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vendredi 17 février 2017

Theory and social day to day

A good stage last night, at the U of Kent lecture opportunity, for the question to arise, just the right path there, fortuitous terms in the flow of conversation : how do we connect this theorizing, and the rereading of a sequence in intellectual history (not this Saussure but that), with present concrete situations.
The chain of mediations is long but.
. each of the terms which we have available to think about cultures, nations, languages, peoples and the people, are heavy with the sedimentation of theoretical and ideological discourses, illuminating the layers and philologies is making the whole resonances avaible in each of their re-enunciation. Articulate a listening and refine the possibilities for debate, clarify the stakes, and the speech-acts within those mobile coordinates as they come. Saussure, and the successive denegations of Saussure, are woven into the DNA of much of these discursive arenas; clarifying all around those particular ties affords much light on the most general issues. (Of course also the simple reminder that any discussion of practice is shot through with theory, a matter of understanding where and how to look for it.)
. moment of shift in the age of Globalization. We are all sensing the change, media is full of the recognition and suspended sense of perplexity as to what is changing, what is happening, and where things are going. How to read, how to plan for. My take is to look at the shift around the moyeu that is the relation of culture to politics, with its Global age characteristics - a certain nouage working as stress force on the nation-state form - and what is happening to it in this populist moment. The new articulation, which of course will rehearse old discourses (reminiscences of the 30s, and many more available points of comparison etc.), but will be novel and do require observation, analysis, and strategic thinking.

lundi 22 août 2016

De théorie à connaissance

Il s'est passé ceci : qu'il a fallu trouver un plan où observer les transformations de la théorie. Où la suivre dans son histoire.
Difficulté inhérente, car c'est une invention. Création d'un passage.
Terrains préparés et terrains disponibles aux nouveaux rapports et aux assemblages : la politics of knowledge, proposition des Postcolonial studies ; les développements et débats sur la société de la connaissance (rendus immédiats par imposition professionnelle : c'est elle qui est venue à nous).
Le passage en question a été avant tout celui de comprendre que le plan conceptuel de la théorie, qu'on pouvait écraser sur son histoire comme objet même si on l'avait pratiquée/la pratiquait, était le même plan exactement, le plain-pied, de la position discursive depuis laquelle on était interpellé par le débat.
Les pieds du photographe dans la photo, plans pressés l'un dans l'autre, soudain on s'en rend compte, soudain c'est arrivé.

dimanche 11 octobre 2015

Post-seminar : poetics, poetics of language variation

Évidences, toujours, qui tombent comme des pommes :
. la théorie (Eagleton, j'en retourne toujours là, me retrouve toujours là, formulation de 1983) : aucunement de l'ordre de l'abstraction mais tout au contraire l'historicité même, en tout cas dans son effort : examen critique des catégories (ce qui n'est pas inventer des concepts, encore moins échafauder des systèmes), pour historicisation. Le travail est d'analyse de la formation des concepts, et des possibles discursifs dans quelles textures et conditions matérielles des discours : analyse des actes critiques donc, et des inventions/bifurcations sémantiques (c'est le fin, ce que les pinces cherchent à tenir), dans l'histoire des discours (c'est l'ensemble, où l'acte d'énonciation vient se creuser, s'imprimer : en tant que tel, cet acte relève son contexte, et le forme et le donne à comprendre, en particulier parce qu'il le prend dans le moment de sa transition).
. le comparatisme : provincialisations mutuelles, réciproques. Décomplétions, par historicisation de chacun des discours rapportés à la différence des histoires. Le comparatisme comme opération de l'histoire - geste de laboratoire, qui fait agir une action anthropologique naturelle. Le comparatisme : se placer au moment (cf l'espace énonciatif de Bhabha, qui est un temps du discours, par élargissement en carrefour dès discursivités) des transformations. (Comparer n'etant pas contraster : je trouve cette remarque en ces termes dans S. Karivaj à l'instant, dans les réponses à Anderson dans The Indian Ideology, 108.)
. il s'agit donc d'historiciser, qui est discursiviser. Rapporter l'attention aux phénomènes sociaux (on m'appelle sur 'caste and race' par exemple, sur 'représentation des Dalits') aux mouvements du sens et ses efficacités(dont violences évidemment) sociales.

