mercredi 29 juin 2016

Etat, anarchismes, spinozismes

Se joue aussi la poursuite des réflexions post-marxistes déjà lancées dans les termes des 70s, puis perturbées par les conditions contre-révolutionnaires des 1980s.
Les anarchismes des Sixties ; les nouveaux spinozismes ; les autres options démarquées du marxisme orthodoxe (gauchismes, NMSociaux, SouB, bifurcations spinoziennes d'Althusser, de Deleuze et Guatt).
D'où un fil de continuité avec les actuelles références Negri, Balibar pour une part seulement, Guattari, Lordon...

Ah, et Benedict Anderson sur les internationalités anarchistes. 

État, anarchismes contemporains

Question qui semble travaillée, par un milieu à multiples horizons mais un temps commun, une inquiétude et donc une analyse des situations contemporaines du pouvoir : la mise en question de l'Etat, les modalités pour repenser l'Etat après les modèles qui finissent de se reléguer dans une histoire révolue. Les thèmes de l'anarchisme, des anarchismes, peut-être plus nombreux, potentiels, que ceux des perspectives internationalistes qui faisaient l'horizon critique majeur? de la période tiers-mondiste.
Mais prendre en compte les anarchismes altermondialistes, note. Graeber. Black blocks, Anonymous, etc.

D'un autre côté, reprise (jamais très articulatoire, pour moi, en participer sorti de son temps post-WW2, soit la période UNESCO et Droits de l'homme 1948) de Arendt, et replongée dans Carl Schmitt, C Mouffe comme Balibar. Grosse manœuvre, descellement, dans la question de l'Etat.

Chercher le politique autour de l'éléphant toujours plus grossissant du temps, l'économique. Le politique sous, autour de, à travers, entre, l'Etat tel que modelé pour le late capitalism.

D'où aussi la verve de F Lordon pour recentrer la question de l'Etat, contre à vrai dire des anarchismes de paille (Clastres lu maintenant, lecture dismissive de Badiou - comment posé dejà?), Imperium. 

Autonomie, agency, justice

Il se passe en effet quelque chose avec 'autonomie' en ce moment. Journée d'étude autonomie des migrants, CZ LJ et al printemps 2016 ; ST propose dernièrement 'autonomie scientifique des Suds'.
Le moule me semble être celui de la ZAD, 'nouvelle forme de la révolte' (F Cusset dans Le Crieur).

La généalogie doit être du côté de la tradition anarchiste, qui reprend de l'actualité depuis Occupy (et peut-être avant dans les militantes altermondialistes, certaines ? D Graeber en tout cas).

'Autonomie' semble faire le même travail de disposition conceptuelle, théorique et politique, que agency. Faudrait revoir dans Graeber le répertoire terminologique de cette zone sémantique, et les appuis discursifs. Mais les généalogies de autonomie et de agency tracent des chemins différents : la disjonction, éventuellement ignorée, est-elle productrice (d'analyse politique) où est-elle confuse.

Aussi dans cette zone, dans un coin plus faible, conceptuellement (mais pas forcément stratégiquement, car y est en jeu une réarticulation possible des discours de l'ONU ou 'communauté internationale' etc. : 'justice'. Columbia current Mellon project, 'Global Language Justice' - sur un paradigme de 'environnental justice' dit-on en débat, mais sans doute plus profondément 'social justice' (où peut se faire un compromis -- de classe, au bout du compte ?).

Empowerment has been another one. En miroir de violence, domination,... (Une variante, formant son propre plan, est aussi décolonial). Libération. Souveraineté - qu'on appellera populaire quand on veut l'évoquer comme horizon, soit utopie (ce qui peut inclure de la maintenir là) de la démocratie.

lundi 27 juin 2016

Au-delà du mondial

Comique, amusement : je me demandais bien où pourrait se poursuivre la ligne de question qui m'a amenée au mondial, par exemple inscrite dans le thème de séminaire. Le peuple monte comme suggestion, comme interrogation, soulevé par, trouver au creuset de cela - et dès les premières orientations spontanées de lecture, plus sur les généalogies du nationalisme que sur le mondial de front (puisqu'il n'a précisément pas de front, composition historique particulièrement) : E Hobsbawm, Balibar&Wallerstein, B Anderson sur les tramées anarchistes internationales.

