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vendredi 26 mai 2017

Arabes coloniaux - "brown" 1919

Note de discours : TE Lawrence écrit ceci en 1919 (Fromkin 501) :
My own ambition is that the Arabs should be our first brown dominion, and not our last brown colony.

vendredi 14 avril 2017

I Am Not Your Negro - Baldwin et innocence

A Londres pour la nuit, hôtel à côté du Renoir, I Am Not Your Negro, de Raoul Peck, à partir des trente pages de proposal, Baldwin, pour un livre à intituler Remember this House. "Journey", dit-il, dans l'histoire des trois assassinats M Evers, Malcolm X, ML King.
Exercice et exploration cinématographique en eux-mêmes forts. "Journey" de R Peck.

Mais Badwin : toujours aussi perçant, pénétrant, et ici longuement montré en séquences télévision, documentation de "journey" et retours à Birmingham Selma Atlanta (et même, englobant, retour de Paris à Harlem, face it), discours (Oxford Union), brillant. Rappelle son positionnement original : ni les églises, ni les jeux sociaux de la NAACP, ni le "racisme" de la Nation of Islam ou des Panthers, et s'affirmant Western man. Rappelant avec son pouvoir ironique parfaitement acéré combien un upstart de l'américanité, arrivé hier on these shores, Robert Kennedy, à de culot tranquille à annoncer visionnairement la possibilité d'un président noir dans 60 ans, pendant que les Noirs, càd les toujours mélanges de familles N&B toujours ré-ségrégués par la racialisation, sont là et americains depuis 400 ans.

La grande proposition de Baldwin : que la question n'est pas la "Negro question" mais celle du pays, et que cet argument n'est exactement pas un humanitarisme de bonne volonté antiraciste, ni un retournement amer en expression de l'esprit impuissant (figure inspirée de logique psychanalytique). Pas les rhétoriques connues, qui font des écoles de discours dans l'histoire dès race relations,. Mais : que c'est précisément la ségrégation des noirisés qui rend intenable, profondément artificielle et brittle, l'innocence américaine. J'aimerais me souvenir du terme qu'il donne en pendant à l'innocence, aussi éclairant. L'Américain innocent et?? Ce n'est pas sentimental, pas ignorant **. Pour sûr, une irresponsabilité.
Ironie percutante quand il épingle Doris Day et Cary Grant comme les expressions "the most grotesque" de l'innocence américaine. John Wayne trucideur d'Indiens, mises en scènes de la vengeance comme traitement psychologique de la culpabilité du massacre. Scènes ici terriblement bien choisies par Peck, films de comédies musicales excessivement propres, démonstration éclatantes de prospérité, pendant les décennies de ghetto et violences policières. 
Que la constitution sociale américaine, prospère et oblivious, génère sa virginité au prix d'une fragilité nationale et subjective qui est son problème. Un accès barré à la subjectivité, produisant des formations de compromis dangereuses. Sentiment de soi, savoir national.
Quoi faire des Noirs ? Et ignorance des vies noires. Lié au consumérisme libéral, au libéralisme consumériste. 

Les images d'archive mises en montage par R Peck en écho éloquent avec les scènes actuelles, non seulement BLM mais aussi les White Power, jeunes racistes propres sur eux et dents blanches d'assurance, plus âgés aux mâchoires agressives et regards fielleux, pancartes à messages infects. Les, des, Américains de toujours donc. Continuités impressionnantes.

