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mardi 5 mars 2013

Mondialisation et travail intellectuel

JJL note un point important : qu'il y a aussi à faire une proposition d'analyse - en l'occurence de la mondialisation. Il note que le "capitalisme cognitif" ne lui est pas suffisant. Qu'il s'agit, bien entendu, du nouveau stade, de l'actualisation, du capitalisme, poursuivant son extension par la transformation en travail productif des activités des zones qui y échappent encore : il y a eu les paysans, il y a les externalités, l'environnement, les produits naturels (ex. génome), etc., et le travail intellectuel, le travail universitaire.
Transformation du travail intellectuel en travail productif.
D'où la pertinence de penser la nature de ce travail. De le penser comme travail, sur le fil de la crête où travail est un artisanat transsubjectivant, et où travail est prisme de la capitalisation.

jeudi 1 septembre 2011

Creative class

Bon, avec Florida, de repasser sur les zones historiques et les points de discours constellés par la notion de nouvel âge du capitalisme, post-industriel. De revoir, aussi, les périodisations. Comment les choses sont dégagées, discursivement, déjà dans les années 1960 aux Etats-Unis (où on est déjà entre The Organization Man et D. Bell's The Coming of Postindustrial Society - 1973, à vrai dire. Comment elles se densifient dans les 1990.

La contribution qu'il prétend faire concerne un profilage statistique sociologique ("class") - qu'il base sur la notion de "occupations" dessinée dans le Census américain depuis 1900. Où se met déjà en jeu le problème du travail. Et tout le problématique dont est chargée sa notion proposée de "creative". Alors qu'elle n'est pas un terrain topique du débat sur le néo-capitalisme.
Travail, mis en question ; et "service" closer to the bone still - si la working class dégonfle et la service class balloons.

samedi 2 octobre 2010

Travail intellectuel, ses vitesses sémantiques

Un énervement, quand on patauge dans le présent du travail d'élucidation sur une question, qui presse et tend, et qui n'a pas encore de figure, présentable. La lenteur, réitérative, du travail d'énoncer - et ses à-côtés fétichistes (on aime tous ses pas, ils paraissent immensément importants, alors même qu'ils sont seulement des passages minuscules tout légers, seulement de petites mailles petits étages, dont l'échaffaudage hyper-articulé disparaîtra une fois dégagée la simplicité de la proposition.) Narcisse le nez sur le travail. Et l'économie domestique des bénéfices subjectifs (Bourdieu) de ces amours.
L'irritation de voir revenir les mêmes formulations, les mêmes idées encore une fois déchargées comme des révélations, ces infimes glissements du terrain qui sont le produit à attendre, à guetter se former.
Expériences du sens. Ces pratiques. Et leur apprentissage, toujours étonnant. Apprentissage de leurs régimes de vitesse.
Je mouline dans ce que j'ai à dire à propos du postcolonial comparé. Et en repassant les 11 volumes de notes des deux années de lecture, je retrouve le texte programmatique : plus serré, plus net, plus résultant même, que l'état à nouveau pâteux où je suis one year on. Argh.

Mais, bien sûr.
Il y a une sagesse de la recherche, qui s'acquiert. Quelque chose qui se pacifie de l'impatience, dans l'expérience réitérée et la théorisation même de (apprentissage de la culturalité du travail de culture, sa socialité, sa transsubjectivité à l'histoire cahoteuse ; de la dynamique sémantique du sémantique) : l'historicité de la recherche. Ses avancées (- plus précisément donc : ses évolutions, ses déplacements ; déplacements du terrain ; inflexions des plans d'énonciation) inattendues, rétrospectives, latérales, etc. Ce qui se gagne étant toujours de l'ordre des changements d'échelle (non : du cumulatif, du progressif etc.).
Nature de ces histoires : par les connexions et embrayages entre plans discursifs et conceptuels ; la réorientation des questions antérieures ; l'orientation de la visée. D'où toujours leur nature réflexive : il s'agit toujours d'observer la nature du travail du sens, sous ses propres pas même. Observer les sciences de la culture se réorienter, se programmer, se réinventer sous la nécessité des transformations continues dans les conditions politiques du sens. Il s'agit toujours de refaire la nature du travail intellectuel.

