samedi 8 avril 2017

Racisme 1980s

La Marche de 1983 - date également du "tournant de la rigueur", dont la logique vient finir de se fracasser à ces semaines de désagrégation des partis dans la campagne présidentielle -, activité de Taguieff Wieviorka Balibar/Wallerstein (est de 1989) et al. dont critique de l'antiracisme (récupération, institutionalisation), et maintenant je note aussi : Albert Memmi, me dit Wieviorka, 1982, Le Racisme.

Comment ce temps antiraciste s'est posé et développé en décalage, stratégie nécessairement concertée le contexte étant si explicite et si présent, avec les gauches et les gauchismes anticolonialistes des 70s. Stora explique bien le scénario explicatif des longs effets, de génération en génération, de la fin de l'Algérie française. Temps de la disparition de la référence Fanon : exactement décrit par ma génération de scolarité. Période libérale ou néo, culturaliste si la question est posée par la catégorie du racisme, et occupée à désarticuler l'état de l'échiquier formé par les luttes de la décolonisation, qui sont des luttes politiques. Le postcolonial est tout ce (re)nouage. 

vendredi 7 avril 2017

1990s sur nationalisme

Tout à fait intéressant de voir apparaître un maillon historique que j'avais ignoré, dans mon propre pré pourtant mais ; répéré de manière très floue et périphérique mais ce n'est que maintenant que j'en comprends la conjoncture :
Michel Wieviorka sur Nationalisme, populisme, ethnicité, en 1993. Tout le débat sur le nationalisme au tournant de 1990, avec la dissolution de l'URSS et pas encore l'explosion de la Yougoslavie, still brewing there at the time. Les gros travaux de Taguieff, le débat français sur l'antiracisme après 1983, mais en contemporain de Hobsbawm (lu en anglais par MW), Balibar-Wallerstein (double parution dans les deux langues, avec d'ailleurs un assemblage de traduction/version particulier si je me souviens bien, deux auteurs), B Anderson (lu en vo), E Gellner / D Schnapper, P Birnbaum et Z Sternell. À travers toute ce période, le travail de MW, avec ses collègues sociologues (époque Solidarnosc, ETA ; violence terroriste comme figure problématique ausksi), et dans le sillage d'A Touraine - soit, la question posée par les NMS à la sociologie.
Période, conjoncture : les nouvelles démocraties générées dans la fragmentation du bloc soviétique en Europe de l'Est, et comment elles pèsent dans la bascule d'une compréhension de la démocratie à compter de ce moment. La Pologne est un cas test pour Wieviorka.

MW note bien, pour cadre de travail en clarification, le "champ" des sociologies : relais des anciens pôles de "l'ordre et la reproduction" (17, incluant Althusser Foucault Bourdieu), et sans doute ancien aussi "sociologie de la décision" (??, Aron et M Crozier), + libéralisme avec individualisme méthodologique de Raymond Boudon - relais par la sociologie de l'action. Qui se pratique comme : des acteurs.

Comment ces réflexions et sondages historiques dans la formation des nationalismes, aussi, sont doublées du, et plus ou moins aware du, développement de la réflexion postcolonialiste sur la colonialité de la modernité - Nation and Narration, HB etc. Rapports et non-rapports ?

mercredi 5 avril 2017

Littérature, S. Alexievitch

Deux faces du littéraire actives, dans l'immense réalisation de La Fin de l'homme rouge - on en sort laminé, et profondément instruit ; une sorte de sagesse plombée, qui fait ressortir le nez avec ironie mais aussi implication directe dans les enjeux que se ping-ponguent les candidats aux présidentielles du moment :
. la lecture, au même titre que les conversations de cuisine et que les chansons, lecture et samidzat tamidzar : la naïveté de ses croyances (lecture et conversations artistiques comme activité de résistance), "romantique", vue a posteriori sans jamais vraiment d'amertume mais plutôt une nostalgie, une pureté perdue, mode et plan de vie possible dans la vie soviétique, toutes les vies les amours les tendresses les dignités subjectivités intimités rendues possibles par cette fiction qui est simplement une culture, n'ayant rien de faux (sans doute il faut aussi y discerner la possibilité d'un fil historique non rompu, russité appropriable pour les sujets)
. la littérature d'Alexievitch. Il faut que je retrouve la seule page où apparaît cette remarque, art poétique : elle y parle en son nom, et y qualifie de littérature quelque chose qui est un événement, un happening happened, dans le processus de recueil de la parole. Un moment de littérature, qui est donc alors un dialogue, et un récit-adressé doublé d'une écriture - prise dans une vaste orchestration des voix, tapisserie immense, couture perçante dans la chair de l'histoire. la littérature ici ? Pris ensemble sont les voix identifiées comme à entendre et à engager à parler, les temps de récit, souvent sur un cours de plusieurs années, les temps d'écriture et de composition, souvent si je comprends bien sûr des décennies.
Une poétique de ces ingrédients, car Studs Terkel fait aussi autrement, et et et. 

Politique de l'université - décision néolibérale

On peut, il faut aussi, prendre par ce bout : pourquoi l'investissement dans l'enseignement supérieur, de la part de la poussée capitaliste néolibérale - choix de la tertiarisation. Post-industrialiser. Et alors latching onto. Et génération des transformations de l'emploi dans les économies du Nord. Et commodification des savoirs (ou des diplômes, "compétences"). Apparition de l'université (au sens le plus large, toutes ramifications impliquées, jusqu'aux géographies sociales de l'école primaire) comme Frontière de la conquête capitaliste.

