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samedi 12 août 2017

Saussure au-delà de la phonologie - ou par

Saussure au-delà de la phonologie.
Je comprends plus profondément, poursuivant la lente et précise course de la biographie de J Joseph, l'investissement de Saussure dans la phonologie, et le caractère phonologique de toute la première et primordiale phase de recherche indo-européenne - toujours, la question du système des voyelles liberté avec le Mémoire, le système consonantique également, et les découvertes sur la sonnante, le sonantisme et le coefficient sonantiqu ; théorie de la syllabe ; entrée en enseignement exactement par le point de l'inversion de la perspective - premier cours à l'EPHE posant en principe le décloisonnement des catégories voyelle et consonne. Effets de sidération, avec leur comique.

J'enrage de ne pas être capable de suivre le parcours frayage de cette haute technicité dans le Memoire, qui dépend de sa haute érudition en histoire des frayages des générations précédentes ou rivales, de Bopp-Curtius aux néogrammairiens de Leipzig. Mais je dois me résoudre à cette limite - exercice rare, et vertueux. Rigueur exacte, localisation des limites : expérience de fréquenter une œuvre telle que celle de Saussure, si éclatante mais parce que, en tant que, émergée d'un milieu discursif extrêmement épais et prolifique en inventions disciplinaires et découvertes scientifiques rebrassant tant de l'épistémologie et de l'idéologie de l'époque, en phases successives et chevauchantes.

1891 donc, préparation de l'Essence double pendant les premières conférences données au retour à Genève - cours de b-a-ba, effort pour communiquer un contexte pour l'étude de la grammaire comparée grecque et latine et du sanscrit ; projection d'une vue sur la linguistique comme science historique, contre sa pratique comme science naturelle Schleicher Max Müller Friedrich Müller. Positionnement dans le champ et dans les localités scientifiques nationales - Paris, Genève, Allemagne dominante.

J Joseph note pour l'innovation de l'Essence double : "bigger philosophical and methodological questions". Les implications des découvertes phonologiques. Les recalculs de cadres conceptuels rendus nécessaires. Ici mon intérêt. Sa qualité ? D'histoire des sciences (qu'on peut formuler aussi comme histoire des politiques du savoir et histoire de la critique - un soin clé ici est de prendre en compte largement le contexte épistemique où Saussure lui-même déclare sa non-originalité, les sens communs d'époque et leurs densités discursives, avec "influences", lectures, rencontres conversations et avec conflits attaques opuscules enjeux de plagiats, et enfin avec jeu, mutuellement éclairant comme méprisant, entre disciplines) ; d'épistémologie ; de poétique du savoir. Pensée, invention de pensée, et conséquences transformatoires s'étendant en proche en proche discursif et en succession (sans linéarité) d'époques.
What ? Je ne veux pas recoller au philosophique. Ça peut se faire par matérialisme - d'où l'importance  du contrepoids dans le fil des sciences coloniales. Mais aussi. Dans l'ordre de l'histoire. Dans celui de la poétique - mais celle-ci n'est pas un repère, au contraire un à-identifier, à-sonder. Comme anthropologie historique du langage, right.
De même, irritée de trouver sur le chemin tout prêt la catégorie du méta, transcendance : au-delà de. Trope malmené par l'usure, et use and abuse à pente métaphysique ou fétichiste. Moins le méta que le  trans toujours, la pénétration horizontale de la criticité : moins au-delà que par.

samedi 29 juillet 2017

Idéalisme, mais aussi idéalisme

Splendeur et misère - critique et croyance - de l'idéalisme.
Du culturalisme.

Dans la poétique, qui se fie seulement au "tout dans la langue est histoire", la grande qualité spécifique est dans le plain-pied avec les discours qui sont à l'étude. Cette transtextualité, opérateur. Il faut s'assurer qu'il fonctionne pour la critique : alors à quelles conditions. Qu'on trouvera, variant, dans l'histoire.

vendredi 28 juillet 2017

Journal - seuil d'écriture

Au seuil de la rédaction, càd de la réflexion, how ? :