samedi 18 septembre 2010

Travail intellectuel ; travail dans les lettres

Etonnée de me trouver ici (je disais déjà ça, je tombais déjà sur cette réalisation, au moment d'écrire et de perform le topo similaire de la soutenance de thèse, 1993) : avec ce savoir dans le corps, et cette position dans le savoir ; poussée là par l'âge ("carrière" : on est sur ce rail, tel qu'il est) et par le travail (et par l'encadrement, erratique toujours, de la culture de soutien, ses institutions, acteurs et adventices). C'est C. Newfield qui m'a mis ça dans la tête - écho à R. Sennett, nostalgique mais cherchant à se démêler, se bricoler un rapport ici maintenant avec la question du travail, après son immense chantier à partir de Marx et des liquidations de Marx - : craft labor, this. Sentir que je sais faire avec les textes et avec la texture de ce qui se passe quand on lit, écrit, réfère, connecte, voit monter des connections et des propositions, des dégagements, des simplicités théoriques soudaines qu'on peut dérouler par précision (exploratoire, tâtonnante, tranchant) du langage. Une expérience, une familiarité avec ces matériaux, et leur contact avec mes corps et mes modes. Capacités.
Comment le pensé s'étend comme nappe, tissé, partout prêt à se connecter, à bifurquer, filer à toute vitesse par le travers. Comment on peut reprendre l'énoncé, par tug and clip and tweak. Comment le langage, intimidant et lourd comme une chappe, est aussi léger comme un voile, comme un filet empesé juste assez, à lancer - on apprend à connaître ces poids, pour savoir comment lancer, comment disposer le sens qui va venir.
On apprend aussi, effectivement (c'est la surprise, que cette formation soit possible, et charnue), à savoir faire avec les bibliographies, avec les livres et tous les rapports de lecture, avec la malléabilité du discours et des discours : le labour comme le passage, et le frôlé, la simple situation ; ce qui s'absorbe et se sémantise par le simple contact avec un titre, quand on a dans le corps l'histoire de contact avec des milliers de titres. Une histoire, faite en volume, de familiarité avec cet objet mouvant et océanique (l'expérience de l'infini, répétitivement paralysante ; il faut une sorte d'artifice de courage pour se persuader que quelque part plus loin on pourrait savoir que cet infini est une condition de bon, vivant, vitalisant).
On l'apprend beaucoup en regardant faire les congénères, les débutants, les savants, les générations. Les habiles, les malhabiles, les créateurs - logothètes.
Quelque chose comme une assurance, étonnante. De commencer à être quelque chose comme ce qui est projeté comme l' à. "Tâche", "ce que fait", etc. [JJL : la sensation de "being a fraud" ; la question de "l'autorité", et celle qui vient. Soit : celle qu'on n'a pas besoin de fret about, de laborieusement engineer, comme un être à se créer de toute pièce mais simplement à devenir - si devenir il doit y avoir. Sensation incroyable quand, fleetingly, passent les moments où on peut dire : here.

Ce qu'est une formation discursive. Comment on fait avec, dans ; comment on traverse. Comment c'est nexus, mobile, de choses anciennes et de choses du moment. Comment les formations sont inchoatives, faites chaque. Comme ça reconnecte ; ramifications toujours poussant ; les directions justement imprévues. Et libre de rétrospection. Travail, délibéré, de rétrospection, de reprise, réévaluation.
Comment ça s'enmaille avec le social, ses avenues à la grande lumière de l'officiel comme à l'obscur des parcours inconnus. Matérialisme du discours. "Circulations".

mercredi 21 avril 2010

Usages de Weber : savoir et travail

Il s'agit de la déclinaison de cas historiques et culturels, suffisamment éloignés pour détacher le maximum de couches adhésives aux ici du point d'aveuglement (qui est un point de savoirs ; de traditions/vraisemblables discursifs ; généalogique). La puissance d'historicisation qu'ils dégagent.
Le décentrement est vif ici, avec toute une gamme de réflexes, isolés ou en paquet et réseaux, déshabilités. Restent aussi des "invariants", ou des questions qui s'affirment en points d'entrée pertinents.

Un des décentrements appréciables : concerne le réflexe mimétique (inutile d'y passer trop de temps, c'est l'un des moins dangereux, facile à repérer d'ici) qui fait équivaloir les formes du pouvoir (par inattention à ses performances) aux formes culturelles (par inattention à leur travail social). Où Foucault, par exemple, a tracé des invalidations assez définitives.

Donne bien à voir les fonctions historiques de la culture humaniste - formation du "gentleman" (quand il n'est plus chevalier? - à revoir. En tout cas le modèle britannique de ça - avec ses Classics). Durkheim la met, avec l'université de la Renaissance agressive envers la scolastique, au compte du jeu politique des groupes aristocratiques - et de ceux qui miment leurs valeurs et leurs conduites. Signe de reconnaissance et monnaie de l'échange, de la socialité, matrimoniale en particulier.
Mais intéressant plus sûrement, touche plus moderne : la question de l'enseignement comme brokerage des places sociales, par les carrières : par le travail, dans ses rapports au capital nécessairement, et maintenant dans ses rapports au SANS. Dans l'érosion du travail comme base de l'échange. Et la transformation du rapport travail : culture ; travail : savoir.

D'où repointe la question du travail intellectuel ; ses transformations, ses instrumentalisations, ses places, ...