(Les spectateurs flinch pendant images de Rodney King police beatings etc. ; je mesure ça aux images que je reçois des relations de caste en Inde, quotidien de l'horreur ; l'horreur est un quotidien, c'est l'ignorance et innocence des philanthropes qui fréquentent la DocHouse du Renoir qu'il y a à voir ici. Elle, à penser, à traiter.)

jeudi 13 avril 2017

Sociologie de l'action - postmoderne

Alors ceci ? : que le tournant demandé dans la sociologie, Touraine, Critique de la modernité (et formation, ici aussi, à vérifier), "retour du sujet" qui est en fait une proposition beaucoup plus cernée et particularisée, retour de ou émergence conceptuelle de l'acteur, correspond à un tournant d'époque,  mutation de la sociologie dans l'entrée dans le postmoderne ?
Si l'ethnicité ne peut pas faire mouvement social (et alors le sociologue, MW, prévoit des horreurs sociales en flambée raciste, drôle d'horizon sociologique, 144), et doit se vivre de manière instable, précaire, compromis de situation en situation et d'ordre "subjectif" seulement malgré les forces d'attirances communautaires, et l'histoire cède à la mémoire, vécue en subjectivité, "égocentrique" et faible en socialisation. Conditions postmodernes postcoloniales du rapport individu-socialité ? Où classes, et communautés pleinement politiques, ne sont plus des possibilités structurantes ?
Postmoderne comme post-classes et post-civique, post-politique ? Nouvelle puissance du "culturel" dans les composés, et nouvelle puissance d'un individualisme lui-même reconfiguré, consommation.

Bah, tirer ça mieux au clair.

Cultural studies 60s - 80s

Oui les Cultural Studies, contemporaines exactes des NMS, puis du temps des émeutes raciales / "Policing the crisis" (époque de Brixton).
Étrange - et pas - que ce soit Wieviorka qui me le fasse apparaître aussi clairement. Ethnicity, et MW dit ethnicité (sans nécessairement montrer le chemin de la formation du concept dans la sociologie française, à repérer).
Époque Stuart Hall exactement.
Section MW sur "Vers des mouvements sociaux ethniques ?", 138.

P. 140-141 : question, NMS = société passant au post-industriel ? Soit le terrain balisé par Jameson, du postmoderne. Où les relations sociales de sont plus de seule logique économique, introduction du culturel et implication de la subjectivité (dit MW). Aliénation, après exploitation.
Bell dit "postindustriel" dès 1967 il me semble. 

dimanche 9 avril 2017

Base suite - différenciations racistes

Wieviorka sur le populisme, dans le contexte de 1993.
Les "différentialisations" racistes, possibles mais aussi non-nécessaires aux populismes selon les situations de marginalisation par la modernité (ici thèse MW),  activées en tant précisément qu'elles ne prennent pas la forme d'une opposition (politique) ni non plus d'une différence/division de classe (sociale-càd-économique). 

Nota : MW parle de la "ligne de race", il me semble assez clairement en ligne avec la color-line états-unienne, Du Bois. MW et l'anglophonie. Ce qui implique aussi, de manière intéressante, un principe de cartographie par les langues dans les mouvances de la sociologie française au tournant des 80s : anglophonie ou non, références allemandes ou pas ou lesquelles.

samedi 8 avril 2017

Décennie Cultural Studies - France also

C'est-à-dire qu'il y a bien en France, dans des termes spécifiques, un mouvement de la réflexion sociale (les sociologues aiment bien dire "les sciences sociales" - pour faire nombre ? ou pour enregistrer les différences des familles discursives méthodologiques et idéologiques de la discipline ? On sort du couple marxisme/Aron, avec des complexifications qui cherchent du côté du "retour du sujet" très explicités, revendiqués)
il y a bien, donc, un mouvement de la conversation qui court en parallèle reconnaissable avec les Cultural Studies anglaises. La comparaison est ouverte. On y lira très certainement le bouchon particulier que constitue le "multiculturalisme" et la digestion impossible des divisions nationales autour de la guerre d'Algérie. On pourra le cerner ici, dans les textes ; en faire corpus.

Passage de La Démocratie à l'épreuve sur la transformation de la question sociale (58-60, avec invalidation de la force descriptive de la catégorie classe) en la question culturelle, avec la figure coagulée de l'immigration.
(On débouche toujours à nouveau sur ce scénario, on continue à le comprendre, à chercher un chemin  dans la compréhension des mutations pour déboucher sur lui, reconnu, insistant. Décidément. Just a little impatience with this, there´s more to articulate.) 