. incertaine, toujours en approchant Saussure : l'exigence, et les possibilités s'agissant de la linguistique, d'une scientificité vérifiable ; ses propres agonizings à ce sujet (pour Anagrammes et Légendes, and much is made of this, a full tradition of it and a Natural response, too dramatic to bypass) ; et la très grande difficulté de la tâche à laquelle seule je peux prétendre et m'essayer : identifier ce qui différencie la scientificité d'une sémiologie de la langue de celle - autre mode du scientifique - d'une étude du discours, "linguistique de la parole" si on veut formuler selon la cartographie des problèmes saussuriens, qui rend possible et nécessaire une poétique du peuple, poétique de la société. Est-ce seulement la question de la sémantique sans sémiotique (Benveniste et Meschonnic), cela règle-t-il ? Est-ce conceptuellement juste de résoudre la "perplexité" (B Turpin) et les "apories" (G Salmon) de la sémiologie de la légende par l'infini du discours ?
Nouvelle expérience de ce noeud estrangoulant, avec lecture de G Salmon sur Lévi-Strauss lecteur des Légendes et inventeur du structuralisme des "groupes de transformation". C'est qu'il s'agit de voir où passent les lignes entre les plans conceptuels, reconnaître comme tel auteur les a distribués, reconnaître ma "guerre".
Crainte : que je sois en train de faire du philosophisme, et d'appeler théorie quelque chose comme une métaphysique, un idéalisme, de la lecture de ce corpus. Quelle science, quel mode de savoir et donc quelle criticité, ce que je fais ? Une philologie sans quantité et sans diacritique. Qui s'assure avec de l'histoire des discours, et de la micro-poétique des textes, de la théorisation et des concepts. Histoire littéraire, chargée de ses bagages, idéologiques et sociologiques. Ou laisser courir l'histoire, et suivre ses éclatements critiques, ici, ici, where they pop here and now. On the thickest most strangulating knottings. For critical letting out for air.
Tout l'étau de poétique-et-politique.
Saussure cherche bien du diacritique dans les Anagrammes et dans les Légendes. Je voudrais montrer plutôt qu'il y cherche par le diacritique. Quoi ? Quel objet recompose-t-il par ce travail ? Une pensée de l'histoire. Anthropologie historique. Du langage, est-ce exactement ?

. sur des oeufs quant au résultat du calcul de l'idéologique de Saussure. Je compte laisser mon incertitude et mon malaise faire le travail, voir où exactement ils viennent toucher la question du peuple et du politique. Et les variations tournant-du-siècle, soit modernistes, du culturalisme sur base d'indo-europ/-orientalisme.
Laisser l'incertitude montrer l'opération du poétique-et-politique. Qui contient, par exemple, une théorisation du rapport de lecture, et du rapport transsujet de la recherche.

. sachant que c'est maintenant que la réflexion commence. Théâtre. J'attends le bout de la phrase. Et dans le fil de la réflexion ("écrire pour savoir"), les relectures, seulement productrices d'embrayage maintenant.

. le plaisir de savoir que ces jours seront posés avec à ma droite le dictionnaire de synonyme, où tout se fouille et se distingue. C'est l'écriture.

lundi 5 juin 2017

Meschonnic, politique, Modernité, et conséquences

Je continue à comprendre qu'il y a ces deux lignes limites dans Meschonnic : le sujet collectif de l'énonciation, que je prends par l'histoire de "peuple", et l'art historicisé jusqu'au dehors de la Modernité (et alors il ne s'appelle plus "art", de même pour "poème").
Le politique comme horizon, et la Modernité comme poétique.
Poursuivre les "conséquences innombrables" de Meschonnic même, comme lecteur de Saussure.

dimanche 2 avril 2017

Littérature de Saussure

Il y a cette hypothèse à regarder sérieusement, concernant la "littérature" chez Saussure, qui est en miroir de l'hypothèse que je rumine également du Saussure moderniste : que la pensée littéraire disponible à Saussure de 1875 à 1903 début des Légendes, des CLG et des Anagrammes simultanément est une pensée pré-moderniste, où le cadre est encore 1. néoclassique et postromantique (nationalisme, esthétique, style, autorat, y compris réalisme comme modernité victorienne...), et 2. orientaliste (et alors pression de la séparation entre Great & Little traditions..., et culturalisme racialisant, où pour cette question la race fonctionne, et le comparatisme de même, comme un index de culturalisme : la culture par la différence. La culture comme concept opérateur de la colonial différence, P. Chatterjee).

Voir plus exactement les développements de Taine à Lanson etc, pour ce qui est de Paris, et sans doute il faudra regarder aussi la Suisse et l'Allemagne. Wow.