. au séminaire IIAS de jeudi, la discussion me montre en effet une articulation manquante dans mon exposé. La demande est juste. La question de l'anglais d'Ambedkar est structurelle et il faut aller y voir. cf ses textes sur la formation des états linguistiques de l'Union au moment de l'Independance, et cf English in a Dalit Context.
C'est que l'étranger, l'action heuristique de la différence des langues, est en elle-même le vecteur de l'historicité, donc l'invention des peuples, là mobilités sémantique (et conflictuelle) des peuples. Toujours retour sur ce noyau de proposition, que je continue à ne faire que retrouver, chaque fois comme une révélation ! : que la diversité des langues, comme réalisation énoncive de la variation linguistique, est le même processus que la critique, et que la 'vie des peuples', la vie d'un peuple y compris, comme tout son mouvement poétique. Ses logothètes, poètes de ce 'peuple' constamment en mouvement et transformation.

Faudra-t-il que l'essai articule aussi ce chapitre ? Ça changera la nature du produit, étoffant vers la dimension d'un petit livre, et sans doute dédié à Ambedkar plutôt que chapitre d'un travail plus agrégé, plus panoramique. Peut-être d'accord. Alors en quelle langue ??
Chapitres sur Ambedkar :
. 3 speech acts
. poétique du peuple
. Anglais
. ?

dimanche 19 avril 2015

Devenirs de la théorie contd.

Écrire ça : qu'en est-il de la théorie dans Theory from the South.
Reprendre avec Intellectuels 1997-2007, avec Cunningham/Rabaté, et actualisation (my god, ce sera déjà la décennie suivante, 2017 proche).
Pourra être un épisode dans un ensemble sur savoir et critique now, Poétique des savoirs dans le bloc historique Mondialisation. 
Voir dans Lyotard, philosophique, ce qu'il peut en être de la théorie - je ne m'attends pas à une vraie séquence. Mais dans Jameson largement plus vraisemblablement. 

Histoire de la critique. Voir Boltanski et Corcuff. 

Chez les Comaroff, théorie : analyse critique des catégories. Réinterrogation, reconsidération, et crucialement réarticulation des catégories, en passant par un travail de leur historicisation - soit : comprendre dans quelle conjoncture elles sont placées ; quel bloc elles forment avec quoi ; qu'elles sont leur co-déterminations. 
C'est pourquoi elle se fait avec-et-contre, puisque re-

Devenirs de la théorie

Toujours cet étonnement de ce qui se passe rétrospectivement avec la délégitimation de la théorie, sa dénaturalisation abrupte, qui rend le terme même curieusement insituable, dans le présent discursif, dans l'université et dans le débat - mais aussi rend étrange sa valeur historique, interroge donc sa genèse : comment c'était déjà ?

Où et dans quelle conjoncture, alors, le terme de théorie vient-il se centrer, autour de la théorie littéraire, dans les tournants structuralistes et post. A la fois regarder le fil du programme marxiste, qui y apporte un discours en lui-même composé et chargé de ses associations propres (qui peuvent s'en détacher donc quand l'aimant ne tient plus), et celui des savoirs et... théories des littératures, du langage, et des champs connexes, à identifier précisément. Formalistes russes, importés par les traductions et anthologisations, passages, Kristeva Todorov et reprises parisiennes vigoureures.

Voir les articulations dans les sémiotiques etc., toute l'épaisseur des innovations des 50s 60s.

D'où la curiosité quant à, une fois ses parcours dans la postérité anglophone repris en compte, Theory from the South et le type de théorie qui y est en action, càd en invocation, en autodésignation combative, jusqu'à polémique. Par quelles reconstructions successives, long travail transcréatif, on en passe pour cette équivalence proposée, de cette pratique comme théorique, et du Sud global comme lieu de la pertinence jamais lâchée de la théorie, comme urgence critique ordinaire.

