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samedi 8 avril 2017

Décennie Cultural Studies - France also

C'est-à-dire qu'il y a bien en France, dans des termes spécifiques, un mouvement de la réflexion sociale (les sociologues aiment bien dire "les sciences sociales" - pour faire nombre ? ou pour enregistrer les différences des familles discursives méthodologiques et idéologiques de la discipline ? On sort du couple marxisme/Aron, avec des complexifications qui cherchent du côté du "retour du sujet" très explicités, revendiqués)
il y a bien, donc, un mouvement de la conversation qui court en parallèle reconnaissable avec les Cultural Studies anglaises. La comparaison est ouverte. On y lira très certainement le bouchon particulier que constitue le "multiculturalisme" et la digestion impossible des divisions nationales autour de la guerre d'Algérie. On pourra le cerner ici, dans les textes ; en faire corpus.

Passage de La Démocratie à l'épreuve sur la transformation de la question sociale (58-60, avec invalidation de la force descriptive de la catégorie classe) en la question culturelle, avec la figure coagulée de l'immigration.
(On débouche toujours à nouveau sur ce scénario, on continue à le comprendre, à chercher un chemin  dans la compréhension des mutations pour déboucher sur lui, reconnu, insistant. Décidément. Just a little impatience with this, there´s more to articulate.) 

mercredi 11 septembre 2013

Bourdieu 2 et 3 - anthropologie et sociologie

Conclusion de La Distinction : le principe à deux pôles, sociologique, à articuler finalement au 'système triadique' construit par Dumezil et retrouvé par Duby sur la société féodale (d'Europe j'imagine - ou est-ce inscrit dans la catégorie même de féodalisme), a l'échelle d'une histoire plus large, anthropologique et comparative, des sociétés :

les mêmes relations fondamentales ... les grandes relations d'ordre ... se retrouvèrent dans toutes les sociétés divisées en classes. Et la récurrence de la structure triadique, chère à G Dumezil, dont G Duby montre ... pourrait n'être ... qu'une résultante nécessaire du croisement des deux principes de division qui sont a l'œuvre dans toutes les sociétés divisées en classes, la division entre dominants et dominés, et la division entre les différentes fractions prétendant à la domination au nom de principes différents, bellatores et oratores dans la société féodale, patrons et intellectuels aujourd'hui. 548
Reste à rendre compte de la genèse du double principe. Qui me semble lié au cadre idéologique de la Modernité, donc question quant au féodal. Mais je rate sûrement quelque chose du côté de l'histoire de l'Eglise et des rapports, soulignés par Dumont, entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel. Clé dans le passage de Rome a l'Europe barbare et chrétienne, du MoyenAge.

vendredi 16 mars 2012

Liberté et licence ; libéralismes - A. Mattelart

Armand Mattelart, Diversité culturelle et mondialisation, 2005, 2007, Repères, La Découverte. 

Du mal à clarifier ce que je comprends des enjeux en suspend dans les arguments de l'hégémonie américaine sur la liberté d'expression, pour fer de lance de l'impérialisme culturel en matière de communication (ou "culture" sous des formes des industries culturelles et des formes de la propagande/marketing issues de la Cold Culture).
Que Reagan, avec Thatcher le suivant un an plus tard, quitte l'UNESCO et ses débats des 1970s sur la politique culturelle croisée avec la politique de la communication (après reconnaissance officielle de l'échange inégal dans l'ordre médiatique mondial, tournant postcolonial), pour raison de "politisation des débats". Sure.
Les thèmes américains du bi-partisan, la culture du consensus, (Manufacturing Consent, W Lippman 1920s, repris par Chomsky & Herman en 1988, avec le sous-titre The Political Economy of the Mass Media). Le tressage de libre-échange, argument de la liberté d'expression, et inflexion de la culture en communication (propagande & marketing).
On en connaît les dénonciations. Plus difficile d'en articuler les logiques, fonctionnelles.
Une historicisation bien entendu est la façon de faire : A.Mattelart par une histoire de "culture" (depuis Goethe et les usages de la littérature pour la nation et l'universel), parallèle avec une histoire de "communication" (dès la "crise de l'esprit" en Europe, Valéry en 1919, et ses malentendus par traduction, et le relais de Voice of America, et les formes de la propagande et de la publicité qui cadrent la Cold Culture - après Spykman pour l'intégration de l'information dans la stratégie géopolitique de l'US puissance).
Mattelart dit aussi : déjà Lippman, sociologie des médias, (Dewey aussi sur les publics?), et invention des PR.Et "management" : fordisme taylorisme - qui sont des pratiques du temps et des idéologies offensives de la modernité -, consommation de masse, marketing et publicité. Lien avec les "cadres" de Boltanski - forme managériale de la culture commerciale.