Racisme 1980s

La Marche de 1983 - date également du "tournant de la rigueur", dont la logique vient finir de se fracasser à ces semaines de désagrégation des partis dans la campagne présidentielle -, activité de Taguieff Wieviorka Balibar/Wallerstein (est de 1989) et al. dont critique de l'antiracisme (récupération, institutionalisation), et maintenant je note aussi : Albert Memmi, me dit Wieviorka, 1982, Le Racisme.

Comment ce temps antiraciste s'est posé et développé en décalage, stratégie nécessairement concertée le contexte étant si explicite et si présent, avec les gauches et les gauchismes anticolonialistes des 70s. Stora explique bien le scénario explicatif des longs effets, de génération en génération, de la fin de l'Algérie française. Temps de la disparition de la référence Fanon : exactement décrit par ma génération de scolarité. Période libérale ou néo, culturaliste si la question est posée par la catégorie du racisme, et occupée à désarticuler l'état de l'échiquier formé par les luttes de la décolonisation, qui sont des luttes politiques. Le postcolonial est tout ce (re)nouage. 

vendredi 7 avril 2017

1990s sur nationalisme

Tout à fait intéressant de voir apparaître un maillon historique que j'avais ignoré, dans mon propre pré pourtant mais ; répéré de manière très floue et périphérique mais ce n'est que maintenant que j'en comprends la conjoncture :
Michel Wieviorka sur Nationalisme, populisme, ethnicité, en 1993. Tout le débat sur le nationalisme au tournant de 1990, avec la dissolution de l'URSS et pas encore l'explosion de la Yougoslavie, still brewing there at the time. Les gros travaux de Taguieff, le débat français sur l'antiracisme après 1983, mais en contemporain de Hobsbawm (lu en anglais par MW), Balibar-Wallerstein (double parution dans les deux langues, avec d'ailleurs un assemblage de traduction/version particulier si je me souviens bien, deux auteurs), B Anderson (lu en vo), E Gellner / D Schnapper, P Birnbaum et Z Sternell. À travers toute ce période, le travail de MW, avec ses collègues sociologues (époque Solidarnosc, ETA ; violence terroriste comme figure problématique ausksi), et dans le sillage d'A Touraine - soit, la question posée par les NMS à la sociologie.
Période, conjoncture : les nouvelles démocraties générées dans la fragmentation du bloc soviétique en Europe de l'Est, et comment elles pèsent dans la bascule d'une compréhension de la démocratie à compter de ce moment. La Pologne est un cas test pour Wieviorka.

MW note bien, pour cadre de travail en clarification, le "champ" des sociologies : relais des anciens pôles de "l'ordre et la reproduction" (17, incluant Althusser Foucault Bourdieu), et sans doute ancien aussi "sociologie de la décision" (??, Aron et M Crozier), + libéralisme avec individualisme méthodologique de Raymond Boudon - relais par la sociologie de l'action. Qui se pratique comme : des acteurs.

Comment ces réflexions et sondages historiques dans la formation des nationalismes, aussi, sont doublées du, et plus ou moins aware du, développement de la réflexion postcolonialiste sur la colonialité de la modernité - Nation and Narration, HB etc. Rapports et non-rapports ?

lundi 19 décembre 2016

Culturalisations de la mondialisation

J'en suis toujours à ce marécage précis des culturalisations dans le profil de l'histoire depuis 1945, disons. De Mattelart, je prends un premier sondage de la valeur postWW2 et post-Auschwitz de la culture, qui va construire l'UNESCO, faire Malraux et l'invention d'un ministère de la Culture, les maisons de la culture en France etc. Une histoire de la culture, de ses institutions et institutionnalisations dans la sphère sociales, sa constitution en sphère - au moment où Arendt travaille à ressaisir la sphère politique. C'est sûr que nazisme et fascisme en avaient totalisé les articulations exactement. Arendt aussi, nécessairement d'ailleurs, sur les distinctions et articulations entre sphère privée et sphère publique. Et toute la réflexion post et néo-marxistes sur l'autonomie relative des sphères, économie et superstructure, production et reproduction.