Écrire ça : qu'en est-il de la théorie dans Theory from the South.
Reprendre avec Intellectuels 1997-2007, avec Cunningham/Rabaté, et actualisation (my god, ce sera déjà la décennie suivante, 2017 proche).
Pourra être un épisode dans un ensemble sur savoir et critique now, Poétique des savoirs, 

jeudi 16 avril 2015

Theory from the South : quelle théorie, dans ce devenir-sud de la théorie

A écrire, for working out : ce qu'il en est de la 'théorie' dans Theory From the South, de J et J Comaroff. Les attendus quant à la situation de la théorie dans la pratique universitaire actuelle sont justes et formulés de manière délicieusement incisive, la force d'intelligence en elle-même une bouffée de vie critique.
Reste la question, à double entrée, de la théorie : quelle disciplinarité de ces essais et travaux (anthropologie, comme je fais des études littéraires, au loin dans les effets distants de, là où les enjeux jouent, 'conséquences innombrables'), et qu'elle conception de la théorie :
. quelle généalogie de la théorie ça trace, depuis la French theory mais aussi certainement les débats dans l'anthropologie, propres, et diversement anglophone
. quel mot d'ordre ça constitue dans le travail en condition de Neo World Order. C'est une interpellation pour la critique. Comment.
. voir aussi la situation de Clifford Geertz dans ces directions de l'anthropologie vers l'interprétation (écho repéré et repris pas Rastier, dans ses horizons de "sciences de la culture", méthodologies de l'herméneutique pour la sémiotique des cultures.

Prendre par la critique appuyée contre Agamben, et al, en toute fin de l'étude sur AIDS activism en Afrique (du Sud). Pour une resocialisation de la perspective sur la vie nue. Qui s'accompagne d'un corollaire politique : "In the process, it reminds us of something that, in Euro-America, has been all but forgotten: a disarmingly unalienated sense of politics as a positive calling."
Ici à nouveau l'écriture, très travaillée et active, signature Comaroffs, porte de ces zones de suggestion, échos, potentiels à écouter : "calling", n'est pas que dans la "positivité".

lundi 16 février 2015

Jameson, interpellation !

Jameson bien Jameson, et exigeant à sa suite :

"Notes on Globalization as a Philosophical Issue" (1998 donc), appelle "philosophique" l'effort de recadrer la réflexion sur la G° dans une pensée marxiste ample (elle a une histoire large et on peut prendre ses latitudes, pour poursuivre son analyse à la situation actualisée de capitalisme mondialisé) et souple, prête aux déplacements et aux transformations conceptuelles nécessaires. 

Non seulement la proposition, signée Jameson, de la solidarité historique entre modernisme artistique et modernisme politique (grands projets collectifs), et ses démaillages dans le postmodernisme, solidaire du "late capitalism"

mais réflexion de praxis critique, qui a à réinventer également ses stratégies, the Ground having shifted to still unrecognized positions.
Reprenant par Hegel contre Althusser (je n'en comprends pas l'utilité méthodologique ici, c'est trop vite pour moi, qui pense encore la contribution d'Althusser précisément comme celle de l'introduction de la catégorie du discours/énonciation, fine historicisation particulières aux 60s-70s, post/structuralistes - interpellation et appareils idéologiques),
par Hegel donc : Logique de la dialectique (par idéalisme, ici pris comme valeur pour la stratégie) entre Identité et Différence, le couple pensable seulement en terme d'Opposition couplée et finalement en Identité de l'une et de l'autre. "in the most momentous single reversal in Hegel's entire system (76), suddenly Opposition stands unveiled as Contradiction".

Jameson repose donc la visée de praxis : "This is always the point we want to reach in the dialectic : uncover the phenomena and find their ultimate contradictions behind them [sic - ?]... But in Hegel, Contradiction then passes into Ground" [of the categories of thought in use] = the situation itself, aerial view, map of the totality. "This movement of the categories", "producing each other, and evolving into ever new viewpoints." What Lenin reads in Hegel, first weeks of WWI.
Oui : historicité des concepts et idéologèmes, catégories, discours ; performance discursive ; dans une dynamique qui peut être d'interpellation, contre-interpellation, et stratégies de l'interpellation. Contre une logique, alors, non?

Lessons here and now, and programme in a project such as the "Globalization and Culture" conference at Duke, & The Cultures of Globalization 1998 publication :
"to grasp the still ill-defined and ever-emerging effects of that phenomenon we have begun to call globalization."

