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mardi 25 juillet 2017

Journal de la critique

Je ne sais pas si ça suffit : il y a une sociologie de l'engagement (cf Florence Joshua), de l'action sociale, de l'activisme politique.
Il y a. Mais. 

dimanche 23 juillet 2017

Philologies de 1979

Je n'en finis pas de comprendre et comprendre encore la décennie et son tournant, temps intime et étranger (cf ici).
La chronologie de la Mondialisation décalée de 1980 à 1979, décale du néolibéralisme aux rapports Nord-Sud qui le sous-tendent ; le replace dans sa seconde ligne historique, capitalisme et colonialisme. Non pas seulement la Révolution iranienne et l'Afghanistan soviétique, mais aussi at home l'éruption de violence au Notting Hill Carnival de 1976, la Crise au Royaume Uni (comme celle qui fait pivot en France, elle est géo-économique), les confrontations syndicales, et l'année Punk.

Hebgige (Subculture, 1979) fournit des repères contextuels, philologiques, particulièrement bienvenus pour ma conjoncture.
. il dit, parlant du reggae et de la Jamaïque africaine et immigrée en Angleterre, ses antagonistes historiques : "the Church, the colonial and even some 'post-colonial' governments" (31). La plus ancienne attestation que j'avais pu faire jusqu'ici était dans Jamaica Kincaid, dans les 1980s. Décennies d'installation après la génération Windrush.
. situe, et participe à, l'état de la théorie du moment, sémiologie et référence gramscienne ; soin de sa propre généalogie, refaire son récit, de Marx-Engels en néo-marxisme à Williams Hoggart, Barthes, Thompson et Hall, Gramsci ; trope du subversif dans l'ordre moral du Naturel bourgeois et cadre conceptuel de l'aliénation. (La subversion, avec Genet pour caution, incarnation nostalgique, symptôme, d'une fin de course de l'insurrectionnel des 70s, défaite politique en chemin, la révolution passée dans la sphère rhétorique.)

J'attendais Hebdige sur la culture repensée par la sémiologie et l'hégémonie ; ravie, et je n'aurais pas dû être étonnée, de le trouver sur la color line dans l'Angleterre nouvellement postcoloniale.

1979, date de publication, peut être prise aussi comme temps T pour une autre articulation : les "working-class youths" avec les "black immigrants in Britain. C'est-à-dire que le "jeune" ici est une autre figure que l'étudiant de Berkeley noir ou blanc anti-Vietnam. Et que la scène est celle du pivot, pour l'histoire des gauches contemporaines, entre classe et race, NMS. Quid des femmes et des sexualités alors, tiens, ce sera intéressant alors de le guetter dans la suite du livre.

dimanche 12 mars 2017

Sayad au près - culturalisations et dissensus

La très grande finesse du travail analytique d'A Sayad. Le chapitre "La maladie, la souffrance et le corps" fait avancer le recueil de manière toujours plus poignante, dans une progression qui est aussi dans le temps (générations, et mutations, de l'émigration-immigration) et dans la complexité (de l'histoire économique et sociale au près du corps et de l'expérience incorporée).

Ici il s'approche une tendresse douloureuse des situations du close to the bone : le dissensus inimaginable entre institution médicale et sociale (Sécu) et demandes et attentes de l'immigré accidenté ou malade. Situations qui décentrent les scénarios tranchés de l'indignation, où une morale s'active : ici le sujet de l'é-immigration n'est pas seulement dans le rôle de l'objet de paternalisme ou même de dominé postcolonial ; il est observé, accompagné, dans les stratégies qu'il doit générer pour une survie subjective, pas reluisantes, pas possibles à glorifier, à whitewash de bonne volonté bons sentiments. Pas, non plus, faciles à repérer, car précisément elles demandent ce déport de l'analyse.

Sayad s'y attèle avec les outils de la sociologie : capital et ressources et moyens sociaux et culturels, différences de classe sur cet enjeu, culturalisations de la part des tenants du national dans le pays d'immigration (France ici). Y compris des culturalisations de bienveillance.

Nota, donc : garder en tête le parcours de Lyotard, dans ses prises de position lors de la guerre d'Algérie, et les repercusssions longues de cela dans ses travaux jusqu'au Dissensus.

