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jeudi 24 mars 2016

Histoire politique indienne

Après la dépense démesurée de travail sur la poétique ambedkarienne, je vais commencer à en recevoir les fruits : en dégagements, lucidités, things falling into place.

Un premier don est la clarification quant à l'histoire politique de l'Union, et la nature de la transition des années 1980, 1990, et présentes. La désarticulation, pour les basses castes/classes, de "the people" dans sa discursivité marxiste-léniniste ; la ruine, comme partout ailleurs, avec des mouvements partagés et des spécificités historiques à la fois, des modèles critiques marxistes. Le tournant libéral de 1991, inscrivant nettement la coupe. Puis le développement du nationalisme hindou, dont son populisme. Avec sa dimension des NRI, points diasporiques de brûlots.

samedi 12 décembre 2015

Castéisation - Dirks

Caste en Inde et processus de castéisation, sur un processus d'histoire du savoir-pouvoir parallèle à celui des racialisations. (Et la question des racialisations de la catégorie 'caste', colonialistes ou réformistes (cf Phule, ou Jaffrelot sur Ambedkar, 'ethnicisation of caste'), impliquée tressée dans cette histoire, de manière complexe, stratégique selon les besoins - et auxiliaire).
Dirks semble en avoir une vision très très nette, faut finir de lire pour comprendre tout le poids d'analyse qui le mène à ces articulations si marquées. Castes of Mind 57, concernant la critique de Dumont pour perpective brahmanique et idéalisme, se combinant en accentuation de la catégorie caste au temps même où l'actualité de l'Inde postcoloniale se fait dans la négociation du sécularisme.
Encore beaucoup à apprendre dans le fin des critiques analytiques, pour arriver à cette netteté.

lundi 2 novembre 2015

Inde mineure, mondial à minoriser

Grande saison de l'Inde, et des finesses à dimensions continentales qui sont exigées par la situation indienne, toujours coupante toujours vivisective des molarités du politique. Mais le retour à Paris est aussi celui de l'autre main du travail : par le mondial, et ses effets de masse, qu'il s'agit de travailler à minoriser et désarticuler, mouse and mountain. 

dimanche 11 octobre 2015

Inde étranger

Pas facile d'entendre la musique classique indienne ; pas facile, dans le même plan de difficulté, d'entendre la valeur de Sangati, de Bama, par exemple en rapport avec Kanthapura. Le paramètre de ma position de lecture est évidemment massif, la difficulté est de comprendre où il joue, et ce qui peut passer en le contournant (au mieux, en le désarticulant).

Sociologie française de l'Inde

. Sociologie française de l'Inde : on m'en parle, comme d'une chose, existence reconnaissable. Dumont, j'imagine, et Béteille, Drèze?, Jaffrelot considéré autrement peut-être (second hand plutôt que ethnographies sociologies ?). D'où ce fil ? Voir Roland Lardinois.

vendredi 19 décembre 2014

Inde Chine Inde

Très important passage par l'Inde pour la Chine. Et équivalent : immédiat enrichissement de l'écoute de l'Inde avec de nouveaux premiers pas dans les discursivités chinoises ou sinologues.
A commencer par le bouddhisme. Et l'espace que pose Anne Cheng, comme principe de décomplétion pour la Chine de l'extrême-orientalisme : Chine dans ses continuités avec Corée, Japon, etc. 

dimanche 14 septembre 2014

Bankim

Très étrange, le Anandamath de Bankim.
Les liens sont audibles avec la douceur et la joie de Shakuntala, avec la séquence historique des 'Joueurs d'échec' de Premchand, puis avec, gros écheveau, toute la culture du dharma (dont ses rôles sexués), soit la Gîta et Krishna/Arjun. Grand combat aussi, liens littéraires avec le Mahabharata et l'épique (récits de bataille en fin de roman, très ritualisés plutôt qu'en parti pris historique).
Très étrange geste politique de culture. 'Vande Mataram' entièrement tressé dans la forme sociale des renonçants, vishnouites, en osmose avec les brigands à valence miRobin des Bois mi-raisin. Cause amplement donnée aux critiques quant au traitement des musulmans, Yavanas (la poétique de l'épique ici prend une marque nette ici), mleccha (donnés comme ceux qui appelle les 'nous' les hindous). La Mère, nation et terre, hindoue. Banned by the Brits.
Chant Vande Mataram repris en 1905 au moment de la rébellion contre la partition.
Note : l'armée opposée est explicitement donnée pour mélangée, Anglais, Hindustani, cipayes de toutes régions.
Quelle conclusion idéologique dessinée : bienvenue aux Anglais, qui vont permettre aux Bengalis du dharma, possesseurs de la force du savoir intérieur, d'acquérir celle du savoir extérieur. Ici clairement le scénario proposé par Partha Chatterjee, sur la politique de divorce home / world de résistance (ou vie sous) au colonialisme.

