Évidences, toujours, qui tombent comme des pommes :
. la théorie
(Eagleton, j'en retourne toujours là, me retrouve toujours là,
formulation de 1983) : aucunement de l'ordre de l'abstraction mais tout
au contraire l'historicité même, en tout cas dans son effort : examen
critique des catégories (ce qui n'est pas inventer des concepts, encore
moins échafauder des systèmes), pour historicisation. Le travail est
d'analyse de la formation des concepts, et des possibles discursifs dans
quelles textures et conditions matérielles des discours : analyse des
actes critiques donc, et des inventions/bifurcations sémantiques (c'est
le fin, ce que les pinces cherchent à tenir), dans l'histoire des
discours (c'est l'ensemble, où l'acte d'énonciation vient se creuser,
s'imprimer : en tant que tel, cet acte relève son contexte, et le forme
et le donne à comprendre, en particulier parce qu'il le prend dans le
moment de sa transition).
. le comparatisme : provincialisations
mutuelles, réciproques. Décomplétions, par historicisation de chacun des
discours rapportés à la différence des histoires. Le comparatisme comme
opération de l'histoire - geste de laboratoire, qui fait agir une
action anthropologique naturelle. Le comparatisme : se placer au moment
(cf l'espace énonciatif de Bhabha, qui est un temps du discours, par
élargissement en carrefour dès discursivités) des transformations.
(Comparer n'etant pas contraster : je trouve cette remarque en ces
termes dans S. Karivaj à l'instant, dans les réponses à Anderson dans
The Indian Ideology, 108.)
. il s'agit donc d'historiciser, qui est
discursiviser. Rapporter l'attention aux phénomènes sociaux (on
m'appelle sur 'caste and race' par exemple, sur 'représentation des
Dalits') aux mouvements du sens et ses efficacités(dont violences
évidemment) sociales.
. au séminaire IIAS de jeudi, la
discussion me montre en effet une articulation manquante dans mon
exposé. La demande est juste. La question de l'anglais d'Ambedkar est
structurelle et il faut aller y voir. cf ses textes sur la formation des
états linguistiques de l'Union au moment de l'Independance, et cf
English in a Dalit Context.
C'est que l'étranger, l'action
heuristique de la différence des langues, est en elle-même le vecteur de
l'historicité, donc l'invention des peuples, là mobilités sémantique
(et conflictuelle) des peuples. Toujours retour sur ce noyau de
proposition, que je continue à ne faire que retrouver, chaque fois comme
une révélation ! : que la diversité des langues, comme réalisation
énoncive de la variation linguistique, est le même processus que la
critique, et que la 'vie des peuples', la vie d'un peuple y compris,
comme tout son mouvement poétique. Ses logothètes, poètes de ce 'peuple'
constamment en mouvement et transformation.
Faudra-t-il que
l'essai articule aussi ce chapitre ? Ça changera la nature du produit,
étoffant vers la dimension d'un petit livre, et sans doute dédié à
Ambedkar plutôt que chapitre d'un travail plus agrégé, plus panoramique.
Peut-être d'accord. Alors en quelle langue ??
Chapitres sur Ambedkar :
. 3 speech acts
. poétique du peuple
. Anglais
. ?