vendredi 11 septembre 2009

Académicisation : après 68

Quelque chose à regarder, pour mobiliser l'histoire de la situation universitaire : le déplacement des fronts et terrains de la pensée, et de la pensée critique, et de "l'engagement", et - ?? à voir justement. Passera par une recomposition de la période de l'université américaine comme hub du "militaro-industrial complex" - vers l'université. L'extension de l'université, par "démocratisation" : avec quel déplacement de valeur et fonction sociale?

Un fil à suivre est l'académicisation de la théorie marxiste - qui pose la question d'un découplage de l'unité théorie-praxis théorisée et expérimentée par les marxistes effectivement révolutionnaires. Le moment Althusser, comme moment de problèmes. Dans la même direction, voir ce que dit Ahmad de la réaction théorique/philosophique française (In Theory, pp. 190, 192, 194.)

mardi 18 août 2009

Subalterne et minorité

Le subalterne, à penser avec la question de l'agency de la minorité en démocratie. L'acquisition de la représentation politique.

Pas un en-dehors, un extrême, un transcendant d'irruption. Mais la lutte démocratique (précisément, et non seulement politique) même. L'ordinaire social. Et ses immenses violences.

Valeurs de la littérature ; pouvoirs

La littérature - et les savoirs de la littérature, ses powerbases, ses forteresses institutionnelles et culturelles - pour les consensus.
Et la littérature pour l'activité critique. La production plastique (B. Cassin, plasma du pseudos) et conflictuelle (Rancière) du consensus.
Au moins ces deux tranchants.
Sans parler des inanités.

Régressions du postcolonial

Faim de critique. Je tourne vers Rancière, Ahmad, la sociologie de l'art et de la littérature, et toujours fringale d'histoire. Je vois toujours looming la grosse masse du marxisme, qu'il va falloir, etc. La seule grosse tradition que je n'ai pas eu le courage de vraiment engager par la lecture pour le moment.

Les régressions du postcolonial :
. historiquement, par le tournant post-tiers-monde : les reflux et échecs de l'anticolonialisme et des nationalismes des indépendances ; la puissance déployée du capitalisme en mondialisation ; ses déchirements dans les ensembles nationaux, par migrations, inégalités séparatrices et génératrices de diasporas (et déracinements intranationaux aussi) ; montée des conflits ethniques-culturels-religieux. (cf. Andrew Smith dans Lazarus : "Postcolonial theory does reflect real changes in the order of the world, and emerges from a specific period of historical disappointment", p. 259)
. en termes de théorie : par la culture (politics of culture, à partir de Said et de dérivés de Foucault) ; par l'académicisation (the arena of struggle déplacée vers "les lieux de" l'université) ; par la littérarisation (trope de la narration de la nation ; imagination de la nation [Rushdie], postcolonial theory se développant sur un terrain de literary studies : voir où se plante le volume de Lazarus). Les reflux culturels post-marxistes et post-anticoloniaux : replis sur la global academy.
Y comprendre quelque chose par le même type de dynamique que celle des Culture Wars américaines.

dimanche 16 août 2009

Problèmes du peuple

C'est très délicat, juste là. Justement, la crête du politique. La ligne de crête entre culture et politique.
Ne pas, en particulier, y oublier la question de la souveraineté - démocratie - quand on réfléchit à sa culturalité, comme identité énonciative collective et historique. Ici viennent se greffer les plans de Foucault ou des culturologies. Mais tenir ce bout absolument, en le regardant bouger dans la main même.
D'où voir aussi Rancière, post-Althusser.

Cultures du langage-vie

Le Devisement du monde, titre du récit de Marco Polo.
Deviser, c'est étymologiquement par diviser, partager.

Groundation - groundings, groundations, groundsing (Barbados) : cité par Jouis James à partir du Dictionary of Caribbean English Usage (Richard Allsopp, 1996) : "The act of talking together, sincerely and for as long as necessary with or among socially deprived people in their own neighbourhood or dwelling places, many sitting relaxed on the ground (hence the term)."

mardi 11 août 2009

Critique, anticritique : débats sur la théorie, 80s

Aussi, noter : Habermas, dans ses échauffourées avec la "théorie" et "poststructuralism", parle des "young convervatives" (version anglaise des débats) ; Foucault, Derrida, Lyotard (les "postmodernism debates" des années 80, selon Norton), et leur attaque de la modernité. Postmodernisme comme antimodernisme. Héritiers, en cela, de la scission moderniste de la sphère esthétique ; esthétisation. "A surprising antimodernity 'alliance of postmodernism and pre-modernism' ".
Ici la "théorie" est sur son versant "postmod". Infléchissement des lieux de logomachie, aux 80s.