Interpellation !
Qu'est-ce que je fous là, question à la Depardon à laquelle cette lecture appelle : tentative donc, effort, reconnexion :

G du M, bien une visée de réflexion sur et élaboration, création, de modes de la critique pour les situations présentes. Politiques et théoriques. Il s'agit de la praxis critique, de l'étude de ses transformations, l'analyse des amortissements de ses modes "modernistes" (Jameson) et post ou néo-marxistes (= où se sont faites les pertes, par où les choses se sont vidées de leur énergie de "contradiction", si on veut parler en ces termes, ou critique), et le "appalling effort" (mot d'ordre clé du modernisme pourtant, Woolf) pour trouver où dégager des passages dans les murs du TINA, où pratiquer des amorces, déverrouiller des passages. C'est (ce paradoxe de la modernité, alors, justement, ici G. Stein) trouver / créer des points critiques. Reformer, créer, pratiquer, des points de bascule, et d'accélération  d'histoire.

Ce qui implique un travail de réarticulation (le terme méthodologique, pratique, est de S. Hall ici) : Jameson manipule, de manière un peu cavalière puisque pas son objet direct ici, la catégorie de "levels", soit la question classique marxienne de l'autonomie et l'analyse en structure et superstructure. Ici Jameson distingue, désarticule ("the disentanglement of levels", 69), économique, culturel, social, politique.
C'est à continuer à élaborer.

samedi 20 septembre 2014

Conjoncture intellectuelle 1970s - Western Marxism

Sans doute la maturité ou la recherche consistent dans ses redécouvertes écarquillées des épaisseurs de l'histoire traversée en ignorance pendant les décennies de formation.
Je m'ébaubis des évidences des années 70, et leurs élans dans les 60s, 50s (jeunesse de la génération précédente, sociale et intellectuelle, parents et maîtres). Que je repasse avec de grandes exclamations de soulagement des cryptages - secrets de famille, quelque chose comme leur unheimlich, des savoirs enfin rapiécés, ou renversés par inattendu.
Ceci en reprenant, par exemple, les généalogies du Western Marxism telles que déroulées, avec quelque animus, par Perry Anderson en 1974/1976. Les nouveaux passages dans Dosse sur Deleuze et Guattari, maintenant sur Castoriadis.
Où se mettent en profil aussi une situation de la théorie. Ses double valences instables, mobiles, entre théorisation marxiste puis néo-marxiste(s) de la théorie - P.A. lui imprime un caractère énonciatif qui l'associe à la césure théorie / action révolutionnaire, qui se déploie en philosophie, esthétique, concentration sur les superstructures - et force de saussurianisme, vers les déclinaisons structuralistes.
Meschonnic est resitué par ça. De même, Théorie d'ensemble et toute la formation discursive qui a été dans mon biberon : 'théorie littéraire'.

Comme quoi enfoncer des portes ouvertes. Mais ce que veut dire comprendre ces développements historiques. Même chose pour d'autres gros morceaux, modernité for one

lundi 9 septembre 2013

Ce que fait un linguiste : Saussure contre fétiche

Choc, prévisible, de la lecture du Mémoire de Saussure. Ce que fait un linguiste, right - et ce qu'à l'intérieur de ça il fait aux règles du faire et déplace.

Le choc est agréable, comme accélération de la critique - du sentiment de réalité, j'imagine. Ce que c'est qu'une science du langage, et la nature de l'immense et diverse entreprise de la philologie puis ses révolutions. (Ce que c'est aussi, par petits aperçus perspectifs, qu'un milieu savant au tournant du siècle). Lettres à Meillet, publiées par Benveniste dans les CFS.

