèsent aussi dans la balance idéologique nationale : des analyses de l'impérialisme américain donnent un aspect assez inédit à la question du rapport à l'Etat. Refait les termes de la théorie libérale du rapport entre individu et Etat. Début des thèmes de l'exportation de la Démocratie et de la Liberté.

Et puis il y a la mise en question du libéralisme par les Civil Rights, coeur actif des années 1960 politiques. Et le démarrage du thème du multiculturalisme (son histoire universitaire particulière). Se joue ici deux acceptions du principe d'égalité, où un réel face à face de philosophie politique se met en place : l'égalité libérale est toute de condition, l'égalité "collectiviste", "socialiste", mais aussi celle des individus mis en minorités et formés par cette situation en groupes de situation civique (de même que le colonialisme forme les "races"), l'égalité civique des exclus du civisme, toute résultante (y compris : des jeux du libéral ; résultats de cette "liberté"), et biopolitique ; prospective certes. Deux pensées de la décision ("who, whom?", alors) / du choix (résultante, pour le coup : activité de l'ajustement). Et en effet formation de "groupes", jusqu'à la mise en place d'une scène de identity politics. L'horreur des groupes est libérale, est libertaire (cf Deleuze également). Mais il y a groupe et association. Société.
Que fait le libéralisme du droit d'association?? parmi liberté de la presse, liberté d'opinion etc? Quelle construction quant à une pensée du social à partir de la notion de "coordination" sociale (Hayek) fonctionnant sur la "coopération volontaire des individus"? Le marché comme meilleure invention anthropologique ("civilisation"-nelle) pour une démocratie participative.
Force socialisante du collectif // force anti-individuelle et partant anti-coordination - anti-"civilisation" - du collectif.

Par quoi donc la scène que dresse Friedman, d'un découplage irresponsable du "world of ideas" avec le "world of affairs" ressort largement invalide. Coup de force : pour disqualification comme "idéologie" d'un rapport qui est effectivement super-structurel : politique et cousu au matériel.
De même, l'histoire des "idées" que pratique Hayek : reprenant à partir de discours (textes de tels et tels), mais sautant par-dessus la nature matérielle et historique du rapport entre "idée" et négociations matérielles du pouvoir.
D'où la force encore une fois mesurée de la critique de l'histoire des idées par Foucault et al. Entrant dans plus du détail que la critique du politique au sens de Marx. Par l'histoire - de l'économie politique pour commencer.

2. l'université

Friedman en 1994, RtoSerfom p. 262 : "The Fall of the Berlin Wall [...] ad the changing of the character of China have reduced the defenders of a Marxiant-type collectivism to a small, hardy band concentrated in Western universities."
Compter avec : l'autonomisation politique particulière de l'université, sur la lancée de 68. Avec ses histoires spécifiques américaine, française - britannique sans doute. La fonction sociale transformée, et les acteurs d'un nouveau profil.
Reprendre l'histoire au moment des Culture Wars américaines : état des forces et des arguments là.
Remailler avec les théories Hayek du savoir : le marché-information, la division du savoir accompagnant la division du travail ; mais d'autre part la désarticulation du "réalisme" en idéologique. A suivre.

mardi 2 février 2010

Le public du marché : libéralisme, capitalisme

Difficulté in getting my head round this. Que le public ait aussi sa dimension, majoritaire en effectivité politique, dans le fonctionnement du privé, son commerce, ses échanges ; la "sphère publique" (Habermas) et société civile et espace de l'opinion publique, comme sphère autonomisée, constituée, au temps de la formation de la bourgeoisie capitaliste, des échanges marchands et du travail (Habermas parle de "travail social" - not sure what that points to).

Capitalisme et formes politiques modernes, for certain. Mais cette radicalité du rapport entre public et commerce ; et entre libéralisme et démocratie. Qui prend un virage au moment où se défait la relation féodale du common (synonyme de private - there's a difficulty also) au particular (privilèges).

Puis : le rapport au littéraire pour la formation de la sphère publique bourgeoise, et à l'inculte, à l'illettré, de la sphère plébéienne. Dur à avaler, à traiter, ça. Particulièrement après l'euphorie historique, de la vertu populaire, de EP Thompson. Entre critique et radical : une différentiation sociologique qui fait le partage (Rancière, Foucault sur l'exclusion) entre une nouvelle fonction sociale, civile, des lettres, et le travail discursif de mouvements sociaux "sans" capital culturel. C'est le "sans", et l'idée d'une force politique sans poétique, qui bute.

samedi 20 décembre 2008

Postcolonial libéral

Le fin de la question, une des questions, qui monte/nt des travaux POCO, est politiquement entre une radicalité et un liberalism qui peut se recomposer dès qu'on prend les peuples, et la notion de culture.
La proposition critique centrale, "l'intervention postcoloniale", comme pratique de la "perspective" (les termes sont de Bhabha), étant celles de la politique de la culture, et de la politique du savoir / des savoirs (Said après Foucault).
Précisément il faut suivre au serré les déplacements que Said fait faire aux perspectives de Foucault, vers le liberalism du public intellectual.
Mais certainement, voulant forcer un passage au débat sur la culture, et les peuples, et les historicités culturelles, on engage les implications idéologiques qui sont inscrites dans "peuple", "culture", "identité". La tension est à tenir, avec une féoricité critique absolument exigeante.