Amselle, sur la racialisation, ethnicisation de la France, sur base d'import du "paradigme multiculturel et postcolonial", indique quelques pans ou quelques points - où il vient poser ses bagages avec amertume, et avec des perspectives faibles pour la construction de la contradiction, faiblesse du polémos.
D'une part, la question de la mondialisation et du nouveau protectionnisme, qui allie en effet des bedfellows étranges : "décroissants" et M Le Pen etc. Oui. Alain Caillé contre le nomadisme deleuzien et " sa version libérale chez Jacques Attali, pour s'opposer au cosmopolitisme" 23. Et alors louanges des sociétés traditionnelles pour modèles d'entraide et de solidarité (Clastres non mentionné mais répère pour moi disons, valeur de l'anthropologie anarchiste). Thèse du primitivisme de gauche, MAUSS, localisme. Critique déclarée, sans trope de précision pour identifier des discours, de l'anthropologie marxiste, dans sa tradition commet dans ses affiliés présents, pour même primitivisme : il y aura ensuite un chapitre consacré à elle, dans "La face cachée du populisme". Donc bien : valeur contemporaine propre à la société mondialisée (qu'il discute ici dans la tasse de thé du débat français : qu'est-ce que c'est que ce geste, trope polémique justement ? Même réduction du champ dans
Taguieff).
D'autre part, les culturalisations propres au présent politique français. D'abord une importation (culturelle, culturalisée , si prise comme "anglo-saxonne") de postco. Une dénonciation du lâchage de l'internationalisme (qui n'équivaut pas, d'où ambiguïté, à sa défense comme projet).

Il reste intéressant de noter, d'interroger, la prise anthropologique sur la mondialisation. La sienne, et plus généralement, parmi les discursivités en pratique sur le mondial. C'est vrai que je ne l'ai pas trop considéré en tant que question propre jusqu'ici, et qu'elle est nécessairement éclairante. Voir comment T Asad montre la prise particulière sur le séculier, par exemple, et comparativement par exemple, constrastivement, avec la religion comparée, puis ses disciplines venues en succession (- à suivre précisément). Comment l'anthropologie, sollicitée sur son terrain traditionnel mais terrain transformé et à recartographier, devant la sociologie, première active il me semble, si on ne veut pas prendre par les initiatives directes du côté de l'économie néolibérale.
Voir les disciplines, toujours. Comment l'anthropologie était prête et se reconnaît, comment est doit se réinventer et pratique sa concurrence par les autres plans de discours. Les disciplines du politique, ici, à situer aussi dans leurs positionnements et stratégies. Relations internationales, géopolitique, philosophie politique (plenty there : tient, comme les crises et échauffements disciplinaires font signal pour des mutations des objets et des conditions), études de migrations (géographie humaine)...

lundi 12 décembre 2016

Barbares

Glorious 70s ! Brassens, rappelé par JN Jeanneney dans la Concordance des temps du week-end consacrée aux Barbares : "les imbéciles heureux qui sont nés quelque part", et qui viennent de X, de Paris, "de Sète ou de mon cul". 

vendredi 25 novembre 2016

Culturalisations à venir - barbarie, dêmos

Les Blancs débarquent : il semble que ce qui vient relance avec puissance tous les projets - nationalisme, protectionnisme par xénophobie, racisme géopolitique déclaré - de la culturalisation, racialisation, ethnicisation, du politique.
(Car je me trouve aussi à dire, sollicitée sur la question de "Being Human" : girding our loins, a culture war is coming, again. Et on m'entend comme sombre, en discutant des optimismes potentiels. Le thème du festival cette 3e édition : Hope and Fear. Thème de la rencontre parisienne : "A Moveable Feast: Being Human in Paris", rappelant l'usage cultuel de Paris est une fête après les attaques de 2015.)
Retour de la Mondialisation sur elle-même, encore un pli : est-ce que c'est un déplacement des forces de l'économique au 'culturel', civilisation et barbarie encore un coup.