Comment l'œuvre a fait son travail historique, culturel, il faut que je repasse par l'information pour le comprendre. Si la première couverture de livre venue cite Tagore : 'This novel is a legend of the struggle for the [?] freedom, and the passion behind it seems to reflect Bankim's vision of free India.'

Meenkshi Mukherjee, A. A political myth, EPW 17, n° 22, 29 Mai 1982
Chandrima Charkavorry, Postcolonial text, sur Hindutva & Politicals of canonizations, 2, n°1, 2006.
Liens par wikipedia fr.

mercredi 27 août 2014

Guy Poitevin sur le Chant d'Ambedkar

Ambedkar ! Des intouchables chantent leur libérateur. Poétique d'une mémoire de soi, Guy Poitevin en collaboration avec Hema Rairkar, + édition par Bernard Bel, Karthal, 2009.

Notes bribes :
. Vitthala, dieu de la bhakti (au Maharastra?), 245
. relèvement (des dalits)
. conclut sur le problème - après longue écoute lovingly décortiquée du corpus issu d'un travail impressionnant de collecte ; louange et léger lyrisme à la composition/recomposition de soi-collectif par les chants de meule (ovi), leur bricolage moderniste de la forme traditionnelle - de leur limite : particularisme (346 ff, 350, 356), contre le besoin universaliste de la démocratie.
. implique tout un appareil théorique, vraiment nécessaire?, sur l'événement de langage et le travail énonciatif du deuil. L'appel à Zumthor, par ailleurs, marqué.
. ...

Autres textes, en ligne :
> "Dalit Autobiographical Narratives: Figures of Subaltern Consciouness, Assertion and Identity" (2002, in A. Schüle ed., Biography as a Religious and Cultural Text, Münster, Lit Verlag)

> "Subaltern Participation or Democratic Cooperation", Perspective lecture, International Seminar on Culture, Communication and Power (Jamia Hamdard University, 1997).

> "L'orature n'est pas littérature", Histoire et anthropologie 24, 2002.

samedi 16 août 2014

Nationalismes en Inde : Calcutta / Bombay

Important : lisant Jaffrelot sur Ambedkar (version anglaise-indienne reprise, 2005), noter les développements Maharashtra des séquences nationalistes que je viens de reprendre en suivant leurs tracés dans Chatterjee pour le Bengale. Ces contemporanéités nationales - inter-régionales au moins, et Calcutta et Bombay sont clé - sont cruciales, pour un propos sur l'histoire du national en Inde.
Partir de ces premières lignes de comparaison, établir l'amorce d'une dynamique. Départ.

Le Bengale de la Renaissance, et du gouvernement colonial central (voir dans quelle mesure cette implantation historique est effectivement portée dans l'importance, ensuite, de Calcutta comme centre) / fonction de Bombay, comme pôle différent, une colonisation plus mêlée et plus anciennement occidentale (dont arabe africaine). Composition sociale, culturelle, religieuse, différente. Etc. Histoire de bhakti spécifique ? Nationalisme d'une coloration biculturelle autrement composée? D'une autre périodisation, aussi.

Intéressant en tout cas d'y reconnaître des pressions similaires : histoire bhakti (histoire des résistances cultuelles et sociales), bourgeoisie européanisée (théâtres de Bombay), appui sur les missions anglaises écossaises et américaines pour un cadre alternatif et critique du systèmes des castes, imports intellectuels occidentaux (Paine et les Etats-Unis pour Ranade, Slavery ; J Phule), réformisme social par religieux, Brahmo Samaj et al.
Bombay / Poona milieu de création du Congress, 1885. 

mercredi 2 avril 2014

Femmes de Samskara, de Kanthapura

Et, clé, bord d'Ananthamurthy tout de même, 1965 : la fonction des personnages et des références féminins dans Samskara : Belli comme Chandi, outcastes et maîtresses concubines prostituées, (les femmes de brahmanes n'ayant fonction narrative que leur contrepoids ordinaire dans la structure familiale : œil sur l'or, caprices et pleurs de chantage, manœuvres relationnelles locales, voix de la réaction), porteuses de la culture Shakuntala. C'est déjà ça. Mais : mesure !

Kanthapura fait quelque chose de radical, en comparaison : la voix narrative au féminin, comme voix du vernaculaire, et point d'accueil du changement social. Étonnant. 