Que Saussure est un moderniste : le lire avec Woolf et Joyce, càd avec Proust et Flaubert et... : justement, qui exactement. Maeterlinck. Mallarmé. Voir tout cette épaisseur historique. Qui travaille le national, en français ? Voir les métèques et étrangers du Symbolisme, pour commencer peut-être.

Que la littérature chez Saussure est celle que les œuvres contemporaines historisant en révolutions diverses, déclassicisent. Dénationalisent. Internationalité des mouvements et poétiques (cf notes posées à l'occasion de FIRE!!) est une première part de la réponse, mais n'emportera pas l'argument seule. Formalismes, Spatial Form, détricotage de l'auteur, éclatement de la voix. Voir. Une poétique qui devient naturelle, le Naturel qui est le nôtre en 2017 : l'art comme intervention, réinvention, réarticulation, travail de la transformation, historicité radicale du langage, poème. L'art comme
invention de la valeur : une modalité de lecture et idéologie de la littérature (c'est la mienne, difficile d'imaginer ses alternatives du coup), située dans son histoire, (post)moderniste. Revoir Modernité modernité.

D'ailleurs une autre vis à regarder : les plans disjoints des discours sur le moderne et le postmoderne, qui font confondre tout ça en une histoire successive alors qu'il me semble bien qu'il s'agit pour les deux d'un même phénomène historique, distribué dans deux plans ou écoles, recroisés par deux familles d'objets (art / culture) qui ne savent pas clairement qu'ils parlent de la même chose. La charnière moderniste, WW1 basically, qui aussi le pivot du système-monde colonial, est la post-Modernité européenne précisément, où s'invalident les Lumières et les humanismes, les empires (universalistes-racialistes), etc.
La mise au point sur cette question débrouillera pas mal des enjeux dans les résistances actuelles, nouvelles réactions contre "le postmodernisme" (Amselle et al.), et fera orthopédie dans le récit, maintenant installé comme Vraisemblabe rassis, de la mise au rancart du saussurisme et des totalitarismes théoristes des 60s, permettant le nouveau refoulement du langage.

jeudi 30 mars 2017

Littéraires vus

A view with a window : regard de dehors sur les littéraires, une historienne, un soiologue, disent : liberté (d'écriture), santé (conditions disciplinaires à mine florissante), quelque envie au moins comme expression d'un ressenti comparatiste.
Very interesting, intriguing. What is this? Slightly damning praise, which is fair enough, ordinary disciplinary relation. Mais mesure aussi d'un laxisme qui a répond peut-être à en effet la licence littéraire, héritée de la littérature et non des études littéraires. Fil de l'impressionnisme etc.
Mesure aussi, nécessairement, de la pression autrement appliquée, dans les sciences humaines - appliquée par exigence historiquement façonnée d'identité scientifique, par le degré de concurrence professionnelle (la question est alors : ce degré indexe une valeur sociale, "l'importance" du jeu, et donc un système de prestige, qu'on voit fonctionner à la hiérarchie des disciplines), l'ethos ...
Le littéraire choisit donc une marginalité, repayée par une fiction de pouvoir - puissance maximale du symbolique dans son cas -, aura toute empruntée, à plusieurs débiteurs supersposés.

D'où toujours plus confirmé, l'utilité constante de placer la littérature, avec ses discours et ses sciences, à sa place et de la montrer comme telle. Peut-être le seul travail. Au regard du rapport interdisciplinaire en tout cas. Interface de travail. 

dimanche 19 février 2017

Vers où

J'en m'inquiétais presque un peu, il n'y a pas si longtemps, de la trajectoire qui allait pouvoir se tracer après la séquence comparatisme, postcolonialisme, mondial. Les choses se sont heureusement déployées, sans aucune indécision - les circonstances historiques, sans bonheur, aidant : branche sur les Mondialités islamiques, branche sur le peuple et les populismes, soit recalcul du rapport entre culture et politique.
De même pour les voyages de décentrement : US academia, Inde, Haïti, et je pensais Afrique du Sud, mais je vois que ça va devoir être plutôt Pakistan, et Algérie.
J'adore ces aventures, qui entraînent on se sait où en partant, et qui se décident au pied au ras de la significance.