On va voir ce que les marchés, et la finance, et "les milliardaires" (soit la structure de l'inégalité) vont trouver comme passes. La City dans le Brexit, par exemple, à regarder de près dans ses évolutions, coups sur l'échiquier historique, tactique l'oreille bien collée au rail, du capitalisme.

Le politique est toujours à réinvente aussi, passes à inventer. Arendt en présente une époque de noeud particulièrement critique, oui. Marx le décomplète par la lutte, repousse, en période du capitalisme industriel en explosion/expansion (Lénine passera au diagnostic de l'impérialisme), "le politique" vers la civilité superstructurelle, oui. Les désignations sont mobiles, parce que critiques, en prise historique : les laisser flotter dans l'histoire, y compris fine - politique, géopolitique, classe, NMS, femme, décolonisation (nationaliste y compris), internationalismes, dêmos en poussées, prenant/trouvant/modelant des formes historiques que les Récits, contestés, viennent mettre en fromage. (Tiens, je retrouvé Faye ici, mais aussi MR Trouillot).

Je me demande ce qui de l'internationalisme n'est plus 

mercredi 16 novembre 2016

Décoloniser

La question est de savoir comment, et plutôt où, on décolonise. Aux interfaces, aux nouages, et non aux compensations.
Les photos sur FB, célébrant "les décolonisé.es", sont structurellement dans le choix fait aux EtatsUnis dans les années de la identity politics, 80s, 90s. La force critique de ce mode est non négligeable, mais aussi limité. Sans parler des effets d'opposition que ses provocations génèrent ; bloquent.
La dénonciation reste elle aussi nécessaire et puissante : elle poursuit l'analyse.
Mais le travail est de réarticulation. Dans lequel il y a au moins deux directions disponibles : désenfouir les réarticulations qui ont déjà été inventées dans l'histoire (cf poèmes de décolonisation) et les étudier dans leur opération (Ortiz, Malcolm X, Fanon bien sûr, Martí, Price-Mars, Du Bois bien sûr, Cabral, S Hall etc), et inventer l'analyse des articulations contemporaines et leur bifurcations à imaginer.
Déracialiser les points d'interface structurelle de la mondialisation, dans le tournant inédit qu'elle prend, difficile encore à saisir, avec l'élection de Trump.

Fatiguée par avance par les débats prévisibles sur le racisme, le populisme, les années trente, etc.
Il y a du travail.

mardi 15 novembre 2016

"Les Blancs débarquent" - Rimbaud, A. Bernadet

Je cite Arnaud, dans ses Papiers d'Amériques

C’est ça, exactement. On rejoue une autre scène de l'histoire. « Les blancs débarquent. Le canon ! Il faut se soumettre au baptême, s’habiller, travailler. » (Arthur Rimbaud) Etc.
https://papiersdameriques.blogspot.fr/2016/11/les-blancs-debarquent.html

jeudi 10 novembre 2016

Trump - état

Étonnée de mon manque d'étonnement, ou de scandale. Je pense que c'est que je connais cette Amérique. Sentie pendant le séjour à Ithaca, qui était déjà la campagne, sentie pendant la traversée du Texas - aussi vite que possible et sans demander mon reste - au temps du road-trip il y a 10 ans, et surtout familière, par la pratique de l'histoire de la color line. Le savoir du point de vue subalterne (si je prends les termes de Mignolo, actifs en lecture pour moi en ce moment).

Color Line - mondialisation en 2016

Trump me ramène aussi à Du Bois, XXIe siècle aussi (parce que c'est l'heure des grandes déclarations morales et coups à l'estomac, j'y vais à la volée), celui de la color line.