Choc porte sur l'erreur de plan, tout à fait ordinaire, ou l'analyse à tendance à se contenir : que je ne sais pas encore bien cerner mais qui se situe vers : fétiche, Bourdieu dit 'naïf', penser que ça se passe directement. Dans les substances, et donc apprehensible par principalement une morale du sens.
Beaucoup de la 'théorie littéraire', et des pratiques idéologistes qui se sont autorisees tranquillement à partir de cette mise à disposition d'une discursivite : autorisation d'un jeu de langage. Ou le travail, qui n'est pas nul, se fait dans la redistribution des termes et des places dans le jeu du jeu.
Lire Saussure hors du projet linguistique, pour une morale du signe, dans les directions de Derrida ou de Meschonnic. Lire Benveniste pour les Problèmes de linguistique générale sans prendre avec le travail linguistique. (par ici, prendre une relecture de Meschonnic ?) Pour des maximes.

Ce que c'est que la question des 'données élémentaires' dans le Mémoire. Et l'intuition du 'système' (vocalique ici). Et dimension de la 'réforme radicale' nécessaire, la densité et non seulement le poids de ce qu'il y a à bouger.

Pourtant : il y a bien les implications idéologiques des propositions théoriques, a mesurer, à calculer pour leur signification, leur valeur, sociale et politique. Ce qu'elles changent dans une 'philosophie', dans une situation idéologique. 

dimanche 18 septembre 2011

Liquider la "théorie"

Naturellement - je ne m'étais jamais dit ça dans ces termes : l'éthique de l'équivoque - la suspension relativiste à laquelle aboutit chacun des chapitres du Démon de la théorie, Compagnon, comme précisément le désengagement de la théorie.
What's Left of Theory?, prend par un autre bout.

mardi 27 avril 2010

World theory

Reading ELB's "Postcolonializing France" : "In other words, the circulation of critical discourses in a globalized context is indeed part and parcel of the postcolonial turn: it also accelerates the dynamic evolution of concepts, and more starkly highlights the disjunctures between rigid analytical canvases and shifting, multi-stranded situations and concepts."

Oui - et aussi, de même qu'une world literature qu'il faut entendre bien avec sa valence (mondialisée) d'analogie avec la world music, il y a bien un effet de world theory, à regarder. Avec tout le faisceau des mondialisations : du mainstreaming du marché global, de l'ethnique ("indigène") comme style et la culture comme brand, et des altermondialisations diverses, travail culturel. Les notions de néo-colonialisme, ou simplement colonialisme/impérialisme, toujours bien actives pour suivre leurs effets.

samedi 20 décembre 2008

Modernité de la théorie - France

Oui, modernité de la "théorie" - théorie littéraire, scientificité propre aux questions du littéraire - en France est à chercher du côté d'une histoire et d'une actualisation des disciplines. Le regard à embrasser radicalement plus large : les conditions de la pratique. Conditions de l'énonciation théorique - politiques, culturelles, sociales, théoriques.
C'est l'exercice d'un arrachage à un temps, par l'histoire. On perce un plan d'énonciation, qui s'est aplani comme champ d'énoncé, en surplace - the vivisective spirit (Joyce) étant ce qu'il y a à chercher. Et qui fait déboucher - on respire - sur le courant vif de simplement la pensée, le travail ; espaces des débrayages et des embrayages.

Un exercice d'énonciation, comme les exercices spirituels, étant possible à conduire par des pratiques de terrain, sans l'effort d'une transcendance, mais celui d'un quotidien local, un travail. Travail de bibliographie, par exemple ; travaux ordinaires des sciences de la culture, et en avant à la Rimbaud. Ce sont ces tâches, ordinaires et inédites à la fois, qu'il y a à constituer.
J'ai très envie, hâte, d'aller striking out dans les discours du coaching, du management quand il se met en particulier à parler de l'art et de la créativité (et des langues et de la communication, depuis plus longtemps) etc. Où l'art, et le langage, et les langues, et la culture, interviennent comme modèles, de pratiques mais aussi de transmission (un enseignement) des pratiques.