 C'est aussi avec une tranquillité elle aussi travaillée, avancée, quant aux territoires disciplinaires et institutionnels qui me passent sous les pieds : ayant intégré dans le processus de réflexion la question même de la location of énonciation de savoir, et l'élucidation quotidienne, l'oreille sur le rail, des situations de l'université et du travail intellectuel, tranquille dans les présences incongrues ici et là, dans la francophonie en particulier. Je regarde les surprises inconforts indignations et mépris (l'un des plus éhontés, jusqu'à simple malpolitesse, celui des indianistes - noteworthy, et lumineux pour une compréhension de la mesure de embattledness dans les degrés de la capacité interdisciplinaire) se dessiner sur le visage des interlocuteurs, je laisse se faire les rencontres qui sont la scène du dissensus (j'ai appris ça en photo, petit chantier libre où regarder s'organiser autour de moi, autour de mes quelques pas, la culture photographique, ses professeurs, ses critiques, ses publics) et j'en suis infiniment curieuse. Même s'il faut aussi laisser passer le venin dans le corps, et cuver. Il y faut de l'humour, et si possible pas trop de solitude.
La ressource toujours est la puissance des lectures : de tels muscles et telles puissances d'imagination théorique et critique, les uns après les autres. De Benjamin Stora ces jours-ci à Geoffrey Pleyers, avec encore Ortiz sur le feu et FIRE!! dans la rétine. John Berger, roman, je commence.

samedi 4 février 2017

FIRE!!

A peine le temps, par l'urgence de produire ce texte et la durée d'un chantier d'écriture, de m'arrêter pour goûter ces saveurs : la passion particulière, manifestée intensément, de revenir auprès de textes et dans les textures du poétique ; en particulier le feu de voir tout l'espace, la liberté - politique -, se dégager des effets de sens entre les langues. A l'intime de ce rapport qui est mon intime propre linguistique, l'anglais et le français. Passion. Effusion du sens, intensément subjectivante.
Heureuse initiative d'IC avec la traduction française FEU!! !

mercredi 4 janvier 2017

Savoir du savoir spontané

Prendre mes, ses, réflexes et intuitions en opinion, comme des réactions spontanées, productions du savoir spontané. À prendre, écouter de près, aller chercher dans ses certitudes implicites et impliquées, et à laisser évoluer comme objet d'observation. Le travail peut s'entreprendre par la situation (en phonie, en position disciplinaire, en position professionnelle-sociale et sociale-professionnelle, en genre, en sociologie politique soit classe et processus de classisation etc., sans ignorer les catégories inattendues qui peuvent jaillir, à la rencontre des événements).
Il se construit par la discursivisation, pour une poétique. Très souvent ce qui est en jeu est une politique de la faiblesse et du pouvoir, avec en carrefour la question de la culturalité du pouvoir et les forces ou poids sociaux des idéalismes - Andrew Abbot, dont The Chaos of Disciplines m'est moins irritant ce matin quand je le suis dans son histoire contextuelle du système des disciplines aux États-Unis, avec sa qualité comparative, seul mode digestible pour moi, dit "cultural structure", culture différencié, comme plan, de "social structure".

Reste que le savoir spontané sait quelque chose. Toujours le repère dans Saussure, savoir linguistique distinct du savoir du linguiste.
Il sait quelque chose des échelles hiérarchiques vécues et des différents échiquiers où sont projetés les pouvoirs.
J'en suis donc toujours au pouvoir du savoir. Bah.

J'ai en tête, vif, ces jours-ci, la dimension du social comme la correcte. Plutôt que l'horizon politique, comme ligne de mire. Le politique comme forme sociale, et moderne. Malgré les antécédences qu'on lui culturalise, en Grèce etc.

lundi 2 janvier 2017

Poétique et critique - encore

La sociologie fait son travail, avec son souci méthodologique (toujours un peu une nervosité, d'ailleurs, vérification, et compagnie marquée d'un surmoi disciplinaire), F Johsua très soigneuse.