Samskara

Ananthamurthy, un grand texte, une superbe machine qui laboure, profond, large. Dans l'épaisseur historique des socialités indiennes puisque prenant le brahmanisme le plus purement traditionnel, l'agrahara comme scène, puis les communautés moins-brahmanistes, Musulmans, outcastes, les familles qui tressent des rapports en travers, les villages et la ville, les savants du védisme et leurs formation à la dispute à Kashi, les articulations internes des cultures spirituelles - Praneshacharya savant et guide et parangon brahmanique, qui passe par une expérience, une transition, du côté de l'érotique indienne, qui le lance dans l'itinérance spirituelle dédogmatisée, forêts chemins poussière rouge étapes auprès de villageois et festivals de temples. Et le texte dans toute la poétique Shakuntala.
Avec la complication narrative du contraste, opposition, du Congrès. Et les intertextes constellés, incluant Camus, et un centre allégorique qui fonctionne autrement que les métaphores et mythes et puranas en place : la peste. Riche feuilletage étoilement, complexe et lucide à la fois. La qualité du roman, exercer explorer cette complexité, tous ses rayonnements, qu'on parcourt lentement, letting them sink in as we are able to.
Plus une sobriété, netteté narrative, plus (ou on ne sait pas bien si c'est en plus ou en soi) la traduction de AK Ramanujan, magnifique, souple, transparente, presque odorante dans sa saveur. Ici aussi l'érotique et la pastorale de la culture indienne classique. Le sud y est aussi en quelque chose, la douceur, sweetness, ici du Karnakata, et du kanada, on y rêve au moins, on essaie de tendre les sens vers y reconnaître quelque chose.

Rien que 'Samskara', et les notes précises et en retenue de AKR, sont un nœud où il y a à abîmer une attention longuement. Espace philologique d'exercice de tout l'indianisme et de ses articulations délicates avec l'indianité. Pour un étudiant de l'Inde, un terrain de formation, de problématisation, capital - autrement et en compagnonnage fertile, contrastes fins, avec Kanthapura.

Et puis la question des textes traduits : comme l'articulation avec des textes indiens écrits dans des langues autres que l'anglais amène directement la question de la littérature comparée : et quelle littérature, quelles dimensions de la littérature on doit solliciter pour s'engager dans une lecture. Critique, structurellement, du textualisme, et levée du cran d'arrêt de la V.O. Bon à ouvrir en grand. Quelle littérature passe.

mercredi 12 mars 2014

Corps déchet - socialités indiennes

La question, la tâche, est de politiser la question du corps en Inde. Socialité du déchet. Être la merde de la société.
Traitée majoritairement par le psychologique et l'affect (plaintes Dalit, ou même analyses Dalit). 'Perversité, cruauté, crookedness, misery, slavery, atrocities, selfish'. Voir si comparaison pertinente avec les sentimentalismes abolitionnistes des slave narratives ?
Baburao Bagul tranche autrement, entame. (Dans Poisoned Bread)

Gopal Guru, discutant ??? dans EPW, sur la projection de l'impureté sociale sur les groupes intouchables, outsourcing.
Prendre par le dégoût chez Naipaul : le politique, au ras du colonial, chez lui.

lundi 28 octobre 2013

Généalogies de la sociologie en Inde - pratiques D

Valerian Rodrigues would like to posit Ambedkar as one logothete of social science in India, and I like to explore the hypothesis - following his remarkable career in constitutional enunciation and in shaping enunciative positions for the 'depressed classes' in the 'battleground' for rights and against privilege.
Yet Ambedkar's sculpting of the enunciative field appears as the counter-enunciative engagement, with all rhetorical know-how (both barrister speak and erudite in disputation culture, of both US-UK training and possibly Indian disputing traditions, including Buddhist), of prior Census reports, Legislative debates, statutory commissions, etc. On colonial government administrative texts and the growing corpus of organized Indian responses to them.

V. Rodrigues on Ambedkar, chapter on his categorization of Methodology (after 1st chapter on 'Concepts') : 'For Ambedkar, a study dealt with categories and concepts: their formulation, change, displacement and reformulation.' VR has two texts in this section, aimed at exemplifying exegesis / basis on studies engaged with similar phenomena, extension of plausibility.

Certainement, armes rhétoriques du combat politique, combat d'argument ('reasonable', distinctions, savoirs). Qui est aussi un combat de positionnement énonciatif et de 'consciousness', caste & class. 

mardi 15 octobre 2013

Brahmanisme et castes - Weber contd.

The thing is, la question du ritualisme dans l'histoire de l'hindouisme, est intimement liée, est la même question la même histoire, que celle des castes. Le ritualisme hindou est de caste.
D'où la nature politique, la théorie sociale, des mouvements et partis de l'Hindutva etc. Qui n'est pas seulement une question d'identité nationale (de différenciation 'communautaire' donc), mais bien un projet social interne profondément structurée et long d'histoire. 

mardi 24 septembre 2013

Weber, Hindouisme et bouddhisme

Weber et la sociologie (science située, début du xxe, sa modernité) aux prises avec l'Inde : différence d'organisation sociale, société coloniale dans le présent, lieu des enquêtes de Census (1901 en particulier) et des innovations administratives (forcées par la différence et la domination).

