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jeudi 2 juin 2016

Littérature d'Islam

L'Islam, évidemment, est, a, un universalisme (World Muslim League) et un internationalisme -- mais tout autant une interculturalité.
. Perse, Mughal, Ottoman
. Nigéria du 19e, Nana Asma'u
. Inde 20e Iqbal
. Malcolm X, inclus par JDM. (Mohamed Ali!)
Une constellation est rassemblée cursivement dans l'introduction de Jane D McAuliffe, on peut partir de ce répertoire.
. avec A. Mufti sur l'orientalisme et Lucknow, etc.

Un corpus pour enseignement pourrait inclure
. ghazals, Rumi ?
. Manto
. Arabian Nights & Rushdie Haroun
. Iqbal, Kabir

Bengale : première colonisation européenne dans la Maison de l'Islam. 1765.

. Ambedkar sur le Pakistan, question de la minorité.

dimanche 14 septembre 2014

Bankim

Très étrange, le Anandamath de Bankim.
Les liens sont audibles avec la douceur et la joie de Shakuntala, avec la séquence historique des 'Joueurs d'échec' de Premchand, puis avec, gros écheveau, toute la culture du dharma (dont ses rôles sexués), soit la Gîta et Krishna/Arjun. Grand combat aussi, liens littéraires avec le Mahabharata et l'épique (récits de bataille en fin de roman, très ritualisés plutôt qu'en parti pris historique).
Très étrange geste politique de culture. 'Vande Mataram' entièrement tressé dans la forme sociale des renonçants, vishnouites, en osmose avec les brigands à valence miRobin des Bois mi-raisin. Cause amplement donnée aux critiques quant au traitement des musulmans, Yavanas (la poétique de l'épique ici prend une marque nette ici), mleccha (donnés comme ceux qui appelle les 'nous' les hindous). La Mère, nation et terre, hindoue. Banned by the Brits.
Chant Vande Mataram repris en 1905 au moment de la rébellion contre la partition.
Note : l'armée opposée est explicitement donnée pour mélangée, Anglais, Hindustani, cipayes de toutes régions.
Quelle conclusion idéologique dessinée : bienvenue aux Anglais, qui vont permettre aux Bengalis du dharma, possesseurs de la force du savoir intérieur, d'acquérir celle du savoir extérieur. Ici clairement le scénario proposé par Partha Chatterjee, sur la politique de divorce home / world de résistance (ou vie sous) au colonialisme.

Comment l'œuvre a fait son travail historique, culturel, il faut que je repasse par l'information pour le comprendre. Si la première couverture de livre venue cite Tagore : 'This novel is a legend of the struggle for the [?] freedom, and the passion behind it seems to reflect Bankim's vision of free India.'

Meenkshi Mukherjee, A. A political myth, EPW 17, n° 22, 29 Mai 1982
Chandrima Charkavorry, Postcolonial text, sur Hindutva & Politicals of canonizations, 2, n°1, 2006.
Liens par wikipedia fr.

samedi 13 septembre 2014

Chant d'Ambedkar - G. Poitevin sur les ovis mahars

Ambedkar ! Des intouchables chantent leur libérateur. Poétique d'une mémoire de soi, Guy Poitevin en collaboration avec Hema Rairkar, + édition par Bernard Bel, Karthal, 2009.