(Note prise d'un débat anglophone dans quelque podcast récent, attribution oubliée. Il me semble que c'était dans un contexte commentant l'intelligence politique de Thatcher qui avant d'autres avait saisi la nature des demandes sociales-politiques de classes nouvellement demandeuses - le reste dans le brouillard d'oubli.) 

dimanche 2 avril 2017

Littérature, populaire, dêmos contd.

Oui, aussi : la distinction entre populaire et littérarisé, High Culture étatisée, qu'on pourrait lire dans Saussure, est pendant la fin du XIXe un héritage épistémologique-idéologique. À situer précisément.

Le populaire concept romantique et allemand (résistance double à l'hégémonie culturelle francaise et puis à la Révolution, culture contre civilisation), et alors les folklorismes, Grimms, antiquarianism ; le peuple étant le primitif local, l'oriental interne. Et tournant de l'image de l'auteur : subjectivation, rupture sociale, nouvelles classes émergentes (avec éventuellement des figures du drama de ces redistributions, problématiques de l'intégration et des misfits héroïques), coordonnées bourgeoises. Le High, instrument (cf Eagleton sur The Rise of English, throw cobblestones/throw books) moins de d'élitisme que, plus indirectement, de contrôle social : imaginaire national et bourgeois et patriarcal, politique de la culture et de la langue, digue discursive (Arnold) contre le peuple mob, dêmos, en âge des révolutions.
La littérature, une forme-institution du siècle de la démocratie. Comment ça tourne, alors, après. XXe longue agonie de ce récit, hoquets travaillés dans les œuvres, idée de l'œuvre comme révolution inaugurale au siècle. Ensuite ? Peut-on continuer à raconter le fil de cette histoire hypothétique ? Quels en seront les épisodes et transformations alors, et quel statut quelle configuration de la ci-devant littérature ? 

Histoire des pensées, et pratiques d'étude, du vernaculaire. Dans les sciences orientalistes, convergeant autour du langage et de la différence des (par les) langues, pas facile à repérer.
Et situation présente de ces transformes.

Littérature de Saussure

Il y a cette hypothèse à regarder sérieusement, concernant la "littérature" chez Saussure, qui est en miroir de l'hypothèse que je rumine également du Saussure moderniste : que la pensée littéraire disponible à Saussure de 1875 à 1903 début des Légendes, des CLG et des Anagrammes simultanément est une pensée pré-moderniste, où le cadre est encore 1. néoclassique et postromantique (nationalisme, esthétique, style, autorat, y compris réalisme comme modernité victorienne...), et 2. orientaliste (et alors pression de la séparation entre Great & Little traditions..., et culturalisme racialisant, où pour cette question la race fonctionne, et le comparatisme de même, comme un index de culturalisme : la culture par la différence. La culture comme concept opérateur de la colonial différence, P. Chatterjee).

Voir plus exactement les développements de Taine à Lanson etc, pour ce qui est de Paris, et sans doute il faudra regarder aussi la Suisse et l'Allemagne. Wow.

Que Saussure est un moderniste : le lire avec Woolf et Joyce, càd avec Proust et Flaubert et... : justement, qui exactement. Maeterlinck. Mallarmé. Voir tout cette épaisseur historique. Qui travaille le national, en français ? Voir les métèques et étrangers du Symbolisme, pour commencer peut-être.

Que la littérature chez Saussure est celle que les œuvres contemporaines historisant en révolutions diverses, déclassicisent. Dénationalisent. Internationalité des mouvements et poétiques (cf notes posées à l'occasion de FIRE!!) est une première part de la réponse, mais n'emportera pas l'argument seule. Formalismes, Spatial Form, détricotage de l'auteur, éclatement de la voix. Voir. Une poétique qui devient naturelle, le Naturel qui est le nôtre en 2017 : l'art comme intervention, réinvention, réarticulation, travail de la transformation, historicité radicale du langage, poème. L'art comme
invention de la valeur : une modalité de lecture et idéologie de la littérature (c'est la mienne, difficile d'imaginer ses alternatives du coup), située dans son histoire, (post)moderniste. Revoir Modernité modernité.

D'ailleurs une autre vis à regarder : les plans disjoints des discours sur le moderne et le postmoderne, qui font confondre tout ça en une histoire successive alors qu'il me semble bien qu'il s'agit pour les deux d'un même phénomène historique, distribué dans deux plans ou écoles, recroisés par deux familles d'objets (art / culture) qui ne savent pas clairement qu'ils parlent de la même chose. La charnière moderniste, WW1 basically, qui aussi le pivot du système-monde colonial, est la post-Modernité européenne précisément, où s'invalident les Lumières et les humanismes, les empires (universalistes-racialistes), etc.
La mise au point sur cette question débrouillera pas mal des enjeux dans les résistances actuelles, nouvelles réactions contre "le postmodernisme" (Amselle et al.), et fera orthopédie dans le récit, maintenant installé comme Vraisemblabe rassis, de la mise au rancart du saussurisme et des totalitarismes théoristes des 60s, permettant le nouveau refoulement du langage.

samedi 1 avril 2017

The Resistance

Mot d'ordre pour le Left Forum de ce printemps 2017 : The Resistance.
On peut avantageusement faire une histoire de ces points focaux successifs, qui racontent une histoire  dans le développement de la mondialisation. Dans les perspectives critiques, vues analytiques, proposées année après année.
Drôle et noteworthy que le visuel pour la page d'accueil cette année soit noir et blanc + iconographie antiesclavagiste et tiers-mondiste. (J'en suis un peu là moi-même alors que je continue à rêvasser à la constitution d'un carnet Hypothèses et ses besoins graphiques.) Ici, noir et blanc des presses des années 20 et 30 (The Negro Worker etc.), et des styles des luttes des années 70, Tricontinentale Black Panthers et al.