Affichage des articles dont le libellé est Naipaul. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Naipaul. Afficher tous les articles

dimanche 23 janvier 2011

Critique noire : minoriser

Dans le champ de la critique noire, la force de ses courants, de ses potentiels de critique, de déplacements, j'entre prête aux déplacements, et par les langues. Continuer, en lui encore, de suivre les "conséquences [saussuriennes] innombrables", et la pénétration critique de la question du-langage-comme-celle-des-langues : par la traduction dans le sillage levé par Présence africaine (voir le travail de mobilisation par Sarah Frioux-Salgas, Branly, Gradhiva) ; par la minoration de "noir" (lui-même minoration de "civilisation" etc.), par les Caraïbes point de rencontres et frictions de toutes parts. Naipaul's The Middle Passage, pour illustration : une vue, voyage de 1960, texte paru en 1962, "Impressions", "of Five Societies". Lesquelles sont déclinées par cette prise du "Middle" par la distinction, pluralisation : "British, French and Dutch - in the West Indies and South America".

Les Caraïbes, pour entrer vivisectivement (Joyce) dans le vif anthropologique mis en mouvement par la critique noire. Du Bois, The Souls, Baldwin les essais, Anthony Mangeon sur La Pensée noire et l'Occident (2010 - voir la franco-phonie de ça), Pap Ndiaye sur la Condition noire en France, approchée comme minorité.

samedi 20 décembre 2008

Postcolonial libéral

Le fin de la question, une des questions, qui monte/nt des travaux POCO, est politiquement entre une radicalité et un liberalism qui peut se recomposer dès qu'on prend les peuples, et la notion de culture.
La proposition critique centrale, "l'intervention postcoloniale", comme pratique de la "perspective" (les termes sont de Bhabha), étant celles de la politique de la culture, et de la politique du savoir / des savoirs (Said après Foucault).
Précisément il faut suivre au serré les déplacements que Said fait faire aux perspectives de Foucault, vers le liberalism du public intellectual.
Mais certainement, voulant forcer un passage au débat sur la culture, et les peuples, et les historicités culturelles, on engage les implications idéologiques qui sont inscrites dans "peuple", "culture", "identité". La tension est à tenir, avec une féoricité critique absolument exigeante.

Sentir les vitesses - tropismes d'évidence, où on mesure des idéologismes - avec lesquelles le libéralisme revient en jeu dans Arendt (Bhabha le note, trop rapidement, dans "The Postcolonial and the Postmodern") ; dans Naipaul prenant la vie des peuples comme celle "des peuples", leur refaisant un récit comme personnages collectifs et souffrants - récits déclinistes.

Et prendre bien la culture par le langage, et le langage par le temps du radical ; temps, saussurien, du politique.

vendredi 12 décembre 2008

Shame : crux postco du politique-culturel-éthique

Quelque chose a l'air de se composer, dans le temps où je traverse des textes de la littérature contemporaine, et des zones théoriques du postcolonial, autour de shame.
Shame de Rushdie, sur le Pakistan ; l'exploration éthique de Coetzee (Diary, les animaux, la culture en temps d'une violence politique qui fait boutoir contre les cultures) ; shame partout dans Naipaul, dignité et effondrements culturels ; l'exploration éthique de Conrad (qu'il y a absolument à faire résoner avec le travail contemporain de Coetzee).
Le postcolonial, comme travail poétique, lame de fond culturelle - comme critique de la philosophie politique, et ses pensées du pouvoir, de l'autorité, et de la subjectivité politique. Critique des paradigmes de la pensée, ou des conceptions, du politique. Critique, directement, du politique comme catégorie d'une anthropologie. En y faisant entrer les coins de la culturalité comme vie de la différence sociale, et de l'éthique comme vie de la différence sociale. Rentre dans l'arène aussi alors, emmêlé de chacun des pans : la question du savoir, qui est celle du sens ; le rapport anthropologique comme rapport de sens et rapport de forces, toujours.

Toujours, reprendre par : la nation, dépolitisée (la citoyenneté mise en question - Bhabha et "sly civility") par le fait de l'empire. Et le travail de politique culturelle, nécessaire, pour des nations impérialistes qui ne peuvent pas faire leur vie nationale en termes politiques ; mais doivent se dérouler, pour l'empire, en politique de moralisation et d'éducation ; par la Littérature anglaise ; par la formation aux manners anglaises, par la "civilizing mission", et la dépolitisation des sujets coloniaux qui n'en sont pas.
Le culturel et l'éthique sont bien des (les) forces souterraines du politique (leur visage public, réalisation) - où se tiraille une immense histoire (française en tout cas - il faut voir au UK, mais aussi en Allemagne, cas particulier et éclairant) des rapports entre droite culturelle et gauche républicaine et laïque et coloniale héritière de la Révolution par exemple. Histoire de la liberté française, à tenir en comparatisme avec celle de la Liberty anglaise (et ses prolongements américains).
Il faut aller travailler à l'éthique du politique : et c'est là la force poignante, politique, du travail de Naipaul et de Coetzee.

vendredi 17 octobre 2008

Naipaul, le peuple

Naipaul d'une puissance impressionnante. La biographie de Patrick French (The World as It Is, 2007) permet de suivre un récit de son parcours : la trajectoire qui m'intéresse étant particulièrement celle qui part du roman (Biswas) à la nécessité de sortir du roman, de l'étirer, de le mixer à l'essai et au travel writing, au journalisme même, dans le projet d'une écriture des peuples. D'où la référence régulière à Balzac, romancier, qu'il va falloir déplier soigneusement.
NP entame une thèse sur Naipaul lu à la lumière du Roman historique de Walter Scott : Balzac est dans le même horizon de comparaison, tirant l'attention vers les modalités d'écriture des sociétés. En produisant pied à pied des complexités infiniment élucidantes.
Et la qualité de lucidité de la prose, en effet. Naipaul et la prose - peut-être plus précisément que le roman ou le travel writing etc.
An Area of Darkness, the spell I'm under right now.