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lundi 31 juillet 2017

Orientalisme et critique de la critique - Rodinson aux prises

Critique de la critique de l'orientalisme : il y a tout le débat Rodinson sur Said en particulier, et le 2e chapitre de La Fascination de l'islam, de 1976/1980, s'y confronte.
Rodinson parle pour le "positivisme" des études orientales, et pour leur acquis philologique, tout en mesurant les limites à la lumière acceptée de la critique sur l'eurocentrisme etc.
Mais il prend position critique vis à vis des nationalistes et "spécialistes indigènes" et les "plus bruyants" d'entre eux, ainsi que vis à vis des soutiens anticolonialistes qu'ils ont en Europe, quand ils tendent à l'apologétique.
L'argument : les expressions du rejet des sciences européennes modernes comme coloniales, mais l'absorption, masquée ou déniée, des résultats et usage des matériaux et concepts de ces sciences. La question n'est pas celle d'une polémique, revanche, injustice, idéologisme primant sur le scientifique. Mais celle en effet  de la dynamique des idéologies : la faiblesse scientifique et alors politique de ces positions critiques (anticolonialistes, nationalistes, "indigènes"), non dans leur captation déniée, mais dans l'absence - ou la présence alors, c'est l'enjeu de leur discussion - d'une théorisation renouvelée, effectivement le travail critique fait, du rapport entre idéologie et épistémologie. Y a-t-il une telle proposition, sur quelle base, sur quelle refondation critique de base. (cf, tiens, le premier cours donné par Saussure à l'EPHE : commencer contre les unités voyelle-sonante-consonne, commencer en posant autrement, et alors déroulant toute la re-théorisation.) Il y faut une théorie de la culture - nécessairement critique, dans ce cas, des théories eurocentriques dans leur eurocentrisme (l'accusation idéologique ne suffit pas) et dans leur théoricité.

Le terrain que se donne Rodinson, et qu'il parcourt avec poids : justement la dynamique historique de l'idéologique, contre l'idéalisme d'ailleurs en pratique. Et alors, dans son épistémologie, soignée, et historicisée, dont conjoncturellelent pour les besoins en réflexivité de la crise de l'orientalisme (comme de la crise de toutes les disciplines au tournant des 60s), de la recherche, et des champs des études orientales et études islamiques en particulier. Il y trace à chaque jalon possible le profil (tiens, il dit faciès) du nouage épistémologie / idéologie.
Pour l'orientalisme, il souligne la domination de la philologie, "positiviste" (par auto-défense) mais aussi agnostique, et alors susceptible d'être emportée  par toute idéologie, ou "idées générales de l'époque" qui traîne hors du champ fort occupé de "l'immense travail" de l'apprentissage des langues, de la critique des textes et de la fabrication des"instruments de travail", champ de l'orientaliste. Hors de ce champ : les sciences humaines qui viennent changer la règle du jeu, contre l'accumulation détaillée et spécialisée des matériaux, la pratique du problème (cf Jakobson, Benveniste et al.) ; le philosophisme qui (se) donne (comme) le cadre des généralisations et synthèses ; les idéologies qui traînent s'agissant du rapport social des pays européens avec les pays de "l'Orient" et l'islam - héritages d'idéologies savantes des siècles précédents (plus capables de produire leur propre idéologie, par ex. type l'universalisme des Lumières), éloquence et audibilité publique (presse, literature, dont de jeunesse) des missionnaires chrétiens, des colonialistes, de la politique coloniale et orientale des gouvernements, etc.  

mercredi 14 septembre 2016

Ce que je fabrique

Je continue à me demander bien ce que je fais. Pas tant pour le minimiser, ce serait le point de vue individuel - mais essayer de le situer, alors que je lis et j'observe tant et tant d'actes de situation, de soi et des autres lus.
Que peut, ce que, fait/faire un angliciste, un philologue, un 'litteraire', un acteur de sa génération d'une des sciences historiques. Angliciste a, je continue à venir me caler dans cette vue, une situation intéressante, au sens 'chinois' : CS tout naturellement m'en rappelle une qualité en la comparant avec d'autres disciplines flottantes, non disciplinaires, combinaisons ad hoc. Mais par une autre dimension de la question il y a aussi : le manque de moyen et les conditions institutionnelles font la difficulté, ou la rareté simplement, des ambitions larges de recherche, ambitions scientifiques, qui a pu faire entreprendre les Grands Travaux du 19e, etc. Dictionnaires, grammaires, mythologies, histoires panoramiques, immenses dépenses de synthèse et de collecte de matiere et d'analyse en unlikely myriads, puis, dans l'entrée du 20e peut-être, est-ce qu'il y en a une histoire une évolution ?, les ruptures conceptuelles et les inventions radicales de conception épistémologique.
Inimaginables depuis où je suis.
. On peut les prendre par la critique : sans doute les idéologies de la totalité et du positif, etc. Et s'installer à raison dans une pratique, un travail, qui est de l'ordre de la critique. J'y adhère et je ne pourrais pratiquer que dans ces termes (?).
. Il y a la question, le plan de la question, des moyens sociaux : mes disciplines et l'universtité ne sont pas des lieux de science - y en a-t-il jamais ? Càd quelles sont les conditions idéologiques que l'idéalisme de la science ? - mais des lieux de compromis sociaux bien familiers, concours de l'enseignement, massification (dans tout autre régime il est clair que je n'y aurais pas eu accès), fonctions de l'université dans le capitalisme actuel
. mais m'intéresse ici, au près : reste la part qui me revient, l'espace dont je dispose (et j'en ai, beaucoup, donné mais aussi acquis, par des efforts, y compris des douleurs, que je ne minimise pas non plus). Ce que j'en fais. À suivre le bout de la curiosité, à traverser des espaces improbables, à faire sans discipline d'un regard sur ce qui devrait être fait. Par exemple, le scrupule m'en vient, comme une nostalgie, de temps en temps : que l'anglistique, comme philologies, devrait s'occuper de sa tâche de passeur, s'occuper de développer le savoir des productions anglophones par exemple en France, de l'enseigner, de le composer et l'actualiser constamment, de l'instituer dans les coordonnées culturelles d'ici et maintenant : tâche culturelle de l'université et de la philologie. What mirage is this, and yet, and yet etc., tourniquet. Ce n'est donc pas encore ça.
. qu'est-ce que je fabrique ? Et que je m'autorise à tinker about dans mon coin, et qu'on m'autorise (les autorités étant préoccupées de bien autre chose, aussi diverses qu'elles soient). 