La masse après la classe (structure historiquement européenne, diluée dans l'expérience de la constitution de peuple des immigrants aux Etats-Unis ; les groupes arrivés issus d'un pot commun des sous-privilégiés, éventuellement subalternes au sens de Gramsci, des prolétaires, des hors jeu des classes). Démocratie de la consommation et du management ; publicité comme mode du public (et "culture du masse" comme mode de la "culture populaire".
Et les sociétés de contrôle. Organization Man et al. Ingénierie sociale. Cf concept d'américanisme, Gramsci. Où peuple = consommateur. Gouvernement par le management. "Gouvernance".

Ce noeud - tout écheveau - entre un mode de la démocratie, le libéralisme économique, le containment du communisme par la politique culturelle-càd-informationnelle-et-industries-culturelles.

Liberté et licence : cette ligne de distinction.
Liberté de qui, pour qui. Individualisme contre solidarité. Absolutisation.
Liberté et n'importe-quoi, aussi : pour ce qui est de la différenciation enter culture (comme prise, engagement, formation) et information. cf ici : Kostas Alexos (Le Jeu du monde, 1969).

Simplement le concept, impénétrablement complexe, du libéralisme

mercredi 9 février 2011

Du Bois - théorie de la société, en progrès

"The Talented Tenth", texte de la conférence, concentre beaucoup de la théorie de l'élite comme moteur de l'uplift. Publié dans The Negro Problem: A Series of Articles by Representative American Negroes of Today, anthologie de 1903.
Concentre cette vue, mais rencontre aussi, parce le texte est long, qu'il a le temps de parcourir des développements, des conséquences, des différenciations dans le présent : des désimplifications, des complexifications par rapport au bloc d'humanisme proposé. Par rapport à la position humaniste. Rencontre les polémiques sur l'élitisme pour le "progrès" noir (déjà repérés et answered dans The Souls), rencontre les repoussoirs des demagogues (200) ("the present - a day of cowardice and vacillation, of strident wide-voiced wrong and faint hearted compromise; of double-faced dallyin with Truth and Right", 192. Il avait marqué, ailleurs, "hypocrites", et "criminals") ; et rencontre des chiffres, des mises à mesure des problèmes, des brèches du contemporain qui amène "the Negro Problem" à des déclinaisons plus subtiles, plus inattendues, dont le "vacillating" est une modernité et non seulement un "dilemme social, une "ligne". L'industrialisation américaine, très rapide ; les redistributions des problèmes qu'elle pratique.