Notes bribes :
. "relèvement" (des dalits)
. "dalit" tout à fait présent dans les textes des ovis (cf 159, 239, 279)
. poétique de l'orature (27) : après longue écoute lovingly décortiquée du corpus issu d'un travail impressionnant de collecte ; louange et léger lyrisme à la composition/recomposition de soi-collectif par les chants de meule (ovi), leur bricolage (109, réf à Lévi-Strauss) moderniste (cf 242 / "Mères et femmes, arrêtez de chantes les chants d'autrefois / Composez des ballades sur Bhim") de la forme traditionnelle ("broder", passer, énonciation collective - tradition : folk song, 11ème siècle. Ovi, jatyavarchi ovi = weaving, tissage, broderie. distiques. + Chanté en groupes). "Semi-improvisation par métissage" (107), variation par fantaisie lexicale (110), variations sur des canevas de sens pré-donnés (120) = "art de la modulation linguistique", 107.
. particularisme : conclut sur le problème  de leur limite :  (346 ff, 350, 356), contre le besoin universaliste de la démocratie. "Une fresque ambiguë pour miroir de soi" (341).
=> "Mais il n'est comblé que par hallucination symbolique" (355). "Le désir venu à la parole pourrait et devrait maintenant crever l'écran du langage hallucinogène. Il reste à l'acteur de l'énonciation de faire de l'auteur de l'énoncé un sujet pleinement historique, en dissipant l'hallucination des signifiants pour la réaliser" (355). / "réalisation effective de soi. / En réalité, le chemin vers un statut historique de sujet de pleine autonomie n'est qu'inauguré. La distance qui reste à parcourir est immense, pour deux raisons essentielles." 1. limité aux Mahars, 2. lang bhakti (346) - "Cela peut en soi n'avoir rien de particulariste. Mais deux attitudes / Bouddha et A manifestent la tendance à rabattre ces figures sur des valeurs, des fonctions et un horizon de sens qui contrastent fortement avec les perceptions universalistes d'un bon nombre de chants à leur sujet." (347) => "un enfermement dans le cercle du langage", 356.
. implique tout un appareil théorique, vraiment nécessaire?, sur l'événement de langage et le travail énonciatif du deuil. Et "le peuple à constituer" (169), L'appel à Zumthor, par ailleurs, marqué.
. oralité : + lyrique, vocalité, oraliture, distiques, "ressources de l'euphonie" (92), "Chanter, pratique corporelle d'exaltation" (247)
. propos et accent de Poitevin : mémoire de soi, collective. Deuil. Figure. Mélancolie. Tradition. Mémoire collective. Performance communautaire (quote??). Reconstruction de soi et de la communauté. Réécriture du destin, personnel et de la commauté.
Chapitres : "Le travail du deuil " (139), "5 pratiques de mémoration" (154), "Les stratégies de la présence", "Chanter, pratique corporelle d'exaltation" (247)
. collectif : "Un événement de langage "à voix multiples"" (chap p. 27), identité transitive (44), "l'intégration dynamique de consciences 'mutantes'" (61), + Chanté en groupes,
. modernité : "l'intégration dynamique de consciences 'mutantes'" (61) ; (cf 242 / "Mères et femmes, arrêtez de chantes les chants d'autrefois / Composez des ballades sur Bhim")
."ālā ālā āmbēdkara", "Il arrive il arrive Ambedkar!" (169) : peuple en constitution. "le peuple à constituer" (169)
. peuple : "le peuple de Bhim", libéré (205), "la libération de Bhim", le peuple, son peuple, mon peuple (206) : janatā (x 56). Les bouddhistes (206), Bharat (x 32)
. "La bhakti de Bhīm-dēv" (272) . Rappel, implication, de Ranade : ce qu'il fait de la bhakti, comme forme d'avenir pour la nation et le 20ème siècle (il meurt en 1901). p. 276.
. rappels du contexte dans la tradition bhakti, espace pour expression protestataire : mais comme "foisonnement hétérogène" (275).
. Vitthala, dieu de la bhakti (au Maharastra?), 245
. cf techniques de déification, et traditions de : Bhīm-dēv, "naissance d'un Dieu d'homme" (139). Et diksa. (cf néobouddhisme, Navayana).



Autres textes, en ligne :
> "Dalit Autobiographical Narratives: Figures of Subaltern Consciouness, Assertion and Identity" (2002, in A. Schüle ed., Biography as a Religious and Cultural Text, Münster, Lit Verlag)

> "Subaltern Participation or Democratic Cooperation", Perspective lecture, International Seminar on Culture, Communication and Power (Jamia Hamdard University, 1997).

> "L'orature n'est pas littérature", Histoire et anthropologie 24, 2002.

mercredi 27 août 2014

Guy Poitevin sur le Chant d'Ambedkar

Ambedkar ! Des intouchables chantent leur libérateur. Poétique d'une mémoire de soi, Guy Poitevin en collaboration avec Hema Rairkar, + édition par Bernard Bel, Karthal, 2009.