Me renvoie en reflet l'interrogation sur la pratique poétologique. Je sens régulièrement la crainte d'etre en train parler en l'air, sur coussin d'idéologie et de morale, à chercher des appuis sur des causalités synthétiques, des sens de l'histoire, logiques narratives et causales. Dont les doux idéalismes.
Mais il s'agit de scrupule. À basculer en vigilance, certainement.
Par exemple les fragilités de projets comme Mignolo, qui travaille en mode "théorie", et là avec des proposions puissantes pour changer les perspectives, souffle fort (réintégration de l'islam dans l'histoire coloniale européenne, réintégration de l'Amérique latine, de la latinophonie critique, des populations subalternisées impliquées, de la philosophie, d'une manière moins explicitée). Plein d'autres pour exemples nombreux. Spivak et Butler sur Who Sings, Border as Method il me semble me souvenir. Mignolo est critiqué càd invalidé, déqualifié-infériorisé, comme "littéraire". Deux lectures également pertinentes : il ne l'est pas assez (la lettre comme opérateur critique y est peu engagée), et la disqualification est elle-même une opération de savoir-pouvoir, indiquant un carrefour de lutte. Enjeu : les modes de la critique ; les stratégies de la critique et la diagnostique de ses conditions.

La matière de l'instruction critique en poétique sera, comme dit CS, "vous lisez", vous les littéraires. Propositions dessinées selon les courants des causalités en cours d'exploration, rapportées aux discours, aux auteurs, aux textes, aux situations d'énonciation dans les histoires discursives. Les bifurcations et poèmes de la critique.
La proposition génératrice étant que le social est en "version" (légendologie de Saussure) dans le trans du discours. Avec ses grandes ruptures, cassures, masses, cristallisations, réalisations, et toutes les formes historiques concrètes, au sens le plus plein et dense, béton.
La proposition génératrice est par là une prise de position ferme contre les critiques du "postmoderne", et alors du "postcolonial", dans ses floutages par Amselle par ex.

mercredi 21 décembre 2016

Poème : passe des discours

Poème : la passe des discours.
Mots de passe, D&G. Poème lieu et opération, 'dans et par', de la passe. Flux saussurien. " Un orateur, 'La guerre, vous dis-je, la guerre'".

Attention à la qualité moderne de cette équation du poème avec la mobilité sémantique de la modernité, comme "en-avant". Elle-même est une poétique, de la Modernité, et encore chargée de romantique et littéraire. La lecture meschonnicienne d'Aristote sur la poétique comme philosophie de l'inconnu, "ce qui n'a pas reçu de nom jusqu'à aujourd'hui", cet objet inconnu à-venir du mythos, fuit par bien des côtés même si elle éclaire puissamment, une lignée critique. Un laser de perspective, à travers les siècles de texture discursive quant aux lettres.
Sa position comme prise et programme critiques doit être placée bien à sa zone de valeur (sous peine de se dogmatiser) : historicisée soigneusement, et détotalisée. Comparée, au moins.

Reste, la poétique pour une démologie.

mardi 6 décembre 2016

Poétique hors les murs

Je continue ces sorties, avec curiosité et sans savoir bien ce que c'est que cet intérêt de cette saison de travail : Institut français à Edimbourg, Assises de la traduction littéraires, Being Human festival, éditions Ypsilon en essai aujourd'hui.
Quelque chose à voir avec l'identification, par différentiel, et toujours éventuellement poussée dans toutes les directions qui se présentent, de la nature disciplinaire de la poétique. Ce que fait. Et la nécessité de pousser toujours aux limites qui font le contour des concepts de littérature, obstacle épistémologique contre lequel ma dent semble s'affermir et s'aiguiser en sale croc dernièrement. Nécessaire. The old BS issue.
Parler de littérature hors des murs, rencontrer donc les discours sur la littérature et sur les langues, grand bain de l'idéologie. Et parler comme chercheur dans des situations d'interface, au moment où j'en suis, post-déception, dans l'analyse de la situation universitaire - au moment où elle est est - : ben m'intéresse. Devoir, d'exposition. Aller tester, éprouver, faire mon fieldwork, à ces zones de médiation que la théorie peine à penser puisque tout est à y repenser. Ethnographie du culturel, en immersion participante assez prête aux déconfitures conceptuelles et socio-savantes : que je prendrai, une fois m'être épousseté un peu l'image de moi, comme les épisodes comiques de la théorisation. Tout étant dans le théâtre de l'énonciation.

Je finis par me rabibocher avec Faye, tout en pestant encore sur sa façon de traiter sa lectrice. Il sonde des choses, avec les outils de son époque, et aussi selon une trajectoire propre. Une philologie qui ne prend ni par Auerbach ni par Klemperer, qui prend par le flanc philo bien sûr, mais par une phonie, je l'ai déjà noté ici. Et. 

