lundi 22 septembre 2008

Dossier sur L'Europe de la recherche

Un dossier ouvert sur le site Educpros : La Politique européenne de la recherche.

Discours officiel sur l'état de l'université

La rentrée 2008, vue par le Ministère. Bilan et "la nouvelle université", "L'université change" ; et perspectives.

lundi 15 septembre 2008

Etat des forces (et des indicateurs) - OCDE, MEN

Informations transmise par l'AMUE :

Regards sur l'éducation 2008 > les indicateurs de l'OCDE
L’OCDE publie l'édition 2008 de ses "Regards sur l’éducation" qui propose une série d’indicateurs actualisés et comparables sur les résultats des systèmes éducatifs. Les indicateurs montrent qui participe aux activités éducatives, quelles dépenses leur sont affectées, comment les systèmes éducatifs fonctionnent et quels sont les résultats obtenus.
A lire >
regards sur l'éducation 2008

"Regards sur l’éducation" dans la presse :
Les études supérieures, utiles mais longues et mal adaptées au marché, Le Monde
L'OCDE pointe le mauvais financement des universités, Le Figaro
L'OCDE appelle la France à payer plus pour ses facs, L''Expansion


Repères et références statistiques > enseignements, formation et recherche
Le MEN publie un ouvrage de références détaillant statistiquement tous les domaines de l'éducation nationale. L’édition 2008 propose une nouveauté avec le chapitre « Les étudiants » qui offre de nombreux chiffres sur l’évolution des effectifs, la population universitaire par département et académie, ou encore les étudiants étrangers dans les universités.
A lire >
repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche

mercredi 10 septembre 2008

Il n'y a pas de pseudo politique

Je continue à réfléchir aux implications de la notion de pseudo, de faux, en analyse politique, analyse des discours politiques, à partir des Contre-réactionnaires de Taguieff.
Analogie technique avec la situation des discours évangélistes des missionnaires dans le Raj : comme les discours du religieux ont tellement focalisé les enjeux séculaires du social, du culturel, du politique, sous des termes non politiques - pas là un faux, un trope idéologique et culturel des siècles, mais une expression de. Un mode politique.
J'en arrive à : une forme d'histoire.
Forme de langage, forme de vie (Wittgenstein) : ce qui va m'aider pour penser le rapport de culture sera plutôt, tirant toujours plus certainement du côté de l'histoire, ce pas latéral vers une notion, à regarder, de forme d'histoire.

Historicisations - politique culturelle du Raj

Les élucidations infiniment précieuses qui viennent avec le travail, maille par maille, de complexification de la perspective pour penser la politique culturelle du colonialisme, britannique dans ce cas - ou, ce qui fait partie du processus, la politique coloniale comme politique culturelle. La culture comme force mise en oeuvre pour le projet de l'ordre colonial. Il s'agit du rapport de la culture au pouvoir, dans son histoire. Masks of Conquest, G. Viswanathan :

. suggestion sur l'espace de l'Inde britannique comme lieu satellite et terrain pour le règlement des conflits métropolitains, par décalage. Une sorte de neutralité, de moindre-importance ou simplement virginité politique, voilà (accompagnée alors des fantasmes de la native Rebellion) - où on peut play them out, et conduire des expérimentations, sociales, institutionnelles, culturelles. Lieu de résolution (espéré) ; lieu de complexification, caisse de résonance. Ce qui m'importe d'abord, c'est cette proposition sur l'Inde comme laboratoire d'anglicité, de politique nationale anglaise : laboratoire du libéralisme, du nouveau capitalisme (dans sa partie intextricablement liée avec l'impérialisme), des nouveaux équilibrages des forces sociales at home - nouveau poids de la middle-class, nouvelles craintes de la nouvelle force inouïe des masses. Penser aux propositions de B. Anderson, dans Imagined Communities, sur les espaces extra-européens d'exercice de l'invention démocratique européenne.
Lieu d'exercice des conflits métropolitains, avec effets de déports, rarement tels que prévus.
Lieu de pression, aussi, et de réaction, des conflits : comment la working class domestique devient un acteur dans les décisions de policy en Inde - et : comment elle devient le prisme même par lequel l'orientation résultante de la politique coloniale est amenée à concevoir le rapport de colonisation comme un rapport de classe. Avec les malentendus politiques graves que ça entraîne, les décalages, les porte-à-faux.