Sentir les vitesses - tropismes d'évidence, où on mesure des idéologismes - avec lesquelles le libéralisme revient en jeu dans Arendt (Bhabha le note, trop rapidement, dans "The Postcolonial and the Postmodern") ; dans Naipaul prenant la vie des peuples comme celle "des peuples", leur refaisant un récit comme personnages collectifs et souffrants - récits déclinistes.

Et prendre bien la culture par le langage, et le langage par le temps du radical ; temps, saussurien, du politique.

mercredi 22 octobre 2008

Culture de l'économie

Laurence Fontaine : L'économie morale : Pauvreté, crédit et confiance dans l'Europe préindustrielle (Gallimard, sept. 2008).

Présentation de l'éditeur : L'air du temps chez les économistes, les sociologues, voire les historiens, est à réflexion: existe-t-il une alternative à cette forme nouvelle d'ensauvagement qu'est devenu le libéralisme économique. pour lequel tout peut désormais s'échanger compris la vie, comme des biens ordinaires? Réponse la plus courante: le retour à l'économie du don et le développement du microcrédit, observé dans les pays du tiers monde. Aidant les êtres à se désengluer de la misère plutôt qu'à faire fructifier l'argent sur le marché de la spéculation financière, le microcrédit est aujourd'hui paré des atours d'une économie morale parce que solidaire. Ces deux formes d'activité économique ont déjà existé dans l'Europe moderne. L'économie, fondée sur la confiance et le crédit, est alors encastrée dans des enjeux sociaux qui la dépassent. Loin de consolider un cloisonnement, le crédit et sa toile embrassent toutes les hiérarchies - groupes sociaux, institutions et régions dans des dépendances où chacun - les hommes et les femmes selon des modalités spécifiques - se trouve être à la fois préteur et endetté. Se tissent ainsi des réseaux d'obligations en cascade, donc de pouvoir, dans les espaces géographiques sociaux les plus variés. La relation de confiance entre créanciers et débiteurs, prêteurs et emprunteurs. constitue un lieu social fondamental. Deux cultures économiques - la féodale et la capitaliste - se côtoient, chacune portée par des valeurs spécifiques. s'affrontent mais également s'influencent au point de se transformer. Restituer le champ des expériences possibles ou communes rend, du même geste, les multiples tensions qui traversent les sociétés: au niveau collectif, entre des sociétés d'ordre et de statut et le développement parallèle de rationalités économiques; au niveau individuel, entre les exigences contradictoires des diverses appartenances des individus, leurs aspirations et la réalité éprouvée de leur expérience ordinaire. Des allers-retours entre hier et le plus contemporain, servis par le sens de l'exemple, de l'anecdote et de la narration, Laurence Fontaine en use à la maniére de Marc Bloch - comme d'une baguette de sourcier -, pour l'intelligence de la réalité passée, telle qu'elle peut être reconstituée. et la préfiguration utopique d'un univers plus humain.

Laurence Fontaine est historienne, directrice de recherche au C.N.R.S.

mercredi 27 août 2008

Savoir-pouvoir du libéralisme

Quel libéralisme y a-t-il à entendre dans "Academic freedom"? Dewey, fondateur de l'American Association of University Professors.
J'y pense, par contraste, en regardant se nouer les scénarios républicains du rapport savoir-pouvoir (l'élite et les problèmes de sa formation, en étant le paradigme), et se composer le champ autonome des "intellectuels" - dans Naissance des "intellectuels" 1880-1900, C. Charle (1990).
La démocratie qu'épluche et ausculte Tocqueville est un libéralisme. Il y a des choses à déconfondre avec soin. Reprendre aussi le libéralisme des visées de Humboldt, et des structures fondatrices du modèle universitaire allemand.

mercredi 13 août 2008

Le droit, et le comparatisme

Pour le droit comparé, je vois deux soucis qui sont des zones d'actualité, plus encore peut-être que les batailles culturelles et politiques de la construction supranationale de l'Europe (ces vues étant largement informées par l'écoute des échos disciplinaires à France Culture, en particulier les matins de "L'éloge du savoir", qui me fait passer par des chemins serrés et étrangers)
. les nouvelles pressions sur le droit de la priopriété intellectuelle, qui s'exercent et poussent depuis l'activité internet, et sur les industries culturelles et les industries cognitives. Le problème à penser ici est moins comparé qu'international ; il rentre en angle dans le plan du géographique, pour y ficher un plan d'histoire de la culture ; histoire des modes de la culture. Où la question de la diversité des cultures est bousculé : il faut en recalculer les coordonnées. Le comparatisme a du travail. De même, un nouveau partage du culturel avec le légal : l'activité culturelle comme productrice, à toute puissance, de normes nouvelles (Creative commons etc.) qui concurrencent le droit. Vont peut-être plus vite que lui.
. les droits de l'homme - question humanitaire qui a été le terme d'une sortie du régime de la Guerre froide et d'une sortie de la "pensée 68" ; qui a flouté la géographie politique de droite et gauche, liberté et justice sociale. Vers un milieu libéral. Il y a une inflexion politique dans le processus qui a fait des droits de l'homme, l'universalisation graduelle, gagnée, des droits de l'homme, un consensus idéologique. Il faut arriver à la sentir. Une gouvernementalité libérale gagne, elle aussi. A sentir.