JP Faye : critique de la narration, critique de l'histoire

La proposition de JP Faye exactement en nutshell, à la pliure : formule introduisant la 3e partie, "Vers une narratique générale", et "Poétique et narratique" : aux "confins improbables (ta-dah) entre une poétique de la langue [il s'agit explicitement de "l'ancienne poétique aristotélicienne" où "s'indiquent les prodromes d'une narratique"] et une critique de l'économie politique". [Il s'agit de Marx, et de l'ironie du sous-titre kantien au Capital.] 185.

Une couche supplémentaire indique, à bon escient, le rapport entre récit (conceptualisé comme rapport performatif entre langage ou formule et action), et Histoire (posé par Hérodote). Poétique de l'histoire donc, bien. 183 : "la critique de la pratique historique ou historienne, et de sa raison [les italiques indiquent le régime marxien du terme ici, mis en dérision par parodie de Kant], passe par une critique de la narration, et de sa possibilité même".

On est dans des propositions et mosaïques d'époque : évocation des formalistes russes et de Hjemslev (et de Mao!), évocation de l'économie généralisée, etc. Goux etc.

Proche, aussi, de Deleuze et Guattari avec les Plateaux amarrés à des dates historiques, énoncés structurants ou bifurquants.
Ex p. 186, "Qu'est-ce que le 9 Thermidor ?"
Et Lyotard sur les récits, et Ricoeur qui fait regarder dans une autre direction non marxienne, et alors Meschonnic par le récitatif (terme que Faye met dans le jeu, sans le détailler plus loin so far), et évidemment par la poétique, radicalement refaite.

mercredi 23 novembre 2016

Poème - et pousser la littérature dans ses bornes

Poème : simplement, l'histoire dans le langage ; le travail de l'historicité dans le langage, la différence des langues y étant incluse comme forme, historique, majeure, de grande échelle.
Car "l'art dans le langage" ne résout pas le problème de "la littérature", tous deux appartenant au même bloc historique qui sont encore à déprovincialiser.

Je me trouve à dire : "en tant que poeticienne (en situation interndisciplianire), je suis attentive aux discursivités.

mercredi 14 septembre 2016

Ce que, suite : poétique des savoirs

Une sorte de philosophie du langage, qui n'est pas un travail philosophique (toujours plus perplexe sur ce qu'a été et plus encore sur ce que fait maintenant la philo), mais n'est pas non plus un travail littéraire (analyse des œuvres ou histoire ou etc. De fait la 'littérature' est de plus en plus mise à distance, dans son histoire, son action historique en tant que concept, ramificateur d'une pratique sociale internationale impressionnante, civilisationnelle). Pas non plus un travail linguistique, ni même de philologie anglaise, ou à peine.
'Théorie'. Intéressant que la notion n'ait plus la caution intellectuelle qu'elle a eue au moment de la formation ; j'ai maintenant à la tenir en analyse, m'en soucier, la soutenir, et m'en expliquer. Effet intéressant de génération. 
'Poétique' évidemment, mais ici encore la génération Meschonnic demande à être expliquée maintenant, à tous les autres publics qui sont le public général des disciplines. Meschonnic y a imprimé une patte très caractérisée, qu'il faut manœuvrer, avec soin, y compris pour en travailler les dehors, les limites, et les perspectives bouchées. Et l'historicité - comme il m'a appris à le faire. 

La question peut se concentrer autour de la matière de l'étude. (C'est déjà l'une des critiques qui étaient faites à Meschonnic.) Je lis et je commente et je pratique des levées, des interruptions, des comparaisons, dans des pans de discours qui sont : disciplinaires, théoriques, et par là des anthropologies (mon joli mot pour des morales ?? Et des idéologies, options dominatrices ou options libératoires). Poétique des discours histoire discursive et ses enjeux ; poétique du discours conceptuel, et épistémologique en particulier. L'affect le plus intense, toujours au pied des questions du savoir et des manières du savoir ; ses langues, ses discours, ses institutions, ses subjectivations, ses capacités à l'émancipation.

Qu'est-ce qu'une pratique, de savoir, qui prend comme matière des enjeux ?  Et alors traverse, circule,  un peu le nez au vent.
Je regrette, pour une part et par réflexe rationaliste de classe/formation, une infrastructure où un sens de la matière aurait été plus solide, partagée, cumulée - mais sans doute nécessairement contrôlée aussi, voir les démêlés de Saussure avec les néogrammairiens de Leipzig, la loi de la SLP, etc.  Le contrôle possible, ou rendant possible, dans le cadre d'une élite exiguë. D'un autre temps, et pas à regretter. 

samedi 26 mars 2016

Poétique et politique, tjs

Un problème clé de poétique et politique, est l'effort qui est nécessaire pour décoller le Naturel romantique, qui lui vient constitutivement.
Les critiques marxistes s'y sont employées. Revoir comment, par quelles réarticulations.