Notes bribes :
. Vitthala, dieu de la bhakti (au Maharastra?), 245
. relèvement (des dalits)
. conclut sur le problème - après longue écoute lovingly décortiquée du corpus issu d'un travail impressionnant de collecte ; louange et léger lyrisme à la composition/recomposition de soi-collectif par les chants de meule (ovi), leur bricolage moderniste de la forme traditionnelle - de leur limite : particularisme (346 ff, 350, 356), contre le besoin universaliste de la démocratie.
. implique tout un appareil théorique, vraiment nécessaire?, sur l'événement de langage et le travail énonciatif du deuil. L'appel à Zumthor, par ailleurs, marqué.
. ...

Autres textes, en ligne :
> "Dalit Autobiographical Narratives: Figures of Subaltern Consciouness, Assertion and Identity" (2002, in A. Schüle ed., Biography as a Religious and Cultural Text, Münster, Lit Verlag)

> "Subaltern Participation or Democratic Cooperation", Perspective lecture, International Seminar on Culture, Communication and Power (Jamia Hamdard University, 1997).

> "L'orature n'est pas littérature", Histoire et anthropologie 24, 2002.

mercredi 2 avril 2014

Femmes de Samskara, de Kanthapura

Et, clé, bord d'Ananthamurthy tout de même, 1965 : la fonction des personnages et des références féminins dans Samskara : Belli comme Chandi, outcastes et maîtresses concubines prostituées, (les femmes de brahmanes n'ayant fonction narrative que leur contrepoids ordinaire dans la structure familiale : œil sur l'or, caprices et pleurs de chantage, manœuvres relationnelles locales, voix de la réaction), porteuses de la culture Shakuntala. C'est déjà ça. Mais : mesure !

Kanthapura fait quelque chose de radical, en comparaison : la voix narrative au féminin, comme voix du vernaculaire, et point d'accueil du changement social. Étonnant. 

Samskara

Ananthamurthy, un grand texte, une superbe machine qui laboure, profond, large. Dans l'épaisseur historique des socialités indiennes puisque prenant le brahmanisme le plus purement traditionnel, l'agrahara comme scène, puis les communautés moins-brahmanistes, Musulmans, outcastes, les familles qui tressent des rapports en travers, les villages et la ville, les savants du védisme et leurs formation à la dispute à Kashi, les articulations internes des cultures spirituelles - Praneshacharya savant et guide et parangon brahmanique, qui passe par une expérience, une transition, du côté de l'érotique indienne, qui le lance dans l'itinérance spirituelle dédogmatisée, forêts chemins poussière rouge étapes auprès de villageois et festivals de temples. Et le texte dans toute la poétique Shakuntala.
Avec la complication narrative du contraste, opposition, du Congrès. Et les intertextes constellés, incluant Camus, et un centre allégorique qui fonctionne autrement que les métaphores et mythes et puranas en place : la peste. Riche feuilletage étoilement, complexe et lucide à la fois. La qualité du roman, exercer explorer cette complexité, tous ses rayonnements, qu'on parcourt lentement, letting them sink in as we are able to.
Plus une sobriété, netteté narrative, plus (ou on ne sait pas bien si c'est en plus ou en soi) la traduction de AK Ramanujan, magnifique, souple, transparente, presque odorante dans sa saveur. Ici aussi l'érotique et la pastorale de la culture indienne classique. Le sud y est aussi en quelque chose, la douceur, sweetness, ici du Karnakata, et du kanada, on y rêve au moins, on essaie de tendre les sens vers y reconnaître quelque chose.

Rien que 'Samskara', et les notes précises et en retenue de AKR, sont un nœud où il y a à abîmer une attention longuement. Espace philologique d'exercice de tout l'indianisme et de ses articulations délicates avec l'indianité. Pour un étudiant de l'Inde, un terrain de formation, de problématisation, capital - autrement et en compagnonnage fertile, contrastes fins, avec Kanthapura.