De "théorie" à "disciplines"

Drôle de se trouver rendu là, aux disciplines. Par la pression politique actuelle généralisée, venant depuis l'orientation du gouvernement Sarkozy, mais aussi lame de fond, française néolibérale, européenne, occidentale, et mondialisée - c'est beaucoup, cette accumulation des forces. La couverture de son application, une donnée nouvelle, cependant, quand elle rentre au détail des chaînes culturelles et sociales.
La pression agissant en débusquant paradoxalement (mais c'est une dynamique historique qui m'apparaît prévisible, maintenant que j'en ai fait l'expérience, historique. Ce bénéfice d'une situation de conflit de plus en plus ouverte : d'un apprentissage de l'histoire, d'une expérience intime de l'histoire, l'histoire des hommes, la politique des hommes, la justice des hommes) - débusquant paradoxalement les conservatismes fondamentaux, ou de régression, de défense.
On entend dire, s'entend dire, des choses extraordinaires, singulières, qui font mesurer, précisément, le changement de la situation d'énonciation. Les termes mêmes ont bougé ; il y a (eu) histoire. On s'entend déclarer des humanismes, des moralités, des républicanismes, des culturalismes, qui non seulement allaient sans dire - dans ce qui se constitue rapidement comme un avant, et déconcerte - mais allaient en doxa contestataire. On s'entend parler des Lettres, (moi-même, précisément, de l'Anglais. Et la dissolution du Département de Littérature anglaise de Paris 8 est mon action, comme effort pour repositionner, prendre le temps d'un now. ça ne va pas sans le déchirement des plans d'attachement où s'équilibrait tout un ensemble culturel et social) ; parler des Sciences humaines et les défendre, défendre la recherche, défendre le doctorat et plus ironiquement les concours. On a vus de reconstituer, avec une aise non-interrogée et tout à fait stupéfiante (on reste sans ressource de pensée, sans terrain culturel/conceptuel sous les pieds, d'un coup franc) la carte la plus traditionnelle des disciplines : effet pratique immédiat, paradoxal seulement si on n'en a pas senti l'inscription à l'avance dans les modèles LMD, de la réforme des masters et des licences.

Point here : à noter, le déplacement du débat ; la ligne d'engagement n'étant tout d'un coup plus du tout la "théorie", ou la "Theory" (qui est déjà un autre temps, à lui-même ; déjà intéressant à prendre comme déplacement historique, avec ses propres effets de transnational), mais les disciplines (avec leur histoire, prise à contre-pied) et la disciplinarité (avec ses enjeux politiques, graves).
D'un coup sec, "théorie" se bloque dans un temps : se date. On savait qu'il y avait ce micro-récit d'histoire intellectuelle, où "théorie" marquait (par F. Dosse, par exemple ; par Sollers en coup d'oeil rétrospectif dans l'avant-propos à la réédition de Théorie d'ensemble) le moment des sciences humaines, pris dans le même mouvement que les déplacements sociaux et politiques de années 1960. Peut-être, d'ailleurs, le temps (maoïste par exemple) d'un arrachage de la pensée politique à son terrain social, d'où en France la possibilité des radicalisations conceptuelles et le trope théorico-culturel de la révolution. Quand le colloque de Nanterre, "Whither Theory?", de 2005 je crois, marquait le coup en forçant l'existence pour "la théorie" dans les études d'Anglais (de littérature anglaise/anglophone?), le plan de débat mis en oeuvre était d'une surface X. On pouvait engager la discussion avec les développements polémiques autour de Theory dans les travaux anglophones ; il y a avait bien un phénomène contemporain autour. Il semble, deux trois ans plus tard (et à this point de vue), moins une actualité qu'un écho sans beaucoup de pouvoir de pénétration, pouvoir de morsure diagnostique sur un présent intellectuel et politique. On ne le sait que maintenant, naturellement.

Cette réorientation donc du champ des enjeux, champ critique : de théorie à disciplines, où on peut reprendre le mouvement Foucault Said postco comme "Politics of Knowledge[s]" et archéologie du savoir etc. Et à la trajectoire sociale des disciplines des "Sciences humaines", qu'on défend (par exemple quand on sabote une réforme des formations des professeurs, qui atteint la pierre angulaire de leurs assises sociales) en oubliant les "Lettres" - et on ne parle pas même des "Langues". Humanities in translation, certainly, and in transition and in globalization corporatization etc. : cette perspective. L'horizon étant nettement politique, du savoir-pouvoir, déclaré.

On a à apprendre des histoires des déclins. A voir. Comme autre chose que l'histoire des conservatismes : mais celle des réinventions, des tremplins critiques. Des arrivées par les biais (que montre C. Charle par exemple).