Le cadre préparé est celui du national, avec les déclinaisons possibles et les contorsions, wrigglings, mondial, international, diasporique, régional etc.
Un cadre peut être celui de l'Etat - Lettres françaises peuvent s'y prêter plus peut-être que toutes autres, ou chinoises peut-être.
Et de la démocratie. Le populaire dans toute sa gamme, folklorisme romantique à subalterne gramscien.
Enfin (?) des communautés et disjonctions sociales, pressant sur les genre, classes, etc ? On aura les perspectives marxistes ici et les autres organicités.
Une base commune, et point de départ nécessairement présent : la différence des langues. Et la circonférence des formes verbales qui font culture - ou même infra à la forme moderne-européenne 'culture'.

Donc - le cadrage romantique, et le cadrage mimétique. Et. 

dimanche 20 mars 2016

Embrouilles

C'est l'interprétation qu'il faut tâcher de tenir éloignée, comme mesure de la critique. Saussure pratique avant tout ce geste, explicitement sur les légendes, une de ses préoccupations. (De-confondre l'interpretation du rapport : référentiel, nécessairement fantasmé et programme idéologique / par système de rapports).

Les sciences, quand elles sont sciences, soit réflexives sur les nouveaux objets qui nécessitent une réorganisation méthodologique (temps des fondations, linguistique, sociologie, histoire - psychologie aussi), font leurs processus pour médiation des objets en nexus de rapports - l'opération étant celle de savoir.
La poétique, ce que fait la, les systèmes de rapports qu'elle propose et développe : l'historicisation des discours. Un objet pris par la poétique, transformé, de son énoncé en ses volumes d'énonciation, et donc (au moins) ses conflits d'interprétation - plus encore, ses bords critiques, où objet après objet contigu ou historiquement discursivement connecté peut être passé sur le fil.
Le fil est : les enjeux.
Rapportant les objets discutés à la situation d'énonciation de la discussion. What tf?

samedi 20 février 2016

Poèmes du présent

Pour ma part, je les chercherai du côté toujours du langage, et du devenir du langage dans l'histoire contemporaine, dont ses savoirs et la captation de ses savoirs, et du devenir du rapport entre les langues, soit le langage décomplété toujours par les langues. Où s'inscrit tranquillement, assurément, les longues pointes styles des rapports géopolitiques. Aujourd'hui on schématise Nord-Sud, à échelle maximale, de surdétermination. 

Littérature objet moderne

Conversation avec C.B., 'iconoclaste' quant aux études littéraires anglaises -
oui, la littérature, objet moderne.
Pour prolonger le rapport à ce que la littérature draine comme problèmes de sciences humaines dans les études littéraires ou la théorie depuis ...., le pas à franchir est, en temps déjà au-delà du 'postmoderne' et autrement culturellement configuré, indentifier les objets, formes culturelles (qui en effet ne seront pas nécessairement langagières seulement), qui en sont le devenir organique dans là global-capitalist culture.

Former les objets, les dégager des pratiques sociales, qui sont les 'littératures' du temps, par le même 'appalling effort' que celui du CCCS en son propre temps inventif. La différence qui saute aux yeux est dans les conditions sociales d'un tel effort : et l'état des ressources critiques, en sujet collectif et état des rapports de force dans la culture.
Le nerf pour le CCCS et l'élaboration des Cultural studies est dans l'élan travailliste, mais aussi c'est vrai cassé par l'arrivée de Thatcher, et l'acuité de la guerre de classe de ces décennies. État critique pas si différent alors. Voir. Prendre modèle, chercher les attitudes analogiques imaginables.