Et puis la question des textes traduits : comme l'articulation avec des textes indiens écrits dans des langues autres que l'anglais amène directement la question de la littérature comparée : et quelle littérature, quelles dimensions de la littérature on doit solliciter pour s'engager dans une lecture. Critique, structurellement, du textualisme, et levée du cran d'arrêt de la V.O. Bon à ouvrir en grand. Quelle littérature passe.

samedi 12 octobre 2013

Amit Chaudhuri - faire l'histoire littéraire

Amit Chaudhuri est une bonne surprise. A Strange and Sublime Address, une longue première séquence irritante (on n'aime pas se laisser entraîner dans cette humeur, fétichisant les souffles et passages et vides nostalgiques, thèmes enfantins) même si délicieuse ; mais l'intelligence, wit, de la structuration de la suite du 'roman ?', avec ces 'épisodes' fragmentaires c'estadire en toute aise soulevant la forme obligée du complet. Ces séquences plus brèves, sans middle and end, juste de passage, personnages flottants sans identification narrative fixée, l'usage de la poétique de la nouvelle dans un texte à composition, à rythme et étendue, romanesques. Simple, antispectaculaire certainement - et on comprend profondément l'hostilité avec le rushdisme. Simple et à effet important, subtil et fort. Moins hystérique, aussi, que la nouvelle Mansfield, ou même Woolf. Moins le drame de la coupe.

Chaudhuri, très finement intertextuel ; subtilement résonant de pans de littérature indienne, faisant son choix rasa d'harmoniques poétiques, façonnant, sculptant une place présente dans une présence discursive choisie. Tapas, Meera. Les lignes Shakuntala, bakhti, Tagore, (faudrait voir Kabir ?), Narayan, Nirad Chaudhuri, Naipaul. The sweetness of India. The sweet line.
Finement c'est aussi un positionnement, un performatif alternatif, et des 'racines' (ou ramifications) tout à fait aisément dégagées des brouhahas rushdiens et postrushdiens, comme des commercialisée des romans indiens populaires. 

lundi 18 mars 2013

Sakuntala

Kalidasa, autour du milieu du IIIeme siècle.
Lu en traduction anglaise, Monier-Williams, y compris avec son introduction, bien enracinée dans son temps indianiste, britannico-allemand.
L'étonnement d'un rapport direct possible avec ce texte hyper-médié : un classique universel, Goethe, les traditions cumulées de la postérité critique indienne, de l'indianisme européen multinational et son classicisme moderne, et de la tradition postcoloniales. Tissage des contextes, qui lui fait un bark-mantle de brouhaha historique. Un fourré. Et la traduction, which the reading needs to place.
Pourtant ce charme immédiat, de la pastorale tendre, attentive, affectueuse aux corps. Fraîcheur en effet. Et le poème tient dès les premiers lignes. Lumineux.
Comment imaginer ça. 

mercredi 25 janvier 2012

Littérature indienne, Dalits - réfs

- "Lighting Out of the Territory: The Arduous Journey of Modern Dalit Literature" (S. Anand) : http://www.caravanmagazine.in/Story.aspx?StoryId=719

- No Alphabet in Sight. New Dalit Writing from South India (vol 1 : Tamil & Malayalam). Ed. K. Satyanarayana & Susie Tharu : http://www.caravanmagazine.in/Story.aspx?StoryId=927

- India After Gandhi (Ramachandra Guha) : review by Amit Chaudhuri. The Guardian, April 2007.

vendredi 20 janvier 2012

Langage en Inde

Les multiples, infiniment riches, traditions de théorie du langage et des lettres en Inde.
Note : la notion de langue "chaste". Souvent associée à l'ourdou, en rapport  alors avec l'éthique islamique vraisemblablement, voir dans quels termes. Mais rencontré aussi pour le temps de la formation du hindi moderne.
Autres issues : sanskritisation ou non, "pureté" ou non (qui est un élagage des apports persans et ourdous mais sans l'inflexion brahmanique et hindouiste nationaliste, Arya Samaj etc.). Voir Ulrike Stark sur la Newal Kishore Press de Lucknow, fin 19ème : temps de la formation d'un hindouisme nationaliste, et différentialiste avec l'ourdou et les branches culturelles musulmanes (y compris question des scripts).

lundi 16 janvier 2012

Inde et littérature

Certainement l'Inde fait quelque chose à la littérature.
Où les parisianismes - et autres occidentalismes - apparaissent tristes, étouffants. (Pas seulement ça, mais ça).
Le travail que font les textes ici. Les frayages étourdissants. Qui rapetissent relativement les romances de l'écriture, les Vraisemblables critiques. Et les historiens de la littérature, qui ont du boulot, sur l'histoire indienne. Et savent l'entreprendre.
Samanvay, et le Jaipur Lit Festival (différentiellement).