Théorie de l'uplift :
Education and work [new, afterthought, en place à cause du double cursus pratique en cours et en débat : industrial schools / liberal college education] are the levers to uplift a people. [...] Education must not only teach work - it must teach Life. The Talented Tenth of the Negro race must be made leaders of thought and missionaries of culture among their people." 204-205, les dernières lignes de The Souls.
Exceptional men, the Best of this race, the vision of seers, le darwinisme social de notions comme "for what is slavery but the legalized survival of the unfit and the nullification of the work of natural internatl leadership" (189) ; "blind worshippers of the Average" 192, "this aritocracy of talent and character" 193, "This is the history of human progress", trickle down, the university (193) dans ces mobilités, "to civilize and elevate" 194, teach life (et non a living, ou trade, Gold), not carpenters but men, culture & broad culture of college work & human culture (Latin & Greek), human education, "liberally trained" 200,
Les signifiants de l'humanisme : life, men, talent, character, morals and manners 194, civilize, the highest ideal of human training. Et : "this aristocracy of talent and character", 193 // "the mass.
Leaders of thought, missionaries of culture 205.

Notes :
- "race" ici reste une question nationale. "Woof and warp of the nation", d'accord. "African" d'accord. Mais Pan-Negroism sans développement dans ce volume. Le mot simplement apparaît.

- théorie de société et uplift : la question du leader (avec le preacher comme antécédent), générateur des traditions américaines de l'organization? Les syndicalismes et associationnismes des gauches américaines du 20ème. Ces savoirs pratiques, ces pratiques, nationales - inventions politiques, et culturalités (modes américains du peuple, du collectif).

- théorie de la société et uplift : opportunity - question où Du Bois branche la discussion de the Negro Problem. Sur une modernité américaine, et sur l'Amérique comme modernité. (De même, sur la Déclaration d'Indépendance, à lire à la lumière, au décalage, de la Déclaration d'Emancipation - 190, lettre de Benjamin Banneker à T. Jefferson, "We hold these truths").

- Freud et Marx, commentaire à 50 ans : race & class. Positionnement très early sur cette question, qui sera parcourue intensément par toutes les cultural studies de la fin du 20ème : "I still think today as yesterday that the color-line is a [non plus "the"] great problem of this century. But today I see more clearly than yesterday that back of the problem of race and color; lies a greater problem which both obscures and implements it: and that is the fact that so many civilized persons are willing to live in comfort even if the price of this is poverty, ignorance and disease of the majority of their fellowmen; that to maintain this priviledge men have waged war until today war tends to become universal and continuous, and the excuse for this war continues largely to be color and race." (Ah the rhetorical periods, with the conceptual effects.)
Oui la race comme tenue de la naturalisation de la différence de classe. Mais le positionnement ici est très délicat, l'humanisme mis en ombre derrière ce qui semble une modalité de son remplacement : la guerre la lutte, la différence. La guerre n'étant plus polarisée sur la Secession mais élargie au tissu social d'une modernité autrement européenne, et autrement nationale : inter-nationale, alors.

jeudi 22 juillet 2010

Race, nation, classe ; peuple

. Balibar et Wallerstein, Race, nation, classe, 1988, déterminant. ça change le monde. ça y est, "national" est bien décollé, maintenant pour moi - bien le réflexe acquis de la prendre comme une formation historique, et sa puissante histoire de poussé idéologique, chaque fois et dans tous les contextes, jusque partout ces contextes.
De même plus évidemment, "race". Comme une formation discursive, aux pouvoirs exorbitants.