Nota conséquente : garder ça en tête dans le rapport universitaire, et les petits problèmes qui émergent parfois, attentes et jeux discursifs mutuellement inaudibles. Les règles du jeu, universitaire, et leur usage - à Saint-Denis, et à Paris 8, pour toutes ces raisons cumulées, comparées.

dimanche 5 mars 2017

Perry Anderson sur l'état des gauche et droite et extrêmes : "antisystème"

http://www.monde-diplomatique.fr/2017/03/ANDERSON/57243

Diplo de mars. 

. pourquoi les oppositions de droite sont plus successful que celles de gauche, right
. il évite de prendre le terme 'populisme' : le laisse à l'évocation de son emploi, comme stigmate de la part des classes dirigeantes, right, et à l'alarme de la presse, 'danger populiste'
. il regarde les mouvements nés avant, et nés après, la crise de 2008, right
. analyse système-monde des cas UK et US : tous deux par une position impériale particulièrement sensible à inquiéter sous la forme de 'immigration' : UK / Brexit le plus puissant empire européen, et jamais occupé (où la dépossession politique du bas -- encore écrasé par l'inégalisation d'un néolib autrement brutal dans les Iles que sur le continent -- par structuration électorale a poussé à saisir la première chance d'expression, référendum ; expression symbolique, plus que calcul sur l'économique); US / Trump perdant son hyperpuissance absolue dans un multilatéralisme mondialisé possible à prendre comme humiliation du peuple. En distinction des cas d'Europe continentale. Questions d'identité, pouvant primer sur le désespoir économique.
. enfin dernier point bien lancé : le système a déjà produit ses 'anticorps', outre les poussées inattendues de la gauche avec B Sanders et Corbyn : 'l'ordre établi', et "sa capacité à absorber et à neutraliser avec une rapidité impressionnante (vue en Grèce) les révoltes, d'où qu'elles viennent." Les anticorps : jeunes "dynamiques", 'simulacre de contestation contre les impasses et la corruption', Macron et Rivera de Ciudadanos en Espagne.
. enfin note, premier écho de quelque chose qui est déjà bien dans l'air, mais ici saisi : la 'néo-guerre froide' (de Trump en particulier, et dans le mépris de l'OTAN) avec la Russie.

samedi 4 mars 2017

Réformes - et indignation

Indignation : sentiment sociologique. Soit, occasion de savoir sociologique.
Cf développement tâtonnant sur Minority Report.

mercredi 1 mars 2017

A. Sayad - ignorance de l'enquêté, aussi

Il parlait de la misère, dont l'un des ingrédients est précisément l'accès bloqué à la compréhension du système.
Gramsci et les fragments : c'en fait partie. Vues tronquées, vues par les effets.

Sur l'équation "immigré" et "OS" : 309 " les travailleurs immigrés découvrent ... un monde économique ... une organisation du travail - tous éléments d'un patrimoine objectivé d'une société, d'une culture, d'une Histoire autres que les leurs - qu'ils ne peuvent appréhender dans leur totalité et En toute clarté, en leur restituant leur cohérence et leur pleine itelligibilité. ... ont du travail une vision d'autant plus confuse et désordonnée que la place qu'ils occupent dans l'appareil de production ... ne les prédispose pas à se donner une conscience suff. claire de la logique propre du système économique... 311 "la perception de l'immigré... obscur, arbitraire"...

Cet acteur est nu, sans médiation, à la mâchoire-même de la relation de travail, pure. Sans signification sociale de par sa socialité d'origine, ni de par celle de la société industrielle dans laquelle il est jeté d'un coup et sans ni l'apprentissage d'y avoir grandi, ni la participation aux décalages de temporalité vécues en overlap (les couches contemporaines d'émergence et de rémanence, cf R Williams), courants dans lesquels être porté dans le pluriel social de la société d'immigration.

Sayad s'appuie beaucoup sur vérité et illusion, pratique bourdieusienne, les pratiques vécues de la signification sociale, et la sociologie comme objectivation des rapports (soit : de la violence). L'immigré, vivant dans l'objectif direct des rapports, sans la sauce du "sert à vivre". Condition exactement prolétaire, n'était sa condition familiale structurellement en défaut, pour les premières générations.

Mais il y a aussi quelque chose de la vie nue, développe plus récemment, et dans un autre ordre discursif. Voir quelle nature ici la proposition.