vendredi 13 janvier 2012

Littérature indienne : lignes

Une ligne, dans la littérature (trans-) indienne que je commence à sillonner : le unremitting. Le roman à revers de sa morale sociale générique. Frappant dans The Inheritance of Loss (K. Desai), uplifting the whole project of the novel on the simple strength of its choice for ending low instead of revolving ; frappant et structurel dans A Fine Balance (R. Mistry). Délicat jusqu'au fil, à l'infiniment fragile, à l'individu dans les "Multitudes" (qui atterre Rushdie, comme découverte narrative de Midnight's Children). Pas le suicide, mais le rapport, entre ces trois undefeated, personnages suspendus, ton énonciatif suspendu. La non-formation de la famille. Le non-positionnement de la voix, tenue telle quelle jusqu'au bout.

lundi 19 décembre 2011

Samanvay - notes

Samanvay - Indian Languages Festival : http://samanvayindianlanguagesfestival.org/

"Languages" here under practical guise of literatures. (What specific continuity inscribed here. What gesture this is.)
The intelligence of this cultural fashioning. Brightness of all participants. There was some celebration, due reverence. But much cutting through as well. Much novel energy, and desire to illuminate the cut-throughs. The astonishment is that it did. Partly, bittily, but assuredly. Au bout de la phrase toujours.

Les lignes de faille dessinées, recherchées, programmées.
"Is there an Indian literarture", ok pour commencer, en prenant appui sur AK Ramanujan.
Mais ensuite : women writers ("new challenges") pour l'assamais, dalit love poetry pour le punjabi (dalit we knew, poetry we know, the new clarity comes with the submission of love, in a field of protest), "autobiographies from the margins" for Malayalam (nun, sex worker, untouchable, adivasi activist), Indian English writing beyond fiction (“new”, 5 years phenomenon and fragmentary, fragile network of a few volumes published, which can be tentatively connected to make up a “new” : reportages, from journalists, travel and interviews, Kashmir, bandits, biography – ces entrées fortes, à la fois journalistiques et editorials – the generation effect also). Tamil : women writing the body (and the effective risqué of that) ; bengali “poetry and the popular”, hindi “search for readers of 21st century”. Urdu, "death of the Mushaira".
So much gleaned from this, neatly or in adumbrated, tentative suggestion.
Les faire culturels de la parole publique, de l’interaction à égalité des grandes différences rassemblées sur scène (générations, langues, sociologie, statut littéraire, gender I can only suppose etc.). La mise en situation identique de chacun, et en effet le savoir-faire de chacun ; la parole publique familière (les pratiques des activismes sont sensibles).
Le genre du festival littéraire, de la discussion littéraire, de l’interaction entre auteurs et entre auteur et critique et public. Ce qu’on ne peut pas en attendre, ce qui pourtant se fait, à foison, étonnante. Tout ce qui y est généré. 
La question de l’oral et de l’écrit, en relief. Quelques reliefs de discussion sur les conditions éditoriales. Mais aussi : les pratiques de l'audition. "Wah!", assentiments par bronchements, hochements, accompagnements du corpst (épaules, cou), la joie exprimée, comme forme du plaisir.
La question, pour une recherche culturaliste qui est la mienne dans ce séjour, de quoi y faire de la littérature. Combien à la fois – mais sur des plans différents, qu’il s’agit précisément de situer mutuellement – incommensurable avec ni « la littérature » at home (France, US, UK, chaque fois très différencié to start with), ni la situation culturelle ici. Et pourtant la littérature, qui reste singulière dans ses effets de situation et de pénétration pour les intelligences du présent. Par là, prendre.
Les « utilités » – de la poésie du corps quand les femmes se font violer, battre, mutiler, retrouvées démembrées dans la jungle etc. –, interrogées. Les questions à la fois justes et pas. Espaces particuliers du langage, avec ses pénétrations imprévisibles, ses efficaces en temporalités et lieux déportés, on les retrouve. Ailleurs, à côté, à un autre temps. Woolf parle des foremothers, ça prend par exemple cette forme-là.
Ce que la littérature indique – devant même des massifs de « réalité » comme le milliard+ de population et les défauts terribles du fonctionnement démocratique ici. Indiquant, pointant, dessinant les identités, en travail (mobiles). Les places (positionnements) dans le monde ;  les jeux mobiles (avec arrachements) des langues et familles discursives et groupements de voix dans le pays.