. Paul Gilroy's There Ain't No Black, 1987. Le plaisir, enthousiasme, populiste, du récit de luttes et de formation ; un peuple, un nationalisme culturel [l'appeler nationalisme? De même, Nation of Islam?], le courage de son histoire, la lourdeur sidérante des enjeux et des pressions. Grand récit en action, récupératif, réinscriptif, un epos théorique-historique qui a son émotion, et qui a son immense validité pour moi de frayer à travers des fourrés d'ignorance.
Le terrain d'un travail de peupleur, peuplement - "dépeupleur" de "race" : ce qui est et ce qui n'est pas du politique. Ce qui pense et ce qui faillit à penser le politique. (Ici explicitement : critique des sociologismes et des économismes - marxistes singulièrement puisque c'est du marxisme qu'on attend beaucoup - pour l'idéalisme universaliste du concept de classe, devant les nouveaux "mouvements sociaux" [Gorz, Bookchin, Castells] et autres traverses également politiques, qui fait poussée de minoritaire dans la catégorie marxiste : gender, race, ethnicity, urban, grassroots, community etc.)
Le "populisme démocratique" que chante Gilroy, le "capitalisme racial" qu'il souligne nettement comme structure profonde justement aveugle dans ce qui reste idéalisme marxiste.
Le carnaval (riots, Notting Hill, Brixton, 1981, 1985... Mais aussi je pense aux travaux sur le carnaval et le grotesque dans la littérature caribéenne (volume 3 de J. Arnold), au carnaval comme retravail de l'histoire, embrayage complexe et diversement fertile du non-peuple peuple) : que les participants font des récits sur "riots" de 1985 comme "a real family night out", joy freedom and pleasure, "it was lovely, I felt free", "People were so warm, they said 'glad to be with you, brother' and put their arm around you", "it was really joyful, that's what [the media] all leave out, the 'joy'" (326). Le carnaval : are we something? I can understand the joy. My sentimentality here, the fiber of it. Populisme. Quand le peuple se prend pour quelque chose, peuple. S'appuie, éventuellement un moment. Il a y ces nationalismes stratégiques, opératoires, qu'a pointés Spivak utilement. Et --

Les lignes de question, qui poussent et demandent :

1. il y a des cultures de l'anomie. Des cultures subalternes, qu'on peut retravailler, philologiquement (l'Allemagne à partir de Herder), historiographiquement (Guha et les Sub studies), politiquement par une histoire idéologique, etc. Faire une histoire des "peuples sans histoire", ce travail courant, d'archéologie alternative (ou même pas forcément si oppositionnelle, simplement le mouvement de la recherche) et de composition symbolique, sémantique, politique. Ce que fait Gilroy avec l'histoire noire, qui nécessite la recomposition transnationale des perspectives historiques (Black Atlantic) par exemple, et passe par l'étude serrée de l'histoire de, et du travail de l'histoire dans, les productions et inventions musicales noires, diasporiques, et jusqu'à mainstream.
Mais ça pousse plus crûment encore, tout à fait aveugle et persistant comme une force de la nature, force anthropologique du sens politique : il y a des cultures de l'anomie (voir l'invention de la sociologie par l'étude de la socialité du suicide, Durkheim), des cultures de la violence, de la criminalité, des atrocités, etc. Histoire composable, et socialités empiriquement vécues, archivables, sémantisables. Des formes parfaitement articulées et sémantiques de.

2. mais aussi vrai : (quelque chose donc à repenser, si les deux lignes doivent tenir) il y a des non-cultures, des anomies, des non-sens politiques ou historiques ; des inanités, des historiquement négligeables ? Des indigences culturelles, sociales, politiques. Tristes tropiques et al. (là j'approche de mon problème, la pertinence historique, pertinence "humaine" : tout peut-il être happé par un sens? Dont, en particulier, par une science? Comment ça marche?) Un cas en particulier : les mouvements, organisations, qui ne font pas politique, pas peuple. Ceux qui ne débouchent pas sur une agency, qui restent des localismes activistes, des infra-politique - où alors social et culturel justement n'équivaut pas à politique. Comment ça marche? Question, justement, des "mouvements sociaux", nouvel acteur du jeu politique après les 80s.

lundi 1 février 2010

Peuple, multiplication, division

Ce qui fait peuple - une oeuvre. Ce qui fait culture.
Mais aussi, et il faut arriver à le penser avec : ce qui fait classe, et donc classes; et division, distinction.
Fait déboucher aussi sur : fait donc peuples et rapport de peuples. Rapports distinctifs, rapports de pouvoir. Politique seulement dans le rapport. De dedans et dehors.

On peut prendre par Bourdieu, malgré l'impatience de la rigidité, la "domination" carcan conceptuel.