Et l'objet scientifique (européen) Inde aux prises avec la sociologie. En différenciation avec la philologie / grammaire comparée, les sciences coloniales, etc.

Ces points de force, de problematisation.
Voir donc : ce que ça change, ce que ça déplace.

dimanche 8 septembre 2013

Weber : Hindouisme et bouddhisme

Achevé d'écrire autour de 1913, publication entre 1916-17 et 1921.
Introduction approfondie, sur la logique de l'argument et sur la réception, en France, US et Inde nehruvienne et Allemagne.

Une ligne de clivage, entre Weber et Mauss-Durkheim (sociologie du pouvoir, domination, culture [comme] savante, contre sociologie de la cohésion et de l'intégration sociales) ; entre Weber et Dumont, qui se démarque toujours plus nettement : 'En bref, du point de vue dumontien, Weber aurait  mésestimé dans son étude l'importance des phénomènes symboliques au profit d'une mécanique des rapports de force et , au total, son projet de sociologie comparée serait hypothéqué par cet 'ethnocentrisme ... Si caractéristique de la sociologie occidentale'. 59.
Dumont, certainement : 'idéologie', symbolique, (il ne dit pas culturalisme mais) : pour écouter les spécificités des rapports sociaux, et faire la place pour une culturologie du pouvoir, une critique du pouvoir dans ses catégories européennes. Rapports des brahmanes au roi, pouvoir religieux et pouvoir temporel.
Ce qui est relevé comme choquant les sociologues de tradition française : 'matérialisme 'primitif'', 'objectiver les biens religieux et les fonctions qu'ils remplissent, en Inde autant que dans les autres aires culturelles, dans les relations de domination entre les groupes.', 58.

60 : conditions de la réception américaine qui relit Weber en (mauvaise, semble-t-il) traduction anglaise : cadre de la sociologie Talcott Parsons, structuro-fonctionnaliste, et 1960s occupées du containment du communisme, jouant l'alliance avec Nehru contre la Chine et contre l'extension communiste. La question devient : Weber pour comprendre les échecs du développement en Asie. Question de la modernisation, de l'action et de la valeur, de la rationalisation et de la résiste axé à l'industrialisation... Penser les obstacles au développement (et au capitalisme).
'Le sociologue se transformant en expert culturel de la sociologie du développement', 62.

Autre NB : la méthode weberienne est par comparatisme. Des ethos économiques, des religions, de sociologie comparée. 

samedi 7 septembre 2013

Agenda : Noir et Inde pour la mondialisation

Prendre ces chantiers de comparatisme, dans lesquels je m'engouffre pour l'immense respiration libération, avec les chantiers Inde et Amériques (Humboldt toujours curieusement retrouvé over my shoulder), pour le travail sur les mondialisations, l'histoire des mondialisations et des contre-mondialités.

La critique noire : par "le Monde Noir", pour commencer par un premier explicite.

mercredi 12 juin 2013

Usages de l'Inde : Saussure, Dumont

- la généalogie de l'indo-européen dans la constitution de la discipline linguistique : passe dès 1878 par le jeune Saussure, Mémoire, et découverte du triplet de [a] indo-européen, qui débouche sur la nécessité d'une révision structurelle de la science du langage entière. 1903 Meillet eleve de Michel Breal qui avait accueilli Saussure a l'EHE le reprend, et le dédicace comme anniversaire dans son Introduction. Benveniste élève de Meillet resitue ce fil et le configure comme 'coup de génie dans la grammaire comparée' : 'transformation de la linguistique'.

- Louis Dumont : l'Inde pour penser la hiérarchie, contre l'Homo Aequalis : critique de la démocratie égalitariste, en association avec Tocqueville. 

lundi 18 mars 2013

Sakuntala

Kalidasa, autour du milieu du IIIeme siècle.
Lu en traduction anglaise, Monier-Williams, y compris avec son introduction, bien enracinée dans son temps indianiste, britannico-allemand.
L'étonnement d'un rapport direct possible avec ce texte hyper-médié : un classique universel, Goethe, les traditions cumulées de la postérité critique indienne, de l'indianisme européen multinational et son classicisme moderne, et de la tradition postcoloniales. Tissage des contextes, qui lui fait un bark-mantle de brouhaha historique. Un fourré. Et la traduction, which the reading needs to place.
Pourtant ce charme immédiat, de la pastorale tendre, attentive, affectueuse aux corps. Fraîcheur en effet. Et le poème tient dès les premiers lignes. Lumineux.
Comment imaginer ça.