On y est

En plein : le grand Muslim ban structurant, avec les cafouillages des 30 premiers jours de l'administration, puis maintenant office VOICE, why not, victims of immigration crime engagement.
What do we do - les inventions de Klemperer, l'Ecole de Francfort etc.

mardi 31 janvier 2017

Etudes de migration

La semaine de Culture monde sur la marche, après les manifestations mondiales de la Women's March du 21 janvier, excellente. Travaux des études sur les migrations très articulés, sophistiqués et fins, à connaître. Une vraie culture collective. Suivre. Sociologies je pense.
Hyperlieux (Musso ?), réinterprétation de la ville contemporaine, choix actifs et projets des migrants, stratégies logistiques, participation à la mondialisation par jeu sur les différentiels de l'économie capitaliste, etc. Modernité portée, détromper l'Europe sédentariste sur le lieu et les acteurs de la modernité. Etc.


mercredi 11 janvier 2017

Mobibilité, monbilisation, migration, mobs

Mobilité sociale (descendante comme ascendante, étudiants, et précarisés : cf F Johsua sur l'histoire de la LCR), mobilisation sociale, migration.
And mobs.

Voir Sociologie des crises politiques,
Sociologie des mouvements sociaux, Erik Neveu.

And crises, therefore, of course.

samedi 31 décembre 2016

Appel du Monde, mars 2016 - option philosophie politique

Le texte "Pas d'alternative : droit d'asile, ou barbarie", du 11 mars (une semaine avant l'accord avec la Turquie), est très dans les clous du politique, quant à lui. Signé par Agier, Balibar, Tassin (les philosophes), Butler (tiens ?), une figure du directoire PC, et al., "un collectif international d'intellectuels", il s'adresse à l'UE, la Commission, l'ONU, aux parlements nationaux et européen, au HCR, a la Cour européenne des droits de l'homme.
Y va de la barbarie. Le genre veut ça, et sans doute ce plan doit être occupé. Ce feu entretenu. Des voix des intellectuels posées et placées. Le texte est impeccable dans l'exercice. Jeu de langage, pour toute sa ressource pragmatique réelle. Il faut jouer ces coups, car cet échiquier est bien impliqué. Pour les coups suivants, pour les autres joueurs et les prochaines phase de la partie, il est nécessaire.

Phrase de la péroraison : "l'Europe à confrontée à l'un des grands défis qui changent le cours de l'histoire des peuples".

Reste, eh bien tout le reste. Je continue à comprendre la multiplicité des acteurs et des options prises, humanitaire plus et moins organisé, et simplement l'aide sur le terrain, et des dissidences comme La Chapelle en lutte. On est dans un autre plan de référence. On appelera ça radical.
Tiens, Agier par exemple, et Nicolas Jaoul. Options différenciées.

vendredi 30 décembre 2016

Migrants contd. - les médiations

Les médiations. Au Grain à moudre hier, entretien avec 4 demandeurs d'asile et une franco-marocaine arrivée enfant à Paris. Question posée - qui fait mesurer la très large et consuelle acceptation de l'absence de la voix des concernés dans le brouhaha public : à quoi faut-il renoncer pour s'intégrer ? Question qui décale (les sujets sont à la place en effet interrogée) et qui montre tout ce qu'il y a encore à décaler : assumes le scénario officiel de l'intégration, envisage l'intégration comme renoncement - quelles autres figures de la transformation si celle-ci sonne si bizarrement ? Au moins l'avantage est de considérer une forme possible de la perte en subjectivité et en citoyenneté.

Les réponses sont étranges, dans le cours très situé du dispositif de parole. Contexte et entrée des journalistes : maison de quartier d'un arrondissement (me souviens pas lequel, il m'avait étonnée, lecture incertaine). Politesse, récits disponibles à bricoler, poliment. Flux inattendu pour l'animateur et interrogateur qui conduit la conversation, il doit rediriger un moment qui vient toucher à la "loi" en France qui interdit le mariage avec 4 femmes, la femme présente objecte que loi religieuse et non civile, et hop. On glisse gentiment. La conversation met du temps à en arriver, après échauffement phatique qui parcourt des zones de politesse, d'attendu, d'officiel (et la dynamique de l'échange également remarquable, chaque interrogé d'accord avec le dernier parlant, on y entend le rituel social et la situation d'intimidation, même si l'un d'eux est journaliste) à des choses plus individuées et plus tendues, difficultés. Le premier accroc évoqué, qui vient très vite : la politesse de la société quittée exprimée dans des codes de regard différents, déférence par baisse des yeux, ici il faut apprendre activement à "fixer" son interlocuteur, entretien concernant l'emploi donné comme situation type.

