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dimanche 2 avril 2017

Littérature de Saussure

Il y a cette hypothèse à regarder sérieusement, concernant la "littérature" chez Saussure, qui est en miroir de l'hypothèse que je rumine également du Saussure moderniste : que la pensée littéraire disponible à Saussure de 1875 à 1903 début des Légendes, des CLG et des Anagrammes simultanément est une pensée pré-moderniste, où le cadre est encore 1. néoclassique et postromantique (nationalisme, esthétique, style, autorat, y compris réalisme comme modernité victorienne...), et 2. orientaliste (et alors pression de la séparation entre Great & Little traditions..., et culturalisme racialisant, où pour cette question la race fonctionne, et le comparatisme de même, comme un index de culturalisme : la culture par la différence. La culture comme concept opérateur de la colonial différence, P. Chatterjee).

Voir plus exactement les développements de Taine à Lanson etc, pour ce qui est de Paris, et sans doute il faudra regarder aussi la Suisse et l'Allemagne. Wow.

Que Saussure est un moderniste : le lire avec Woolf et Joyce, càd avec Proust et Flaubert et... : justement, qui exactement. Maeterlinck. Mallarmé. Voir tout cette épaisseur historique. Qui travaille le national, en français ? Voir les métèques et étrangers du Symbolisme, pour commencer peut-être.

Que la littérature chez Saussure est celle que les œuvres contemporaines historisant en révolutions diverses, déclassicisent. Dénationalisent. Internationalité des mouvements et poétiques (cf notes posées à l'occasion de FIRE!!) est une première part de la réponse, mais n'emportera pas l'argument seule. Formalismes, Spatial Form, détricotage de l'auteur, éclatement de la voix. Voir. Une poétique qui devient naturelle, le Naturel qui est le nôtre en 2017 : l'art comme intervention, réinvention, réarticulation, travail de la transformation, historicité radicale du langage, poème. L'art comme
invention de la valeur : une modalité de lecture et idéologie de la littérature (c'est la mienne, difficile d'imaginer ses alternatives du coup), située dans son histoire, (post)moderniste. Revoir Modernité modernité.

D'ailleurs une autre vis à regarder : les plans disjoints des discours sur le moderne et le postmoderne, qui font confondre tout ça en une histoire successive alors qu'il me semble bien qu'il s'agit pour les deux d'un même phénomène historique, distribué dans deux plans ou écoles, recroisés par deux familles d'objets (art / culture) qui ne savent pas clairement qu'ils parlent de la même chose. La charnière moderniste, WW1 basically, qui aussi le pivot du système-monde colonial, est la post-Modernité européenne précisément, où s'invalident les Lumières et les humanismes, les empires (universalistes-racialistes), etc.
La mise au point sur cette question débrouillera pas mal des enjeux dans les résistances actuelles, nouvelles réactions contre "le postmodernisme" (Amselle et al.), et fera orthopédie dans le récit, maintenant installé comme Vraisemblabe rassis, de la mise au rancart du saussurisme et des totalitarismes théoristes des 60s, permettant le nouveau refoulement du langage.

dimanche 19 février 2017

FIRE!! - croyance et critique du poème

Le texte sur FIRE!! est fait.
Ce n'est pas sans la licence du hors-scientifique. Je me suis engouffrée dans ses possibilités pour plusieurs plans de développements qui sont de bonne critique (la qualité des travaux qui viennent directement d'un rapport de poétique aux textes, toujours lumineuse et portant le bonheur de la confirmation, simplement, du pouvoir du poème), et je n'ai rien à regretter ici. Ce que le texte - càd sa programmation en lecture, traduction, invitation au commentaire, par l'astuce et finesse lectrices, et la capacité à l'aventure, d'IC - m'a offert, a offert.
Mais aussi.
Ce n'a pas été sans l'euphorie de la croyance. Multipliée par le plaisir de la dimension collective d'un projet, IC et ED et PN. Et celui de me trouver exceptionnellement à la charnière de la publication. La puissance particulière du livre et du beau livre. Vieux fantasme narcissique, idéal du sujet littéraire (mon bovarysme à moi), touché à sa satisfaction parfaite. La croyance tenue ici, grâce au plan où Ypsilon travaille : le milieu littéraire parisien et français, l'espace culturel, et ses efforts d'inscription, candidatures à CNL, à Conseil régional, à financements et relais de diffusion, Belles Lettres, librairies, mailles de la visibilité et de la légitimation, travail de la valeur. (Et jusqu'à l'effet de réalité produit par l'université elle-même en retour, qui se tourne vers l'espace social de la production littéraire pour arc-bouter ses propres inquiétudes du hors-sol : journée d'étude en préparation sur la littérature noire, cherche, bien attentivement, à mettre en face chercheurs et acteurs.) Qu'un livre soit tenu pour un livre, et un coup d'énonciation sur une scène littéraire en mouvement, petite histoire et sens élargi d'une histoire.
Croyance et critique. Cette bonne double dimension à observer. J'aimerais que les quelques occasions qui se dessinent déjà pour y repenser en discussion, librairie de Barbès, journée d'étude Littérature noire, etc., me permettent ça.