Que la littérature soit si peu le repository of la matière-cœur du national, c’est à avaler, c’est acquis. Qu’elle ne soit plus ni les Lettres (le savoir), ni le dépôt du sacré (textes brahmaniques ici), ni le point de nouage des communautés trans-pays, inter-villages, par les récitants itinérants, ni l’ornement de la cour (les 9 joyaux de Grand Moghol), ni l’excellence aristocratique des grandes familles mécènes, etc. Ni peut-être le sol progressiste ou nationaliste qu’elle a été ici ? – voir.
Qu’elle reste pourtant la production des lignes de faille dans les énonciations et dans les situations d’énonciation : ça continue d’être actif, visible, puissant avec sa puissance particulière, passant par des médiations fragiles, là où on ne les attend pas (et la peine est qu’elles sont aussi absentes là où on les attend).
Qu’elle soit relayée par les programmes scolaires : où se manifeste, se présente, le corpus culturel – viatiques de lecture pour les jeunes essayistes de « non-fiction » par exemple. Et la question de l’alphabétisation (peu évoquée au Samanvay).

jeudi 15 décembre 2011

Inde - repères bibliographiques

De l'essai bibliographique intensif proposé par Sunil Khilnani, arrêté à 1997, dans The Idea of India

- CA Bayly, Indian society & the making of the British empire, Cambridge 1988. 18th, coming of colonialism
- Romila Thapar, From Lineage to State. Social formations in the mid-first millennium BC in the Ganga Valley, Oxford, 1990.
- Eric Stokes, 1970s break from idea of colonialism as rupture / work on continuities, “The first century of British colonial rule: social revolution or social stagnation?”, Past and Present, 58 (1973).
- classic colonial / Western theories : James Mill History of British India (1817, 10 vols), Henry Sumner Maine, Village Communities in the East and West (1871), James Fitzjames Stephen, Liberty, Equality, Fraternity (1873 - ?). => cf E. Stokes The English Utilitarians and India, Oxford 1959.
            + Max Weber on European / Asiatic city, The City. // Jack Goody, The East in the West (Camb 1996).
            + *Raymond Schwab, The Oriental Renaissance. Europe’s Rediscovery of Indian and the East, 1660-1880 (1950).
- on the Brahmanic order : (Gellner-like argument) : John A Hall, “The Land of the Brahmans” 1985, more sociological Satish Saberwal, Wages of Segmentation. Comparative historical studies on Europe and India, NDelhi 1995;
- Dalit politics : Gail Omvedt, Dalit Visions. The Anti-Caste movement and the construction of an Indian identity, London 1995. Kancha Ilaiah, Why I am not a Hindu: a Shudra critique of Hindutva Philosophy, culture & political economy, Calcutta 1996.
- language conflicts: Jyotirindra Das Gupta, Language Conflict and National Development. Group politics and national language policy in India (Berkeley 1970), Paul Brass, Language, Religion & Politics in North India (London 1974).
* => more recent: DL Sheth, “The great language debate: politics of metropolitan versus vernacular India”, in Crisis and Change in contemp India, ed. U. Baxi & B. Parekh (ND 1995)
* cf Journal of Arts and Ideas, ND & EPW, esp. since 1993.
- feminism : Omvedt, We Will Smash This Prison: Indian Women in struggle, London 1980. Manushi, periodical since 1979, ND.
*- violence : *Veena Das ed, Mirrors of Violence. Communities, riots and survivors in South Asia (D 1990). *Gyanendra Pandey “In Defence of the fragment: writing about Hindu-Muslim riots in India today”, Representations 37, winter 1992. *Stanley Tambiah, Leveling Crowds. Ethnonationalist conflicts and collective violence in South Asia, Berkeley 1996 (comparative).  Documents : Nandita Haksar, Nagaland File (ND 1984), AR Desai ed., Violation of democratic rights in India, ND 1986.
- Dipesh Chakrabarty, “Open space/ public Space: garbage, modernity and India”, South Asia xiv, 1, 1994. Sudipta Karivaj, “Filth & the “public sphere”” (cf réf p. 238, alld).
- Hindu philosophy: KM Sen, Hinduism, London 1961…
- Hindu political identity: * Partha Chatterjee, The Nation & its fragments. Colonial & postcol histories, Princeton 1993.  Gyanendra Pandey ed, Hindus and Others. The question of identity in India today, ND 1993. Jaffrelot, The Hindu Nationalist Mvt & Indian Politics, 1925 to 1990s (London 1996).
- secularism: cf. 239. crit by A. Nandy, EPW special, Veena Das in Mirrors of violence… CA Bayly The pre-history of “communalism’? religious conflict in I 1700-1860”, MAS 19, 2, 1985.