Mais avec le Brexit une perspective se scelle, clairement. Je la vois se prendre en épaisseur sous mes yeux. Peuple, Europe, qui décale mais réarticule les questions du Sud - ne serait-ce que par le thème qui fait la chair du présent politique, 'l'immigration' la nationalité les migrations comme pression sur les nationalités.

Après le livre, je me considère comme en droit de parler. De poser les questions comme j'ai besoin. Effet performatif puissant, quel qu'en soit toute l'illusion, c'est sans doute ce qu'on appelle la confiance. Ou le travail, small trickle be it. 

Contexte du 'peuple'

Chercher la logique de l'émergence, en francophonie, de la préoccupation intellectuelle récente pour la notion de peuple. 
. La Fabrique, avec Qu'est-ce que le peuple, 2013, marque 'une inquiétude' (7, et citant Michelet, étrangement). 2011 les Printemps arabes, 2012 la présidentielle et toujours le FN en contexte français. Le volume va fouiller de nouveau dans Bourdieu, par exemple. 
. Noms de peuple (Tumultes 2013) et Chimères (2016) : à situer.
. Rosanvallon de longue date, et alors la lourde formation discursive de la Révolution, de Furet au travail de S Wahnich. Pierre Legendre sur l'Etat, tiens, récemment noté. 

Quels échos éventuels en anglophonie ?
Butler Spivak Nation-State, Assembly. Occupy issue. Demands. 
Laclau Populism, Mouffe antagonisme. 

dimanche 26 juin 2016

Brexit, reeling (with) the consequences

Situation changeant : très clairement la question du peuple et des populismes, celle de l'Etat, celle des frontières (je parle comme Balibar), soit des nationalismes, toutes décapées et tranchantes par nouveau glissement du terrain.
Nouveau terrain de l'Europe (ahh et nouvelle valeur de l'anglophonie). L'Europe va signifier autre chose dans la mondialisation, et dans l'appréciation du Nord Sud.
La mondialisation a tourné. Elle avait déjà accusé une variation décisive entre 1999 et 2001, puis 2008.

On entend :
. Cohn Bendit évoque la nécessité d'élections de députés européens sur listes européennes et campagne européenne, impliquant le travail des traductions - la situation des langues est déséquilibrée, c'est certain. Quelle physionomie prend-elle ?
. someone English speaking I think has suggested : creation of chairs for European anthropology - ou bien c'était FCult. Que l'identité européenne est reconnue de dehors mais mal connue des intéressés. (Sans doute émission C Ockrent).

L'incertitude surtout, l'état fluctuant des choses, et la crainte des analyses qui vont se poser, configurer. Crainte de la sottise des miennes (erreur du pronostic, révolution de la compréhension à faire, à grosse dépense de renversements), crainte des distributions de pouvoir dans celles qui vont s'imposer.

Comment toute la machine, que je suis par les canaux français, anglais, américain, indien, du commentariat mise en branle et combien j'en ai besoin. Même évidence qu'en novembre dernier, ou état d'exception etc. Mélenchon comment, Diplo comment, BBC World comment, Indiens, etc. Ockrent, F Delorme, tous mes rdv FCult et podcasts, A Goodman, Cohn-Bendit... 'Débat public', 'presse', 'réseaux sociaux'. 

samedi 25 juin 2016

Théorie, histoire

Pour mémoire, non que ce soit une découverte, mais une redécouverte régulière au moins : la théorie des 70s, que ma génération a eue au biberon préparatoire (nb : un élitisme de la théorie passe par là comme il ne passe pas par l'université, dans ses expressions disciplinaires), donnée comme théorie littéraire, a pu se consolider en certitude de soi par diffusion de la force de la proposition théorie dans les nouvelles explorations du marxisme (Althusser clé).
Le nouage avec la théorie importée dans cette période des Formalistes russes : quelle contemporanéité, exactement.
Sollers en donne une vue dans Théorie d'ensemble, vue nostalgique, qui introduit précisément le moment de la nostalgie, entre la première publication en 1968 et la nouvelle édition de 1980. Le temps exact d'un passage, avant même le tournant idéologique de 1983 en France.