vendredi 7 février 2014

Littérature

Une remarque d'A.B. m'amène à ceci (après réaction bêtasse immédiate, qui ne suffit pas en disant que la littérature m'indiffère quand il y a la poétique à faire) : ce qu'il y a à faire, c'est l'effort de comprendre comment ce qui commence comme "la littérature" (objet tout cuit, scolaire) aborde aux champs d'enjeux contemporains ; aux prises avec l'état culturel. Trouver les modes d'une articulation - qui a ses histoires, et dont l'actualité est à refaire, à faire, par un travail d'actualisation de ces histoires. Préparer "la littérature" à engager un rapport à. Car certainement elle n'est pas prête, elle ne se donne pas prête, celle qui s'enseigne actuellement.
Bon, on n'est pas seul ni démuni, à ça.

samedi 28 septembre 2013

Politiques littéraires, 1920s

Une 'Ligue des écrivains de gauche' en Chine : Mao Dun un des fondateurs, Lu Xun un des animateurs actifs. Créée mars 1930 (à Shanghai?).

Époque internationale de l'engagement de la littérature. Les Modernismes européens, à l'imaginaire révolutionnaire et avant-gardiste ; les ligues, congrès, formes d'action publique ; les engagements des années 30.
Affaire Dreyfus et l'invention (?) des pétitions, associations, prises de rang, fronts littéraires de lutte politique. Rôle historique de cette séquence modèle, française. Les autres ?

lundi 10 juin 2013

Travail littéraire - Coetzee, Gordimer

Les frayages que fait Coetzee, œuvre après oeuvre : non seulement la sensation d'un travail (férocement persistant, des expériences de point de vue tenues jusqu'au bitter end, une discipline impressionnante de tenue du cap, doubling the point) de l'énonciation.
Mais aussi l'invention de ces rails de fouille : les situations inventées/observées, les unes après les autres. Depuis la littérature coloniale de l'Afrique du Sud (Jacobus Coetzee & le Plassroman), puis se posant dans : les passes de l'apartheid (Michael K), les migrants d'Europe postsoviétique (Slow Man), maintenant les migrants d'un brave new world hispanophone (The Childhood of Jesus). Créer ces points, observés/inventés. De même le travail photographique.

No Time Like the Present, Gordimer : extrêmement exigeant dans la prose énonciative, un présent radical. Aussi : l'exploration politique, par laboratoire narratif, de l'option australienne, prise par Coetzee par exemple - ou l'option exil prise par B. Breytenbach. 

lundi 18 juin 2012

Haïti et l'anglophonie

- d'abord, la dynamique de The Occupied Novel. The Representation of Foreigners in Haitian Novels Written During the US Occupation. 1915-1934 (Nadève Ménard, UPenn, 2002)