*- education: Krishna Kumar, Political Agenda of Education: A study in colonialist & nationalist ideas, ND 1991. JP Naik, Policy and performance in Indian education 1947-1974, ND 1975. Myon Weiner, The child & the state in India: child labour & education policy in comparative perspective (Princeton, 1991). Drèze & A, Sen in Indian development. Selected Regional Prespectives (D, 1996).
*- Sudipta Kaviraj, “Writing, Speaking, Being; Language & the historical formation of identities in I”, Stuttgart 1991 cf ref p. 241.
*- Dipesh Chakrabarty, “Postcoloniality and the Artifice of history; who speaks for ‘Indian’ pasts?”, Representations 37 (Winter 1992) – historiographical essay
*- CA Bayly, Empire and Information. Intelligence gathering and social communication in India, 1780-1870 ( Camb, 1996)
*- Gyanendra Pandey, The Construction of Communalism in Colonial North India, Delhi 1990 ; + *Romila Thapar “Imagined Religious Communities? Ancient history and the modern search for a Hindu indentity”, Modern Asian Studies, 23, 2, 1989. – + crit by A. Nandy, EPW special, Veena Das in Mirrors of violence… CA Bayly The pre-history of “communalism’? religious conflict in I 1700-1860”, MAS 19, 2, 1985.
*- critique of Dumont : A. Appadurai “Is Homo Hierarchicus? », American Anthropologist, 13, 1986 ; A. Béteille ‘Homo H, Homo Equalis »… (p. 226)
*- Kancha Ilaiah, Why I am not a Hindu: a Shudra critique of Hindutva Philosophy, culture & political economy, Calcutta 1996.
*- Ashis Nandy, on political culture: The Intimate Enemy (1983), At the Edge of Psychology. Essays in politics and culture (D 1980), *The Savage Freud (D 1995). *“The Political culture of the Indian state”, Daedalus, 118, 4, 1989 ; *“Culture, state and the rediscovery of Indian politics”, EPW xix, 49, 1984.
*- Amartya Sen + Jean Drèze: “The concept of development” 1988 (p. 233), “Indian development; lessons and non-lessons” Daedalus 1989. Inequality re-examined 1992, The Political economy of Hunger (1990)
*- Raymond Schwab, The Oriental Renaissance. Europe’s Rediscovery of Indian and the East, 1660-1880 (1950). // Tapan Raychaudhuri Europe Reconsidered: Perceptions of the West in 19th Cent Bengal, D 1981.

- James Manor ed, Rethinking Third World Politics ( Harlow, 1991), incl. Sudipta Karivaj, “On State, society and discourse in India” : conceptual ruptures, with colonialism.
- Carol A Breckenbridge, Peter van der Veer eds, Orientalism & the Postcolonial predicament, Phily 1993, incl A. Appadurai “Number in the Colonial Imagination”.

mercredi 7 décembre 2011

Mulk Raj Anand - Untouchable

Untouchable, 1935.
The sudden articulateness, the irregularity of density, the instability of voice - à lire comme une négociation romanesque historique, expérimentale. Ici bien une mise en rapport, tendue, expérimentale, de la réalité indienne et de la forme roman, comme modèle subjectif. Question de savoir comment faire la psychologisation. Comment construire un personnage, et un rapport au personnage dans un projet politique, sociale au moins, d'écriture littéraire.
Psychologising, characterising, for dignifying. Subjectifying entreprise. Mais le point de vue vacille. Making this character, and growing the novel around him.
Feels the purposefulness (but that is an important novelty).
The shiftings are literary, interesting, in themselves: cf father "forced mixture of" (tenderness and abuse, p. 70, 74).