1. les 'littératures' seront à la fois reproduites et étendues toujours, marché mondial de, domination de la forme roman, nouveaux entrants de, croissance de l'alphabétisme et de la classe moyenne lectrice etc.
2. et : dépassées, par mutation des points où le présent social global glocal se noue à des formes culturelles. Musique, image dont on nous a beaucoup parlé, hypertexte et sa culture hypermobile et avalancheuse. Réseaux sociaux etc. Il faut encore - même si ce travail est conduit, avec des pans de réalisations déjà substantiels - indentifier ces mutations, ces ruptures.
Chercher les 'littératures' (ie forme organique) de la mondialisation (et commencer par se méfier du réflexe d'aller les chercher du côté des littératures-de, littératures postcoloniale diasporiques migrantes et tutti quanti : elles seront plutôt de l'autre côté du segment : plutôt de-la-mondialisation), et chercher ces mutations de forme dans leur double valeur prévisible encore :
- ses formes hégémoniques - les médias s'attachent activement à les saisir, études de communication, visual studies, objets séries tv, film, réseaux sociaux, écriture texto, état de l'école, etc.
- ses poèmes. Beaucoup plus fine attention nécessaire, et une connaissance des terrains culturels mobiles que certainement je n'ai pas et que le travail universitaire sera peu capable de suivre. Ils émergent nécessairement à la fois de l'invention de nouvelles chimères (poésie digitale étudiée à P8 par ex) et de poussées du dèmos (poèmes dalits mais à voir. Poèmes des inventions politiques, Chiapas Marco, places des révolutions arabes, etc, prises de parole peuples indigènes, cette ligne à poursuivre.

dimanche 11 octobre 2015

Post-seminar : poetics, poetics of language variation

Évidences, toujours, qui tombent comme des pommes :
. la théorie (Eagleton, j'en retourne toujours là, me retrouve toujours là, formulation de 1983) : aucunement de l'ordre de l'abstraction mais tout au contraire l'historicité même, en tout cas dans son effort : examen critique des catégories (ce qui n'est pas inventer des concepts, encore moins échafauder des systèmes), pour historicisation. Le travail est d'analyse de la formation des concepts, et des possibles discursifs dans quelles textures et conditions matérielles des discours : analyse des actes critiques donc, et des inventions/bifurcations sémantiques (c'est le fin, ce que les pinces cherchent à tenir), dans l'histoire des discours (c'est l'ensemble, où l'acte d'énonciation vient se creuser, s'imprimer : en tant que tel, cet acte relève son contexte, et le forme et le donne à comprendre, en particulier parce qu'il le prend dans le moment de sa transition).
. le comparatisme : provincialisations mutuelles, réciproques. Décomplétions, par historicisation de chacun des discours rapportés à la différence des histoires. Le comparatisme comme opération de l'histoire - geste de laboratoire, qui fait agir une action anthropologique naturelle. Le comparatisme : se placer au moment (cf l'espace énonciatif de Bhabha, qui est un temps du discours, par élargissement en carrefour dès discursivités) des transformations. (Comparer n'etant pas contraster : je trouve cette remarque en ces termes dans S. Karivaj à l'instant, dans les réponses à Anderson dans The Indian Ideology, 108.)
. il s'agit donc d'historiciser, qui est discursiviser. Rapporter l'attention aux phénomènes sociaux (on m'appelle sur 'caste and race' par exemple, sur 'représentation des Dalits') aux mouvements du sens et ses efficacités(dont violences évidemment) sociales.

. au séminaire IIAS de jeudi, la discussion me montre en effet une articulation manquante dans mon exposé. La demande est juste. La question de l'anglais d'Ambedkar est structurelle et il faut aller y voir. cf ses textes sur la formation des états linguistiques de l'Union au moment de l'Independance, et cf English in a Dalit Context.
C'est que l'étranger, l'action heuristique de la différence des langues, est en elle-même le vecteur de l'historicité, donc l'invention des peuples, là mobilités sémantique (et conflictuelle) des peuples. Toujours retour sur ce noyau de proposition, que je continue à ne faire que retrouver, chaque fois comme une révélation ! : que la diversité des langues, comme réalisation énoncive de la variation linguistique, est le même processus que la critique, et que la 'vie des peuples', la vie d'un peuple y compris, comme tout son mouvement poétique. Ses logothètes, poètes de ce 'peuple' constamment en mouvement et transformation.

Faudra-t-il que l'essai articule aussi ce chapitre ? Ça changera la nature du produit, étoffant vers la dimension d'un petit livre, et sans doute dédié à Ambedkar plutôt que chapitre d'un travail plus agrégé, plus panoramique. Peut-être d'accord. Alors en quelle langue ??
Chapitres sur Ambedkar :
. 3 speech acts
. poétique du peuple
. Anglais
. ?