Abstract
The US Occupation of Haiti from 1915 to 1934 altered the way Haitians perceived and related to foreigners, Americans as well as others. The literature of the period reveals many of the issues Haitians struggled with as they adjusted to their new social and political environment. Some authors portray despair and helplessness. Others focus on resistance and hope. Six Haitian novelists explicitly chose the occupation as both subject and setting for their works. In order of publication, the texts that form the corpus of my thesis are Fernand Hibbert's Les Simulacres (1923), Léon Laleau's Le Choc (1932), Stéphen Alexis' Le Nègre Masqué (1933), Cléanthe Valcin's La Blanche Négresse (1934), Annie Desroy's Le Joug (1934), and Maurice Casséus' Viejo (1935). I define the occupied novel as one in which foreigners are not only major characters, but also control or influence the native characters. Examining the portrayal of foreigners in Haiti's six occupied novels enables me to establish some of the ways in which the collective Haitian identity changed as a result of the occupation. I focus on certain key themes in this endeavor. Romantic and sexual relationships between Haitians and foreigners reveal the animosities and alliances occasioned by the occupation. Class dynamics are also crucial as they point to the tensions in Haitian society which were exacerbated by the political situation. I also explore the ways in which Haitians negotiated the various components of their collective identity, namely their French and African roots. Haitian occupied novels suggest that France becomes less dominant as a foreign reference in the Haitian imagination during the occupation period and tends to be replaced by the United States. In these narratives, Haitians continually assert themselves in opposition to the American invaders. The US occupation changed the Haitian identity from something automatically acquired at birth to something to be earned through patriotic acts of resistance.

- et The Comedians (1966 !) par quoi je prends le fil de l'ensemble de l'oeuvre de Graham Greene, y compris ses filiations dans Naipaul. (+ adaptation cinéma en 1967, Peter Glenville, Burton-Taylor-Guiness-Ustinov etc.)

- et vers : la littérature haïtienne - ou "haïtienne", décalée - en langue anglaise. A commencer par E. Danticat. Il y a une histoire littéraire "entre" à composer ici.
Voir alors : Haiti Noir, édité par E. Danticat (Akashic Books, 2010).

lundi 31 octobre 2011

Laclau pour entrer dans Taine

Laclau s'apprête (On Populist Reason), dans le chapitre que je laisse pour demain, à entreprendre Hypolitte Taine. Comme recueil des eaux, gouttière, de la dichotomie rationalité-individu // irrationnalité-foule-groupe structurant les débuts de la psychologie des foules.
Intrigant, serait d'ouvrir le chantier déjà envisagé sur Taine pour sa Littérature anglaise, en prenant pour amorce la lecture angry de Laclau (la part de faux naïf dans Laclau - qui est appuyée sur un contournement, absence, de l'histoire discursive où Taine et Le Bon et Freud et la démocratie du 19ème etc. émergent).
Taine, politique par poétique (une politique de la littérature donc, à situer par rapport à Arnold - on est bien dans le contemporain), mais multiplié aussi par la nation ("anglaise").
Taine s'appuie donc sur l'Angleterre, schorlarshippingly, pour s'attaquer à la Révolution française ? - à voir. Qu'en fait-il.

samedi 13 août 2011

Breton sur Césaire - poésie expropriation

"La parole d'Aimé Césaire, belle comme l'oxygène naissant" (Cahier, éd° Présence Africaine 1983, 87).

Poésie, surréalisme, et connexion par quoi Breton caractérise son immédiate certitude à propos de Césaire : sur une mission de la poésie (en tant de totalitarisme). Citant Césaire dans "Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont", papier paru dans Tropiques, à Fort-de-France, 1943 : "La poésie de Lautréamont, belle comme un décret d'expropriation... [...] Le premier à avoir compris que la poésie commence avec l'excès, la démesure, les recherches frappées d'interdit".

Sur quoi donc Breton, qu'on peut prévoir sensible profondément, poético-politiquement, à la proposition sur l'expropriation, calque donc : "parole" sur "poésie", et "décret d'exprop" pour "oxygène naissant". Ex Ox.