Ce que je veux noter : qu'apparaissent dans cette parole échangée toutes les interfaces pratiques où les demandeurs d'asile rencontrent "la France" et la condition de migrant, espace et formes discursives-institutionnelles de la frontière. Les papiers, le logement, le travail ; l'attente des papiers, les cours "de français" incluant les maigres "modules" (2 fois 6h) de présentation de la société "à intégrer" (si je suis les termes de la situation de la parole mise en place) et de présentation du paysage du travail - de la recherche et des conditions de l'emploi. Pendant l'attente, temps (1 an, période évoquée par les interlocuteurs ici) de la migrance propre, soit de la limitation maximale des droits, suspens de statut.

Alors toutes les médiations ici, révélées soulignées par ces prises (sollicitations) de parole : des organismes auxquels adresser les démarches, des institutions étatiques et municipales (quelle configuration et quelles articulations ?) et puis tous ces corps intermédiaires associatifs, civils, divers, hétéroclites, mais plus fournis et connectés qu'il n'apparaît dans l'information commune. Maisons de quartier, Secours populaire, foyers, vraisemblablement encadrements social, médical, etc. (Compter aussi avec les médiations du reflux et de l'exclusion, dont la police et les municipalités et au premier chef l'État et l'UE.)
Toute cette foison de groupes actifs, organisés et organisateurs. La nature des articulations, et donc des tensions et contradictions qui les parcourent, entre le civil, le caritatif, le politique (quid des partis, d'ailleurs ?), l'étatique à toutes ses échelles. Comment vient s'y articuler le médiatique, avec ses fractures entre voix officielle et dominante (l'étroitesse violente de l'information ici), investigation critique (l'effort de l'enquête est considérable, devant batailler à contre-courant, ainsi que dans des rapports internationalistes spécialement contrariés, la circulation de l'information et de l'analyse rendue difficile et bouchée par les investissements nationalistes chargés entre les États, en particulier au sein de l'UE qui doit négocier ses parts), et les réseaux sociaux et tout ce qui y passe de "populisme", disons pour aller vite, bruit massif bouchant.
Articulations se font aussi avec les groupements d'action historiques, Saint-Bernard et les sans-papiers etc., ces expériences et leurs produits organisationnels. Tout ce plan du social, mis en action par ces nouvelles poussées migratoires et politique (accueil et réception des nouvelles formes de migration), inventif et débordé, en plein milieu du social dans le présent - le social qui invente et qui doit inventer. Qui prend la pression.

jeudi 29 décembre 2016

Porte de la Chapelle - droits

Coup de déprime hier, après passage au centre d'accueil de la Porte de La Chapelle. Magnifique soleil d'hiver, scène très calme, une trentaine de jeunes hommes vifs, jeunes, par groupes de physionomies, sachant leur position immédiate, le gardien des clés passe et parle avec eux avec jocularité, il houspille pour la forme deux d'entre eux qui se sont assis au soleil le dos détendu contre les grilles, l'un des deux lui montre sa position en plein soleil, évoque le bain désiré et la détente de se laisser prendre dans un moment de calme, le tout entre la Porte, les tramways, et le périph. Il fait un geste d'irritation à peine d'un clic de langue et d'un balaiement de la main qu'il n'a besoin que d'esquisser, baigner son visage dans le soleil quelques minutes a la place de s'autoriser, le gardien passe.
La scène est immédiatement plongée dans la question des langues, les relais des langues proches improvisés, deux membres d'Utopia 56 parlent, informent, relaient les langues, une vingtaine de thermos à nettoyer pour le prochain service, un jeune gars parlant urdu a des démarches à faire, il s'agit de lui donner le mode d'emploi et la carte.

Saisie de dépression, encore une fois, devant la masse et la complexité et la gravité. Une telle scène rassure aussi, par immédiateté, tout présent ici, on y est, ce n'est pas hors de portée et opaque. Mais. La dépense de soi entière n'y fera qu'une goutte. Alors. Faire avec la part. Ce qui demande une analyse stratégique d'une exigence extrême, radicale. Sur ce que fait la culture, et la critique. L'université. Comme terrain de l'international. Un cosmopolitisme historique et réel, dans quelques filets très minces, et à repérer, et toujours réinventer de toute façon. Force through.
À commencer par l'information, qu'il faut aussi squeeze out. Et travailler, ici à l'inverse elles sont productrices de critique, aux parts, faire la part de. Contextualiser, travailler aux sémantismes.