Réflexe : c'est par là qu'il va falloir appuyer. Me tourne comme une évidence vers race, ethnos, formes racialisées ethnicisées des rapports sociaux et géopolitiques. Les peuples comme zone critique, zone de chauffe, du peuple.
Le mondial a tourné. S'exprime en.

mercredi 9 novembre 2016

Trump - de la mondialisation

Le premier commentaire qui me vient en entendant l'état du vote états-unien ce matin implique la mondialisation. Le nouveau tournant, infléchissement, pli, que ça y inscrit. Les effets maintenant bien calculés, bien top down trickle down, du capitalisme néolibéral. On a disons 35 ans de ce forcing. La structuration du travail, de la valeur, et de la distribution internationale du travail, est à maturation. Prolétarisation et lumpenisation, pressions migratoires, crispations racistes, hausse de tension géopolitique.
Les ruptures de compact socio-capitaliste qui se font avec les irruptions populistes. Qui ont leur savoir, plus que symptomatique.
On va voir beaucoup s'agiter les voix et les vocifères de la "démocratie". Voir jusqu'où ils voudront bien descendre dans la question du démocratique.
Un des test sera la capacité à poser les questions au niveau international, mondial - planétaire, dirait Mignolo pour se libérer la elbow room entre les mots d'ordre Mondiaux. Qui n'est pas à traiter par la géopolitique - nom justement d'une option du planétaire issue de la Guerre froide et portant encore ses conséquences longues.
Malheureusement on a un besoin spécial de travail de la part des USA dans cette tâche. Le handicap catastrophique d'avoir Trump en acteur à ce point exact, d'une vision du géo.

vendredi 1 juillet 2016

Sociologie du racisme

Sociologie du racisme. Des racismes.
Développements du Brexit, multiplication des expressions xénophobes, lâchée des tabous.
Et détail du vote par classes (en calcul de socioprofessionnel), et par région, soit expression de classe également (Nord-Est, Wales de l'intérieur).
Les indignations antiracistes sonnent ici, dans cette configuration toute mêlée, tres classistes. Écho des antiracismes bobo en France. Qui ne prennent en lire qu'un faisceau 'facile', ancien et tassé, récit presque nostalgisé comme un filme, fetichisé.

Florence Auberas sur la France.

mercredi 1 juin 2016

Brown dans l'histoire discursive française

Note, quand je cherche depuis des années des marques dans le français d'un développement philologique ressemblant à "Brown" : Fanon, Damnés, relus pour la violence en amont de la journée de Nanterre le 3 juin, 46 :
Le général de Gaulle parle des 'multitudes jaunes' et M. Mauriac des masses noires, brunes et jaunes qui vont bientôt déferler.
'Nègres, bicots', 43, 'les termes "imagés" ', 45.

vendredi 11 septembre 2015

Nedjma, Kateb Yacine, notes

Kateb Yacine, et Nedjma, avant que j'oublie :
"bâtardise" - " - Ah bâtard, toi aussi!" (p. 63)
et "les Européens" (ex p. 60).
Pour la construction, p. 194 : "... au port où il [Rachid] ne croyait pas rejoindre sa veuve d'une nuit, ni le fantôme bienveillant qui l'attendait sur le quai, ni Lakhdar ni Mourad : tous projetés comme les étincelles d'un seul et même brasier, mais le Rachid sevré de sa passion, parlant à l'écrivain, n'a plus la moindre consistance, et ses propos s'effritent bien loin des pensées premières dont il n'est plus que le réceptacle éboulé, le coeur et le visage en cendres, dévorés par une trop vive flambée de temps ..."
p. 82 : "faites une bonne grève-prière, jusqu'à ce que vos voeux les plus modestes soient exaucés."
p. 69 : "Il regrettait d'avoir prononcé le mot Boche. 'Il m'a collé sa maladie des races."
p. 62 : "pour la première fois, comme à Sétif, je me rendais compte que le peuple peut faire peur"... 63 : "Les mains rouges, assez dormi : le peuple n'écoutait que ses orateurs laconiques."
60 : "Je voyais un paysan arc-bouté comme une catapulte."
61 :"Le mouton posa son museau sur la crâne rasé du garçon boulanger qui chanta paupières plissées rempli de l'odeur ancienne des gens du peuple."