mercredi 29 juillet 2009

Tranchants du postcolonial - avec le Companion de Lazarus

Definitely : le tranchant des questions posées autour du postcolonial et ses institutionalisations comme question, se concentre autour du savoir-pouvoir comme une pointe du contemporain.
Et : qualité remarquable du Companion de Lazarus. Lazarus lui-même (en particulier sur la droitisation, culturisation des enjeux de la mouvance critique/académique postcoloniale, par rapport aux anticolonialismes ; et le tournant post-89 pris par le mode des ajustements dépolitisants), Benita Parry (qui reprend en les aiguisant les enjeux du linguistic ou theory turn du POCO comme moyen de détourner le regard des perspectives matérialistes ; réconciliation, révisionisme), John Marx : qui en arrive aux noeuds d'enjeux des révisions canoniques par la littérature postcoloniale : et s'enfonce dans ses lieux tiraillés : Achebe/Ngugi sur l'anglais et la Littérature anglaise, Jameson/Ahmad sur le rapport mondial des luttes ou leur spécificité, noeud critique autour de The Tempest et ses réécritures ; autour de Heart of Darkness et ses réécritures, échauffements autour des compromissions de la littérature avec la classe universitaire mondialisée.

. question de la "situation de l'intellectuel" 2009 - "comprador intelligentsia" et ses variations et actualisations encore. Elément dans un système non seulement de globalized academia (ce serait seulement la dénoncer comme un faux : critique par le pseudo- seulement), mais de global cognitive capitalism (l'analyser comme telle, partie prenante, avec les flux de responsabilité - complicités, derivativeness, résistance - tout à déchiffrer à neuf).

. question du marché littéraire transnational, et les constantes actualisations des dynamiques de pouvoir dans la République mondiale des lettres (Casanova). "A stridently élite category", "a global class". (John Marx souligne, dans Lazarus ed.) Supposant un lectorat canonically educated, et orientation vers public occidental ou occidentalisé. Certainement, les bestsellers produits de ce marché global. Ce qui n'empêche pas entièrement la littérarité.

. question de la nouveauté, spécificité, du rapport de la littérature à l'academia. Avec justement - ici criticité du comparatisme - des nouages différents dans les anglophonies et les francophonies culturelles/nationales et universitaires contemporaines. Nouveautés du rapport littérature et pouvoir et culture. Le prendre pour tel, et cesser d'espérer aucun dehors, pour prendre bien le mouvement, on the flat, in the crowd, half blind with dust.

vendredi 17 juillet 2009

La littérature, 2009

Comment la façon dont j'envisage l'étude de la littérature anglaise a changé, depuis mes premiers cadres, ou premiers moments d'autonomie. Histoire de génération (et pas seulement), dont je participe. Et trajectoire de lectures régulièrement transformatrices - simplement le travail.
L'étonnement que tant de termes pris pour existants et substantiels - évidences consensuelles qui ayant été établie par des fondateurs pouvaient fonctionner et nourrir une machine professionnelle/intellectuelle - se fragilisent un après l'autre, au fur et à mesure que je les identifie comme coques dépassées. Une carrière entière de ces termes ; on ne manquera pas de ces moules à briser, soigneusement.
Vers quoi ça tend, maintenant : la littérature comme question du public. Ce que je fixe en ligne de mire par "peuple", m'autorisant de Deleuze-Guattari via Kafka, et en prenant en charge, comme problématique, les ambiguïtés idéologiques dont l'histoire du terme est chargé, puisqu'elles m'entraînent dans le sillage culturel épais de ces grandes batailles, Kulturkämpfe européennes (au moins - coloniales, aussi, par coextension). Poème, et poème-langues (histoire-et-comparaison, pointe Monateri dans Comparer les droits, résolument), comme point d'interrogation depuis lequel reprendre une pensée politique, en craquelant soigneusement les attendus de la philosophie politique, du juridisme, qui font la charpente majeure des termes que je ne comprends pas : de ce qui justement est la masse d'obstacle à ce qui me paraît être la vie des peuples. Etat, nation, "politique", "peuple"!, citoyen, société, langue, culture, pouvoir. La littérature comme ressource pour l'anthropologique, contre les grosses masses impénétrables, qui dépossèdent et disempower - sauf par un travail interne, de fouille historique. (Abélès.)

Le point de vue du poème comme dimension du social et du culturel (mais où se pensera en effet la masse? Les puissances massives? Celles que j'ai prises en direct à l'estomac à Hong Kong, ou en entendant A. parler des cursus de formation à l'ESSEC) ; et comme prise pour la modernité, et ses dispositifs agressifs de pouvoir. Y vivre, et y multiplier de la vie. Vivre (et combattre dans) une culture. (There is such a thing as society.)