dimanche 3 mai 2015

Philosophie - épistémologie

Discussions récentes sur la philosophie, à partir de : je sais de moins en moins ce que c'est que, ce que fait, la philo.
YK parle du moment kantien, criticisme, comme point initial de la désarticulation. Structurant dans l'histoire, absolument.

J'ajoute aujourd'hui, après première semaine dans Aristote, en maillage flou encore avec Castoriadis (traits historicisant le "moment grec", procédure de vérité établie, alors stratégiquement contre, ce qui permet de se dégager d'emblée du poids de l'absolu : il y a une pragmatique singularisée, et forte, coup de force, de la constitution de la philosophie, Académie et Lycée, l'une pour ... , l'autre pour la formation des législateurs) : prendre par la dimension du savoir. Réflexion sur les procédures de la sophie, sur l'assurance d'une validité dans l'enquête sur [ce qu'est - à vérifier exactement] "chaque chose" (A.).
Souci de la méthode, d'où l'organon pour Aristote, et l'articulation méticuleuse des règles : commencer par le commencement (cf première section des Politiques), placer les spécificités, poser les différenciations correctes ou les assimilations correctes en une même identité. Les genres et les espèces. (On ira vers la scolastique, peut-être la casuistique, avec ses diafoirussades possibles.)

Reste aussi la question de la philie, -sophique, -logique (autre histoire).
Quelle relation éventuelle avec l'amitié comme terme pour la relation politique dans la cité ?

Et bien sûr : quelles relèves ou quels développements dans les enquêtes de savoir, et les soucis épistémologiques, actuels.

samedi 31 mai 2014

Travail

Toujours la grande soif de ce que peut être le travail. Mesure des immenses entreprises de savance du XIXe, et du tournant incisif du XXe, ces romantismes des maîtres, qui ont la vertu de dégager l'aspiration.
Small trickle, Jean Rhys's, will do me. Mais je ressens ce manque, comme un grand espace de désir, blue-sky, à son mieux (le versant amer pouvant être mis au travail que comme creuset de transformation de l'énergie, inquiétudes narcissiques et irritations au conditions professionnelles pliées en désir, fuite et mouvement, départ).
Envie de quelque chose de continu, porté (effort du long, Endymion chez Keats au-delà des pièces lyriques brèves), articulé. Portant calmement son effet sur les catégories.

À chaque retour au principe, à chaque été de la recherche, cette expérience : je reprends le ras des questions, feuille blanche et simple crayon - et se retrace étonnamment le même mouvement dans le même paysage, toujours un peu plus articulé. Quelque chose de certain, et dont l'assurance va plus vite et plus assurément que moi. C'est un soulagement et une liberté.
Cet été il y aura un goût de Benda, et de Michelet, et d'Europe, par serendipity. Et le fil, la perspective plus nette que jamais du savoir, contre la 'littérature' - grâce à une remarque de MBB, venue à bon point de symptôme.

Je crains le doux délire d'omnipotence, à prévoir de me replier dans le champ de l'écriture - prendre à plein la phase de la publication, dans ce sens, et avec sa complexité si difficile à navigate, puisqu'elle est à vivre et à penser à la fois. Ici la stratégie, qui prend Benda par le flanc exposé. (Même s'il reste à réfléchir à l'hypothèse critique de Benda : du travail du clerc comme celui du débrayage - à rapporter à Said, dire la vérité au pouvoir, et bifurquer par intempestif).

lundi 6 janvier 2014

Histoire, théorie - Hydra

Toc, the Hydra relégué à la lecture historique.
Manquant : une théorie de la culture (pour l'instant j'approche). Quand il fait, certainement, une histoire de la culture, en examinant des, en construisant les images de, peuples 'alternatifs' en improvisation résistante.
Sa théorie de la culture, le projet l'emprunte explicitement à l'historiographie de Christopher Hill et de ses contextes de l'histoire britannique radicale des 60s, avec EP Thompson etc. Pour l'instant l'un des repères que je reconnais.