Philip Alston en conférence à la LSE, sur les droits de l'homme en nouvelle ère affirmée des populismes. Ses savoirs pratiques, ses avis sur et démêlés avec la critique, dont le thème majeur de la déconstruction de l'humanitaire et de l'universalisme. Sa réorientation proposée et déjà mise en campagne (les entrepeneuriats de l'activisme) - duh - des droits de l'homme aux droits sociaux et économiques.

lundi 26 décembre 2016

"Migrants"

Approche de l'énoncème "migrants" : un tout premier repérage récapitulatif web, quelques reflets de surface laissés par les titres de journaux des 18 derniers mois, depuis la photo d'Aylan en septembre 2015 disons, donne immédiatement la question de l'État, et des tensions et positionnements différenciés - il s'agit donc, ici, à l'ici du territoire accueil, de cela - de la proche collaboration (France Terre d'asile - mandataire pratiquement, pour les CADA) à la défiance militante, Réfugiés de La Chapelle en lutte, tendance ZAD.
Parfaitement compréhensible, et fait carte du champ politique et oppositionnel actuel. Repérer, alors, la gauche communiste ou NPA etc.? Voir les déclarations, qui ont été produites, par Michel Agier, Balibar, etc. Badiou peut-être ?
Pratique et lutte de la frontière, exactement. En terrain de ça.

samedi 26 novembre 2016

Travail, 1970s : postcolonialité française

Lire Robert Linhart (L'Établi est de 1978, Minuit), avec A Seventh Man, Berger, 1972. Puis ses prolongements dans Abdelmalek Sayad (posth., 1999).
Tout le travail littéraire ou de frayage discursif quel qu'il soit, entre ces bornes. À retrouver dans la texture francophone. Ce n'est pas la culture générale qui le met à disposition.

lundi 21 novembre 2016

Du mondial à

Depuis un an - et alors même qu'une heureuse circonstance tout à fait extérieure vient lui donner une visibilité inattendus - je sais qu'il faut faire tourner "Généalogies du mondial", dans le sens d'une actualisation. Ça pousse par la poétique du peuple. La nouvelle poussée, confirmation éclatante et glaçante vient avec la montée en hégémonie des populismes, glissement de terrain de la mondialisation - par un horizon politique qu'on n'attendait pas, et passéiste, les perspectives de l'opposition par les gauches restant bloquées, pas percées par les altermondialismes/WSF, anarchismes, Occupyism, et toutes autres inventions politiques des 15 dernières années.

Populismes comme actualisation de la mondialisation, certain. Mais prendre par là. Reconfiguration du rapport au national, aux frontières, à l'autre civilisationnel etc. Mais aussi la relativisation du Mondial permet une réapparition, désambiguïsée et sortie de son ombre, mieux détachée, de l'option internationaliste et la valeur du travail sur l'histoire des internationalismes. Rouvre les possibles des rapports de monde. C'est un avantage critique.
Prendre par les migrations et la prolifération des frontières, Mezzadra S Sassen Expulsions etc.

Est-ce que c'est parce qu'il est plus simple de s'y retrouver, si le cadre national est réactivé ? Certainement en partie - les masses d'analyse classiques ici sont une sécurité autre que celle des encore-tâtonnements, encore sans canon lissé, de celles concernant le mondial. Repos, souffler, confort, folklore : un rapport au savoir, et à la critique, médiatisé et livresque. Contre une lutte pour discriminer, discerner, jouer de multiples et nouveaux paramètres en essayant les hypothèses etc.
Mais il s'agit, autant pour "populisme" (de quoi est-ce le nom, contemporain ?) que pour "nationalisme", "internationalisme" et "identité" - puisque la guerre qui se déclare se plante sur ce terrain - d'analyser-stratégiser leur fraîcheur historique, nouvel assemblage, à repérer, à situer, dans les recompositions conceptuelles-idéologiques et pragmatiques qu'il instaure.
Oui, quelqu'un du commentariat parle, sur France Culture ce weekend, des outils à inventer pour une gestion politique/économique mondiale qui ne passe ni par la Mondialisation ni par les Nations identitaires : certes. Question d'une imagination politique du mondial en effet. Well so.