Autre note, question de la négociation du rapport transculturel : les mots de hindi sont traduits entre parenthèse dans le texte. Parfois sur des options inattendues.

Novel & new subjectivity: à mettre en rapport avec le point de Khilnana, sur l'absence de l'individualisme libéral dans le passage de l'Inde à l'indépendance démocratique. D'où la croissance encore, croissante, de la politique hors sol, et par communalisme.
Communalisme dans Untouchable.

"Untouchable" : The noun, in reference to a hereditary low caste of India, is attested from 1909; the term and the restrictions were made illegal in India in 1947

mardi 29 novembre 2011

Kanthapura, Raja Rao - agenda

Kanthapura, Raja Rao, 1938 : exercice de peuple, constitution d'un peuple - nettement déterminé comme gandhien -, dans le processus du tissage narratif et plus encore, de manière très articulée et seamless, du relais discursif, d'un peuple à un autre. Le processus populiste de Laclau un superbe écho ici. Relève énonciative. Invention énonciative de peuple. Clé que ce soit, dans le contexte indien, par une voix de femme. Et ce en 1938, c'est impressionnant. Jusqu'au passage final, qui est un 3ème : "Moorthy is no longer with us", le village maintenant déplacé à Kashipura reste gandhien, Moorthy le "saint" passe à "Jawaharlal".
Kanthapura, contre Skeffington Coffee Estate.

Un texte d'étude peut être entrepris là-dessus. Voir en détail comment se façonne cette relève énonciative, en tissant avec les séquences discursives existantes (tout commence par un Harikatha puis un bhajan ; les maillages entre les discours religieux, rituels, "philosophie", "reading" ; roman, journaux, chansons générées). Gramsci et Laclau : comment le nouveau se compose, des bribes et séquences présentes, dans de nouveaux composés - et production de "signifiants vides", à partir de signifiants en usage.
Voir, à cette occasion, le détail du mot d'ordre dans Deleuze-Guattari. Et mise à observation du concept d'agencement collectif d'énonciation - ce qu'il fait des propositions gramsciennes sur le non ex-nihilo. Sa critique.
Voir aussi How Newness Enters the World, et relecture critique du concept de Third Space du coup.

dimanche 20 novembre 2011

Intellectuels indiens - notes

Ashis Nandy,
M.N. Srivnavas,
Sudhir Kakar,
Ram Vilas Sharma (historiographie littéraire),

Activisme culturel (assuming I'm understanding right) :
Mahasveta Devi,
A. Roy (?),
S. Karanth,
Dilip Chitre.

Il y a un Who's Who sur le site de la Sahitya Akademi.

samedi 24 juillet 2010

Critique indienne

C'est le volume Modernité indienne qui m'a mise sur la piste - scholarship français donc, jeunes chercheuses, ces pousses, ces champs ouverts, l'énergie qui en monte - : Amit Chaudhuri's Picador Book of Modern Indian Writing, 2001. Et ses points d'insistance, le principal étant celui qui note l'absence d'une solide tradition de critique littéraire moderne, et qui encourage, accompagne, contribue à, son développement. En incluant dans l'anthologie non seulement des catégorisations par régions/langues, mais aussi par genres et para-littératures qui font "une littérature" : l'autobiographie, l'essai (ethno-travel par exemple), l'essai critique.
L'incisif ici : déjà Bakimchandra, Dutt, Tagore, Bhuddhadev Bose, nécessairement, historiquement ; mais Ramanujan, A. K. Mehrotra. Chaudhuri lui-même, voix englobante ici.
C'est là que ça commence.

lundi 30 mars 2009

Repères de littérature indienne

(tiré du "Project description" du Network in Postcolonial Translation) :
. Tagore, Bankim Chandra Chatterjee, Sarat Chandra Chatterjee : Bengali
. Subrahmanya Bharati, Kalki : Tamil
. Premchand : Hindi
. Asokamitran, Jayakanthan, CS Lakshmi, Bama : Tamil again (lesser? contemporary?)
. Samaresh Basu, Sunil Gangopadhyay, Mahasweta Devi, Salina Hussain : Bengali (same)
. Rushdie, Amitav Ghosh, Vikram Seth : those mentioned for literature in English here