De là aussi, ou avec ça, un intérêt déplacé, et complètement revivifié (vivant, toujours plus vivant), pour la littérature comme contemporaine. Etre impressionnée par les savoirs anthropologiques qui sont fouillés et carved out, par les oeuvres. Largement loin de la notion très ENS ou "beaux quartiers" (GD) d'un déclin de la littérature - qui est pour sûr un déclin de certains ensembles de valeurs littéraires. (PWL : des littéraires qui "ne s'estiment pas assez".)

mercredi 10 septembre 2008

Historicisations - politique culturelle du Raj

Les élucidations infiniment précieuses qui viennent avec le travail, maille par maille, de complexification de la perspective pour penser la politique culturelle du colonialisme, britannique dans ce cas - ou, ce qui fait partie du processus, la politique coloniale comme politique culturelle. La culture comme force mise en oeuvre pour le projet de l'ordre colonial. Il s'agit du rapport de la culture au pouvoir, dans son histoire. Masks of Conquest, G. Viswanathan :

. suggestion sur l'espace de l'Inde britannique comme lieu satellite et terrain pour le règlement des conflits métropolitains, par décalage. Une sorte de neutralité, de moindre-importance ou simplement virginité politique, voilà (accompagnée alors des fantasmes de la native Rebellion) - où on peut play them out, et conduire des expérimentations, sociales, institutionnelles, culturelles. Lieu de résolution (espéré) ; lieu de complexification, caisse de résonance. Ce qui m'importe d'abord, c'est cette proposition sur l'Inde comme laboratoire d'anglicité, de politique nationale anglaise : laboratoire du libéralisme, du nouveau capitalisme (dans sa partie intextricablement liée avec l'impérialisme), des nouveaux équilibrages des forces sociales at home - nouveau poids de la middle-class, nouvelles craintes de la nouvelle force inouïe des masses. Penser aux propositions de B. Anderson, dans Imagined Communities, sur les espaces extra-européens d'exercice de l'invention démocratique européenne.
Lieu d'exercice des conflits métropolitains, avec effets de déports, rarement tels que prévus.
Lieu de pression, aussi, et de réaction, des conflits : comment la working class domestique devient un acteur dans les décisions de policy en Inde - et : comment elle devient le prisme même par lequel l'orientation résultante de la politique coloniale est amenée à concevoir le rapport de colonisation comme un rapport de classe. Avec les malentendus politiques graves que ça entraîne, les décalages, les porte-à-faux.

. aussi : garder en tête que le colonialisme britannique est une question de la nationalité britannique - le 19ème, siècle de la nation et siècle de l'impérialisme. Question : car s'y jouent aussi les rapports, sans paix, des nations britanniques : l'Ecosse étant régulièrement la plus turbulente, et moteur de problèmes, moteur de culture. A. Duff, la Church of Scotland en Inde. L'Ecosse en Irlande, aussi, dès Cromwell.

. la diversité des modes de la politique coloniale, et leur concurrence, précisément. Il y a les colonialismes évangélique et missionnaire, paternaliste et aristocratique, utilitariste, libéral (pour le Free Trade : Charter Act de 1813), etc. Multiplicité qui donne les tensions sur le terrain entre politique "secular", des administrateurs coloniaux (dont les Orientalistes), et idéologie évangélique agressive (vers Macaulay).

. une politique culturelle coloniale étant la manipulation, plus ou moins heureuse, du point de médiation entre langues et cultures et sociétés, est en jeu une analyse culturelle et une théorie de la culture, chaque fois. Des théories de la culture, multiples et concurrentes, de la part des seuls colonisateurs même. A. Duff voix des missionnaires (Church of Scotland) contre la logique de l'administration "secular" : la différence se fait ici sur la conception du rapport entre texte et contexte de lecture, effets (de moralisation) pragmatiques. Quoi faire lire aux écoles, mais surtout : théorisation - idéologisation - de ce qu'engage une lecture. Un texte littéraire pouvant avoir valeur pragmatique différente selon les dispositions morales du lecteur, infusées par sa culture.