Fillon, bah. Avec Thatcher pour modèle - wtf, 35 ans plus tard ?? Ça aussi, déjà un folklore et une modernité de grandmère. Ce qui ne veut pas dire sans réelle malfaisance programmée.

dimanche 6 novembre 2016

"Du colonial au mondial" : narratives - récit, sens, pouvoir

Difficulté sur laquelle buter encore une fois : le récit, pour le sens.
Jenny Burns a une proposition tout à fait forte, convaincante, sur le rapport de travail praticable, point d'intervention ouvert, entre la forme récit qui cadre et sémantise la condition de migrance (discours légaux, ONG, médicaux, médiatiques bien entendu, et de témoignage y compris littéraire - formes du plausible social) et les savoirs narratologiques développés par la pensée critique littéraire.
Toujours du mal à comprendre le rapport du récit au sens, ou la sémantique narrative. Qui prend les problèmes et les objets par un autre bout, autre processus de composition, que l'énonciation et le discours, le langage et les langues.

Mythe, légende (y compris Saussure donc, dont l'oeuvre indique justement la distinction avec le travail sur la versification-prosodie, et sur la langue-discours), nation & narration, etc etc. J'ai amplement les preuves matérielles, en corpus vastes et organisés. Mais.
Situations contemporaines des récits de la migration comparables, théoriquement, à celle des Slaves narratives américains et abolitionnistes.

Sans doute on peut mettre la proposition sur le récit en regard avec celle, également éclairante, de la traduction, comme index de la condition de migrance. Et la poétique de l'ethnographie a montré les deux. (Voir, d'ailleurs.) Mais reste le mystère du récit, ou de ma résistance. 

mardi 2 août 2016

Border as method

Avec cette proposition un peu embarrassée (la formule est encore, just a few pages into Mezzadra & Neilson, plus entraînante que ses realia), le projet de bouger le point de vue avec la frontière plutôt qu'avec les 'sujets en transit', 'sujets en mouvement' - bien.

Un point de départ, avec l'histoire des pratiques de la frontière Mexique-US dans les années 1980 :

a slogan of Latinos in The United States ("we did not cross the border, the border crossed us") 

samedi 2 juillet 2016

Étranger, enchanté

Le rapport d'étranger, pratiqué dans le cosmopolitisme touriste ou universitaire, est un rapport enchanté. Suffisant pour créer un confort où peut se travailler, à dose possible et progressive on l'espère, une exploration précautionneuse dans les situations plus au raz de l'interface avec l'ici.
Difficile aussi de s'extraire de sa propre situation, où l'enchantement peut s'observer. Il fait aussi partie du désir de 'hors de moi faire quelque saillie', comme bénéfice narcissique même au rapport des atrocités de l'étranger : savoir, crû. Casser les ignorances, qui sont largement plus structurellement enchantées. C'est un travail.
Très frappée par l'entrée, première lecture ces jours-ci, dans le champ de référence dès Migration studies, S Mezzadra, Border as Method etc. J'en étais à Balibar, déjà tranchant. 

mercredi 22 juin 2016

Peuple à venir

Deux points de départ pour aborder la question des 'migrants', depuis une application disciplinaire qui ne soit pas celle, sotte, de la littérature - comme toute-formée et projetée comme à reconnaître that is :

. de ces groupes de gens qui forment, par conjoncture - jetés ensemble dans des migrations, en particulier quand elles sont communes comme celles qui montent de l'Afrique vers l'Europe (et alors les différenciations entre réfugiés politiques et migrants 'économiques, climatiques' et al. sont mis en équivalence par un statut commun sous le modelage de la mondialisation - un peuple du contemporain, peuple exact qui manque de l'état du monde/capitalisme - comme les prolétaires ont été, dans l'âge correspondant du capital, jetés ensemble dans un devenir commun, les hétérogénéités (dont migrantes, US par exemple, et dont des Suds, coloniaux partout) réinventées à grand effort en une force politique 'unissez-vous'. Une avant-garde de l'histoire : le tranchant qui est l'état du présent. Index, commun, 'mondial'. C'est là l'état du peuple, du populaire, peuple à venir, venant.

. des inventions tramages bricolages qui montent de ces groupes en rencontres et en trajets et situations communes, dans des articulations opportunes, de plus, improvisées, avec les locaux rencontrés, de gré, ou par la force non aimable des circonstances (instances, polices, visages des institutions de la frontière etc.). 'Autonomie', initiatives.

Je note avec intérêt deux entreprises que je vois annoncées en même temps : l'APELA se donne un thème de colloque sur peuple et populaire, et une annonce par liste de linguistique. A revoir en détail. Suites de thème de Qu'estce que le peuple, de Noms de peuple, etc. Recenser et bibliographier.