. aussi : garder en tête que le colonialisme britannique est une question de la nationalité britannique - le 19ème, siècle de la nation et siècle de l'impérialisme. Question : car s'y jouent aussi les rapports, sans paix, des nations britanniques : l'Ecosse étant régulièrement la plus turbulente, et moteur de problèmes, moteur de culture. A. Duff, la Church of Scotland en Inde. L'Ecosse en Irlande, aussi, dès Cromwell.

. la diversité des modes de la politique coloniale, et leur concurrence, précisément. Il y a les colonialismes évangélique et missionnaire, paternaliste et aristocratique, utilitariste, libéral (pour le Free Trade : Charter Act de 1813), etc. Multiplicité qui donne les tensions sur le terrain entre politique "secular", des administrateurs coloniaux (dont les Orientalistes), et idéologie évangélique agressive (vers Macaulay).

. une politique culturelle coloniale étant la manipulation, plus ou moins heureuse, du point de médiation entre langues et cultures et sociétés, est en jeu une analyse culturelle et une théorie de la culture, chaque fois. Des théories de la culture, multiples et concurrentes, de la part des seuls colonisateurs même. A. Duff voix des missionnaires (Church of Scotland) contre la logique de l'administration "secular" : la différence se fait ici sur la conception du rapport entre texte et contexte de lecture, effets (de moralisation) pragmatiques. Quoi faire lire aux écoles, mais surtout : théorisation - idéologisation - de ce qu'engage une lecture. Un texte littéraire pouvant avoir valeur pragmatique différente selon les dispositions morales du lecteur, infusées par sa culture.

mardi 9 septembre 2008

Repère d'histoire des intellectuels

La question, telle que la pose C. Charle : celle, au moment de l'Affaire Dreyfus et à travers elle, de la transformation des champs culturels, vers une configuration qui reste comme l'un des cadres actifs du présent (au moins dans la mesure où "l'intellectuel" reste une question vive, y compris avec ses amortissements). Transformation de la carte des "classes dirigeantes", et des "élites".
On peut commencer depuis ici : "Pour les orléanistes qui perdent le pouvoir en 1877, les "classes dirigeantes" se définissent par les Lumières et la richesse." (67) Syllogisme : ne peuvent accéder au savoir que "les détenteurs d'une certaine aisance [; qui] leur procure le loisir de s'occuper des affaires publiques[, et] leur instruction supérieure légitime leur capacité à diriger".
Puis, nouveautés : les plus éclairés se sont éventuellement fait confisquer le pouvoir par les plus riches ou les héritiers ; l'expansion des effectifs de tous les ordres d'enseignement ; le progrès des processus méritocratiques dans la plupart des carrières : "distendent le lien entre la richesse, le savoir et l'exercice du pouvoir." On doit passer à un nouveau modèle de l'élite, républicaine. Où se joue un nouveau modèle de l'enseignement comme processus de formation de l'élite, et de l'université.

Savoirs de l'histoire de la critique

Je reste suspendue, en ce moment, aux perspectives d'une histoire de la critique, à prendre la mesure de l'élucidation qui vient par ce point de vue - toujours Christophe Charle, et Luc Boltanski. Contre les déhistoricisations dans lesquelles on se piège avec Taguieff (Les Contre-réactionnaires, L'Effacement de l'avenir).

Des savoirs fins, du type de cette note à propos de Brunetière dans ses prises de position "Après le procès" (Dreyfus) : "Le meilleur sociologue des 'intellectuels de gauche' est toujours un 'intellectuel' de droite, et vice versa." (Naissance des "intellectuels", note p. 206).